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BAS-RHIN |
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Le Bas-Rhin conserve de très nombreux aspects socio-électoraux propres à l'Alsace: force de la droite, faiblesse de la gauche, implantation précoce de l'extrême-droite et des écologistes. Des particularismes que le mode de scrutin uninominal à deux tours a transformé en forte domination de la droite lors des scrutins législatifs. En 1988, le PS ne dépasse les 40 % au premier tour que dans les 2e et 3e circonscriptions, recouvrant la périphérie de Strasbourg. Au second, il ne gagne que le siège de Strasbourg-Nord. Ailleurs, dans certains secteurs comme Molsheim et Haguenau, la gauche n'a même pas pris la peine d'aligner des candidats. L'effondrement de la majorité de gauche en 1993 a fait davantage ressortir les rivalités entre tendances de la droite. Les électeurs en ont profité pour manifester une forte volonté de changement. Quatre circonscriptions sur neuf changent de main. Dans la 1ere, l'UDF dissident Harry Lapp écrase le député centriste sortant avec les voix de la gauche, des Verts et du FN. Dans la 3e, le maire MDR de Schiltigheim Alfred Muller réussit la succession du socialiste Jean Oehler. Dans la 6e, Alain Ferry, conseiller général plutôt classé au centre-gauche, bat sur le fil l'UDF Jean-Marie Caro. La primaire sauvage de la 8e fait perdre aux gaullistes un siège qu'ils occupaient depuis 1958. Pierre Bertrand, le dauphin de François Grussenmeyer, est distancé par le radical valoisien François Loos. La gauche ayant plutôt bien résisté en 1993, elle ne gagne aucun siège en 1997. Mais le PS revient dans la course, avec l'élection de justesse de Catherine Trautmann dans la 1ere, ce qui constitue à la fois une surprise et un exploit. Surprise parce que ce secteur n'avait jamais été représenté par un élu de gauche depuis 1945. Exploit parce que le FN avait désigné la maire de Strasbourg comme la femme à abattre dans ces élections. De son côté, Alfred Muller, non réinvesti par le PS, se retrouve en quatrième position au premier tour. La division de la gauche provoque un deuxième tour entre le RPR et le FN. L'extrême-droite profite d'ailleurs davantage que la gauche du contexte national défavorable à la droite. Outre la 3e, il affronte la droite en duel dans les 4e, 6e, 7e, 8e et 9e circonscriptions. A Sélestat, il provoque une triangulaire dont triomphe Germain Gengenwin. La carte politique du département ne sort pas bouleversée du scrutin de 2002. Tous les sortants sont réélus ou réussissent leur succession. Cependant, le retour en force de la droite s'est cette fois-ci accompagné d'une baisse de l'extrême-droite. Résultat: Yves Bur, Alain Ferry, Emile Blessig et François Loos repassent au premier tour. A Strasbourg, les électeurs ont sanctionné les deux anciens maires socialistes Roland Ries et Catherine Trautmann, qui échouent (de justesse pour le premier) dans les 2e et 3e circonscriptions. En revanche, la réélection à 121 voix près d'Armand Jung contre le président RPR de la communauté urbaine Robert Grossmann, sonne comme un avertissement à la nouvelle équipe de droite. Dans la foulée de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, le Bas-Rhin reste fidèle à lui-même lors des législatives de 2007. La vague bleue est particulièrement marquée hors de Strasbourg, où tous les sortants repassent dès le premier tour. L'ancien ministre François Loos réussit son parachutage de la 8e à la 9e circonscription, où il succède à Bernard Schreiner. Dans tous ces secteurs, à l'exception de la 4e circonscription, située dans l'agglomération strasbourgeoise, le PS est distancé par les centristes du MODEM et ne passe la barre des 10 % que dans son ancien fief de Sélestat. En revanche, la confortable réélection (56,27 %) d'Armand Jung au second tour tend à prouver que les électeurs du MODEM se reportent plutôt bien sur la gauche. Un phénomène cependant insuffisant pour empêcher, à Strasbourg-Sud, la succession de Marc Reymann par Jean-Philippe Maurer, malgré la belle remontée (5130 suffrages) du conseiller général PS Philippe Bies. La répartition des sièges au conseil général reflète assez bien les rapports de force actuels. L' UMP est largement dominante. Les forces centristes, autrefois première sensibilité de ce département de tradition chrétienne-démocrate, ont littéralement été vidées par la création du parti unique de la droite en 2002. Elles ne subsistent qu'à Strasbourg, Saverne et en moyenne vallée du Rhin. Quant à la gauche, elle conserve ses zones de force dans l'agglomération strasbourgeoise. En seize ans, la gauche a progressé de quatre cantons. En 1994, elle parvenait à prendre Molsheim à la droite, mais ne réussissait à atteindre le second tour qu'à Strasbourg, Bischheim et Rosheim. La séquence de 1998 voit l'opposition départementale progresser à Strasbourg II, VI et X, les deux derniers sièges était gagnés dans des triangulaires avec le FN. En revanche, le PS perd Sélestat et laisse filer Schiltigheim, où Alfred Muller est remis en selle un an après sa défaite aux législatives. Bien que présente au second tour en duel à Geispolsheim, Mundolsheim, Niederbronn, Obernai, en triangulaire à Illkirch et Marmoutier, et même en quadrangulaire (avec l'UDF, le RPR et les Verts) à Sarre-Union, l'extrême-droite ne parvient ni à s'imposer, ni à faire trébucher la droite. Le RPR perd Strasbourg VI et Niederbronn mais gagne Obernai, Sélestat et Sarre-Union. A l'issue de ce scrutin, les centristes perdent la majorité absolue à l'assemblée départementale. Les élections de 2001 sont marquées par une grande stabilité, sauf à Strasbourg. Dans les cantons I et III, les socialistes s'imposent aux dépens de l'UDF, alors qu'ils viennent de subir une sévère défaite aux municipales. Le PS continue sa progression à Strasbourg en 2004, en emportant le huitième canton, détenant ainsi la majorité des sièges dans la préfecture. En revanche, les socialistes voient leur rêve de reconquête à Sélestat contrariés par le maintien au second tour du divers gauche Stéphane Klein, ouvrant ainsi la victoire au maire UMP Marcel Bauer. A Schiltigheim, Alfred Muller est détrôné par une écologiste sans étiquette, mais les Verts, bien que présents au second tour à Geispolsheim contre l'UMP et Strasbourg II contre le PS, ne parviennent pas à se qualifier. Quant au FN, qui avait effectué une belle percée en 1998, il n'est plus qualifié au second tour qu'en triangulaire à Niederbronn et en duel à Strasbourg X. Le scrutin de 2008 voit une nouvelle progression du PS, qui prend le canton de Strasbourg IV. En revanche, l'UMP affiche une insolente santé partout ailleurs. Les municipales de 1989 ont vu apparaître dans le Bas-Rhin un phénomène jusque-là inédit: le socialisme municipal. Strasbourg, vieux fief chrétien-démocrate, se donnait Catherine Trautmann pour maire. Celle-ci réussissait à transformer l'essai au premier tour en 1995. Mais l'équipe municipale devait sombrer dans les divisions après son entrée au gouvernement en 1997. Mise en difficulté par son ancien adjoint Jean-Claude Petitdemange, Catherine Trautmann devait être distancée en 2001 de 254 voix au premier tour par l'UDF Fabienne Keller, alliée au RPR Robert Grossmann. Le maintien de la liste Petitdemange (12,11 %) lui fut fatale, Fabienne Keller remportant la triangulaire du second tour à la majorité absolue. En 2008, la gauche repart cette fois unie derrière Roland Ries, qui avait remplacé Catherine Trautmann lors de son passage au gouvernement. En face, l'attelage Keller-Grossmann n'a guère convaincu durant sept ans. Il est distancé de plus de dix points au premier tour, avant de perdre largement le second, Roland Ries obtenant plus de 58 % des voix. Parmi les gains de 1989, la gauche a perdu Sélestat en 2001. Les successeurs de Gilbert Estève, décédé quelques mois auparavant, ne parviennent pas à garder ce fief socialiste. Dans la périphérie strasbourgeoise, Ostwald repasse à droite en 2001, puis de nouveau à gauche en 2008. Illkirch, arrachée à la droite en 1995, tient bon en 2001 et 2008. A Schiltigheim, l'inclassable Alfred Muller tient tête à une liste écologiste indépendante, après avoir triomphé des socialistes en 1995. Ne se représentant pas en 2008, il laisse une situation politique atypique. Son ancien adjoint socialiste, Raphaël Nisand, bat le divers gauche Jean-Marie Kutner, soutenu par l'UMP, et la conseillère générale divers gauche, alliée à des dissidents de l'UMP, Andrée Munchenbach. Ailleurs dans le département, les villes de Haguenau et Saverne, bien que très disputées à chaque scrutin, restent solidement ancrées à droite. Les sénatoriales de 2004 ont confirmé l'attachement des grands électeurs de droite à l'UMP. La liste de ce parti place quatre de ses cinq candidats, dont les sortants Philippe Richert et Francis Grignon. Daniel Hoeffel, qui avait choisi de se présenter en dissident, manque la réélection de deux voix. Le passage au mode de scrutin proportionnel, et le gain d'un siège, permet au PS, avec 19 % des voix, d'envoyer Roland Ries au palais du Luxembourg. L'élection partielle qui suivra l'invalidation de ce scrutin, quelques mois plus tard, donnera les mêmes résultats. Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises, ministère de l'Intérieur |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (sources: Le Monde, Assemblée nationale) |
Chronologie
des députés
1 STRASBOURG CENTRE 1988 Emile KOEHL (Un. du Centre) 1993 Harry LAPP (UDF) 1997 Armand JUNG (soc.) 2 STRASBOURG SUD 1988 Marc REYMANN (Un. du Centre) 2007 Jean-Philippe MAURER 3 STRASBOURG NORD 1988 Jean OEHLER (soc.) 1993 Alfred MULLER (Rép. et Lib.) 1997 André SCHNEIDER (RPR) 4 ILLKIRCH-GRAFFENSTADEN 1988 André DURR (RPR) 1995 Yves BUR (UDF) 5 SELESTAT 1988 Germain GENGENWIN (Un. du Centre) 2002 Antoine HERTH (UMP) 6 MOLSHEIM 1988 Jean-Marie CARO (Un. du Centre) 1993 Alain FERRY (Rép. et Lib.) 7 SAVERNE 1988 Adrien ZELLER (Un. du Centre) 1998 Emile BLESSIG (UDF) 8 WISSEMBOURG 1988 François GRUSSENMEYER (RPR) 1993 François LOOS (UDF) 2002 Frédéric REISS (UMP) 9 HAGUENAU 1988 Bernard SCHREINER (RPR) 2007 François LOOS (UMP)
Sénateurs Francis
GRIGNON (UMP); Fabienne KELLER (UMP); Philippe RICHERT (UMP); Roland
Conseil général du Bas-Rhin 29 UMP, 7 PS, 4 divers droite, 2 MODEM, 1 divers gauche, 1 NC président: Guy-Dominique KENNEL (UMP)
Maires STRASBOURG:
Roland RIES (PS) HAGUENAU:
Claude STURNI (divers droite) SCHILTIGHEIM:
Raphaël NISAND (PS) ILLKIRCH-GRAFFENSTADEN:
Jacques
BIGOT (PS) SELESTAT:
Marcel
BAUER (UMP) LINGOLSHEIM:
Yves
BUR (UMP) BISCHHEIM:
André
KLEIN-MOSSER (UMP) BISCHWILLER:
Nicole THOMAS (UMP) SAVERNE:
Emile BLESSIG (UMP) OSTWALD:
Jean-Marie BEUTEL (PS) HOENHEIM:
Vincent DEBES (UMP) OBERNAI: Bernard FISCHER (UMP) ERSTEIN: Jean-Marc WILLER (PS) MOLSHEIM: Laurent FURST (UMP) BRUMATH: Etienne WOLF (UMP) WISSEMBOURG: Christian GLIECH (divers gauche) GEISPOLSHEIM: Sébastien ZAEGEL (UMP) SOUFFELWEYERSHEIM: André REICHARDT (UMP) ECKBOLSHEIM: André LOBSTEIN (UMP) BARR: Gilbert SCHOLLY (UMP) VENDENHEIM: Henry BRONNER (divers gauche) MUTZIG: Roger NIGGEL (divers droite) LA WANTZENAU: Claude GRAEBLING (divers droite) MUNDOLSHEIM: Norbert REINHARDT (divers gauche) REICHSHOFFEN: Hubert WALTER (divers droite) REICHSTETT: Georges SCHULER (divers droite) BENFELD: André WETZEL (UMP) DRUSENHEIM: Jacky KELLER (divers droite) SCHWEIGHOUSE-SUR-MODER: Marcel SCHMITT (divers droite) ROSHEIM: Michel HERR (NC) FEGERSHEIM: René LACOGNE (divers droite) OBERHAUSBERGEN: Jean-Richard DIEBOLT (divers droite) ESCHAU: Jean-Louis FREYD (divers droite) SOUFFLENHEIM: Camille SCHEYDECKER (divers droite) NIEDERBRONN-LES-BAINS: Frédéric REISS (UMP) HERRLISHEIM: Louis BECKER (divers droite) HOERDT: Denis RIEDINGER (divers gauche) GAMBSHEIM: Anne EICHWALD (divers droite) INGWILLER: Hugues DANNER (divers droite) WOLFISHEIM: Eric AMIET (UMP) BETSCHDORF: Adrien WEISS (divers droite) BOUXWILLER: Danielle BUCHI (divers droite) PLOBSHEIM: Gérard KAMMERER (divers gauche) MARCKOLSHEIM: Frédéric PFLIEGERSDOERFFER (UMP) MERTZWILLER: Roger LETZELTER (UMP)
Sources: Le Monde, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Assemblée nationale, conseil général du Bas-Rhin, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, conseil général du Bas-Rhin, ministère de l'Intérieur) |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, ministère de l'Intérieur, Education nationale) |
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