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DORDOGNE |
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Périgord noir, vert, blanc,
pourpre?... Si les quatre territoires historiques de la Dordogne
recouvrent aujourd'hui peu ou prou ses quatre circonscriptions
législatives, elles ne correspondent pas vraiment à des tendances
électorales de fond... puisque celles-ci se sont révélées très
mouvantes ces vingt dernières années.
Le département est dominé par le PS. L'UMP et le PCF en sont la deuxième et troisième force électorale. D'autres acteurs politiques ont été écartés de la scène, comme les radicaux, ou ne sont pas parvenus à s'imposer, à l'instar des chevènementistes et de l'UDF. La 1ere circonscription, celle de Périgueux (Périgord blanc) a longtemps été dominée par la figure du maire gaulliste de la préfecture entre 1971 et 1998, Yves Guéna, avant que le socialiste Roland Dumas ne s'y impose dans les années 80. En 1988, c'est le président du conseil général Bernard Bioulac qui y est élu. Il est balayé en 1993, un an après la perte de la présidence de l'assemblée départementale, par le maire RPR de Neuvic François Roussel. Un élu de la périphérie de Périgueux chasse l'autre en 1997. C'est Michel Dasseux, socialiste qui a arraché Coulounieix-Chamiers aux communistes en 1989, qui est élu. Cette circonscription, où Périgueux est totalement bouclée par une ceinture rose et rouge, va devenir un fief socialiste assez solide. Michel Dasseux est correctement réélu en 2002. Le maire PS de Saint-Aquilin Pascal Degulihem lui succède très facilement en 2007. La 2e circonscription, bâtie sur le vignoble bergeracois (Périgord pourpre), a subi une évolution contraire. En 1988, elle est détenue par le PS Michel Suchod. Son ralliement à Jean-Pierre Chevènement lui coûte son siège en 1993. Le PS lui oppose un candidat officiel, ce qui l'empêche d'accéder au second tour. Celui-ci confronte le RPR dissident Daniel Garrigue, qui bat la candidate officielle de l'UPF, la conseillère municipale centriste de Bergerac Katherine Trayssac. La division de la gauche, endémique dans ce secteur depuis les années 80, ne protège pas Daniel Garrigue de la vague rose de 1997. Pourtant renforcé par sa victoire aux municipales de 1995, il est battu d'un peu plus de 700 voix par un Michel Suchod en plein retour en grâce. Mais l'échec de la candidature Chevènement à la présidentielle de 2002 le plombe une nouvelle fois lors des législatives qui suivent. Daniel Garrigue a assez facilement raison de la candidate PS Cécile Labarthe. Il la retrouve sur sa route en 2007, et bénéficie cette fois d'une réélection moins large. La portée symbolique de cette victoire reste importante: la 2e circonscription est devenue un bastion de droite. La 3e, recouvrant l'arrondissement de Nontron (Périgord vert), a longtemps été le fief d'une famille radicale, les Bonnet. En 1988, Alain Bonnet est réélu sous l'étiquette MRG. Son retrait en 1993 manque de laisser le champ libre à un PCF encore très puissant sur ces marges nord du département, frontalières d'un Limousin cultivant quelques beaux restes de communisme rural. C'est finalement le spécialiste de la carte électorale du RPR, Frédéric de Saint-Sernin, qui est élu en coiffant sur le poteau (523 suffrages) le maire communiste de Saint-Estèphe René Dutin. Ce dernier prend sa revanche en 1997 avec plus de 54 % des bulletins face à un sortant qui a pourtant travaillé son implantation durant son mandat. Nouveau coup de balancier en 2002. Frédéric de Saint-Sernin retrouve son siège avec un écart encore plus riquiqui qu'en 1993: 132 voix. Mais il abandonne la politique pour le monde du football en 2004, laissant le champ libre cette fois au conseiller général socialiste Michel Debet en 2007 Le quatrième siège représente le secteur de Sarlat (Périgord noir). Sa sociologie électorale est assez semblable à celle de la 3e circonscription. Mais ici les communistes ont perdu les leviers de commande dans les années 80. Au profit d'abord des socialistes, qui parachutent avec succès en 1988 Roland Dumas, puis de la droite, qui progresse fortement lors des municipales de 1989. Résultat: largement décrédibilisé par l'impopularité du gouvernement socialiste, Roland Dumas est assez nettement battu par le nouveau maire RPR de Sarlat, Jean-Jacques de Peretti. Mais, nommé ministre en 1995, ce dernier est à son tour victime du désamour de ses électeurs en 1997, au profit du bien-nommé Germinal Peiro, conseiller général PS, qui bénéficia d'un gros réservoir de voix PCF au second tour. Un phénomène qui se reproduisit à une moindre échelle en 2002. En 2007, l'effondrement du PCF dans le secteur ne lui nuit pas. Au conseil général, la gauche détient 39 cantons sur 50. Une domination qui n'allait pas de soi il y a quinze ans. La majorité revient au contraire de très loin. En 1992, la droite parvenait à prendre ce département à gauche depuis la Libération, dans un contexte très tendu. En effet, le nouveau président RPR, Gérard Fayolle, ne peux alors compter que sur une majorité d'une voix. La perte de trois cantons en 1994 arrache les commandes à la droite. Le PS en profite pour reprendre la présidence, mais, paradoxalement, cette victoire est due à la bonne tenue de ses alliés, notamment MDC (Issigeac), divers gauche (Saint-Astier) et PCF (Saint-Pierre-de-Chignac). En 1998, les chassés-croisés sont importants. La droite perd Bergerac I, Jumilhac-le-Grand, Lanouaille, Savignac-les-Eglise, Verteilhac, ainsi que Lalinde et Sarlat, où Michel Suchod et l'ancien maire communiste Louis Delmon sont remis en selle. L'opposition inflige des défaites à la gauche à Beaumont, Brantôme et Montignac mais le solde reste en sa défaveur. La séquence de 2001 marque un coup d'arrêt à la progression de la gauche. Chaque camp reste sur ses positions, mais on assiste à une montée en puissance des élus sans étiquette, de droite (Carlux, Champagnac-de-Belair) comme de gauche (Saint-Aulaye, Saint-Pardoux-la-Rivière), au détriment du PS, du PCF et du RPR. Décidément favorable à la gauche, la série renouvelée en 2004 voit la majorité progresser et prendre trois cantons: Brantôme, Le Bugue et Montignac. Avec la défaite de Michel Suchod face au PS à Lalinde, les chevènementistes perdent leur dernier fief. En 2008, la gauche prend encore trois sièges à l'opposition. C'est surtout le PS qui progresse, à Eymet, Mareuil et Thiviers, mais également Excideuil aux dépens du PCF, la droite tenant surtout le coup sur les marges sud du département. Malmenée au conseil général après avoir progressé dans les années 80-90, la droite a tenu solidement ses bastions municipaux jusqu'en 2008. Malgré une importante percée en banlieue en 2001, la gauche n'a pas pu prendre Périgueux, restée fidèle à la droite gaulliste. Il a fallu attendre 2008 pour qu'elle s'impose de justesse face au ministre de l'Education Xavier Darcos. La droite a aussi profité des dissensions régnant à gauche pour prendre Bergerac en 1995 au très contesté sénateur-maire PS Michel Manet. L'entrée dans la danse de Michel Suchod en 2001 n'arrange pas les divisions de la gauche, qui permettent au maire RPR Daniel Garrigue de remporter au second tour une quadrangulaire à la majorité absolue. En 2008, c'est dans les rangs de la droite que règne la division. Gêné par une liste divers droite, Daniel Garrigue est assez nettement battu en triangulaire, au second tour, par le socialiste Dominique Rousseau. De son côté, Jean-Jacques de Peretti, malgré ses revers aux législatives et aux cantonales, tient solidement les rênes à Sarlat. Après dix-neuf ans de partage des deux sièges de sénateur avec la gauche, la droite est expulsée lors des sénatoriales de 2008. Alors que le président socialiste du Département Bernard Cazeau est reconduit dès le premier tour, l'autre sortant, l'ancien suppléant UMP de Xavier Darcos, Dominique Mortemousque, est assez largement battu au second tour par le socialiste Claude Berit-Débat.
Sources: Le Monde, 577 députés à élire, ministère de l'Intérieur |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 PERIGUEUX 1988 Bernard BIOULAC (soc.) 1993 François ROUSSEL (RPR) 1997 Michel DASSEUX (soc.) 2007 Pascal DEGUILHEM (soc., rad. et cit.) 2 BERGERAC 1988 Michel SUCHOD (soc.) 1993 Daniel GARRIGUE (RPR) 1997 Michel SUCHOD (rad., cit. et V.) 2002 Daniel GARRIGUE (UMP) 3 NONTRON 1988 Alain BONNET (app. soc.) 1993 Frédéric DE SAINT-SERNIN (RPR) 1997 René DUTIN (com.) 2002 Frédéric DE SAINT-SERNIN (UMP) 2004 Bernard MAZOUAUD (UMP) 2007 Michel DEBET (soc., rad. et cit.) 4 SARLAT-LA-CANEDA 1988 Paul DUVALEIX (soc.) 1993 Jean-Jacques DE PERETTI (RPR) 1995 Dominique BOUSQUET (RPR) 1997 Germinal PEIRO (soc.)
Sénateurs Claude BERIT-DEBAT (soc.); Bernard CAZEAU (soc.)
Conseil général de Dordogne 30 PS, 7 UMP, 5 PCF, 4 divers gauche, 3 divers droite, 1 MODEM président: Bernard CAZEAU (PS)
Maires PERIGUEUX:
Michel MOYRAND (PS) BERGERAC:
Dominique
ROUSSEAU (PS) COULOUNIEIX-CHAMIERS: Jean-Pierre ROUSSARIE (divers gauche) TRELISSAC: Francis COLBAC (PCF) TERRASSON-LAVILLEDIEU: Pierre DELMON (UMP) BOULAZAC: Jacques AUZOU (PCF) MONTPON-MENESTEROL: Jean-Paul LOTTERIE (divers gauche) SAINT-ASTIER: Jacques MONMARSON (divers gauche) RIBERAC: Rémy TERRIENNE (PS) PRIGONRIEUX: Jean-Paul ROCHOIR (divers gauche) CHANCELADE: Claude BERIT-DEBAT (PS) NONTRON: Pierre GIRY (UMP)
Sources: Le Monde, Journal officiel, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Parti radical de gauche) |
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LIENS |
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