LANDES

(dernière mise à jour le 13 octobre 2011)

Département le moins densément peuplé de la région, restées encore très forestières et agricoles, les Landes n'ont pas échappé au radicalisme local au début du XXe siècle, puis au mitterrandisme à partir des années 1970.

C'est à cette époque qu'a émergé l'actuel président socialiste du conseil général, Henri Emmanuelli, sans doute le meilleur rempart contre le gaullisme et ses alliés, qui ont réussi tout de même par deux fois à tenir le haut du pavé depuis 1958.

Fort naturellement, il est réélu dès le premier tour lors des législatives de 1988 dans la 3e circonscription, recouvrant la Chalosse, la Lande agricole, et qu'il avait enlevée à la droite en 1978. Pour ses deux co-listiers, Alain Vidalies dans la 1ere et Jean-Pierre Pénicaut dans la 2e, le second tour n'est qu'une formalité, ayant obtenu au premier plus de 48 % des voix.

Ces deux derniers sièges sont conquis par la droite en 1993. A Mont-de-Marsan, Alain Vidalies doit s'incliner devant le retour gagnant de Louis Lauga, député RPR entre 1986 et 1988. Dans la circonscription de Dax, la ville-centre, solidement ancrée à droite, contrebalance les votes populaires de Capbreton, dont Jean-Pierre Dufau, candidat à la succession de Jean-Pierre Pénicaut, est maire, et de Tarnos. La maire communiste de cette commune, Pierrette Fontenas, progresse de plus de 1000 voix par rapport à 1988, mais ses reports sont largement insuffisants face à la forte érosion du PS, qui perd plus de 10 000 suffrages d'un scrutin à l'autre. Il est assez nettement battu par Henri Lalanne, adjoint UDF au maire de Dax. Seul Henri Emmanuelli, en retrouvant à peu près au second tour son étiage de 1988, empêche la droite de renouveler le grand chelem de 1958.

L'affaire Urba, qui tourmente à l'époque le PS et dans laquelle son nom est cité en tant que trésorier du parti, ne le fait pas davantage chuter. Après une réélection au premier tour lors d'une partielle à l'automne 1993, il est facilement reconduit lors de la vague rose de 1997, démontrant son incontestable popularité sur le terrain. Devant se démettre de son mandat quelques mois plus tard, il est tout aussi largement réélu en 2000, lors d'une nouvelle partielle.

Même s'ils résistent assez bien au premier tour, les deux députés de droite sont pour leur part balayés par Alain Vidalies et Jean-Pierre Dufau, qui cette fois-ci l'emporte partout sauf à Dax.

Dès lors, le PS va tenir solidement les trois circonscriptions. Même la vague bleue de 2002 l'inquiète assez peu, avec un Henri Emmanuelli en grande forme malgré une érosion d'environ 3000 voix. Alain Vidalies et Jean-Pierre Dufau essuient, proportionnellement, les mêmes pertes, mais cela ne suffit qu'à rendre Louis Lauga et de maire libéral de Dax Jacques Forté un peu plus menaçants. Au second tour, les deux sortants rassemblent bien au delà de leur camp, notamment auprès des chasseurs de CPNT (entre 6 et 7 % au premier tour) qui, dans ce département, restent plutôt proches de la gauche.

Le même phénomène se produit en 2007, avec cette fois le MODEM, qui a présenté des candidats dans toutes les circonscriptions. Jean-Pierre Dufau, le seul des trois sortants qui semblait un peu menacé à l'issue du premier tour, en profite particulièrement, distançant une nouvelle fois Jacques Forté.

La domination de la gauche est sans contestation au conseil général, où le découpage et le mode de scrutin la favorisent. Depuis 1994, la majorité a progressé de six sièges. Les seuls points de force de la droite demeurent sur le littoral nord, où la sociologie électorale est semblable à celle du bassin d'Arcachon, autour de la station thermale de Dax, et dans le Bas-Armagnac et la Petite-Lande, qui constituent l'extrémité ouest de la fameuse écharpe bleue, cette zone moins déchristianisée que le reste du Midi.

Cependant, les élections cantonales de 1994 voient deux chassé-croisé un peu en contradiction avec cet état des lieux. La majorité progresse dans le nord en reprenant Parentis-en-Born et Sore, deux cantons passés mécaniquement à droite au début des années 1970, lorsque leur conseiller radical a refusé le Programme commun. L'opposition la bouscule de son côté à Soustons, autre ancien fief radical perdu par le RPR en 1982, et surtout à Montfort-en-Chalosse, qui n'avait encore jamais voté à droite sous la Ve République. Cette dernière victoire reste cependant de courte durée, puisque le canton rebascule lors d'une partielle en décembre 1995.

Malgré le retrait d'Henri Emmanuelli en 1997, remplacé à la présidence par Robert Cabé, conseiller d'Aire-sur-l'Adour, les cantonales de l'année suivante s'achèvent sur la progression de deux sièges de la gauche. La Petite-Lande continue de rosir avec le basculement de Labrit, mais la droite regagne du terrain dans le Bas-Armagnac, où le divers droite Michel Herrero fait échec à la succession du maire socialiste du chef-lieu André Poras, qui avait arraché ce siège aux gaullistes en 1973. Après avoir retrouvé son siège de député aux législatives de 1997, Alain Vidalies reprend le canton Sud de Mont-de-Marsan au RPR Guy Duvic, qui l'avait battu en 1992.

De nouveau derrière Henri Emmanuelli, la gauche continue sa progression en 2001, d'ailleurs à contre-courant des municipales organisées en parallèle, puisque le maire socialiste de Soustons Jean-Yves Montus, défait dès le premier tour, reprend cependant le canton perdu en 1994. A Dax, pourtant reconduite, la droite perd le canton Sud.

La séquence de 2004 s'avère rude pour la droite, qui se retrouve au niveau le plus bas jamais atteint sous la Ve République. Arrivée aux limites de son implantation historique, la majorité fait tomber quelques vieux fiefs, notamment Castets, sur le littoral, Amou, ancien bastion radical, et surtout Geaune, tête de pont de l'opposition en Chalosse.

L'opposition desserre l'étreinte en 2008, en rendant la pareille à la majorité, lui soufflant Roquefort, vieille tache rose de Petite-Lande. La droite remet aussi la main sur son fief de Parentis.

L'opposition progresse encore un peu en 2011 à Peyrehorade, obtenu sur le PS par le centriste Jean Petrau. A noter que les écologistes d'EELV n'ont donné aucune consigne de vote dans tout le département au second tour.

De tailles à peu près égales, les deux plus grandes villes, Mont-de-Marsan et Dax, persistent à ne pas porter les mêmes couleurs.

Centre administratif, la première est un bastion radical passé au socialisme. La seconde, ville d'eau cernée par une périphérie rose, a montré de l'intérêt pour le gaullisme avant de voter pour les centristes.

Mais, à partir de 2008, leur différence s'exprime à fronts renversés. A Mont-de-Marsan, le sénateur-maire PS Philippe Labeyrie, en place depuis 1983, est chahuté au premier tour par la liste MODEM de Geneviève Darrieusecq. Comprenant, mais un peu tard selon certains observateurs, qu'il catalyse le rejet de l'électorat, il annonce son retrait de la vie politique entre les deux tours. Ce qui ne suffit pas à convaincre les abstentionnistes de gauche, qui donnent la prime à la liste centriste. A Dax, Jacques Forté, maire depuis 1995, est victime d'un scénario analogue. Il est assez largement distancé au premier tour par le socialiste Gabriel Bellocq, qui ne dispose théoriquement d'aucune réserve, la troisième liste, sans étiquette, étant plutôt marquée à droite. Mais l'électorat modéré, qui n'a sans doute pas pardonné le positionnement assez à droite du maire, le boude, provoquant une victoire assez large (56,28 %) de Gabriel Bellocq au second tour.

La suprématie de la gauche lui permet d'envoyer, depuis 1992, deux sénateurs au palais du Luxembourg. Lors des sénatoriales de 2001, les socialistes Jean-Louis Carrère et Philippe Labeyrie se paient même le luxe d'être reconduits au premier tour, avec plus du double des suffrages de droite. Un scénario qui se reproduit en 2011, la maire de Saint-Paul-lès-Dax Danielle Michel succédant à Philippe Labeyrie.

 

Sources: Le Monde, Guide des pays de France, La Croix, L'Humanité, Sénat, ministère de l'Intérieur


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

Chronologie des députés

1 MONT-DE-MARSAN

1988 Alain VIDALIES (soc.)

1993 Louis LAUGA (RPR)

1997 Alain VIDALIES (soc.)

2 DAX

1988 Jean-Pierre PENICAUT (soc.)

1993 Henri LALANNE (UDF)

1997 Jean-Pierre DUFAU (soc.)

3 SAINT-SEVER

1988 Henri EMMANUELLI (soc.)

1997 Joël GOYHENEX (soc.)

2000 Henri EMMANUELLI (soc.)

 

Sénateurs

Jean-Louis CARRERE (soc.); Danielle MICHEL (soc.)

 

Conseil général des Landes

24 PS, 3 UMP, 1 divers droite, 1 NC, 1 PCF

Président: Henri EMMANUELLI (PS)

 

Maires

MONT-DE-MARSAN: Geneviève DARRIEUSSECQ (MODEM)

DAX: Gabriel BELLOCQ (PS)

SAINT-PAUL-LES-DAX: Danielle MICHEL (PS)

TARNOS: Jean-Marc LESPADE (PCF)

BISCAROSSE: Alain DUDON (UMP)

SAINT-PIERRE-DU-MONT: Jean-Pierre JULLIAN (PS)

MIMIZAN: Christian PLANTIER (divers droite)

CAPBRETON: Jean-Pierre DUFAU (PS)

AIRE-SUR-L'ADOUR: Robert CABE (PS)

SOUSTONS: Jean-Yves MONTUS (PS)

SAINT-VINCENT-DE-TYROSSE: Michèle LABEYRIE (PS)

SAINT-SEVER: Jean-Pierre DALM (PS)

PARENTIS-EN-BORN: Christian ERNANDORENA (UMP)

HAGETMAU: Serge LANSAMAN (UMP)

MORCENX: Jean-Claude DEYRES (PS)

SAINT-MARTIN-DE-SEIGNANX: Christine DARDY (PRG)

ONDRES: Bernard CORRIHONS (PS)

LABENNE: Jean-Luc DELPUECH (divers gauche)

 

Sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur, Sénat

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur, Politiquemania)


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Parti radical de gauche, Politiquemania, Wikipedia)

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