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PYRENEES-ATLANTIQUES (dernière mise à jour le 13 octobre 2011) |
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Formées d'un Pays basque
traditionnellement tourné vers la droite catholique et d'un Béarn au
comportement électoral plus proche de la tradition radicale-socialiste du
Sud-Ouest, les Pyrénées-Atlantiques sont logiquement dominés par les
centristes et les modérés. Ce qui, globalement, profite à la droite.
En 1988, cette dernière détient quatre circonscriptions sur six. Le RPR domine la 4e, avec Michel Inchauspé, implanté dans la montagne depuis 1967, et la 6e, en la personne de Michèle Alliot-Marie, fille de Bernard Marie, figure gaulliste du sud du Pays basque. L'UDF est représentée par deux de ses sensibilités: les giscardiens représentent la 5e, Alain Lamassoure étant élu de l'agglomération de Bayonne, et le centre-droit, très présent sur le flanc est de la région paloise, la 2e circonscription gagnée par François Bayrou. S'appuyant sur l'agglomération de Pau, le fief ouvrier de Lacq et les campagnes radicales, le PS fait élire René Cazenave et André Labarrère dans les 1ere et 3e. Ce dernier, maire de la ville bourgeoise de Pau depuis 1971, dont la popularité dépasse la gauche, est le seul rescapé de la vague bleue de 1993. Au second tour, il devance de moins de 1400 voix l'indépendant Lucien Basse-Cathalinat, grâce notamment aux électorats ouvriers de Lacq et Orthez. La région de Pau, en effet, ayant basculé nettement à droite. Ainsi, René Majesté, qui tentait de succéder à René Cazenave, est sévèrement battu par le RPR Jean Gougy, qui avait obtenu le double de ses suffrages au premier tour. Si Michel Inchauspé repasse dès le premier tour, Michèle Alliot-Marie et François Bayrou obtiennent plus de 60 % des exprimés au second, Alain Lamassoure se contentant d'un "petit" 59,63 %. La chute de ce "moins bien élu" à droite créé la surprise lors de la vague rose de 1997. Ministre du Budget, il est battu de 703 voix par sa concurrente socialiste de 1993, Nicole Péry, membre de l'opposition municipale de Bayonne. La participation au gouvernement a également handicapé François Bayrou, qui voit son capital électoral du second tour fondre de plus de 2600 voix, mais l'emporte de 866 bulletins sur le socialiste Georges Labazée. Michèle Alliot-Marie s'en sort mieux avec 55,53 % des exprimés au second tour, mais Michel Inchauspé semble fragilisé avec seulement 52,62 %. En revanche, la défaite de Jean Gougy, dans la 1ere, face à l'adjointe au maire de Pau Martine Lignières-Cassou, était davantage attendue. Tout comme la réélection confortable (59,25 %) d'André Labarrère dans la 3e. Les législatives de 2002 constituent un retour à la situation de 1988. La 5e repasse à droite, le socialiste Jean Espilondo, qui avait succédé à Nicole Péry, nommée au gouvernement en 2000, étant nettement distancé par le maire UMP-centriste de Bayonne Jean Grenet. Les centristes, tendance UDF cette fois, remportent la primaire qui les opposaient au premier tour au RPR dans la 4e. Elu de la montagne, Jean Lassalle bat très nettement le socialiste François Maïtia au second tour. François Bayrou est une nouvelle fois reconduit, ainsi que Martine Lignières-Cassou et Michèle Alliot-Marie. David Habib réussit la succession d'André Labarrère. Le statu quo de 2007 dissimule un remue-ménage géopolitique provoqué par la rupture du MODEM de François Bayrou d'avec la majorité sortante. Le nouveau mouvement obtient deux députés, grâce aussi bien aux reports de droite que de gauche. Le candidat à la présidentielle bénéficie ainsi du retrait du candidat UMP, Jean-Pierre Mariné, arrivé second au premier tour, et du gonflement de l'abstention entre les deux tours. En effet, si pas une voix (ou presque) de 2002 ne manque à François Byrou, sa concurrente socialiste Marie-Pierre Cabanne, subit une nette déperdition par rapport à Georges Labazée. En fâcheuse posture au premier tour, Jean Lassalle remporte assez largement la triangulaire qui l'opposait au maire UMP d'Oloron Hervé Lucbereilh et au conseiller général PS Jean-Pierre Domecq. Il semble que de nombreux électeurs socialistes de cette circonscription aient préféré le vote utile en faveur du sortant, Jean-Pierre Domecq faisant moins bien que François Maïtia en 2002. L'effet MODEM a aussi profité à Martine Lignières-Cassou, menacée entre les deux tours. Une bonne partie des électeurs de Philippe Arraou (16 % des exprimés au premier tour) a préféré la députée à son challenger UMP Bernard Layre. Même chose pour David Habib, dont la victoire ne faisait cependant aucun doute. Avec 62,50 % des exprimés, il est le mieux élu de cette législature. Les reports à gauche du MODEM ont aussi fonctionné dans la 6e, sans cependant inquiéter Michèle Alliot-Marie, mais semblent avoir fragilisé Jean Grenet dans la 5e, où il ne l'emporte que de moins de 2800 voix sur Jean Espilondo. Dominé par la droite modéré jusqu'en 2011, le conseil général a lui aussi connu des turbulences consécutives à la présidentielle de 2007. Jusque-là, la situation s'avérait assez classique, au gré des différentes poussées de droite et de gauche. La séquence de 1994 s'achève avec le gain du canton d'Arudy, vieux fief radical-socialiste, par le RPR. Le renouvellement de 1998, qui suit la vague rose de 1997, se traduit par la perte de sept sièges par la majorité de droite de François Bayrou. La gauche perce notamment sur la côte basque, où Jean Espilondo enlève Anglet-Nord, et où les communistes bénéficient du retrait du PS à Bayonne-Nord, ce qui leur permet de remettre la main sur un fief, le seul du département, perdu en 1992. A Pau aussi, la droite est bousculée, avec l'élection de socialistes dans les cantons Centre et Nord. La gauche fait aussi tomber Arthez et Lembeye, et récupère Lescar, perdu en 1985. La majorité ne progresse qu'à Nay-Bourdettes Est, qui votait à gauche depuis 1967. Le scrutin de 2001 voit la droite perdre un siège. Si Daniel Poulou, suppléant libéral de Michèle Alliot-Marie, s'empare d'Hendaye, le PS reprend Montaner au RPR. L'évènement de cette série se produit à Saint-Etienne-de-Baïgorry, où le maire nationaliste basque d'Ascarat, Jean-Michel Galant, est élu dans ce canton modéré, lors d'une triangulaire avec le RPR et l'UDF. Une nouvelle poussée de gauche se produit en 2004. Le PS boute la droite hors de Bayonne, en prenant les cantons Est et Ouest, récupère Jurançon, Oloron Est, Pau Ouest et va même bousculer l'UMP sur ses terres basques, à Saint-Jean-Pied-de-Port. En 2008, l'exécutif semble cette fois à la portée du PS, qui fait tomber dans son escarcelle Anglet-Sud, Hendaye, Morlaas, Nay-Bourdettes Ouest, Pontacq et Salies-de-Béarn. La droite ne progresse qu'à Saint-Etienne-de-Baïgorry et Saint-Pierre-d'Irube. Au conseil général, trois blocs s'affrontent. La gauche, qui est maintenant majoritaire en sièges, la droite restée fidèle à l'UMP, et le MODEM, qui tient encore les leviers de commande. Mais, cette fois-ci, après l'émergence d'un centre autonome, c'est l'ouverture à gauche pratiquée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy qui tient lieu de toile de fond. Profitant du ralliement d'élus socialistes autour d'Yves Urieta, éphémère maire de Pau, l'UMP prend la présidence et fait élire Jean Castaings. La situation se clarifie en 2011. La poussée de gauche arrache le levier de commande du conseil général à la majorité de centre-droit. Elle avance dans l'agglomération paloise (Pau-Nord), sur le piémont pyrénéen du Béarn (Aramits, Tardets-Sorolhus) et inflige surtout une défaite à Jean Grenet à Bayonne-Ouest. Si les trois cantons de la grande ville basque sont désormais tous à gauche, l'UMP récupère Anglet-Nord. Jean Castaings doit céder son fauteuil à Georges Labazée, ancien suppléant d'André Labarrère. Sociologiquement de droite, la ville de Pau reste fidèle au PS depuis 1971 et la première élection d'André Labarrère à la mairie. Ayant battu François Bayrou en 1989, le maire est réélu dès le premier tour en 1995 avec 52,54 % des exprimés. En 2001 André Labarrère creuse l'écart (56,67 %) et récolte mille voix de plus. Décédé en 2006, il est remplacé par son adjoint Yves Urieta. Rallié à Nicolas Sarkozy, ce dernier obtient en 2008 l'investiture de l'UMP, face à la députée Martine Lignières-Cassou, ancienne premier adjointe d'André Labarrère, et François Bayrou. Au soir du premier tour, Yves Urieta est distancé, ses deux challengers réunissant chacun à peu près un tiers des exprimés, Martine Lignières-Cassou devançant François Bayrou de 432 bulletins. Une course en tête qu'elle finit par gagner, en triangulaire, avec un écart encore plus faible (342 voix), grâce à de bons reports de la liste d'extrême-gauche (5,72 %) et de certains électeurs d'Yves Urieta, qui ont jugé plus utile de voter PS que MODEM. Lors de ces municipales de 2008, les socialistes relèvent la tête. Ils reprennent à la droite et au centre les villes d'Oloron-Sainte-Marie et Orthez, perdues en 2001, et Billère, banlieue de Pau conquise par les gaullistes en 1989. Ils se payent même le luxe de s'imposer sur une côte basque dominée de longue date par le centre-droit, à Anglet, face à une majorité divisée au premier tour. En revanche, ils perdent Hendaye, un peu plus au sud, suite au maintien d'une liste nationaliste au second tour. La gauche avait, auparavant, pris un siège à la droite lors des sénatoriales de 2001. Une première depuis 1946, provoquée par le passage à la proportionnelle mais aussi le départ en campagne en ordre dispersé des trois sortants: Auguste Cazalet (RPR), le maire UDF de Biarritz Didier Borotra, et le conseiller général RPR Louis Althapé. Ce dernier en fera les frais, puisque c'est la liste d'André Labarrère qui arrive en tête, à 49 voix devant celle d'Auguste Cazalet. Le retour au scrutin majoritaire en 2011, loin de favoriser la droite, la dessert au contraire. Non seulement le président PS du conseil général Georges Labazée est élu, mais le meilleur score du second tour est obtenu par la socialiste Frédérique Espagnac. Le troisième siège est remportée par le MODEM, avec Jean-Jacques Lasserre, au dépens de la sortante socialiste Annie Jarraud-Vergnolles, ancienne suppléante d'André Labarrère. Le seul candidat UMP en lice au second tour, Michel Hiriart, rassemble moins d'un tiers des exprimés.
Sources: Le Monde, L'Humanité, La République des Pyrénées, ministère de l'Intérieur |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 PAU CENTRE, NORD, OUEST 1988 René CAZENAVE (soc.) 1993 Jean GOUGY (RPR) 1997 Martine LIGNIERES-CASSOU (soc.) 2 PAU EST, SUD 1988 François BAYROU (Un. du Centre) 1993 Pierre LAGUILHON (RPR) 1997 François BAYROU (UDF) 2000 Pierre MENJUCQ (UDF) 2002 François BAYROU (UDF) 3 JURANCON 1988 André LABARRERE (soc.) 2002 David HABIB (soc.) 4 OLORON-SAINTE-MARIE 1988 Michel INCHAUSPE (RPR) 2002 Jean LASSALLE (UDF) 5 ANGLET, BAYONNE 1988 Alain LAMASSOURE (UDF) 1993 Jean GRENET (RPR) 1997 Nicole PERY (soc.) 2000 Jean ESPILONDO (soc.) 2002 Jean GRENET (UMP) 6 BIARRITZ, HENDAYE 1988 Michèle ALLIOT-MARIE (RPR) 1993 Daniel POULOU (UDF) 1995 Michèle ALLIOT-MARIE (RPR) 2002 Daniel POULOU (UMP) 2011 Michèle ALLIOT-MARIE (UMP)
Sénateurs Frédérique ESPAGNAC (soc); Georges LABAZEE (soc.); Jean-Jacques LASSERRE (Un. centriste et rép.)
Conseil général des Pyrénées-Atlantiques 25 PS, 8 divers droite, 7 MODEM, 7 UMP, 2 ARES, 2 divers gauche président: Georges LABAZEE (PS)
Maires PAU:
Martine LIGNIERES-CASSOU (PS) BAYONNE:
Jean GRENET (ARES) ANGLET:
Jean ESPILONDO (PS) BIARRITZ:
Didier
BOROTRA (MODEM) BILLERE:
Jean-Yves LALANNE (PS) SAINT-JEAN-DE-LUZ:
Peyuco DUHART (UMP) HENDAYE:
Jean-Baptiste SALLABERRY (divers droite) LONS:
James
CHAMBAUD (UMP) OLORON-SAINTE-MARIE:
Bernard UTHURRY (PS) ORTHEZ: Bernard MOLERES (PS) LESCAR: Christian LAINE (PS) MOURENX: David HABIB (PS) JURANCON: Michel BERNOS (MODEM) BOUCAU: Marie-Josée ESPIAUBE (PCF) CIBOURE: Guy POULOU (UMP) HASPARREN: Beñat INCHAUSPE (ARES) IDRON-OUSSE-SENDETS: Annie HILD (UMP) USTARITZ: Dominique LESBATS (divers droite) GAN: Jean-Michel TISSANIE (divers gauche) SALIES-DE-BEARN: Claude SERRES-COUSTINE (PS) BIDART: Emmanuel ALZURI (divers droite) BIZANOS: André ARRIBES (divers droite) CAMBO-LES-BAINS: Vincent BRU (MODEM) SAINT-PEE-SUR-NIVELLE: Christine BESSONART (divers gauche) MONEIN: Yves SALANAVE-PEHE (divers gauche) SAINT-PIERRE-D'IRUBE: Alain IRIART (divers droite) MOUGUERRE: Roland HIRIGOYEN (divers droite) GELOS: André CASTRO (divers droite) MORLAAS: Dino FORTE (divers gauche) URRUGNE: Odile DE CORAL (divers droite)
sources: Le Monde, Les Echos, La Croix, ministère de l'Intérieur, Wikipedia, Politiquemania, Sénat |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, La Croix, La République des Pyrénées, ministère de l'Intérieur, Politiquemania) |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (sources: Le Monde, Les Echos, ministère de l'Intérieur, Wikipedia, Politiquemania) |
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LIENS |
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