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ALLIER |
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Fief du communisme rural et du socialisme ouvrier, l'Allier
subit d'incessants mouvements de balancier depuis le début des années
1970.
En 1988, ses quatre circonscriptions étaient représentées par des députés de gauche, l'Est du département élisant des communistes, l'Ouest envoyant à l'Assemblée nationale des socialistes. Dans ce contexte, le grand chelem de la droite en 1993 peut être qualifié d'historique, puisque c'est la première fois depuis près d'un siècle que l'Allier n'est pas représenté par au moins un député de gauche. Les communistes, solidement implantés depuis 1946, n'ont semble-t-il pas fait le plein de voix socialistes au second tour, payant l'attitude du Parti vis-à-vis du gouvernement socialiste depuis 1988. La défaite d'André Lajoinie, candidat à la présidentielle de 1988, dans la 3e, est à cet égard symbolique. La gauche regagne toutes ses positions en 1997. Les scores sont plus étriqués dans la 1ere circonscription, où François Colcombet prend sa revanche sur Pierre-André Périssol, malgré l'élection de ce dernier à la mairie de Moulins. Même chose pour André Lajoinie qui, malgré de bons reports socialistes, ne retrouve pas ses résultats de 1988. En revanche, l'autre ancien député communiste, Pierre Goldberg, maire de Montluçon, bat très largement le député sortant Jean Gravier, qui n'a pas réussi à s'implanter dans les zones urbaines de sa circonscription. La surprise de ce scrutin vient de la 4e circonscription, la seule a avoir choisi Jacques Chirac au second tour de l'élection présidentielle de 1995. Pourtant en tête au premier tour, Claude Malhuret souffre d'un mauvais report des voix du FN (16,13 %), payant son attitude constamment intransigeante envers l'extrême-droite. Il est assez nettement battu par Gérard Charasse au 2e tour. Le scrutin de 2002 s'avère davantage serré. La 1ere circonscription continue son zapping, en choisissant cette fois Pierre-André Périssol, élu de justesse avec 86 voix d'avance. Dans la 2e, Pierre Goldberg résiste bien. Le pasquaïen Daniel Dugléry, qui l'a battu l'anné précédente aux municipales à Montluçon, manque de 64 voix l'élection. En revanche, dans la 3e, l'effritement du vote communiste s'accélère avec le retrait d'André Lajoinie. Le conseiller régional PCF Jean-Claude Mairal est coiffé sur le poteau par le conseiller général divers droite Yves Simon. A Vichy, Claude Malhuret ne parvient pas à récupérer son siège, Gérard Charasse s'appuyant sur l'électorat rural de la Sologne bourbonnaise, où les radicaux ont marqué des points ces dernières années. Le scrutin de 2007 constitue un véritable tournant, qui emporte aussi bien la droite que les communistes. A Montluçon, Mireille Schurch ne parvient pas à succéder à Daniel Goldberg et est éliminée au premier tour, laissant le socialiste Bernard Lesterlin battre une nouvelle fois Daniel Dugléry au second. A Moulins, la vague rose vient de la banlieue. Le maire PS d'Yzeure distance la candidate officielle du parti Delphine Mayrargue au premier tour et parvient à rassembler toutes les voix de gauche et du MODEM pour détrôner Pierre-André Périssol. Tandis que Claude Malhuret échoue une nouvelle fois à convaincre en dehors de sa ville de Vichy, la victoire du PS Jean Mallot est davantage étriquée dans la 3e circonscription. La droite résiste mieux dans ce secteur encore rural, mais insuffisamment pour permettre à Yves Simon de sauver son siège. Au conseil général, la domination communiste, venue principalement de campagnes acquises depuis des décennies au syndicalisme rouge, est constamment disputée par la droite modérée depuis 1982. La droite a vu ses positions s'effriter en 1994, perdant deux sièges lors de cette séquence. A gauche, les communistes, qui placent quatre nouveaux élus à Ebreuil, Huriel, Montluçon-Est et Moulins-Sud, ont le vent en poupe et repassent devant le PS, à 9 élus contre 6 (6 contre 7 en 1992). En 1998, la gauche gagne encore quatre sièges, dont trois pour le PCF: Hérisson, Souvigny et Montluçon-Ouest. Le quatrième étant remporté à Cusset-Sud par Gérard Charasse, qui voit son lent travail d'implantation porter ses fruits. Jean-Claude Mairal devient président du conseil général, faisant de l'Allier le seul département métropolitain communiste non exclusivement urbain. L'avance de cinq sièges de la gauche disparaît en 2001. Le PCF, qui résiste bien en milieu rural, est en revanche balayé Montluçon Est et Nord-Est. Jean-Claude Mairal lui-même est battu dans son fief de Moulins-Sud. Autre défaite symbolique: celle de Jeannine Gauthier à Commentry, face au divers droite Claude Riboulet, qui fait écho à la chute de la municipalité PS, dans cette commune socialiste depuis 1882. Le scrutin de 2004 voit les cartes redistribuées. La majorité de droite, bien que menacée - en particulier le président du conseil général Gérard Dériot, sans doute boudé par l'électorat modéré après son ralliement à l'UMP, en son canton de Cérilly -, reste en place. Les communistes continuent à se maintenir dans les campagnes, en remportant notamment Le Montet face au député Yves Simon, mais cèdent du terrain au PS dans les villes, à savoir Montluçon Nord-Ouest et Ouest. Ils ne comptent plus qu'un siège d'avance sur les socialistes, et doivent aussi compter avec les radicaux de gauche, bien implantés dans le Sud-Est du département. La partielle tant redoutée par la droite survient en novembre 2007. Le canton de Chevagnes, à droite depuis 1982, est pris par les communistes, qui avaient il est vrai obtenu 49 % lors du précédent renouvellement. Le court délai séparant cette élection des cantonales permet cependant à Gérard Dériot de se maintenir. Un sursis de courte durée. La majorité résiste bien lors des cantonales de 2008. Elle reprend même Montluçon-Sud à la gauche, mais perd Lurcy-Lévis et échoue à reconquérir Chevagnes. Le communiste Jean-Paul Dufregne devient président du conseil général. Les rapports de forces au niveau municipal reflètent bien la situation générale: une gauche encore puissante mais repliée dans les campagnes et les petites banlieues industrielles. Avant 2001, les communistes géraient encore Montluçon, la commune la plus peuplées, Moulins et Vichy étant aux mains de la droite gaulliste et libérale et les socialistes se contentaient de mairies de moindre importance. Après avoir réussi son parachutage aux législatives de 1993, le ministre du Logement Pierre-André Périssol prend sans coup férir, dès le premier tour, en 1995, la préfecture Moulins, qui vote à droite depuis des décennies, et qui, racontait-on, aurait été guignée par le journaliste Jean-Claude Bourret, cherchant à obtenir l'investiture du RPR. M. Périssol fait encore mieux en 2001, améliorant son score de quatre points. Mis en danger en 2008 par la candidature dissidente de son ancien premier adjoint Dominique-Jean Lardans, il gagne de justesse (138 voix) une triangulaire à hauts risques. En 1995, Pierre Goldberg est réélu au premier tour à Montluçon. En revanche, sa succession, préparée dès 1998 avec Jean-Claude Micouraud, est un cuisant échec. Dès le premier tour, en 2001, le pasquaïen Daniel Dugléry s'impose avec 9775 voix, alors que Jean Gravier n'en avait obtenu que 6885 en 1995. Il semble que la municipalité communiste ait été victime de la très forte campagne sur l'insécurité menée par la droite, au niveau national, lors du scrutin de 2001. Réputé plus fragile en 2008, Daniel Dugléry s'impose une nouvelle fois au premier tour, face à une gauche divisée entre le député PS Bernard Lesterlin, Pierre Goldberg, des communistes dissidents et une liste LO. A Vichy, où Claude Malhuret est maire depuis 1989, les élections ne sont pas un long fleuve tranquille. En 1995, M. Malhuret doit faire face au PS, au FN, mieux implanté que dans le reste du département, à la dissidence de l'UDF Thierry Wirth. Cependant, largement en tête au premier tour, il s'impose facilement dans la quadrangulaire du second. Le phénomène se reproduit en 2001, mais de façon plus périlleuse. La scission mégrétiste ayant fait disparaître le FN, remplacé par un MNR plus faible, Claude Malhuret doit faire face à une dissidence plus menaçante, en la personne de l'avocat Gilbert Collard, candidat radical valoisien, et par le non moins menaçant Gérard Charasse, flanqué sur sa gauche d'une liste verte. Au premier tour, le maire ne distance le député que de 406 voix, Gilbert Collard rassemblant 23,07 % et le MNR et les Verts faisant jeu égal. Au second tour, l'avance de Claude Malhuret sur Gérard Charasse, qui a fusionné avec les Verts, s'est à peine creusée. Gilbert Collard, qui s'est maintenu, voit ses positions s'éroder. Gérard Charasse repart à l'assaut en 2008. Mais, gêné par deux autres listes de gauche, il accuse un retard de plus de 1200 voix au premier tour sur Claude Malhuret, encombré lui d'une nouvelle candidature Collard. L'avocat se retire finalement au second tour, ce qui permet la réélection de Claude Malhuret avec une avance de 273 voix. Devancés de peu en 1998, les communistes parviennent à décrocher un siège de sénateur en 2008. Alors que son collègue divers droite Bernard Barraux ne se représente pas, l'autre sortant, l'ancien président UMP du conseil général Gérard Dériot, est distancé par le PS et le PCF lors d'un premier tour très serré. Il est reconduit de justesse (32 voix) au second tour, devant le socialiste Alain Denizot, gêné par le maintien des deux candidates vertes. Mais les communistes sont parvenus à placer Mireille Schurch, qui talonne M. Dériot.
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (Source: Le Monde, Assemblée nationale)
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Chronologie
des députés
1 MOULINS 1988 François COLCOMBET (soc.) 1993 Pierre-André PERISSOL (RPR) 1995 Guy CANARD (RPR) 1997 François COLCOMBET (soc.) 2002 Pierre-André PERISSOL (UMP) 2007 Guy CHAMBEFORT (app. soc., rad. et cit.) 2 MONTLUCON 1988 Pierre GOLDBERG (com.) 1993 Jean GRAVIER (UDF) 1997 Pierre GOLDBERG (com.) 2007 Bernard LESTERLIN (soc., rad. et cit.) 3 GANNAT 1988 André LAJOINIE (com.) 1993 Bernard COULON (UDF) 1997 André LAJOINIE (com.) 2002 Yves SIMON (app. UMP) 2007 Jean MALLOT (soc., rad. et cit.) 4 VICHY 1988 Jean-Michel BELORGEY (soc.) 1993 Claude MALHURET (UDF) 1997 Gérard CHARASSE (rad., cit. et V.)
Sénateurs Gérard DERIOT (UMP); Mireille SCHURCH (app. com., rép. et cit.)
Conseil général de l'Allier 11 divers droite, 9 PCF, 7 PS, 5 UMP, 2 PRG, 1 MODEM président: Jean-Paul DUFREGNE (PCF)
Maires MONTLUCON
Daniel
DUGLERY (UMP) VICHY
Claude
MALHURET (UMP) MOULINS
Pierre-André
PERISSOL (UMP) CUSSET
René
BARDET (PCF) DOMERAT: Marc MALBET (PCF) BELLERIVE-SUR-ALLIER: Jean-Michel GUERRE (PS) COMMENTRY: Jean-Louis GABY (UMP) GANNAT: Louis HUGUET (PS) SAINT-POURCAIN-SUR-SIOULE: Bernard COULON (divers droite) DESERTINES: Lucien DUBUISSON (PCF) VARENNES-SUR-ALLIER: Pierre COURTADON (PCF) AVERMES: Alain DENIZOT (PS) SAINT-GERMAIN-DES-FOSSES: Michel GUYOT (divers droite)
Sources: Le Monde, Assemblée nationale, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)
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Carte 3: communes (Sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui Christophe Broquet, Education nationale, Parti radical de gauche) |
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LIENS |
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