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CANTAL (dernière mise à jour le 19 février 2010) |
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Département de montagne le moins
peuplé d'Auvergne, le Cantal, qui a vu naître Georges Pompidou, est
resté fidèle au gaullisme, d'où une large domination aujourd'hui de
l'UMP.
Conséquemment, les élections législatives y sont marquées par une grande stabilité. La gauche a cru voir son heure arrivée en 1988 dans la circonscription d'Aurillac, détenue il est vrai par un UDF, Yves Coussain. Sur le papier, le maire PS René Souchon aurait du gagner au second tour, mais les mauvais reports communistes favorisèrent la droite. Un scénario qui se reproduisit en 1993, et vînt s'ajouter à des dissidences de droite et de gauche. Ces dernières coûtèrent en 1997 une nouvelle fois la victoire à M. Souchon, qui fut coiffé sur le poteau de 404 voix. En 2002, sa quatrième tentative se solda encore par un échec, assez large, malgré les bons scores obtenus dans le bassin d'Aurillac. En 2007, le socialiste Jacques Markarian fait mieux que M. Souchon au second tour, mais est nettement battu par le président du conseil général Vincent Descoeur, qui réussit la succession d'Yves Coussain. Très rurale et formée autour du fief de droite de Saint-Flour, la seconde circonscription ne vécut qu'un évènement marquant: la succession, dès le premier tour, du RPR Pierre Raynal par un autre RPR, Alain Marleix, en 1993. Le nouveau venu fait même mieux en pourcentage que son prédécesseur, alors que le PS se retrouve en troisième position, derrière le jobertiste Marc Petitjean. La vague rose de 1997 fait perdre plus de 4000 voix à M. Marleix, qui échappe cependant au ballottage, le total des voix de gauche atteignant à peine le tiers des suffrages. En 2002, Alain Marleix retrouve encore son siège au premier tour, mais pas son score de 1993, davantage gêné par la multiplicité des candidatures à droite, aiguisées par la sociologie électorale de cette circonscription, que par la gauche, qui perd près de dix points. En revanche, sa victoire de 2007, au premier tour également, est sans appel, avec près des deux tiers des suffrages. Cette même stabilité prévaut au sein du conseil général, même si la gauche a grappillé trois sièges depuis 1992. Celle-ci ne peut s'appuyer que sur ses bastions industriels autour d'Aurillac et des victoires, souvent éphémères, dans les cantons jouxtant les départements de gauche (Lot et Puy-de-Dôme). Le cru de 1994, s'il n'a pas fait varier les rapports de force, a vu l'émergence de nouvelles têtes, notamment à Allanche, Aurillac IV, Pierrefort et Vic-sur-Cère. Même chose en 1998, marquée cependant par le retrait du seul conseiller communiste, à Maurs, laissant le champ libre à la droite. La gauche se console en se renforçant dans le bassin aurillacois, avec le gain de Saint-Cernin. En 2001, la majorité est bousculée par la perte, au premier tour, de Riom-ès-Montagnes, où le maire RPR Pierre Cerruti est sévèrement battu par le divers gauche Pierre Fouillade. En 2004, c'est Champs-sur-Tarentaine qui bascule à gauche. Le scrutin de 2008 se caractérise par sa stabilité. La gauche renonce d'ailleurs à présenter des candidats dans certains cantons, tel Massiac, détenu par le ministre de Nicolas Sarkozy Alain Marleix. La majorité perd Laroquebrou, ce qui renforce l'opposition dans la région d'Aurillac, mais récupère Riom-ès-Montagnes. Les deux plus grandes villes du département, Aurillac et Saint-Flour, se sont toujours regardées en chien de faïence. Séparées par la planèze, la première est industrielle, franc-maçonne et laïque, tandis que la seconde cultive son identité paysanne, conservatrice et catholique. Logiquement, à Aurillac, détenue de 1977 à 1995, puis de 2001 à 2006 par René Souchon, ministre de François Mitterrand, les enjeux sont à gauche. Très contesté, aussi bien sur sa gauche que sur sa droite, M. Souchon doit faire face en 1995 à la fronde menée par le divers gauche Yvon Bec, soutenu par les milieux socioprofessionnels. Au second tour, M. Bec bénéficie du retrait du candidat RPR et l'emporte de près de 1000 voix. Mais, en 2001, son attelage avec le Medef et la CGPME, alors qu'il a rejoint les rangs chevènementistes, ne convainc pas. Il se retrouve distancé, au premier tour, de près de dix points par René Souchon. Arrivé en troisième position, Yves Coussain, voyant dans le maintien du maire sortant, qui avait pourtant appelé à voter Souchon aux législatives de 1997, l'occasion de tirer les marrons du feu, resta en course. Mal lui en pris, car il perdit près de 1200 voix au second tour. Une partie de son électorat, séduit par les appels du pied d'Yvon Bec, a sans doute préféré voter "utile". Malgré un gain symétrique aux pertes de M. Coussain, qui lui apporta presque autant de voix que René Souchon au premier tour, M. Bec est battu par ce dernier, qui a puisé dans les réserves abstentionnistes. En 2008, le successeur de René Souchon, Alain Calmette, doit affronter un candidat du MODEM, Jean-François Collin, soutenu par l'UMP, et Yvon Bec. Alors que l'équipe sortante frôle la réélection au premier tour, se retrouve troisième, avec un peu moins d'un quart des suffrages. L'éternel trublion de la gauche locale jette l'éponge mais sans donner de consigne de vote. Alain Calmette est largement réélu mais Jean-François Collin a bénéficié du report d'une partie des électeurs de la liste Bec. La vie politique semble a contrario plus paisible à Saint-Flour, gouvernée depuis 1993 par le libéral Pierre Jarlier. Celui-ci l'emporte au premier tour en 1995 face au divers droite Jacques Albisson, le PS Jean-Baptiste Meyroneinc n'arrivant qu'en troisième position avec 17,17 %. En 2001, sa liste est seule face à celle du maire. Battu, il gagne cependant une petite dizaine de points et un siège supplémentaire. Le même phénomène scénario se reproduit en 2008, mais la progression de la gauche lui permet d'obtenir cinq sièges contre trois lors du précédent mandat. En 1998, la gauche avait finement manoeuvré pour obtenir un siège aux sénatoriales. C'est finalement le maire centriste de Saint-Flour Pierre Jarlier qui avait été élu. En 2008, il est réélu au premier tour, tandis que le siège laissé vacant par l'UMP Roger Besse est disputé au second tour entre le conseiller général PRG Jacques Mézard et l'ancien député divers droite Yves Coussain. C'est le premier qui est élu, bénéficiant d'excellents reports de la gauche et des sans étiquette, et fort de sa présidence de l'agglomération d'Aurillac, un secteur dont Yves Coussain a échoué à plusieurs reprise à prendre le contrôle.
Sources: Le Monde, Guide des pays de France, ministère de l'Intérieur
A lire également: Mais que se passe-t-il donc dans le Cantal? |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (Source: Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 AURILLAC 1988 Yves COUSSAIN (app. UDF) 2007 Vincent DESCOEUR (UMP) 2 SAINT-FLOUR 1988 Pierre RAYNAL (RPR) 1993 Alain MARLEIX (RPR) 2007 Jean-Yves BONY (UMP)
Sénateurs Pierre JARLIER (UMP); Jacques MEZARD (rass. dém. soc. et euro.)
Conseil général du Cantal 12 UMP, 6 divers droite, 5 PS, 3 divers gauche, 1 MODEM président: Vincent DESCOEUR (UMP)
Maires AURILLAC: Alain CALMETTE (PS) SAINT-FLOUR: Pierre JARLIER (UMP) ARPAJON-SUR-CERE: Roger DESTANNES (PS) MAURIAC: Gérard LEYMONIE (UMP)
Sources: Le Monde, mairie d'Aurillac, ministère de l'intérieur
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)
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Carte 3: communes (Sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, Education nationale, annuaire des maires du Cantal, Politiquemania) |
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