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HAUTE-LOIRE |
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Bastion de la droite catholique, la
Haute-Loire se laisse tenter par la gauche sur ses marges, qu'elles soient
minières dans le Nord-Ouest ou protestantes dans le Sud. Cependant, toute
règle géopolitique a son exception. Ici, il s'agit de la préfecture, Le
Puy-en-Velay.
La ville est coupée en deux par la limite des deux circonscriptions, intangiblement fidèles à la droite depuis 1988. A l'Est a longtemps régné Jacques Barrot, centriste rallié à l'UMP, député depuis 1967 et jusqu'à son entrée à la commission européenne en 2004. A l'Ouest, Jean Proriol tient solidement ces terres très rurales, surtout dans le Sud, sous l'étiquette UDF-PR puis UMP. En 1988, tous deux se passaient de second tour. En 1993, M. Proriol, en l'absence de tout concurrent à droite, s'en sortait mieux, tandis que M. Barrot manquait de se retrouver en ballottage face au conseiller régional FN Hubert Fayard. L'extrême-droite, dont le bassin industriel en déclin d'Yssingeaux, le fief de Jacques Barrot, est la principale porte d'entrée dans le département, progresse en cinq ans de près de 3000 voix. Le PS s'effondre, passant de près de 15 000 à moins de 6000 suffrages. Jacques Barrot en perd plus de 2000 et subit la concurrence du maire indépendant de Saint-Maurice-de-Lignon Louis Ouillon. Ce phénomène s'amplifie lors de la vague rose de 1997. Alors que la droite indépendante s'effondre, le FN bondit de 13,13 à 17,51 %. Jacques Barrot perd encore des suffrages (près de 6500) et le PS se requinque, même s'il ne retrouve pas son étiage de 1988. Résultat: le ministre de la Santé, qui avait laissé son siège au maire UDF du Puy Serge Monnier, avec moins de 40 % des voix, doit affronter la gauche au second tour. Il la bat assez facilement mais le gonflement des bulletins blancs et nuls laisse supposer des reports imparfaits de l'extrême-droite. C'est cette fois-ci Jean Proriol qui affronte une situation plus délicate. Lui aussi en ballottage, il doit pouvoir a priori compter sur les voix du FN et du candidat villiériste qui lui assurent près de 55 % des voix. Le PS de son côté doit pouvoir s'appuyer sur les communistes et les Verts qui ont rassemblé en tout près de 15 % dans ce secteur encore industriel (bassin de Brioude), ayant été le théâtre d'âpres combats environnementaux (barrage du Serre de la Fare). Le sortant l'emporte finalement, mais seulement à 52,58 % des suffrages, alors qu'il en rassemblait plus de 57 % au premier tour en 1993. Un score qu'il retrouve en 2002, mais seulement au second tour, celui du premier (un peu plus de 41 %) restant semblable à celui de 1997. Il est alors gêné par la candidature du conseiller général divers droite de Lavoûte-Chilhac Jean-Pierre Vigier, troisième avec 12,22 %, et surtout par la nouvelle étoile montante du PS, Arlette Arnaud-Landau, qui a emporté la mairie du Puy à la surprise générale l'année précédente. Mais, cette fois-ci, les reports fonctionnent parfaitement et Mme Arnaud-Landau fait moins bien au second tour que le candidat PS de 1997, André Roure. Dans la partie est du département, c'est en revanche le triomphe de Jacques Barrot, qui retrouve son score du premier tour de 1993, mais doit aller au second tour. Il écrase alors le vert Jean-Jacques Orfeuvre, candidat de la gauche plurielle. De son côté, le FN retombe à son niveau de 1993. Laurent Wauquiez, l'étoile montante de l'UMP qui a succédé à Jacques Barrot lors de la partielle de 2004, redonne un coup de fouet à la droite locale en 2007 en renouant avec l'élection au premier tour avec 58,13 % des suffrages. Dans la 2e circonscription, un autre jeune homme, Laurent Duplomb, brouille, lui, les cartes. Avec 14,46 %, ce responsable départemental des jeunes agriculteurs relègue Jean Proriol sous la barre des 40 %, à quatorze points cependant devant le socialiste André Chapaveire, qui lui aussi fait moins bien qu'Arlette Arnaud-Landau en 2002. La présence, une nouvelle fois, de Jean-Pierre Vigier, cette fois-ci sous l'étiquette MODEM, rend le second tour davantage risqué pour le sortant. Avec 53,62 %, il est reconduit mais voit une nouvelle fois ses positions s'effriter. Le conseil général, longtemps tenu par les centristes, est, depuis leur ralliement à l'UMP, dominé par ce parti avec les nombreux élus sans étiquette. La gauche, elle, pénètre ce département en forme de trapèze à l'envers par deux accents. Le premier, grave, s'étend autour du bassin de Brioude qui s'ouvre aux limagnes du nord de l'Auvergne, pénétrées par les idées de gauche. Le second est plus récent et a priori plus fragile. Aigu, il débute sur les derniers contreforts des Cévennes, dans l'extrême-sud, et remonte jusqu'aux zones urbaines du Puy et d'Yssingeaux. En termes de rapport de forces, l'opposition départementale a beaucoup progressé, passant de 3 sièges en 1994 à 10 en 2008. Le scrutin de 1994 a surtout été marqué par la disparition du PCF à Retournac et à la progression des sans étiquette, au détriment des élus de droite encartés, notamment à Allègre, Craponne-sur-Arzon, Langeac et Le Puy Sud-Ouest. La majorité emmenée par Jacques Barrot est en revanche bien secouée lors de la séquence de 1998. La gauche progresse de cinq sièges dans le bassin de Brioude (Auzon, Blesle), dans le Sud-Est (Saint-Julien-Chapteuil) et devient majoritaire au Puy, où la droite perd les cantons Est et Ouest. Les cantonales de 2001 voient un fort renouvellement des élus. La majorité s'enrichit de nouvelles têtes à Cayres, Langeac, Craponne et Retournac mais elle perd aussi les cantons d'Allègre et du Monastier-sur-Gazeille. Dans la préfecture, le Vert Jean-Jacques Orfeuvre est élu dans le canton Sud-Ouest. La gauche sembla avoir atteint un plafond en 2004. Elle regagne son vieux fief de Brioude-Nord sur le maire Jean-Jacques Faucher et emporte Pradelles, où la concurrence entre élus sans étiquette est traditionnellement acharnée. En revanche, la droite reprend pied au Puy, en emportant le canton Ouest. C'est aussi au Puy que la majorité progresse lors des cantonales de 2008. Parallèlement à sa victoire aux municipales, la droite reprend les cantons Sud-Est et Sud-Ouest, faisant disparaître les Verts du conseil général. Elle remporte également Allègre et Paulhaguet, dans un contexte pourtant défavorable à la droite. La gauche, de son côté, ne progresse qu'à Aurec-sur-Loire et Pinols. Dominée par la statue de la Vierge, Le Puy-en-Velay, la préfecture de la Haute-Loire, se distingue aussi de ses homologues par son grand nombre d'écoles privées et son quotidien paraissant le soir. La droite domine son conseil municipal depuis 1934, avec un intermède de gauche de 2001 à 2008. En 1995, l'alerte fut en effet très chaude pour la majorité sortante. Au premier tour, le maire UDF Serge Monnier se retrouve à seulement 126 voix devant son concurrent socialiste Roland Casanova. Le FN, avec 536 voix, est éliminé. Ses suffrages se reportent assez correctement sur la liste du maire au second tour, mais la gauche puise dans les réserves abstentionnistes qui reculent de près de quatre points. Insuffisamment cependant pour faire basculer la majorité, même si cette dernière n'est reconduite qu'à 27 suffrages près. Loin de la renforcer, cette courte victoire semble avoir fragilisé la légitimité de la droite. L'absence du FN en 2001 met Serge Monnier face à la socialiste Arlette Arnaud-Landau. Cette dernière l'emporte assez nettement, avec 352 voix d'avance. Le PS perd cette nouvelle tête de pont en 2008, au premier tour, lors de l'assaut mené par Laurent Wauquiez, devenu en 2007 porte-parole du gouvernement. Avec 56,45 % et plus de 1400 voix d'avance, il distance largement Arlette Arnaud-Landau, qui franchit à peine la barre des 40 %. La sous-préfecture Yssingeaux a connu un parcours politique différent. En 1995, Jacques Barrot était réélu au premier tour par 57 % contre 43 à la liste socialiste. Ne se représentant pas en 2001, il laisse une ville divisée en trois blocs à peu près égaux, entre sans étiquette de droite, droite classique UDF et divers gauche. Un tiercé d'arrivée qui reste inchangé au second tour, d'autant plus que le candidat arrivé en tête, Bernard Gallot, a reçu le soutien du PS, trop heureux de se débarrasser de l'équipe de M. Barrot, au détriment d'ailleurs de la liste divers gauche. C'est encore face aux divers gauche qu'il est réélu en 2008. Quant à l'autre sous-préfecture, Brioude, enlevée au premier tour à un PS divisé en 1995, elle reste solidement tenue par la droite. La seule ville d'importance de gauche reste Monistrol-sur-Loire, enlevée à la droite en 2008. Les deux sièges de sénateur reviennent forcément à la droite. En 1992, celle-ci obtenait les trois quarts des suffrages. En 2001, seul le RPR, où sont encartés les deux sortants Adrien Gouteyron et Guy Vissac, présente une liste. L'UDF, qui détenait un siège jusqu'au décès de Jean-Paul Chambriard, dont M. Vissac était le suppléant, fait concourir Jean Boyer en candidat isolé. En le plaçant en tête, une voix devant Adrien Gouteyron, les grands électeurs semblent avoir voulu corriger un déséquilibre. Au second tour, le PS, même s'il progresse de près de 70 voix, n'obtient aucun élu. Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises, ministère de l'Intérieur |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 LE PUY EST 1988 Jacques BARROT (Un. du Centre) 1995 Serge MONNIER (UDF) 1997 Jacques BARROT (UDF) 2004 Laurent WAUQUIEZ (UMP) 2007 Jean-Pierre MARCON (UMP) 2 LE PUY OUEST 1988 Jean PRORIOL (UDF)
Sénateurs Jean BOYER (Un. centriste); Adrien GOUTEYRON (UMP)
Conseil général de Haute-Loire 13 divers droite, 8 UMP, 5 divers gauche, 5 PS, 2 NC, 1 MODEM président: Gérard ROCHE (divers droite)
Maires LE PUY-EN-VELAY: Laurent WAUQUIEZ (UMP) MONISTROL-SUR-LOIRE: Robert VALOUR (divers gauche) BRIOUDE: Jean-Jacques FAUCHER (UMP) YSSINGEAUX: Bernard GALLOT (divers droite) SAINTE-SIGOLENE: Dominique FREYSSENET (divers droite) AUREC-SUR-LOIRE: Claude VIAL (PS) BRIVES-CHARENSAC: Jean-Claude FERRET (divers gauche) LANGEAC: Marie-Thérèse ROUBAUD (divers droite) SAINT-JUST-MALMONT: Bernard GRANGER (divers gauche) ESPALY-SAINT-MARCEL: Jacques VOLLE (divers droite)
Sources: Le Monde, Sénat, Assemblée nationale, conseil général de Haute-Loire, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur) |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale) |
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