Bretagne

CHRONOLOGIE DES PRÉSIDENTS DU CONSEIL RÉGIONAL

1974 René PLEVEN (CD)

1976 André COLIN (CDS)

1978 Raymond MARCELLIN (UDF)

1986 Yvon BOURGES (RPR)

1998 Josselin DE ROHAN (RPR)

2004 Jean-Yves LE DRIAN (PS)

2012 Pierrick MASSIOT (PS)

 

Source: Rulers.org

 

 

SOMMAIRE

Côtes-d'Armor

Finistère

Ille-et-Vilaine

Morbihan

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Fond de carte: Géoatlas

Autrefois fief de la droite catholique, la Bretagne a considérablement glissé à gauche ces douze dernières années. Un phénomène qui a accompagné le déclin de la démocratie chrétienne, au profit d'abord des gaullistes, puis de socialistes souvent issus des mêmes organisations de jeunesse que les centristes. La faiblesse structurelle du communisme, sauf dans l'arrière-pays et certains ports marqués par l'influence de la CGT, et le ralliement de la plupart des notables UDF à l'UMP, après 2002, ont accéléré le changement de comportement de l'électorat modéré, traditionnellement majoritaire en Bretagne.

Les régionales de 1986 s'achèvent par l'accession au fauteuil présidentiel du sénateur-maire RPR de Dinard, Yvon Bourges. Il peut alors compter sur une confortable majorité de 46 sièges sur 81. Une avance qui part en fumée lors du scrutin de 1992. Celui-ci se caractérise par un fort émiettement des votes. La dégringolade est violente pour la gauche. En tête dans les Côtes-d'Armor et le Finistère en 1986, le PS perd 11 sièges, au profit notamment des écologistes des Verts et de GE, qui obtiennent respectivement six élus. La droite, de son côté, doit faire face à une poussée du FN jusque-là inédite dans la région. D'un conseiller, élu en 1986 dans le Morbihan, département natal de Jean-Marie Le Pen, l'extrême-droite passe à sept mandats, avec des scores oscillant entre 7 et 12 %. A noter aussi l'élection dans les Côtes-d'Armor de Gérard Gautier, militant pour la reconnaissance du vote blanc. Avec 41 conseillers sur 83, le bloc RPR-UDF-divers droite reste le plus important de l'assemblée, ce qui permet à Yvon Bourges une facile réélection.

Les résultats des régionales de 1998 s'avèrent très serrés. La gauche effectue une belle remontée, mais n'évite pas l'éparpillement. Elle arrive en tête dans les Côtes-d'Armor et l'Ille-et-Vilaine. Le PS gagne sept siège et le PCF trois. Les Verts en perdent trois dans la stratégie "plurielle". A noter les deux sièges obtenus par la liste Convention pour une alternative progressiste, regroupant des anciens du PCF et du PSU, dans le Finistère, et surtout l'élection du LO Martial Collet dans les Côtes-d'Armor. Les chasseurs de CPNT gagnent un siège dans les Côtes-d'Armor et le FN, malgré un tassement de ses votes, garde ses sept élus. A droite, malgré les tiraillements entre le RPR et l'UDF, provoqués entre autres par les ambitions déçues du leader UDF Pierre Méhaignerie, et l'élection de quatre conseillers sur deux listes sans étiquette, l'union est moins malaisée à obtenir qu'à gauche. La majorité relative de 37 voix sur 83 permet l'élection à la présidence du sénateur RPR du Morbihan Josselin de Rohan.

Le changement de mode de scrutin va aider la gauche a conquérir la Région en 2004. Le PS a aussi l'intelligence de présenter en tête de liste le modéré député du Morbihan Jean-Yves Le Drian, ancien secrétaire d'Etat à la Mer qui s'était caractérisé par sa fermeté face au syndicat CGT des dockers. L'incompréhension des électeurs modérés face au ralliement de la plupart des leaders UDF à l'UMP a fait le reste. Face à ce tropisme de droite, l'électorat s'est décalé vers la gauche. Jean-Yves Le Drian frôle les 59 % au second tour. Malgré la fusion entre l'UMP et l'UDF, il arrive en tête partout, y compris dans le Morbihan, le département le plus porté à droite de la région. La présence du MNR empêche l'accession du FN au second tour, éliminant ainsi l'extrême-droite du conseil régional, où les régionalistes de l'UDB obtiennent un siège.

L'affaiblissement de la droite est tel en 2010 que la gauche se paye le luxe de la désunion. Malgré une campagne de terrain très active, la tête de liste UMP, l'ancienne préfète Bernadette Malgorn, obtient au premier tour moins d'un quart des exprimés, tandis que le FN est éliminé avec un peu plus de 6 % des voix. Bien que caracolant en tête à plus de 37 %, Jean-Yves Le Drian ne parvient pas à se mettre d'accord avec la tête de liste écologiste, l'ancien ministre Vert Guy Hascoët. Avec ses 12,21 %, il se maintient au second tour, ce qui n'empêche nullement le président sortant de l'emporter, à un peu plus que la majorité absolue.

Le basculement de 2004 a parachevé un renversement des fronts qui a débuté en 1976, avec le passage à gauche du conseil général des Côtes-d'Armor. Le PS a ensuite conquis le Finistère en 1998, puis l'Ille-et-Vilaine en 2004.

 

Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises, 577 députés à élire, Wikipedia