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ILLE-ET-VILAINE |
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Les résultats des élections législatives de 1988 illustrent une répartition relativement équilibrée des forces. Le PS s'est taillé deux fiefs, dans les 1ere et 2e circonscriptions, où l'agglomération rennaise pèse le plus. Les centristes, encore dominants, représentent l'Ouest rennais et les bassins de Vitré et de Saint-Malo. Les gaullistes, avec Michel Cointat, détiennent la 6e circonscription, autour de la ville de Fougères, et leurs alliés giscardiens la 4e, avec Alain Madelin à Redon. La vague bleue de 1993 provoque un tassement des votes de gauche. Seul Jean-Michel Boucheron résiste bien dans une 1ere circonscription taillée sur mesure pour la gauche. Dans la 2e, Edmond Hervé, pourtant maire de Rennes depuis 1977, est pénalisé par une sociologie électorale moins favorable et surtout par l'affaire du sang contaminée, dans laquelle il était à l'époque mis en accusation. C'est le RPR Yvon Jacob qui prend son siège, ce qui éclipse l'élimination de Michel Cointat. Distancé au premier tour par la centriste Marie-Thérèse Boisseau, il se retire, laissant cette dernière battre facilement au second tour Louis Feuvrier, adjoint réformateur au maire socialiste de Fougères. La situation reste inchangée dans les autres secteurs, les deux personnalités de dimension nationale, Pierre Méhaignerie et Alain Madelin, étant reconduites au premier tour dans les 5e et 4e circonscriptions. Le RPR est la principale victime de la vague rose de 1997. Malgré une campagne parfois brutale, Yvon Jacob ne peut résister au retour en grâce d'Edmond Hervé. Les centristes ne sont pas épargnés. La surprise de ce scrutin est la défaite du maire UDF du Rheu Gérard Pourchet dans la 3e, détenue jusque-là par Yves Fréville, fils de l'ancien maire chrétien-démocrate de Rennes, face au socialiste Marcel Rogement. Si Pierre Méhaignerie est réélu au premier tour, Alain Madelin, Marie-Thérèse Boisseau et René Couanau sont nettement reconduits, après avoir été chahutés au premier tour. Les législatives de 2002 ramènent la gauche à son niveau de 1988. Tandis que Jean-Michel Boucheron est reconduit avec le même étiage qu'en 1997, et que Philippe Tourtelier succède sans problème à Edmond Hervé, Marcel Rogement est coiffé sur le poteau (838 voix) par le maire UDF de Pacé Philippe Rouaut. Mais le véritable renversement se produit à droite. Tous les députés UDF sont reconduits, après leur ralliement à l'UMP. Seul Alain Madelin se présente sous l'étiquette DL. Il manque d'ailleurs de le payer cher. Gêné par la dissidence de son ancien suppléant Jean-Gilles Berthommier, handicapé par le bilan décevant de son mandat de maire de Redon, entre 1995 et 2001, il ne repasse que de 725 voix face au PS. Le scrutin de 2007 achève de démontrer la propension des électeurs d'Ille-et-Vilaine à faire écho aux recompositions politiques nationales. Toutes les circonscriptions ayant choisi Ségolène Royal au second tour de la présidentielle élisent un député socialiste. Dans la 1ere et la 2e, cela ne constitue aucunement une surprise. On peut parler de demi-surprise dans la 3e. En revanche, c'était beaucoup moins attendu dans la 4e. Le candidat UMP Loïc Aubin n'a pu enrayer le déclin électoral de la droite dans ce secteur coincé entre l'agglomération rennaise et la Loire-Atlantique, où la gauche a aussi beaucoup progressé ces dernières années. Face à lui, le conseiller régional PS Jean-René Marsac a bénéficié de bons reports des voix de gauche et du MODEM. L'assèchement des fiefs centristes en 2002, après le ralliement de Pierre Méhaignerie à l'UMP, a dégagé un espace pour les amis de François Bayrou. Leurs idées ont ainsi trouvé un écho favorable dans la 6e circonscription. Un secteur où la gauche a aussi progressé lors des précédentes consultations locales, mais où le PS reste mal implanté. Au soir du premier tour, Marie-Thérèse Boisseau se retrouve face au conseiller général centriste Thierry Benoît, qui trouve toutes les voix de gauche pour la battre au second. Seules deux personnalités UMP résistent bien: Pierre Méhaignerie, une nouvelle fois réélu au premier tour dans le bastion familial de Vitré, et René Couanau, à Saint-Malo, qui balaye encore une fois la socialiste Isabelle Thomas, dont l'implantation locale reste insuffisante. Ces mauvais résultats de l'UMP sont également la réplique du basculement du conseil général en 2004. La droite détenait pourtant 39 des 53 sièges en 1994. Le scrutin cantonal organisé cette année-là ne modifie aucunement les rapports de force, même si pas moins de 14 nouveaux conseillers sont élus. A noter la triangulaire provoquée par le maintien au second tour du président de Génération Ecologie Brice Lalonde, permettant au divers droite Charles Thépaut de prendre le canton de Dinard. A Maure-de-Bretagne, une autre triangulaire oppose trois UDF. A Fougères-Nord, le MDR Louis Feuvrier prend sa revanche sur la nouvelle députée Marie-Thérèse Boisseau. A Redon, Alain Madelin, après seize ans de mandat à l'Assemblée nationale, décide de s'implanter localement en se faisant élire au premier tour. La progression de la gauche, en 1998, n'en est que plus impressionnante. Le PS et ses alliés gagnent pas moins de 12 sièges, et se retrouvent à une voix de la majorité. Une percée attendue dans les zones en pleine mutation (Cesson-Sévigné, Liffré, Rennes-Est, Nord, Sud-Est, Saint-Aubin-d'Aubigné). La droite subit quelques défaites plus surprenantes, comme à Cancale où le maire divers droite de Saint-Coulomb Jean Mainguené subit de très mauvais reports favorisant le divers gauche Maurice Jannin. A Rennes Centre-Ouest, Marcel Rogement déloge Yves Fréville qui l'avait l'argement battu aux législatives précédentes. La séquence de 2001 était pour la droite celle de tous les dangers. D'autant plus que Pierre Méhaignerie, président du conseil général depuis 1982, avait annoncé son intention de ne pas se représenter. Mais, comme en 1994, les front restent stables. L'opposition perd Antrain, mais au profit d'un divers gauche. La perte par la majorité de Renne Nord-Est, où la sortante UDF ne se représentait pas, est compensée par le gain du canton Nord-Ouest. Moins favorable à la droite, la série renouvelée en 2004 va lui être fatale. La bascule historique à gauche cache des défaites symboliques. A commencer par celle du président Marie-Joseph Bissonnier, battu à Plélan-le-Grand par une jeune socialiste, Rozenn Geffroy. La droite recule encore à Rennes, où elle perd le canton du Centre, l'un de ses derniers fiefs dans l'agglomération. En 2008, l'opposition perd aussi Rennes Nord-Ouest, qui était son dernier canton dans la préfecture. La gauche continue sa progression, notamment en zones rurales (Antrain, Saint-Méen-le-Grand) mais également franchement ancrées à droite (Dinard). En revanche, les deux dernières vagues d'élections municipales n'ont apporté aucun changement dans les plus grandes villes. Prise aux centristes par les socialistes en 1977, Rennes se distingue depuis quelques années par les scores importants qu'elle donne à la gauche à presque toutes les élections nationales. Maire de 1977 à 2008, le discret Edmond Hervé a réussi à modifier en profondeur la sociologie de la capitale régionale. En 1995, malgré la présence de huit listes au premier tour, il frôle la majorité absolue et bat facilement au second tour le député Yvon Jacob, son tombeur de 1993. Le même scénario se reproduit en 2001 avec l'UDF Loïck Le Brun, malgré une légère déperdition de voix. En 2008, son dauphin Daniel Delaveau obtient à peu près le même résultat au premier tour. L'émiettement est toujours de mise (sept listes) et l'UMP est gênée par un MODEM à 10,23 %, qui se maintient au second tour, gagné à 60,40 % par la gauche. La cité corsaire de Saint-Malo a elle aussi succombé à la vague rose de 1977, avant de revenir à droite en 1983. Maire depuis 1989, le centriste René Couanau est repassé au premier tour en 1995, face à une gauche divisée par le retour de l'ancien maire socialiste Louis Chopier. Il est également réélu au premier tour en 2001. Le PS a fait l'union, mais les 6,89 % de la liste du Parti des Travailleurs permet à ce mouvement d'extrême-gauche d'avoir un élu. En 2008, René Couanau doit cependant attendre le second tour pour retrouver son fauteuil. L'extrême-gauche divisée entre LCR et PT ne gêne pas le PS, qui est revanche handicapé par une liste MODEM, qui, après avoir obtenu 13,09 %, se maintient au second tour. Elle perd environ 500 voix, qui se reportent en partie sur l'ancien centriste qu'est Michel Couanau. Mais, avec 47,89 %, ce dernier attaque un quatrième mandat avec quelques signes d'essoufflement. Le destin de Fougères est un peu atypique. Michel Cointat a perdu ce fief au profit des socialistes en pleine vague bleue de 1983. Cette ville de gauche est depuis relativement isolée dans un paysage politique radicalement différent. La droite classique a remporté les sénatoriales de 1998. L'importante progression de la gauche depuis, additionnée au passage au scrutin proportionnel, a permis à cette dernière d'obtenir trois sièges sur quatre. Cela a également permis de renouveler totalement les élus, avec l'accession au palais du Luxembourg de l'ancien maire de Rennes Edmond Hervé, du socialiste Jacky Le Menn, de la divers gauche Virginie Kles et de l'UMP Dominique de Legge. Sources: Le Monde, 577 députés à élire, ministère de l'Intérieur |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 RENNES-SUD 1988 Jean-Michel BOUCHERON (soc.) 2 RENNES-NORD 1988 Edmond HERVE (soc.) 1993 Yvon JACOB (RPR) 1997 Edmond HERVE (soc.) 2002 Philippe TOURTELIER (soc.) 3 RENNES-OUEST 1988 Yves FREVILLE (Un. du Centre) 1997 Marcel ROGEMONT (soc.) 2002 Philippe ROUAULT (UMP) 2007 Marcel ROGEMONT (app. soc., rad. et cit.) 4 REDON 1988 Alain MADELIN (UDF) 1993 Jean-Gilles BERTHOMMIER (UDF) 1995 Alain MADELIN (UDF) 2007 Jean-René MARSAC (soc., rad. et cit.) 5 VITRE 1988 Pierre MEHAIGNERIE (Un. du Centre) 1993 Danielle DUFEU (app. UDF) 1995 Pierre MEHAIGNERIE (UDF) 6 FOUGERES 1988 Michel COINTAT (RPR) 1993 Marie-Thérèse BOISSEAU (UDF) 2002 Daniel PREVOST (UMP) 2007 Thierry BENOIT (non inscrit) 7 SAINT-MALO 1988 René COUANAU (Un. du Centre)
Sénateurs Edmond HERVE (soc.); Virginie KLES (app. soc.); Dominique DE LEGGE (UMP); Jacky LE MENN (soc.)
Conseil général d'Ille-et-Vilaine 20 PS, 9 divers gauche, 8 UMP, 7 divers droite, 5 MODEM, 4 PRG président: Jean-Louis TOURENNE (PS)
Maires RENNES:
Daniel DELAVEAU (PS) SAINT-MALO:
René COUANAU (UMP) FOUGERES:
Louis FEUVRIER (divers gauche) VITRE:
Pierre
MEHAIGNERIE (UMP) CESSON-SEVIGNE:
Michel LE BIHAN (PS) BRUZ:
Philippe CAFFIN (divers gauche) DINARD:
Marius MALLET (divers droite) REDON: Vincent BOURGUET (divers droite) BETTON: Michel GAUTIER (PS) PACE: Paul KERDRAON (UMP) SAINT-GREGOIRE: Pierre BRETAU (divers droite) SAINT-JACQUES-DE-LA-LANDE: Emmanuel COUET (PS) VERN-SUR-SEICHE: Jean-Claude HAIGRON (PS) CHANTEPIE: Grégoire LE BLOND (MODEM) THORIGNE-FOUILLARD: Jean-Jacques BERNARD (divers gauche) GUICHEN: Joël SIELLER (divers droite) CHARTRES-DE-BRETAGNE: Philippe BONNIN (PS) LIFFRE: Loïg CHESNAIS-GIRARD (PS) MORDELLES: Bernard POIRIER (divers gauche) LE RHEU: Jean-Luc CHENUT (PS) NOYAL-CHÂTILLON-SUR-SEICHE: Sylvie EPAUD (PS) BAIN-DE-BRETAGNE: Yves THEBAULT (MODEM) CHÂTEAUGIRON: Françoise GATEL (UMP) MONTFORT-SUR-MEU: Delphine DAVID (divers droite) JANZE:
Hubert PARIS (divers gauche) ACIGNE: Guy JOUHIER (PS) CANCALE: Pierre-Yves MAHIEU (divers droite) MELESSE: Pierre HUCKERT (divers droite) CHÂTEAUBOURG: Virginie KLES (divers gauche) COMBOURG: Joël LE BESCO (UMP) NOYAL-SUR-VILAINE: Jacques AUDRAIN (divers droite) DOL-DE-BRETAGNE: Denis RAPINEL (divers droite) PLEURTUIT: Alain LAUNAY (PS) LA GUERCHE-DE-BRETAGNE: Pierre DESPRES (divers droite) MONTAUBAN-DE-BRETAGNE: Serge JALU (PS) LOUVIGNE-DU-DESERT: Jean-Pierre OGER (divers droite) VEZIN-LE-COQUET: Gérard LE CAM (PS) BREAL-SOUS-MONTFORT: Joseph DURAND (divers droite) ARGENTRE-DU-PLESSIS: Emile BLANDEAU (UMP) LAILLE: Pascal HERVE (divers gauche) SAINT-MEEN-LE-GRAND: Michel COTTARD (divers droite)
sources: Le Monde, Assemblée nationale, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur) |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises, Journal officiel, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Parti radical de gauche) |
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