Bourgogne

CHRONOLOGIE DES PRÉSIDENTS DU CONSEIL RÉGIONAL

1974 Jean CHAMANT (RI)

1978 Marcel LUCOTTE  (UDF)

1979 Pierre JOXE (PS)

1982 André BILLARDON (PS)

1983 Frédéric LESCURE (PS)

1985 Marcel LUCOTTE (UDF)

1986 Raymond JANOT (UDF)

1992 Jean-Pierre SOISSON (UDF)

1993 Jean-François BAZIN (RPR)

1998 Jean-Pierre SOISSON (UDF)

2004 François PATRIAT (PS)

 

Source: Rulers.org

 

 

SOMMAIRE

Côte-d'Or

Nièvre

Saône-et-Loire

Yonne

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Fond de carte: Géoatlas

"Quand on a la Bourgogne, on la garde!" Cette phrase qu'aurait lancé François Mitterrand à son voisin d'élection Jean-Pierre Soisson, après sa première accession controversée à la tête du conseil régional, en 1992, a aujourd'hui tout son sens géopolitique. Cette région du Centre-Est de la France, autrefois coeur d'un des plus puissants Etats médiévaux européens, semble depuis un quart de siècle balancer entre gauche et droite, et aucun de ses présidents n'a encore accompli davantage qu'un mandat.

Les régionales de 1986 s'achèvent sur une légère domination de la droite, qui emporte 27 sièges contre 25 à la gauche, le FN s'en adjugeant trois. Le président UDF Raymond Janot ne se représentant pas en 1992, la Région était promise au député-maire RPR de Châlon-sur-Saône Dominique Perben. Mais la dissidence du maire UDF d'Auxerre Jean-Pierre Soisson, et l'éparpillement des forces à gauche, vont contrarier ces plans.

Emmenant avec lui une partie de la droite, M. Soisson monte dans son département, ainsi que dans la Côte-d'Or et la Nièvre des liste Force unie avec les radicaux et les écologistes de GE. A la base, droite et gauche partaient déjà très désunies. Dans la Côte-d'Or, le maire CNI de Chevigny-Saint-Sauveur Lucien Brenot fait cavalier seul, de même que l'ancien président du conseil général de Saône-et-Loire, Philippe Malaud. Dans l'Yonne, c'est la foire d'empoigne, avec trois listes de droite... en plus de celle de M. Soisson. A gauche, la dissidence du maire chevènementiste de Chenôve Roland Carraz affaiblit le PS en Côte-d'Or. L'émergence de nouvelles forces, comme les écologistes et les chasseurs de CPNT, accroît l'incertitude de ce scrutin. La gauche en sort affaiblie, avec 15 sièges plus les deux Force unie élus dans l'Yonne. La droite subit un repli de trois sièges, qui l'éloigne encore plus de la majorité absolue. Les écologistes obtiennent sept mandats, les chasseurs un, en Saône-et-Loire. Le grand gagnant de cet émiettement des forces est le FN, avec huit sièges.

L'extrême-droite va exercer son pouvoir de nuisance lors de l'élection du président. Après le tour de piste des deux premiers tours, durant lequel Dominique Perben ne fait pas le plein des voix, la gauche (sauf le PCF) et les écologistes se retirent, laissant le champ libre à Jean-Pierre Soisson. Le communiste Jean-Marie Langoureaux obtient trois voix, Dominique Perben 24, Jean-Pierre Soisson 25... et le FN Pierre Jaboulet-Vercherre un seul. L'élection du maire d'Auxerre, ministre de François Mitterrand, provoque le malaise à gauche et la suspicion à droite, notamment autour de l'ancien président UDF Marcel Lucotte, écarté de la candidature au profit de M. Perben. Le FN, lui, se vante d'avoir fait battre ce dernier.

Une situation intenable pour le nouveau président et ses alliés de gauche, qui sont renversés au bout d'un an au profit du RPR Jean-François Bazin. Mais celui-ci est à son tour sacrifié en 1998 au profit de... Jean-Pierre Soisson. La remontée de la gauche lui permet de décrocher 24 sièges sur 57, contre 22 à la droite alliée au MDR de Jean-Pierre Soisson. Le FN gagne un siège, de même que CPNT, qui devient ainsi très courtisé par la droite. Mais cela reste insuffisant. Proclamant qu'il distribuerait les vice-présidences à la proportionnelle, Jean-Pierre Soisson est une nouvelle fois élu, cette fois-ci avec le soutien affiché du FN.

Une attitude qu'il payera cher en 2004. Emmenée par le député de Côte-d'Or François Sauvadet, l'UDF bourguignonne dépasse les 12 % au premier tour, plombant la liste UMP de Jean-Pierre Soisson et permettant au socialiste François Patriat de passer en tête. François Sauvadet se retire au second tour, sans consigne de vote, mais en laissant entendre que le président ne devrait pas être réélu. Conséquence: François Patriat obtient la majorité absolue au second tour, raflant 37 sièges sur 57. Jean-Pierre Soisson rassemble moins d'un tiers des votants et le FN doit céder trois sièges.

Davantage industrialisés, les départements du Sud (Nièvre et Saône-et-Loire) sont détenus par la gauche, la droite dominant le Nord, en Côte-d'Or et dans l'Yonne. Cette dernière a bien failli exercer sa totale hégémonie sur la région après les élections cantonales de 1992, mais le fief mitterrandiste de la Nièvre a tenu bon. La situation géopolitique actuelle est en place depuis 2004.

 

Source: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises