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CÔTE-D'OR (dernière mise à jour le 26 février 2010) |
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Longtemps fief des Indépendants et
Paysans d'Antoine Pinay, sous la houlette notamment de Roger Duchet, maire
de Beaune à la Libération, la Côte-d'Or est toujours dominée par la
droite.
Depuis 1988, cette dernière n'aura cependant réussi le grand chelem qu'aux législatives de 1993. La gauche, quant à elle, a su s'implanter dans la banlieue de Dijon et dans les vignobles du Sud. En 1988, Robert Poujade, maire RPR de Dijon, est élu au 1er tour dans la 1ere, tout comme le maire chevènementiste de Chenôve, Roland Carraz, dans la 3e. Les giscardiens tiennent solidement la très rurale 4e circonscription avec Gilbert Mathieu, et les socialistes confirment leur domination dans la 5e, où l'électorat a gardé un vieux fond radical, typique des zones viticoles. La situation est plus délicate pour le RPR Louis de Broissia dans la 2e, mais il sort vainqueur de la primaire l'opposant à l'UDF pour battre le PS au second tour. L'effondrement de la gauche en 1993, parallèle à la montée du FN, donne les coudées franches à la droite dans l'agglomération dijonnaise. Roland Carraz en fait les frais, à 83 voix près, ce qui occasionne le retour du CNI après un quart de siècle d'absence, en la personne du maire de Chevigny-Saint-Sauveur Lucien Brenot. A Montbard, François Sauvadet succède sans problème à Gilbert Mathieu, et à Beaune François Patriat, qui a su dans le passé séduire une partie de la droite, paye son soutien à une loi Evin très impopulaire dans le secteur. Le scrutin de 1997 voit un retour à la situation de 1988. La droite est pas mal chahutée, y compris dans ses fiefs. Robert Poujade et François Sauvadet n'atteignent pas les 54 % au second tour. Dans la 2e, Louis de Broissia gagne une triangulaire à hauts risques l'opposant à la socialiste Colette Popard et à la FN Liliane Floiras. Roland Carraz retrouve logiquement son siège, malgré le soutien affiché du FN au second tour à Lucien Brenot. L'extrême-droite ne gêne pas non plus François Patriat, qui prend sa revanche sur Alain Suguenot, malgré l'accession de ce dernier à la mairie de Beaune en 1995. Le retour de balancier ne concerne que cette dernière circonscription en 2002. Nommé ministre en 2000, François Patriat doit une nouvelle fois s'incliner face à Alain Suguenot. Comme en 1993, les résultats s'avèrent serrés dans la 3e, mais cette fois-ci, Claude-Anne Darciaux parvient à garder, avec 484 bulletins d'avance, le siège de Roland Carraz, décédé en 1999. Le basculement à gauche de Dijon en 2001 ne nuit pas à Bernard Depierre, qui réussit la succession de Robert Poujade, ni à Jean-Marc Nudant, élu en 1998 lors d'une partielle suivant l'élection de Louis de Broissia au Sénat. Quant à François Sauvadet, il retrouve son siège au premier tour. Les lignes de front semblent se stabiliser en 2007. La droite est reconduite au premier tour dans les 4e et 5e circonscriptions. Autour de Dijon, l'onde de choc attendue par la gauche depuis les municipales des 2001 ne se produit pas. Bernard Depierre est reconduit plus confortablement qu'en 2002, de même que Claude-Anne Darciaux, et le maire UMP de Saint-Apollinaire Rémi Delatte fait mieux que Jean-Marc Nudant, qui ne se représentait pas. Longtemps cantonnée dans les zones urbaines et industrielles, la gauche a pas mal progressé depuis quinze ans au conseil général, notamment au nord de Beaune, le long d'une ligne allant d'Auxonne à Saulieu. La majorité de droite, qui détenait 31 sièges sur 43 en 1992, ne peut plus compter depuis 2008 que sur 22 mandats. En 1994, l'opposition progresse dans l'ouest, longtemps sensible aux thèses radicales, en prenant Laignes et Semur-en-Auxois. En 1998, elle grappille un siège. Perdant Pontailler-sur-Saône, elle obtient deux victoires symboliques, avec l'élection de François Rebsamen à Dijon V et la reprise du vieux fief radical de Montbard par le PRG. Le grignotage continue en 2001. Malgré la défaite symbolique de Michel Neugnot, président de la fédération socialiste à Semur-en-Auxois, l'opposition l'emporte à Liernais et bouscule une nouvelle fois la majorité à Dijon, dans le canton III, où Colette Popard a raison du député Jean-Marc Nudant. La séquence de 2004 ressemble tient davantage du coup de menton, sans doute en réplique à la perte de Dijon par la droite en 2001. Le PS prend à l'UMP le canton IV, accentuant sa domination sur le sud de l'agglomération. La gauche se permet de mordre dans le vignoble, en remportant Nuits-Saint-Georges, et établit une tête de pont dans le canton rural d'Is-sur-Tille, dans une zone solidement tenue par l'UMP. La gauche pense pouvoir faire la bascule en 2008, mais sa stratégie d'alliance la maintient dans l'opposition. Elle ne progresse en fait qu'à Dijon, dans les cantons VII et VIII. Le siège de Baigneux-les-Juifs, qui lui était acquis, est réservé au MODEM Marc Frot, allié de François Rebsamen à Dijon, qui est élu face à l'UMP. Mais, lors de l'élection du président, il se rallie à la candidature du député NC François Sauvadet, qui s'assied donc dans le fauteuil de Louis de Broissia, avec le soutien de la droite. La percée de la gauche est également sensible au niveau municipal, après des décennies de règne indépendant, puis gaulliste. Dijon, l'ancienne capitale des ducs de Bourgogne, a longtemps vécu sous le règne du chanoine Félix Kir, figure de la Résistance, avant de passer sous le contrôle des gaullistes en 1971 avec Robert Poujade, qui fut le premier ministre de l'Environnement français. Dans ce contexte, la gauche a longtemps été réduite à jouer les figurants dans cette ville réputée bourgeoise. En 1995 encore, le socialiste François Rebsamen n'inquiète guère Robert Poujade. Malgré le maintien au second tour d'une liste de droite dissidente, la gauche peine à rassembler plus que le tiers des électeurs. Le retrait de Robert Poujade de la vie politique va faire sauter les digues de la majorité dans la préfecture, soumises à la pression des socialistes lors des précédentes cantonales. Pour sa troisième tentative, François Rebsamen, ancien collaborateur de Pierre Joxe, devance au soir du premier tour de près de 1000 voix l'ancien président du conseil régional Jean-François Bazin. Malgré les appels du pied des deux listes d'extrême-droite, l'écart est presque doublé au second tour, faisant de Dijon un trophée important pour la gauche, à l'instar de Paris et Lyon. En 2008, François Rebsamen se passe même de second tour, avec 56,17 % dès le premier tour à la tête d'une liste PS-MODEM. Résultat: l'UMP plafonne à un peu plus de 36 %. La seconde ville du département, Beaune, reste elle encore solidement ancrée à droite. Contrairement à ce qui s'est passé à Dijon, la gauche n'a jamais osé aventurer une de ses têtes d'affiche dans cette commune à la sociologie très défavorable à ses thèses. Le retrait du maire gaulliste Henri Moine en 1995 favorise Alain Suguenot, l'étoile montante de la droite dans le sud du département, qui écarte l'UDF Philippe Demoisy. La liste PS atteint péniblement les 20 % au second tour, et le FN, implanté de longue date dans le secteur, retrouve ses deux sièges. L'élimination de l'extrême-droite en 2001 ne profite nullement à la gauche, qui s'est choisie un vert comme tête de liste. Elle fait un peu moins qu'en 1995, tandis qu'Alain Suguenot a une nouvelle fois raison de la dissidence à droite. En 2008, la seule présence du PS face à Alain Suguenot simplifie la donne. Le maire obtient plus de deux tiers des voix. La forte progression de la gauche depuis 1998 permet le renouvellement de tous les sièges de sénateurs en 2008. La victoire du président du conseil régional François Patriat, très apprécié dans les campagnes, était attendu. Avec 844 voix, il arrive en tête du second tour, loin devant le nouveau centriste Alain Houpert, lui aussi très bien implanté dans le monde rural. L'élection de François Rebsamen était en revanche moins attendue, tant est grande la dichotomie entre Dijon, la ville qu'il dirige depuis 2001, et le reste de ce département très rural. Il coiffe cependant sur le poteau le seul sortant de droite s'étant représenté, l'UMP Louis de Broissia. Du coup, le parti présidentiel se retrouve, en Côte-d'Or, évincé du palais du Luxembourg, alors qu'il disposait de trois sortants. A noter également le bon score du radical de gauche Patrick Molinoz, qui manqua lui aussi de ravir la troisième place à François Rebsamen.
Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises, 577 députés à élire |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 DIJON V, VI, VII 1988 Robert POUJADE (RPR) 2002 Bernard DEPIERRE (UMP) 2 DIJON I, III, VIII 1988 Louis DE BROISSIA (RPR) 1998 Jean-Marc NUDANT (RPR) 2007 Rémi DELATTE (UMP) 3 CHENÔVE, DIJON II, IV 1988 Roland CARRAZ (soc.) 1993 Lucien BRENOT (app. RPR) 1997 Roland CARRAZ (rad., cit. et V.) 1999 Michel ETIEVANT (soc.) 2002 Claude-Anne DARCIAUX (soc.) 4 MONTBARD 1988 Gilbert MATHIEU (UDF) 1993 François SAUVADET (UDF) 5 BEAUNE 1988 François PATRIAT (soc.) 1993 Alain SUGUENOT (RPR) 1997 François PATRIAT (soc.) 2000 Jean-Claude ROBERT (soc.) 2002 Alain SUGUENOT (UMP)
Sénateurs Alain HOUPERT (Un. centriste); François PATRIAT (soc.); François REBSAMEN (soc.)
Conseil général de Côte-d'Or 16 UMP, 11 PS, 7 divers gauche, 3 divers droite, 3 NC, 3 PRG président: François SAUVADET (NC)
Maires DIJON:
François REBSAMEN (PS) BEAUNE:
Alain
SUGUENOT (UMP) CHENOVE:
Jean
ESMONIN (PS) TALANT:
Serge
MENUT (UMP) CHEVIGNY-SAINT-SAUVEUR: Lucien BRENOT (UMP) QUETIGNY: Michel BACHELARD (PS) LONGVIC: Claude-Anne DARCIAUX (PS) FONTAINE-LES-DIJON: Patrick CHAPUIS (UMP) AUXONNE: Raoul LANGLOIS (UMP) MONTBARD: Christelle SILVESTRE (PS) CHÂTILLON-SUR-SEINE: Hubert BRIGAND (UMP) NUITS-SAINT-GEORGES: Alain CARTRON (UMP) GENLIS: Noël BERNARD (PRG) MARSANNAY-LA-CÔTE: Jean-François GONDELLIER (divers droite) SAINT-APOLLINAIRE: Rémi DELATTE (UMP) SEMUR-EN-AUXOIS: Philippe GUYENOT (divers droite) IS-SUR-TILLE: Michel MAILLOT (PS)
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur, Politiquemania) |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, Education nationale, Parti radical de gauche, Nouveau centre, Politiquemania) |
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LIENS |
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