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NIEVRE (dernière mise à jour le 26 février 2010) |
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La Nièvre reste le fief de gauche le
plus solide de Bourgogne. L'ancienne Mitterrandie abrite encore de
nombreux bassins industriels et cheminots, ainsi que des campagnes
fragilisées où la gauche conserve une belle cote de confiance.
Dans la foulée de la réélection à la présidence de la République de François Mitterrand, député dès 1946 et président du conseil général à partir de 1964, le PS fait naturellement un carton plein aux législatives de 1988, l'ancien ministre Pierre Bérégovoy, à Nevers, et l'ancien suppléant de François Mitterrand Pierre Bardin, à Clamecy, repassant même au premier tour. En 1993, le PS est presque totalement balayé. La fin du règne mitterrandien a apparemment affaibli ce bastion, un peu à l'instar de ce qui se passe actuellement en Corrèze. En 1992, la droite n'est plus qu'à un siège de la majorité au conseil général. L'année suivante, elle fait élire deux de ses candidats. Dans la 2e circonscription, l'UDF Didier Béguin s'appuie sur sa ville de Cosne conquise en 1989 pour battre l'avocat socialiste Jean-Pierre Mignard. Dans la 3e, Bernard Bardin est coiffé sur le poteau (122 voix) par la maire RPR de Saint-Honoré-les-Bains Simone Rignault. Seul Pierre Bérégovoy résiste, obtenant au second tour le même étiage qu'en 1988. Plutôt serrées, ces victoires de droite n'auront aucun lendemain. Le décès de Pierre Bérégovoy en 1993 n'a pas empêché son suppléant Didier Boulaud de l'emporter largement en 1997. En présentant le jeune conseiller général Christian Paul, le PS l'emporte facilement sur Simone Rignault. La situation dans la 2e circonscription reste plus atypique. Didier Béguin est devancé d'un peu plus de 1000 voix par son opposant Gaëtan Gorce, et l'écart qui le sépare du maire PCF de Varenne-Vauzelles André Périnaud, arrivé troisième, est encore plus faible. Alors que les reports de ce gros réservoir de voix communistes n'avaient pas suffi à sauver Bernard Bardin en 1993, ils permettent cette fois à Gaëtan Gorce de l'emporter largement. L'occasion de 1993 ne semble pas prête de se représenter. En 2002, le PS est reconduit, avec une marge moindre mais cependant confortable (plus de 55 %). Elu sénateur en 2001, Didier Boulaud passe sans problème le témoin à Martine Carrillon-Couvreur. Dans la 3e circonscription, Christian Paul retrouve son siège après deux ans passés au ministère de l'Outre-Mer et Gaëtan Gorce est reconduit. Un scénario qui se reproduit à l'identique en 2007. La même stabilité prévaut au conseil général depuis une dizaine d'années. Mais auparavant, la vague bleue de 1993 a coincidé avec un net repli de la majorité de gauche. Les cantonales de 1992 s'achèvent sur une égalité numérique (16 cantons) entre gauche et droite. Président du conseil général depuis 1987, Bernard Bardin parvient à sauver son siège, puis desserre l'étau en 1994. La majorité reprend quatre sièges et se paye même le luxe de chahuter sérieusement Didier Béguin à Cosne, tandis que Simone Rignault échoue à prendre Moulins-Engilbert. La majorité progresse à nouveau en 1998, en prenant à la droite La Charité, Nevers-Sud et Prémery, et au PCF son fief de La Machine. Le RPR conquiert de son côté Saint-Saulge. La séquence de 2001 constitue en revanche un coup de semonce pour le PS et le PCF. Ce dernier perd Guérigny au profit des socialistes. Ceux-ci ne sont guère mieux lotis, en particulier dans la vallée de la Loire, plus perméable aux idées de droite, et dans le centre-ville de Nevers, ville de droite jusqu'en 1971. L'opposition prend Cosne-Sud, Saint-Pierre-le-Moûtier et Nevers-Centre. Le canton symbolique de Clamecy, celui de Bernard Bardin, qui ne se représentait pas, est pris par le divers gauche Jean-Louis Lebeau face au communiste Cèdre Catena et le sans étiquette Jacques Vigier. Le scrutin de 2004 renoue avec la stabilité. Les reconduites au premier tour sont nombreuses. Seul un canton change de couleur: Varzy, détenu par la droite depuis 1976. Les élections de 2008 voient l'opposition départementale bien résister dans ses fiefs, nombreux lors de ce renouvellement. Si elle perd Brinon-sur-Beuvron, elle prend Saint-Benin-d'Azy. La gauche règne aussi sur l'échelon municipal, puisqu'elle contrôle toutes les communes de plus de 3500 habitants depuis 2008. Depuis 1971, la préfecture Nevers élit régulièrement des maires socialistes. Didier Boulaud, qui avait succédé en 1993 à Pierre Bérégovoy, est facilement réélu, dès le premier tour, face au pasquaïen Daniel Rostein, qui avait également échoué deux ans auparavant aux législatives. A noter les 6,31 % de la liste Lutte ouvrière, qui obtient ainsi un siège. En revanche, la droite se montre très menaçante lors de la vague bleue de 2001. Encore peu connu sur la scène politique neversoise, le libéral Philippe Morel parvient à mettre Didier Boulaud en ballottage. Avec près de 49 % des suffrages, le maire pouvait s'attendre à une confortable réélection au second tour. Il ne l'emporte que de 858 suffrages. Il semble que les électeurs de LO, qui cette fois-ci a frôlé les 9 %, aient boudé une liste de gauche jugée trop peu plurielle... La gauche repart d'ailleurs en ordre dispersé en 2008. Cette fois-ci, plus de liste LO, mais des Verts et un PRG qui empêchent Didier Boulaud d'être réélu au premier tour. Face à lui, le nouveau centriste Jean-Luc Martinat, flanqué sur sa gauche d'une candidate MODEM, Martine Mazoyer. Au second tour, Didier Boulaud refuse l'alliance avec les Verts et les radicaux, pour l'emporter une nouvelle fois avec une courte majorité (633 voix), la fusion entre le NC et le MODEM ayant créé une dynamique à droite. La seconde ville, Cosne-Cours-sur-Loire, a été durant près de vingt ans un solide fief de droite, le seul de cette importance dans ce département. Didier Béguin, qui a arraché la ville à la gauche en 1989, est très largement réélu (58,01 %) en 1995 face à Gaëtan Gorce. Elu député en 1997, ce dernier se présente en 2001 à La Charité, laissant Jean-Claude Deslot subir une lourde défaite face au maire, qui rassemble près des deux tiers des votants au premier tour. Mais le retrait de Didier Béguin en 2008 permet au socialiste Alain Dherbier de s'imposer en triangulaire au second tour. Les communistes détiennent la troisième ville nivernaise, Varennes-Vauzelles, une banlieue de Nevers, où ils réalisent des scores impériaux: 100 % en l'absence de tout concurrent en 1995, 75,62 % face à une liste sans étiquette en 2001, mais "seulement" 55,10 % au premier tour en 2008, face il est vrai au PS et au MODEM. Par conséquence, la gauche s'adjuge régulièrement les deux sièges de sénateurs. En 2001, Didier Boulaud et René-Pierre Signé ont manqué de peu l'élection au premier tour. La faute en partie à la candidature dissidente du conseiller général Guy Hourcabie. Au second tour, ils ont facilement raison des candidats RPR, pas une voix communiste ni verte ne leur ayant manqué.
Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises, 577 députés à élire |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 NEVERS 1988 Marcel CHARMANT (soc.) 1993 Didier BOULAUD (soc.) 2002 Martine CARILLON-COUVREUR (soc.) 2 COSNE-COURS-SUR-LOIRE 1988 Jacques HUYGHES DES ETAGES (soc.) 1993 Didier BEGUIN (UDF) 1997 Gaëtan GORCE (soc.) 3 CLAMECY, DECIZE 1988 Bernard BARDIN (soc.) 1993 Simone RIGNAULT (RPR) 1997 Christian PAUL (soc.) 2000 François PERROT (soc.) 2002 Christian PAUL (soc.)
Sénateurs Didier BOULAUD (soc.); René-Pierre SIGNE (soc.)
Conseil général de la Nièvre 19 PS, 6 divers droite, 3 divers gauche, 3 UMP, 1 PCF Président: Marcel CHARMANT (PS)
Maires NEVERS:
Didier
BOULAUD (PS) COSNE-COURS-SUR-LOIRE:
Alain DHERBIER (PS) DECIZE: Alain LASSUS (PS) LA CHARITE-SUR-LOIRE: Gaëtan GORCE (PS) FOURCHAMBAULT: Jean-René LEROY (PS) CLAMECY: Claudine BOISORIEUX (divers gauche) IMPHY: Joëlle JULLIEN (PS) GARCHIZY: Roger CHARAUDIE (PCF) LA MACHINE: Daniel BARBIER (PS) COULANGES-LES-NEVERS: Maryse AUGENDRE (PS)
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur) |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, fédération UMP de la Nièvre, ministère de l'Intérieur, Politiquemania) |
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LIENS |
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