INDRE-ET-LOIRE

(dernière mise à jour le 31 décembre 2010)

Bien que globalement dominé par la droite, le département d'Indre-et-Loire fait cependant partie des zones les plus tangentes de la région Centre, particulièrement depuis le basculement à gauche de Tours en 1995.

Cette ville de tradition radicale-socialiste a été dirigée trente-six ans durant par Jean Royer. Ce conservateur social, indépendant des partis, a longtemps été considéré comme l'homme fort du département. Il est donc élu sans surprise député de la 1ere circonscription en 1988. Dans la 2e, autour de la ville d'Amboise, les électeurs choisissent le RPR Bernard Debré, fils de l'ancien Premier ministre, qui avait échoué aux législatives de 1962, au profit d'un radical. Paradoxalement, ce sont les trois autres circonscriptions, où l'influence radicale est moins forte, qui reconduisent les députés socialistes élus lors de la vague rose de 1981. On peut cependant y voir un effet de la péri-urbanisation, depuis les banlieues de Tours où l'ont trouve les principaux fiefs de gauche.

En 1993, la droite réalise un carton plein. Jean Royer entame sans surprise un nouveau mandat, de même que Bernard Debré. Dans la 3e, le retrait de la députée socialiste Christiane Mora fait dégringoler le PS, qui est éliminé au premier tour. Le second se joue entre le RPR Jean-France Baeskens, et l'ancien ministre giscardien Jean-Jacques Descamps, qui l'emporte assez largement. Les 4e et 5e circonscriptions voient émerger de nouvelles têtes, qui profite de l'usure des sortants PS. A Joué-les-Tours, le jeune libéral Hervé Novelli bénéficie de bons reports du CNI et du FN. A Saint-Cyr, Jean-Michel Testu, après un premier tour calamiteux (18,17 %), effectue une belle remontée, notamment grâce aux reports corrects des voix du maire GE de Charentilly Joël Pélicot. Mais c'est insuffisant pour contrer le jeune maire RPR de Saint-Cyr Philippe Briand, qui bénéficiait de meilleures réserves.

Ce dernier sera l'un des deux survivants de la vague rose de 1997. Celle-ci a vu son prologue en 1995, lorsque Bernard Debré essaya de récupérer son siège après son départ du gouvernement. Il dut s'incliner devant le maire PS de Montlouis Jean-Jacques Filleul, qui lui infligea une nouvelle défaite en 1997. Le PS gagne aussi le pari de la jeunesse en parachutant victorieusement Marisol Touraine, fille du sociologue, face à Jean-Jacques Descamps, lui-même ancien parachuté. La bataille est rude dans la 4e. Mais, malgré sa forte personnalité, Hervé Novelli est battu de 910 voix par le maire PS de Chinon Yves Dauge, qui bénéficie d'une meilleure implantation locale. A Tours, la succession de Jean Royer est délicate pour le jeune conseiller régional UDF Renaud Donnedieu de Vabres. Il s'impose de 718 voix, malgré la dissidence de l'ancienne suppléante de Bernard Debré Michèle Beuzelin et surtout le basculement historique de Tours aux municipales précédentes.

Sa réélection est à peine moins serrée en 2002, malgré le contexte national, qui se traduit ici par un retour à la situation de 1993. La droite s'impose partout, mais avec une déperdition de voix par rapport à ce scrutin. Elle fait le pari gagnant du renouvellement en lançant le RPR Claude Greff à l'assaut de la 2e circonscription. Dans la 3e, Jean-Jacques Descamps prend sa revanche sur Marisol Touraine. Dans la 4e, Hervé Novelli, qui a profité de sa défaite pour parfaire son implantation, bat le maire PS de Joué Philippe Le Breton, un adversaire moins coriace qu'Yves Dauge, élu sénateur en 2001. Dans la 5e, Philippe Briand est reconduit sans surprise.

En 2007, il est devenu le député le plus ancien du département, malgré une nouvelle érosion de ses positions. Claude Greff est aussi facilement réélu, face à la jeune conseillère régionale PRG Mélanie Fortier. Hervé Novelli a une nouvelle fois raison de Philippe Le Breton. En revanche, le duel Descamps-Touraine tourne, à 251 voix près, à l'avantage de la socialiste. Mais la vraie surprise de ce scrutin vient de la 1ere circonscription, qui avait bien résisté à la gauche, devenue majoritaire en son sein, en 1997 et 2002. Il semble que Renaud Donnedieu de Vabres, nommé ministre de la Culture en 2004, ait payé sa moindre présence sur le terrain. Il est distancé par le socialiste Jean-Patrick Gille.

Au conseil général également la gauche a considérablement progressé, jusqu'au basculement de 2008.

Les cantonales de 1994 voient la gauche progresser d'un siège, grâce notamment à la "guerre des Guyon" à Amboise. C'est le divers gauche Christian qui s'impose face à l'adjoint au maire RPR Daniel.

La séquence de 1998 sonne comme une réplique du séisme des municipales de 1995. La gauche souffle de nombreux cantons dans la région de Tours: Luynes, Montbazon, Montlouis, Tours Est, Nord-Ouest et Ouest. En tout, elle prend six sièges à la majorité.

Les cantons renouvelés en 2001 sont les mêmes que ceux de 1994. Une série moins favorable à la gauche, qui ne progresse que d'un siège. Elle prend Chambray-lès-Tours et Vouvray, mais perd Chinon, où Yves Dauge ne se représentait pas. A Château-Renault, le divers droite Raymond Lancelin réussit la succession du président du conseil général Jean Delaneau. C'est le divers droite Marc Pommereau qui lui succède à la tête de l'assemblée départementale.

Portant sur davantage de cantons urbains, la séquence de 2004 voit un nouveau coup de menton de la gauche, qui emporte cinq nouveaux cantons. Il s'en est fallu de peu que la majorité bascule. A Ligueil, le maire divers droite Michel Giraudeau est reconduit d'un cheveu (48 voix). L'opposition progresse dans les vignobles du val de Loire, où le vieux fond radical est plus perméable aux idées de gauche: Bléré, Bourgueil, Château-la-Vallière. Elle enlève aussi le canton de Tours-Sud. 

Treize ans après Tours, la droite perd le conseil général en 2008. L'opposition devient majorité en continuant sa progression dans le val de Loire, en aval de Tours: Langeais, Neuillé-Pont-Pierre et surtout Chinon, perdu lors de la séquence précédente. La droite perd aussi du terrain dans l'agglomération tourangelle (Joué-lès-Tours Nord). Son seul motif de satisfaction est le gain de Preuilly-sur-Claise sur la gauche, la faisant disparaître au sud d'une ligne Chinon-Bléré. Un réalignement géopolitique qui n'empêche pas le socialiste Claude Roiron de s'assoir dans le fauteuil présidentiel.

Elu maire de Tours en 1959, Jean Royer a mené son combat de trop en 1995. Il doit alors faire face à la fois au PS, mené par Jean Germain, et à une liste RPR, conduite par Michel Trochu. Le premier tour se joue dans un mouchoir de poche. Jean Royer est en tête, talonné d'un peu plus de mille voix par Jean Germain. Son écart avec Michel Trochu est encore plus serré. Les cinq autres listes ne passent pas la barre des 10 %. Au second tour, la gauche dispose de davantage de réserve que les deux listes de droite. Jean Germain l'emporte avec 42,43 %, tandis que Jean Royer n'obtient que les reports de la liste FN. Le grand perdant est Michel Trochu, qui ne progresse que de 776 suffrages.

En 2001, Jean Germain retrouve au premier tour un niveau comparable à son résultat du second tour de 1995. Face à lui, le député UDF Renaud Donnedieu de Vabres n'obtient qu'un peu plus du tiers des voix. Il est assez nettement battu au second tour.

En 2008, Renaud Donnedieu de Vabres repart à l'assaut, mais il est gêné au premier tour par la liste du villiériste Guillaume Peltier, soutenu par Marc Pommereau, ainsi que par le MODEM, qui grappille près de 2000 voix. Affaibli de surcroît par la perte de son siège de député, l'ancien ministre de la Culture est sévèrement battu au second tour par Jean Germain qui obtient 62,06 %.

La banlieue de Tours a vu également la gauche progresser, avec notamment le basculement de Joué en 1995, Chambray en 2001 et Ballan-Miré et Fondettes en 2008. Elle abrite toutefois la plus grande ville de droite du département, Saint-Cyr-sur-Loire.

Tout ce terrain gagné par la gauche lui a permis de prendre l'ascendant aux sénatoriales de 2001. La droite partait, il est vrai, divisée entre deux sortants, le RPR Dominique Leclerc et le DL Jean Delaneau, et l'UDF Joël Pélicot. Ce qui permet à Yves Dauge d'être élu. Le second siège de gauche revient à la maire communiste de Saint-Pierre-des-Corps Marie-France Beaufils. Seul Dominique Leclerc est reconduit.

 

Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises, 577 députés à élire

Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

Chronologie des députés

1 TOURS

1988 Jean ROYER (non inscrit)

1997 Renaud DONNEDIEU DE VABRES (UDF)

2004 Pascal MENAGE (UMP)

2007 Jean-Patrick GILLE (soc., rad. et cit.)

2 AMBOISE

1988 Bernard DEBRE (RPR)

1994 Michèle BEUZELIN (RPR)

1995 Jean-Jacques FILLEUL (soc.)

2002 Claude GREFF (UMP)

3 MONTBAZON

1988 Christiane MORA (soc.)

1993 Jean-Jacques DESCAMPS (UDF)

1997 Marisol TOURAINE (soc.)

2002 Jean-Jacques DESCAMPS (UMP)

2007 Marisol TOURAINE (soc., rad. et cit.)

4 JOUE-LES-TOURS

1988 Jean PROVEUX (soc.)

1993 Hervé NOVELLI (UDF)

1997 Yves DAUGE (soc.)

2002 Hervé NOVELLI (UMP)

2007 Michel LEZEAU (UMP)

5 SAINT-CYR-SUR-LOIRE

1988 Jean-Michel TESTU (soc.)

1993 Philippe BRIAND (RPR)

 

Sénateurs

Marie-France BEAUFILS (com., rép. et cit.); Yves DAUGE (soc.); Dominique LECLERC (UMP)

 

Conseil général d'Indre-et-Loire

17 PS, 7 divers droite, 5 UMP, 4 divers gauche, 2 NC, 1 MODEM, 1 PCF

président: Claude ROIRON (PS)

 

Maires

TOURS: Jean GERMAIN (PS)

JOUE-LES-TOURS: Philippe LE BRETON (PS)

SAINT-CYR-SUR-LOIRE: Philippe BRIAND (UMP)

SAINT-PIERRE-DES-CORPS: Marie-France BEAUFILS (PCF)

SAINT-AVERTIN: Jean-Gérard PAUMIER (UMP)

AMBOISE: Christian GUYON (divers gauche)

CHAMBRAY-LES-TOURS: Christian GATARD (PS)

MONTLOUIS-SUR-LOIRE: Jean-Jacques FILLEUL (PS)

FONDETTES: Gérard GARRIDO (divers gauche)

CHINON: Jean-Pierre DUVERGNE (PS)

LA RICHE: Alain MICHEL (PS)

BALLAN-MIRE: Laurent BAUMEL (PS)

MONTS: Jacques DURAND (divers gauche)

LOCHES: Jean-Jacques DESCAMPS (UMP)

CHÂTEAU-RENAULT: Michel COSNIER (divers gauche)

VEIGNE: Patrick MICHAUD (divers droite)

LA VILLE-AUX-DAMES: Alain BENARD (divers droite)

BLERE: Georges FORTIER (UMP)

LUYNES: Bertrand RITOURET (divers droite)

ESVRES: Lucie DEGAIL (divers gauche)

BOURGUEIL: Pierre JUNGES (PS)

DESCARTES: Jacques BARBIER (UMP)

SAINTE-MAURE-DE-TOURAINE: Christian BARILLET (PS)

LANGEAIS: Pierre-Alain ROIRON (divers gauche)

NAZELLES-NEGRON: Edwige DUBOIS (divers gauche)

 

sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes 

(sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, les Relous du 3-7, Education nationale, fédération socialiste d'Indre-et-Loire)

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