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INDRE |
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Ancien fief de gauche, l'Indre continue à légèrement afficher cette sensibilité lors des scrutins nationaux. Au niveau local, la droite a cependant gagné beaucoup de terrain depuis les années 1980, jusqu'à globalement dominer le paysage politique. En 1988, emmenés par André Laignel, les socialistes remportaient les trois circonscriptions, y compris celle de Châteauroux, réputée plus difficile, grâce à Jean-Yves Gateaud, qui devait enlever la mairie à la droite l'année suivante. En 1993, les législatives se soldaient par un échec sans précédent pour la gauche. Même André Laignel était balayé, malgré la majorité absolue obtenue dans sa ville d'Issoudun. Un basculement qui vient confirmer le lent glissement à droite des zones rurales depuis le début des années 80, observé un peu partout sur ces marges nord du Limousin et du Massif central. Le PS parvient cependant à renverser le rapport de force en 1997. Remis en selle par sa victoire aux municipales de 1995, Jean-Yves Gateaud, prend sa revanche sur Michel Blondeau, l'élu de la banlieue de Châteauroux. Jean-Paul Chanteguet, qui lui aussi a tenu bon lors des municipales, au Blanc, remporte une victoire encore plus large sur René Chabot. Seul André Laignel ne parvient pas à retrouver son siège, le jeune député Nicolas Forissier, très populaire auprès des agriculteurs, l'emportant de 408 voix sur le ministre de François Mitterrand, dont l'image n'a cessé de se dégrader. Comme en 1993, la bascule de 2002 est symétrique à celle du scrutin précédent. Cette fois-ci, c'est Jean-Paul Chanteguet qui sauve son siège, de justesse (79 bulletins), son concurrent UMP Gilles Peyrot des Gachons ayant eu à faire face au premier tour à un candidat UDF et à la dissidence de l'ancien député René Chabot. Jean-Yves Gateaud, qui a perdu sa mairie l'année précédente, est battu, et Nicolas Forissier a une nouvelle fois raison d'un André Laignel dont le potentiel électoral semble de plus en plus se limiter à la seule ville d'Issoudun. Il renonce d'ailleurs à se présenter en 2007, laissant la chevènementiste Marie-Françoise Bechtel affronter Nicolas Forissier, qui confirme une nouvelle fois sa bonne implantation. Son suppléant Bernard Pousset, qui l'avait remplacé à l'Assemblée entre 2004 et 2007, se casse lui les dents sur le fief de Jean-Paul Chanteguet, qui est reconduit avec une majorité plus confortable qu'en 2002. De son côté, le président du conseil régional Michel Sapin réussit de justesse (374 voix) son OPA sur la circonscription de Châteauroux qu'il ramène dans le giron de la gauche. En 1985 déjà, André Laignel avait perdu la présidence du conseil général, au profit du centriste modéré Daniel Bernardet, qui a su maintenir une bonne avance sur la gauche, qui ne conserve plus encore aujourd'hui qu'environ un quart des sièges. Lors des cantonales de 1994, les duels les plus serrés se déroulent en zone urbaine, à Châteauroux et La Châtre. Le scrutin se termine par une progression d'un siège de la majorité. La séquence suivante, qui suit la dynamique des législatives de 1997, voit cependant une offensive de la gauche, qui arrache trois sièges à la droite. A Châteauroux-Ouest, l'UDF ne parvient pas à conserver le canton laissé par Daniel Bernardet. A Argenton-sur-Creuse, c'est l'ancien ministre socialiste Michel Sapin, maire depuis 1995, qui s'impose. Enfin, le PCF fait son retour à Issoudun-Nord. Les communistes remportent un deuxième siège en 2001, à Ardentes. Un scrutin qui voit cependant la gauche reculer de deux cantons, dont celui Châteauroux-Centre, gagné par le nouveau maire Jean-François Mayet. Les élections de 2004 sont marquées par la stabilité, la perte par la majorité de Tournon-Saint-Martin étant compensée par le gain d'Argenton-sur-Creuse, où Michel Sapin ne se représentait pas. La stabilité domine également le scrutin de 2008, qui voit les communistes disparaître du conseil général, avec la perte d'Ardentes au profit du PS. Le département est aujourd'hui coupé en deux par un arc rose, reliant entre elles les zones les plus urbanisées, d'Issoudun au Blanc et passant par le sud de l'agglomération de Châteauroux. Les secteurs ruraux, eux, restent solidement ancrés à droite. Jusqu'en 2001, la gauche dominait encore les centres administratifs les plus importants. La perte de Châteauroux l'a sensiblement ébranlée. En 1995, Jean-Yves Gateaud repassait au premier tour, avec 53,54 % des voix. Un étiage que la gauche a retrouvé en 2001... mais sur deux listes séparées, celle du maire et du radical Michel Arroyo. Après fusion des listes, l'attelage Gateaud-Arroyo perd exactement 79 voix, tandis que le candidat de droite Jean-François Mayet en gagne plus de 2300 chez les abstentionnistes. La communauté de communes bascule aussi dans le camp de la droite, qui en détient la majorité des mairies, telle Déols, tandis qu'Issoudun reste solidement tenue par la gauche depuis 1977. La suprématie socialiste sur les plus grandes villes n'a pas empêché la droite de remporter les sénatoriales de 2008, tout comme celles de 1998 et 1989. Elle doit attendre le second tour, même si le président du conseil général Louis Pinton est quasiment assuré de retrouver son siège dès le premier. En revanche, celui de l'autre sortant François Gerbaud, non candidat à sa succession, est disputé entre le maire de Déols Michel Blondeau et son collègue de Châteauroux Jean-François Mayet, au profit de ce dernier, face à une gauche qui se contente de compter les points.
Source: Le Monde |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 CHÂTEAUROUX 1988 Jean-Yves GATEAUD (soc.) 1993 Michel BLONDEAU (UDF) 1997 Jean-Yves GATEAUD (soc.) 2002 Jean-Yves HUGON (UMP) 2007 Michel SAPIN (soc., rad. et cit.) 2 ISSOUDUN 1988 Jean-Claude BLIN (soc.) 1993 Nicolas FORISSIER (UDF) 2004 Bernard POUSSET (UMP) 2007 Nicolas FORISSIER (UMP) 3 LE BLANC 1988 Jean-Paul CHANTEGUET (soc.) 1993 René CHABOT (RPR) 1997 Jean-Paul CHANTEGUET (soc.)
Sénateurs Jean-François MAYET (UMP); Louis PINTON (UMP)
Conseil général de l'Indre 10 UMP, 7 PS, 6 divers droite, 2 NC, 1 MODEM président: Louis PINTON (UMP)
Maires CHATEAUROUX:
Jean-François MAYET (UMP) DEOLS: Michel BLONDEAU (divers droite) LE BLANC: Jean-Paul CHANTEGUET (PS) ARGENTON-SUR-CREUSE: Michel SAPIN (PS) LE POINCONNET: Jean PETITPRÊTRE (PS) BUZANCAIS: Régis BLANCHET (UMP) LA CHÂTRE: Nicolas FORISSIER (UMP)
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur, Assemblée nationale |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur)
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