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LOIR-ET-CHER (dernière mise à jour le 31 janvier 2010) |
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De tradition modérée, peu porté
sur les extrêmes, encore assez rural, le Loir-et-Cher n'en est pas moins
une terre d'élection pour de fortes personnalités politiques, comme
l'ancien ministre de la Culture Jack Lang ou l'actuel président du
conseil général Maurice Leroy, membre du Nouveau Centre. Ce petit
département est d'ailleurs, localement, l'objet de luttes d'influence
entre les deux partis centristes NC et MODEM.
Même si les trois circonscriptions sont à droite depuis 2002, les socialistes ont su par le passé tirer leur épingle du jeu, quelquefois en concurrence avec des gaullistes surtout implantés dans le sud-est du département. Découpée autour de Blois et de sa zone péri-urbaine, la 1ere circonscription a longtemps voté à gauche depuis le parachutage réussi de Jack Lang lors de la vague mitterrandiste de 1981. Nommé ministre sous la plupart des gouvernements socialistes, il laissera souvent siéger ses suppléants. Il est facilement élu lors de la vague rose de 1988, et, renforcé par son élection à la mairie de Blois en 1989, résiste bien à la vague bleue de 1993. Bien que légèrement distancé au premier tour par la maire centriste de La Chaussée-Saint-Victor Jacqueline Gourault, il est le seul député socialiste réélu au second. Après son invalidation quelques mois plus tard, son suppléant Michel Fromet a lui aussi raison, lors de la partielle de 1994, de Jacqueline Gourault. Cette dernière est une troisième fois vaincue par Jack Lang en 1997, mais ce dernier ne retrouve pas son niveau de 1988, sur fond de percée du FN (16,15 %). Battu aux municipales de 2001, il part se faire élire en 2002 dans le Pas-de-Calais, laissant Michel Fromet affronter son tombeur Nicolas Perruchot, nouveau chef de file de l'UDF dans la circonscription depuis l'élection de Jacqueline Gourault au Sénat en 2001. Comme lors des municipales, Nicolas Perruchot l'emporte de justesse (622 voix). Même chose en 2007, avec un écart moitié moins important. Recouvrant la partie solognote du Loir-et-Cher, autour de la petite ville industrielle de Romorantin, la 2e circonscription est retombée plus tôt à droite. En 1988, c'est un autre mitterrandiste, Jeanny Lorgeoux, maire de la ville-centre depuis 1985, qui s'impose devant le jeune RPR Patrice Martin-Lalande. Mais, ne bénéficiant pas de la même aura que son voisin Jack Lang, il est assez nettement battu par son challenger de 1988, qui a dans l'intervalle parfait son implantation locale. Jeanny Lorgeoux manque de peu de réussir son retour lors de la vague rose de 1997, en talonnant Patrice Martin-Lalande au premier tour, avant d'être coiffé au poteau (143 bulletins) au second, à l'issue d'une campagne assez violente. Le scrutin de 2002 n'est qu'une formalité pour le sortant qui distance son éternel challenger socialiste avec un écart comparable à celui de 1993. Une avance qui se réduit légèrement en 2007. Située dans le Petite-Beauce, la 3e circonscription présente une sociologie électorale semblable à celle du Loiret voisin et n'a connu aucune alternance depuis 1968. Malgré sa ville-centre, Vendôme, vieille tête de pont socialiste, c'est un solide fief centriste, davantage ébranlé par les dissidences à droite que par le gauche. Député depuis 1972, l'UDF Jean Desanlis est reconduit sans problème en 1988. Un peu affaibli par la candidature du divers droite Hubert d'Alançon en 1993, il bat cependant largement le maire PS de Vendôme Daniel Chanet. En 1997 il passe sans encombre le témoin au conseiller général centriste Maurice Leroy, collaborateur de Charles Pasqua et ancien militant... communiste. Celui-ci est le seul député du Loir-et-Cher réélu au premier tour en 2002. Ayant soutenu François Bayrou à la présidentielle de 2007, il doit faire face à une candidature UMP aux législatives quelques mois plus tard, ce qui ne l'empêche pas de battre largement le PS au second tour, et de siéger au groupe Nouveau Centre, tout comme Nicolas Perruchot. Malgré son faible nombre de cantons, le conseil général, longtemps tenu par les radicaux, reste assez stable. La dernière alternance remonte à 1982, lorsque le président socialiste, Kléber Loustau, a rejoint la droite. Après ce renversement d'alliance, la gauche est restée cantonée dans le Blésois et dans les cantons urbains et péri-urbains, la droite exerçant son hégémonie dans les campagnes, sur les débris d'un radicalisme aujourd'hui totalement rayé de la carte. Les cantonales de 1994 confirment cette tendance à la stabilité, mais elles voient l'arrivée d'un jeune conseiller ex-communiste, un certain Maurice Leroy, qui enlève à la droite le canton de Droué. La gauche continue sa progression en Petite-Beauce en 1998, en soufflant Mondoubleau, fief du sénateur centriste Pierre Fauchon. Elle bat également le FN dans le canton de Blois IV, qui abrite les quartiers les plus sensibles de la préfecture. La majorité remet les compteurs à zéro en 2000, lors de la partielle de Blois III, remportée par Nicolas Perruchot, qui suit l'entrée de Michel Fromet à l'Assemblée nationale. Lors des cantonales de 2001, la gauche perd également Saint-Aignan mais elle gagne Herbault et surtout Mennetou-sur-Cher, malgré la triangulaire provoquée par le maintien du maire divers gauche de la ville-centre. Le FN, de son côté, exerce son pouvoir de nuisance en se maintenant à Blois V, permettant au PS de conserver ce canton. A noter que l'élection de Nicolas Perruchot lors des législatives de 2002 provoquera une nouvelle partielle permettant au PS de récupérer Blois III. Le scrutin de 2004 se joue en deux temps. D'abord par la victoire 2-1 de l'Union pour le Loir-et-Cher, groupe des élus UDF et divers droite, sur la gauche. A Mondoubleau, dès le premier tour, et surtout à Vendôme II, où le divers droite André Gibotteau parvient à prendre pied dans ce solide fief de gauche. L'UDF perd cependant Montoire-sur-le-Loir au profit du maire socialiste du chef-lieu Michel Cureau, mais les jeux sont faits. L'UMP est désormais en position minoritaire à droite, alors que le président sortant Michel Dupiot ne se présente pas, ce qui ouvre la voie à Maurice Leroy. A noter que Michel Fromet, battu aux législatives de 2002, effectue un retour gagnant à Blois II, remporté en triangulaire avec un FN décidément bien présent dans l'agglomération blésoise. La gauche a un peu plus de succès en 2008, en remportant Contres. Elle tient néanmoins encore le haut du pavé dans les zones urbaines, notamment à Vendôme, qui n'a jamais voté à droite sous la Ve République, et à Romorantin-Lanthenay, solidement tenue par Jeanny Lorgeoux depuis 1985. Dans la préfecture Blois, la situation politique est un peu plus tangente. Fief des modérés, sous la houlette de Pierre Sudreau, elle voit le parachutage réussit de Jack Lang, ministre socialiste de la Culture, en 1989. Il n'aura alors de cesse de donner davantage de lustre à sa ville, sans cependant parvenir à régler certains problèmes sociaux et de sécurité. D'où une montée constante d'un FN trop heureux de ferrailler contre ce symbole vivant de la Mitterrandie. En 1995, Jack Lang remporte facilement la triangulaire du second tour, après avoir frôlé la réélection au premier. Parallèlement, le candidat FN Serge de Peyrecave, qui avait obtenu près de 14 % des voix au premier tour, en rassemble 15,63 % au second, remportant ainsi trois sièges dans un conseil où l'extrême-droite était jusque-là absente. Son pouvoir de nuisance va atteindre son paroxysme en 2001. Peu de temps avant le scrutin, l'étoile de Jack Lang avait pâli, notamment lorsqu'il avait fait part de son désir de devenir maire de Paris. Nommé ministre de l'Education nationale, il repart au combat à Blois, dont il n'est plus maire depuis 2000, mais le désamour semble important avec son électorat. Au soir du premier tour, il dépasse à peine le tiers des votants, les deux listes de droite, celle du jeune UDF Nicolas Perruchot et du challenger RPR de 1995, Jean-Claude Chauvin, approche les 40 %. De son côté, Serge de Peyrecave fait une bonne affaire en obtenant 17,47 %. Cependant, il perd cette fois-ci près de 900 voix au second tour, durant lequel Jack Lang attire les suffrages d'extrême-gauche du premier tour (8,13 %). Une partie des électeurs du FN se reporte sur la candidature Perruchot, lui permettant d'emporter la mairie avec... 37 bulletins d'avance. Malgré sa jeunesse, et son élection à la députation en 2002, Nicolas Perruchot ne parvient pas à garder son écharpe de maire en 2008. La faute en grande partie au contexte politique local, caractérisé par la division du centre. Au premier tour, il est largement distancé par le socialiste Marc Gricourt, la présence d'une liste MODEM menée par Jean-François Mortelette, fils d'un ancien suppléant de Jack Lang, qui capte l'électorat centriste rebuté par son ralliement au Nouveau Centre, l'handicapant. De l'autre côté de l'échiquier politique, le FN s'effondre à 6,94 %, privant le maire d'éventuelles réserves de suffrages. Au second tour, Marc Gricourt emporte une victoire indiscutable avec plus de 60 % des voix, alors que, sur le papier, la droite et le centre étaient majoritaires. Mais le centrisme blésois, davantage réformateur que libéral, semble avoir préféré le PS. La victoire de Nicolas Perruchot en 2001 a permis à la droite, qui détenait déjà deux sièges de sénateurs, de se renforcer aux sénatoriales de 2001. Au premier tour, c'est le triomphe de l'UDF, avec l'élection de Jacqueline Gourault, qui enlève le siège du radical valoisien Jacques Bimbenet. Son co-listier, le sortant Pierre Fauchon, doit attendre le second tour, mais il distance largement le RPR et le PS.
Sources: Le Monde, Guide des pays de France |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 BLOIS 1988 Michel FROMET (soc.) 1993 Jack LANG (soc.) 1994 Michel FROMET (soc.) 1997 Jack LANG (soc.) 2000 Michel FROMET (soc.) 2002 Nicolas PERRUCHOT (UDF) 2 ROMORANTIN-LANTHENAY 1988 Jeanny LORGEOUX (soc.) 1993 Patrice MARTIN-LALANDE (RPR) 3 VENDÔME 1988 Jean DESANLIS (Un. du Centre) 1997 Maurice LEROY (UDF)
Sénateurs Pierre FAUCHON (Un. centriste); Jacqueline GOURAULT (Un. centriste)
Conseil général du Loir-et-Cher 9 PS, 6 divers droite, 4 MODEM, 4 NC, 4 UMP, 3 divers gauche Président: Maurice LEROY (NC)
Maires BLOIS:
Marc GRICOURT (PS) VENDOME:
Catherine LOCKHART (PS) VINEUIL: Christian MARY (PS) SALBRIS: Jean-Pierre ALBERTINI (MODEM) MER: Claude DENIS (UMP) SELLES-SUR-CHER: Joël GRASLIN (divers gauche) MONTOIRE-SUR-LE-LOIR: Michel CUREAU (PS) LAMOTTE-BEUVRON: Alain BEIGNET (PS) LA CHAUSSEE-SAINT-VICTOR: Jacqueline GOURAULT (MODEM) SAINT-LAURENT-NOUAN: Claude GUILLEREY (divers gauche) MONTRICHARD: Patrick MAUPU (divers droite) SAINT-AIGNAN: Jean-Michel BILLON (divers droite)
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur, francegenweb.org |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur) |
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LIENS |
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