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ARDENNES |
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Département périphérique de Champagne-Ardenne, les Ardennes sont aussi le seul, de cette région, à abriter quelques grosses places fortes de gauche, notamment dans la "vallée rouge" de la Meuse, qui s'oppose au Sud et à l'Est conservateurs et modérés. En 1988, les socialistes avaient réussi le grand chelem, y compris dans la 3e circonscription. Malgré le contexte défavorable, ils abordèrent les législatives de 1993 relativement confiants. Dans la 2e circonscription, la victoire de la droite fut, il est vrai, assez courte (730 voix). Mais, bénéficiant d'excellents reports d'un FN fort de près de 15 %, des chasseurs et du CNI, le libéral Philippe Mathot parvient à prendre à Gérard Istace ce siège détenu par la gauche depuis 1945. Dans la 3e, le maire divers droite de Sedan, Claude Vissac, gêné par la candidature du conseiller général RPR Michel Marchet, affronte un deuxième tour plus serré que prévu face au sortant PS Jean-Paul Bachy. Il semble que les électeurs de M. Marchet, davantage ruraux, aient en partie répugné à être représentés par M. Vissac. Seule la victoire Michel Vuibert sur Roger Mas, dans la 1ere, est sans appel. Battu de peu en 1988, le maire centriste de Rethel a profité de l'usure du maire socialiste de Charleville-Mézières, élu député en 1981. Absent du second tour en 1993, le FN, qui a obtenu entre-temps de bons scores à la présidentielle de 1995, vient jouer les trouble-fête en 1997. Dans la 1ere, il fait chuter au deuxième tour Michel Vuibert dans une triangulaire. En revanche, son maintien dans la 2e ne joue quasiment aucun rôle dans la défaite de Philippe Mathot face au socialiste Philippe Vuilque. Bien que très légèrement distancé au premier tour, Philippe Vuilque bat très nettement ses deux adversaires au second, en frôlant la majorité absolue, confirmant l'attachement à la gauche de cette circonscription regroupant les petites villes industrielles de la vallée de la Meuse. En revanche, c'est un duel classique gauche-droite qui caractérise le second tour à Sedan. Bien que n'ayant pas fait, au premier tour, le plein des voix Vissac-Marchet de 1993, Jean-Luc Warsmann, qui a succédé à Claude Vissac en décembre 1995, suite à son décès, bat nettement Jean-Paul Bachy au second tour. Très présent sur le terrain dès 1993, Jean-Luc Warsmann a l'avantage d'être élu d'une commune rurale tout en ayant été suppléant d'un élu urbain, dans cette circonscription marquée par une dichotomie ville-campagne. Un bon résultat que confirme M. Warsmann en 2002, puisqu'il est réélu au premier tour avec 57,96 % des voix. La baisse du FN, qui retrouve ses scores de 1993, rouvre la voie à des duels dans les deux autres circonscriptions. Bien qu'élue maire de Charleville-Mézières en 2001, Claudine Ledoux est distancée au premier tour de plus de 1000 voix par l'une des ses opposantes, la RPR Bérangère Poletti. Au second tour, Mme Poletti multiplie par deux et demi cet écart. Le même scénario se produit à fronts renversés à Charleville-Nord, où Philippe Vuilque bat assez facilement un Philippe Mathot en partie décrédibilisé par son ralliement à Charles Millon, malgré son investiture de l'UMP. Le scrutin de 2007 confirme les sortants. Décidément inoxydable, Jean-Luc Warsmann retrouve au premier tour quasiment le même score qu'en 2002. Bérangère Poletti, elle, creuse l'écart, à Charleville-Sud, puisqu'elle distance cette fois Claudine Ledoux de plus de 8400 suffrages au premier tour. Un différentiel à peine entamé au second tour. A Charleville-Nord, Philippe Vuilque a fort à faire avec l'UMP Boris Ravignon qui arrive en tête au premier tour, mais la correction observée au second tour dans bon nombre de circonscriptions populaires lui permet de l'emporter au second. Bien que les cantons ardennais votant à gauche soient plus peuplés, le découpage est largement favorable à la droite, dominante dans le Sud agricole et l'Est forestier. En seize ans, la gauche est passée de 9 à 11 élus. Le scrutin de 1994 est marqué par une grande stabilité, malgré quelques chassés-croisés à Charleville, Château-Porcien, Flize, Givet et Mouzon. En revanche, 1998 est marqué par une bonne progression de la gauche. Le socialiste Benoît Sonnet prend Fumay au gaulliste Benoît Auburtin. Affaibli par sa défaite aux législatives, Philippe Mathot ne parvient pas à prendre Renwez, détenu jusque-là par le RPR. Ce même RPR perd Sedan-Nord, au profit du PS. En 2001, retour des chassés-croisés. A noter la victoire-surprise de Philippe Mathot, remis en selle à Charleville - La Houillère. La droite reprend également Sedan-Ouest, la gauche Le Chesne et Givet. En revanche, la séquence suivante, favorable à la gauche en 1998, est marquée par le gain d'un siège par la droite. La surprise vient de Nouzonville, où le maire divers droite de Neufmanil s'impose. La droite renforce aussi sa présence dans le Sud, avec les gains de Raucourt-et-Flaba et Vouziers, tandis qu'en prenant Sedan-Est, la gauche confirme sa victoire aux municipales de 2001. A noter aussi que ce scrutin consacre la disparition des communistes de l'assemblée départementale. René Visse, qui ne se représentait pas en son fief de Monthermé, cède la place au maire PS de Bogny-sur-Meuse Erik Pilardeau, qui se retrouve face au FN au second tour. Mis à part Mouzon, enlevé à la droite, la gauche progresse surtout en zone urbaine lors des cantonales de 2008. Le socialiste Christophe Léonard parvient enfin à prendre Charleville-Centre, sur fond d'élections municipales difficiles pour la gauche dans la préfecture. Celle-ci échoue d'ailleurs de peu à Charleville - La Houillière, ainsi qu'à Sedan-Ouest. Elle ne peut non plus empêcher l'UMP de remettre la main sur son fief de Givet. Mais le décès du maire PS de Sedan Dominique Billaudelle, en juillet, provoque en septembre une cantonale partielle à Sedan-Nord, largement remportée par la droite, qui gagne ainsi un nouveau siège. Les rapports de force dans les municipalités reflètent la situation générale, avec une gauche dominant surtout en zone urbaine. En 1995, le PS s'est tout de même fait très peur à Charleville-Mézières, qu'il détient depuis la création de la commune, en 1966. Se dressant face à Roger Mas, maire depuis 1980, Lucien Bauchart obtient l'investiture du PS. La gauche se déchire durant toute la campagne. Le soir du premier tour, Philippe Mathot obtient un tiers des suffrages, talonné par Roger Mas. Lucien Bauchart, n'ayant obtenu que 18,08 % des suffrages, jette l'éponge, laissant M. Mas affronter seul la droite et le FN, qualifié de justesse pour le second tour. Une triangulaire à hauts risque, puisque avec 49,58 % des voix, Roger Mas ne devance Philippe Mathot que de 1364 voix, alors que le FN en obtient 1518. Evincé en 1998 par son premier adjoint Louis Auboin, Roger Mas a l'occasion de tester son indéniable popularité lors des municipales de 2001 en apportant son soutien à la députée Claudine Ledoux contre le maire. Mme Ledoux arrive largement en tête, avec 44,55 %, devant le conseiller général UDF André Marquet. Avec 22,3 %, Louis Auboin choisit de se retirer. L'extrême-droite étant absente de la compétition, Mme Ledoux bat facilement M. Marquet, sans cependant bénéficier de tous les suffrages s'étant portés au premier tour sur M. Auboin, au vu du nombre de bulletins blancs et la légère progression de l'abstention. Claudine Ledoux aborde les municipales de 2008 dans une situation relativement délicate. Elle arrive certes en tête au premier tour avec 47,28 % des voix, distançant Bérangère Poletti de près de dix points, mais avec une réserve de suffrages moins importante qu'elle, les quatre autres listes (MODEM et sans étiquette) n'ayant pas la possibilité de se maintenir. Cependant, l'équipe sortante bénéficie d'excellents reports au second tour, ainsi que d'une meilleure mobilisation des abstentionnistes, qui lui permettent de creuser l'écart avec la députée UMP. Reprise à la gauche en 1983 par Claude Vissac, Sedan échappe de justesse à la droite en 1995. Au premier tour, Jean-Paul Bachy devance Claude Vissac de 134 voix. Le FN étant qualifié pour le second tour, le maire chute dans cette triangulaire. Le scrutin de 2001 tourne nettement plus en faveur de la gauche, une seule liste s'opposant à M. Bachy. Elu président de la Région en 2004, il laisse son fauteuil à Dominique Billaudelle. Un renouvellement payant, puisque le nouveau maire repasse dès le premier tour en 2008, face à deux listes sans étiquette. Les deux autres villes de plus de 10 000 habitants, Revin l'industrielle, au Nord, et Rethel l'agricole, au Sud, tenues depuis des décennies respectivement par la gauche et la droite, se caractérisent par leur stabilité politique. Majoritaire en nombre d'élus, la droite a toujours représenté les Ardennes au Sénat. En 2008, cependant, la gauche manque de peu d'obtenir un siège. Au premier tour, Jean-Paul Bachy, président divers gauche du conseil régional et ancien maire de Sedan, talonne de peu (6 voix) l'un des deux sortants, l'UMP Marc Laménie. Au second tour, Marc Laménie creuse l'écart (23 suffrages), obtenant ainsi le second siège, le premier revenant à l'autre sortant, le président du conseil général Benoît Huré. Sources: Le Monde, L'Ardennais, Nouvelle géopolitique des régions françaises |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (Source: Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 CHARLEVILLE-SUD 1988 Roger MAS (soc.) 1993 Michel VUIBERT (UDF) 1997 Claudine LEDOUX (soc.) 2002 Bérengère POLETTI (UMP) 2 CHARLEVILLE-NORD 1988 Gérard ISTACE (soc.) 1993 Philippe MATHOT (UDF) 1997 Philippe VUILQUE (soc.) 3 SEDAN 1988 Jean-Paul BACHY (soc.) 1993 Claude VISSAC (app. RPR) 1995 Jean-Luc WARSMANN (RPR)
Sénateurs Benoït HURE (UMP), Marc LAMENIE (UMP)
Conseil général des Ardennes 15 UMP, 10 divers droite, 8 PS, 3 divers gauche, 1 MODEM président: Benoît HURE (UMP)
Maires CHARLEVILLE-MEZIERES:
Claudine LEDOUX (PS) REVIN: Philippe VUILQUE (PS) RETHEL: Guy DERAMAIX (divers droite) GIVET: Claude WALLENDORFF (UMP) NOUZONVILLE: Jean-Marcel CAMUS (divers gauche) BOGNY-SUR-MEUSE: Erik PILARDEAU (PS) VOUZIERS: Claude ANCELME (PS) FUMAY: Jean BLANCHEMANCHE (PS) VRIGNE-AUX-BOIS: Patrick DUTERTRE (divers gauche) VILLERS-SEMEUSE: Guy FERREIRA (divers droite)
Sources: Le Monde, Sénat, ministère de l'Intérieur, mairie de Sedan |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (Sources: Le Monde, L'Ardennais, conseil général des Ardennes, ministère de l'Intérieur, Christophe Broquet)
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Carte 3: communes (Sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale) |
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