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CORSE-DU-SUD (dernière mise à jour le 22 décembre 2012) |
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Dans le contexte des éternelles
rivalités opposant gaullistes et radicaux en Corse, le Sud de l'île
subit, depuis sa scission en deux départements en 1975, globalement, la
domination des premiers. Mais la géopolitique de la Corse-du-Sud, comme
celle de la Haute-Corse, tient également à l'influence de certaines
familles, comme celle des Rocca Serra autour de Porto-Vecchio. La
persistance de certaines sensibilités, comme les bonapartistes à
Ajaccio, et l'émergence de nouveaux courants, comme le nationalisme mais
aussi les sociaux-démocrates de Simon Renucci, également à Ajaccio, et
une tendance de droite davantage libérale, incarnée par José Rossi, ont
brouillé les cartes.
Président UDF du conseil général depuis 1985, ce dernier incarne le renouvellement en 1988. Aux législatives, il s'impose face au député radical sortant Nicolas Alfonsi dans la 1ere circonscription. Dans la 2e, Jean-Paul de Rocca Serra, maire de Porto-Vecchio, ancien radical passé au gaullisme dans le milieu des années 60, entame dès le premier tour un huitième mandat. Cette avance de la droite n'est pas remise en cause en 1993. Les deux députés sortants sont réélus avec plus de deux tiers des voix au second tour, mais après un premier tour caractérisé par un fort éparpillement. Dans la 1ere, les nationalistes réunissent plus de 17 % des voix mais, divisés en trois tendances, ils ne peuvent participer au second tour, tout comme la gauche, Nicolas Alfonsi s'étant présenté sans étiquette. Dans la 2e, les nationalistes, divisés entre quatre candidatures, atteignent même les 22 %, mais le second tour tourne au duel 100 % Rocca Serra, durant lequel Jean-Paul écrase son neveu Denis, conseiller municipal divers droite de Porto-Vecchio. Celui-ci s'est qualifié de justesse, en devançant de 219 voix le maire communiste de Sartène Dominique Bucchini, grand pourfendeur de la violence politique sur l'île. Gauche et nationalistes ayant appelé à l'abstention au second tour, celle-ci bondit de plus de 10 % dans un département réputé pour son civisme électoral. La vague rose de 1997 ne provoque aucun dégât, même si les scores sont bien plus serrés. A Ajaccio, l'offre moins politique moins éparpillée qu'en 1993 permet au socialiste Simon Renucci d'affronter José Rossi au second tour. Ce dernier est réélu, mais avec un peu plus d'un millier de voix d'avance, moitié moins dans la ville-centre, malgré la suppléance de Marc Marcangeli, maire bonapartiste de la préfecture. Dans la 2e circonscription se produit une triangulaire à hauts risques pour Jean-Paul de Rocca Serra, quatre-vingt six ans dont trente-cinq à l'Assemblée nationale. Il retrouve une nouvelle fois sur son chemin Denis de Rocca Serra, mais également Dominique Bucchini, qui a obtenu suffisamment de voix pour se maintenir au second tour. Le député sortant est réélu mais avec seulement 491 suffrages d'avance sur son challenger de droite, qui lui-même devance le candidat communiste de 451 voix. Le basculement se produit en 2002, à contre-courant de la tendance nationale. La géopolitique locale a en fait davantage joué. Après s'être violemment heurté à son ancien suppléant lors de la municipale partielle d'Ajaccio, en 2000, José Rossi, doit affronter sa candidature aux législatives. De son côté, élu maire de la préfecture en 2001, Simon Renucci arrive en tête du premier tour avec près d'un tiers des suffrages. Devenu président de la Région en 1998, José Rossi ne parvient pas à convaincre l'électorat de sa circonscription, après sa spectaculaire réconciliation avec Marc Marcangeli entre les deux tours. Il est nettement battu par Simon Renucci. Dans la 2e circonscription, la recomposition politique tourne une nouvelle fois à l'avantage des Rocca Serra. Suppléant de Jean-Paul, décédé en 1998, le député sortant Roland Francisci est investi par l'UMP. Mais il est distancé au premier tour par Camille de Rocca Serra, fils de Jean-Paul, et le maire divers droite de Pila-Canale Robert Feliciaggi. En réunissant davantage de voix de l'UMP, tandis qu'une partie de la gauche boude les urnes, Camille de Rocca Serra fait la différence au second tour. Les fronts se stabilisent en 2007. Dans la 2e circonscription, les Rocca Serra renouent avec l'élection au premier tour. Dans la 1ere, Simon Renucci, mis en difficulté au premier tour par le conseiller général UMP Philippe Cortey, est sauvé au second tour par les bons reports de gauche et des nationalistes. La vague rose de 2012 provoque les mêmes effets que celle, bleue, de 2002... à fronts renversés bien sûr. C'est une nouvelle fois la 1ere circonscription qui bascule. Mis en difficulté au premier tour par l'UMP Laurent Marcangeli, Simon Renucci est battu d'une courte tête (287 voix) au second, alors que FN et nationalistes étaient quasiment au coude à coude. Dans la 2e, c'est justement le régionaliste Jean-Christophe Angelini qui se retrouve au second tour face à Camille de Rocca Serra, qui le bat nettement mais demeure loin de ses résultats de 2007. Sous la présidence de José Rossi (1985-1998), le conseil général a vécu une période de stabilité, avec une nette domination de la droite sur les deux tiers des sièges. En 1994 encore, la plupart des conseillers sortants étaient réélus sans problème. Le scrutin de 1998 se termine lui aussi sur un statu-quo, avec un chassé-croisé, Simon Renucci prenant Ajaccio III à la droite et la droite remplaçant la gauche à Bastelica. Le départ de José Rossi à la tête de l'assemblée territoriale, en 1998, ouvre une période mouvante, accentuée par le faible nombre de cantons, propice à d'éventuels basculements. Le nouveau président Marc Marcangeli, fait face à la fronde d'une partie de la droite face aux bonapartistes, dont il est chef de file. Les nouveaux élus sans étiquette d'Ajaccio II, VI et de Petreto-Bicchisano animent la contestation qui aboutit à l'élection du radical Noël Sarrola au fauteuil présidentiel. Ce dernier est à son tour renversé en 2004. La gauche peut se prévaloir du gain de Bastelica, mais elle subit un recul de deux sièges à Ajaccio, dans le canton III et le V, qui était le dernier point d'appui des communistes. La majorité de droite sort renforcée du scrutin de 2008. Si elle perd Petreto-Bicchisano au profit des nationalistes, elle récupère Les Deux-Sorru, et surtout emporte Sartène, fief de gauche, où Dominique Bucchini échoue face à l'UMP Pierre Versini. Les cantonales de 2011 sont assez difficiles pour la droite, qui perd trois sièges. Dans le sud, après la victoire socialiste à Bonifacio aux municipales de 2008, le canton bascule à gauche. A Porto-Vecchio, la famille Rocca-Serra essuie une nette défaite contre le nationaliste modéré Jean-Christophe Angelini, qui se place plus que jamais pour les municipales de 2014. A Ajaccio, la gauche reprend pied avec le gain du canton III. Après la perte du siège de sénateur en 1994, de député en 1995 et de la présidence du conseil général en 2001, les bonapartistes voient filer la même année leur bastion ajaccien, qu'ils détenaient depuis le XIXe siècle, avec quelques éclipses au profit des républicains, des radicaux et des communistes. En 1995, Marc Marcangeli, qui avait succédé l'année précédente au sénateur-maire Charles Ornano, est assez largement réélu dans un contexte de fort éparpillement (neuf listes). Il bat en triangulaire Philippe Ceccaldi (divers droite) et Paul-Antoine Luciani (PCF). En 2001, c'est Simon Renucci, animateur d'un mouvement local de sensibilité sociale-démocrate, qui prend le leadership de la gauche en arrivant en tête au premier tour. Il parvient à faire l'union avec Paul-Antoine Luciani... et le prince Charles Napoléon. Une pierre dans le jardin des bonapartistes, le nationaliste Paul Quastana venant jouer les trouble-fête. Il obtient deux sièges au second tour qui voit Simon Renucci devancer Marc Marcangeli de plus de mille voix. Malgré les contre-performances de la gauche aux cantonales, Simon Renucci est assez facilement reconduit en 2008. Il profite une nouvelle fois de la division de la droite ajaccienne, qui aligne trois listes au premier tour, dont celle de José Rossi, qui est cependant éliminé. Les deux autres n'ayant pu se mettre d'accord, elles sont largement battues au second tour, le maire obtenant près des deux tiers des suffrages. Les nationalistes, eux aussi divisés en trois blocs, plafonnent à 15 % au premier tour et sont par conséquent éliminés. Alors que leur impact était quasi-nul en 1995, les nationalistes ont cependant pas mal brouillé les cartes lors des municipales de 2001. Ils gênent ainsi Denis de Rocca Serra en l'empêchant, par leur maintien au second tour, de conquérir Porto-Vecchio aux dépens de Camille de Rocca Serra, et font tomber à Sartène Dominique Bucchini, l'un de leur plus farouches adversaires, en s'alliant avec la droite. Le péril nationaliste est également sérieux pour le maire UMP de Porto-Vecchio, Georges Mela, en 2008. Bien qu'arrivé en tête avec 46,33 % des voix, il n'a théoriquement aucune réserve de suffrages au second tour. Face à lui s'alignent la gauche (10,31 %) et deux listes nationalistes, dont celle du leader du Parti de la nation corse, Jean-Christophe Angelini, qui obtient 37,13 %. N'ayant pu se mettre d'accord avec la gauche, il est cependant battu au second tour, mais Georges Mela ne le devance que de 238 voix. Les sénatoriales de 1998 voient la victoire d'un Rocca Serra. Louis-Ferdinand, conseiller général DL, qui avait succédé au bonapartiste Charles Ornano en 1994, est réélu au second tour avec le soutien de Camille de Rocca Serra et José Rossi. Mais il est déchu de son mandat par le conseil constitutionnel en 2001. La partielle qui suit voit le retour en force de Nicolas Alfonsi, à la faveur du passage à gauche d'Ajaccio et du renversement d'alliances au conseil général. En 2008, malgré le retour à droite du conseil général, Nicolas Alfonsi est reconduit dès le premier tour.
Sources: Le Monde, 577 députés à élire, La Croix, L'Humanité, Sénat |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (sources: Le Monde, Assemblée nationale)
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Chronologie
des députés
1 AJACCIO 1988 José ROSSI (UDF) 1993 Marc MARCANGELI (non inscrit) 1995 José ROSSI (UDF) 2002 Simon RENUCCI (app. soc.) 2012 Laurent MARCANGELI (UMP) 2 SARTENE 1988 Jean-Paul DE ROCCA SERRA (RPR) 1998 Roland FRANCISCI (RPR) 2002 Camille DE ROCCA SERRA (UMP)
Sénateur Nicolas ALFONSI (Ras. dém. et soc. eur.)
Conseil général de Corse-du-Sud 7 divers gauche, 7 UMP, 6 divers droite, 3 PRG président: Jean-Jacques PANUNZI (UMP)
Maires AJACCIO: Simon RENUCCI (divers gauche) PORTO-VECCHIO: Georges MELA (UMP)
Sources: Le Monde, La Croix, conseil général de Corse-du-Sud, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur)
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, Education nationale, Parti radical de gauche, Politiquemania)
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