Corse

CHRONOLOGIE DES PRÉSIDENTS DU CONSEIL RÉGIONAL

1974 François GIACOBBI (MRG)

1979 Jean FILIPPI (MRG)

PRÉSIDENTS DE L'ASSEMBLEE REGIONALE

1982 Prosper ALFONSI (MRG)

1984 Jean-Paul DE ROCCA SERRA (RPR)

PRÉSIDENTS DE L'ASSEMBLEE DE CORSE

1992 Jean-Paul DE ROCCA SERRA (RPR)

1998 José ROSSI (DL)

2004 Camille DE ROCCA SERRA (UMP)

 

CHRONOLOGIE DES PRÉSIDENTS DU CONSEIL EXECUTIF

1992 Jean BAGGIONI (RPR)

2004 Ange SANTINI (UMP)

 

Source: Rulers.org

 

 

 

SOMMAIRE

Corse-du-Sud

Haute-Corse

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Fond de carte: Géoatlas

Malgré le passage en collectivité territoriale en 1992, et la modification de mode d'élection qui s'en est ensuivie, la Corse, pourtant fief des radicaux de gauche, est restée fidèle à la droite depuis que son assemblée régionale, puis territoriale, est désignée au scrutin universel.

Au conseil régional élu en 1986 à la proportionnelle intégrale par département, la droite bénéficiait d'une bonne majorité relative de 28 sièges sur 60. Face à elle, la gauche ne détenait que 22 mandats, les nationalistes six et le FN quatre, ce qui a permis la réélection du RPR Jean-Paul de Rocca Serra au fauteuil présidentiel.

Voté en 1991, le nouveau statut, dit loi Joxe, prévoit une proportionnelle à deux tours dans une circonscription unique. Un mode de scrutin assez proche de celui en vigueur actuellement dans les régions, à l'exception de la possibilité offerte aux listes ayant obtenu au moins 5 % de se maintenir au second tour.

Les élections territoriales de 1992 ont renforcé la majorité, dans un contexte d'éparpillement des forces. Pas moins de treize listes étaient en présence au premier tour. La liste de Jean-Paul Rocca Serra arrive bien en tête au premier tour, mais avec seulement 18,81 %. En seconde position, les nationalistes d'Edmond Siméoni devancent le président UDF du conseil général de Corse-du-Sud José Rossi. En comptant les trois listes divers droite, la droite regroupe environ 46 % des votes. La gauche est loin derrière, avec moins de 23 % éclatés sur quatre listes (dont deux communistes). Elle est talonnée par les nationalistes, qui eux n'ont présenté que deux listes. Arrivé en tête des forces de gauche, le MRG Nicolas Alfonsi n'atteint même pas les 10 %. Le FN, lui, passe de justesse la barre des 5 %.

Au second tour, José Rossi fusionne sa liste avec Génération Ecologie et le RPR dissident Henri Antona. Mais cela ne lui suffit pas pour progresser notablement et il n'obtient que huit sièges, moitié moins que Jean-Paul de Rocca Serra. Au total, la droite, toutes tendances confondues, dispose de 29 conseillers sur 51, mais les luttes fratricides ont laissé des traces. La gauche recule de treize mandats, tandis que les nationalistes en gagnent sept et que le FN est éliminé.

La majorité aborde une nouvelle fois le scrutin de 1998 en ordre dispersé. La retraite de Jean-Paul de Rocca Serra a aiguisé bien des appétits. Parmi les quinze listes en présence, quatre sont de droite, alors que la gauche a réussi l'union autour du maire PRG de Bastia Emile Zuccarelli. L'émiettement est pire chez les nationalistes, avec pas moins de six listes. A noter aussi la présence de deux listes de femmes contre la violence politique. Mécaniquement, la gauche se retrouve en tête du premier tour, mais avec moins d'un quart des suffrages. A droite, le président RPR du conseil exécutif Jean Baggioni arrive second, avec seulement 14,19 %. Il est suivi par José Rossi et le président divers droite de la Haute-Corse Paul Natali. Chez les nationalistes, seul Jean-Guy Talamoni obtient plus de 5 %.

Au second tour, il parvient à limiter les dégâts en sauvant cinq sièges. MM. Baggioni, Rossi et Natali s'étant alliés, ils arrivent en tête avec 36,99 % et 21 sièges, auxquels s'ajoutent les cinq décrochés par le pasquaïen Philippe Ceccaldi, qui faisait liste à part, ce qui assure à la majorité d'être reconduite. Avec 16 sièges, la gauche, malgré une belle progression, a raté son pari de faire basculer l'assemblée. A noter aussi les quatre sièges de la liste du conseiller général sans étiquette Toussaint Luciani. José Rossi et Jean Baggioni se partagent le pouvoir, le premier succédant à M. de Rocca Serra et le second conservant son fauteuil.

Rebelote en 1999 après l'invalidation du scrutin. Un retour aux urnes qui ne remet pas en cause la domination de la droite, qui perd un siège et doit gouverner à la majorité relative. La gauche gagne un siège et les nationalistes trois.

En 2000, l'assemblée territoriale vote de nouveaux transferts de compétence, prévoyant notamment la création d'une collectivité unique (processus de Matignon). Le 8 juillet 2003, les électeurs corses rejettent de justesse le texte (50,98 % de non). Le rejet est un peu plus net en Haute-Corse, fief d'Emile Zuccarelli, le seul homme politique corse d'importance s'étant déclaré contre le processus, critiqué par Jean-Pierre Chevènement, qu'il a soutenu à la présidentielle de 2002.

Par ricochet, cette défaite de la majorité de la classe politique de l'île va sauver la droite aux élections territoriales de 2004. Comme de coutume en Corse, les alliances (ou les non-alliances) comptent au moins autant que les rapports de force. Divisée entre six listes, la majorité arrive en tête, avec 14,59 % pour la liste pour le député UMP Camille de Rocca Serra. Eparpillée en sept listes, la gauche est seconde, avec la liste PRG d'Emile Zuccarelli. L'autre liste PRG, celle du député Paul Giacobbi, opposé à M. Zuccarelli sur le processus de Matignon, est quatrième. Entre les deux figure le nationaliste Edmond Simeoni. Au second tour, même si elle n'obtient que 19 sièges, la droite a l'avantage de l'union. Seul José Rossi a préféré faire liste à part. Avec 24 sièges, la gauche est éclatée entre deux pôles: les opposants à la collectivité unique, avec Emile Zuccarelli et l'ancien maire communiste de Sartène Dominique Bucchini, et les "évolutionnistes", autour de Paul Giacobbi et du maire divers gauche d'Ajaccio Simon Renucci. Avec leur huit sièges, les nationalistes renvoient dans un premier temps droite et gauche dos à dos, avant de rejeter avec vigueur l'hypothèse de l'élection d'Emile Zuccarelli. Ce qui ouvre la voix à l'accession de Camille de Rocca Serra et l'UMP Ange Santini aux deux pôles de présidence.

Traditionnellement, la droite domine plutôt le sud de l'île, soumis avant la Révolution aux grandes familles possédantes, le nord penchant nettement pour les radicaux de gauche. La création des deux départements en 1975 a fixé cette tendance. L'île a cependant été totalement à droite, entre 1992 et 1998, après le basculement de la Haute-Corse, puis complètement à gauche de 2001 à 2004, lorsque la Corse-du-Sud a changé de majorité.

 

Sources: Le Monde, Histoire de France des régions, Nouvelle géopolitique des régions françaises