|
EUROPEENNES 2009 |
||
|
RESULTATS PAR CIRCONSCRIPTION Massif central - Centre Nord-Ouest Ouest Outre-Mer Sud-Est Sud-Ouest
LIENS 2004 1999 1994 1989 1984 1979
|
Fond de carte: Géoatlas Ce scrutin est marqué par un renversement des fronts entre UMP et PS par rapport à 2004. L'union UMP-NC-Progressistes-Gauche moderne arrive en tête dans toutes les circonscriptions, y compris l'Outre-Mer, la seule qui manquait au tableau de chasse du PS en 2004. Elle distance la gauche d'au moins dix points, partout à l'exception du Nord-Ouest, de l'Outre-Mer et de l'Ouest, où le PS résiste mieux. Une victoire dont l'ampleur, relativement inattendue, cache pourtant les limites électorales de la majorité présidentielle. Rassemblant entre un quart et un tiers des suffrages, elle manque cependant de réserves face à une gauche globalement plus forte. Ce qui aurait pu lui occasionner un retour de bâton en cas de second tour, comme cela s'est produit, dans une moindre mesure, lors des législatives de 2007. Le PS, quant à lui, retombe à peu près à son niveau de la présidentielle de 2002 (et au niveau de l'UMP en 2004). Ce qui fait dire à certains commentateurs que ces européennes constituent une réédition du 21 avril 2002. Même si le contexte politique s'avère très différent, cet échec se rapproche davantage de celui du scrutin de 1994. Partis sur des listes autonomes, sans les radicaux de gauche, les socialistes ont subi un véritable siphonnage en règle de la part des listes Europe-Ecologie, regroupant les Verts, leurs compagnons de route, des altermondialistes et des associatifs. Europe-Ecologie, en menant une campagne davantage anti-Barroso qu'anti-Sarkozy, a attiré les électeurs de gauche les plus urbains et les plus diplômés. Résultat: les listes écologistes se hissent à la seconde place dans les circonscriptions les plus urbanisées (Ile-de-France et Sud-Est). Le même phénomène s'est sans doute aussi produit avec le MODEM, dont l'électorat, davantage volatil que celui du PS, présente en grande partie ce profil sociologique. Il n'en reste pas moins que ce score, le meilleur jamais réalisé par des écologistes, est aussi en grande partie le produit d'une réelle préoccupation face aux crises financières et environnementales. Il est à mettre en parallèle avec le niveau inespéré obtenu par les listes de l'Alliance écologiste indépendante (près de 4 %), conduites par un Antoine Waechter qu'on croyait définitivement effacé du paysage politique. Sans doute victime du violent accrochage verbal entre François Bayrou et Daniel Cohn-Bendit, quelques jours avant le scrutin, le MODEM semble s'être réduit à un noyau dur, à peine supérieur en pourcentage à la performance de François Bayrou à la présidentielle de 2002. Ces européennes constituent aussi un échec pour le Front national, qui retrouve à peu près son score de 1999, obtenu en pleine scission mégrétiste. Il n'obtient des élus que dans les circonscriptions du flanc est, et dans le Nord-Ouest, où il dépasse les 10 %. Un résultat démontrant que le basculement d'une partie de son électorat en faveur de Nicolas Sarkozy s'installe dans le temps. A gauche, le PCF fait une bonne affaire avec les listes Front de gauche, formées avec le PG et la Gauche unitaire (dissidence du NPA). Menacé de disparaître corps et biens après la présidentielle de 2007, il grappille, avec ses alliés, quatre sièges dans les circonscriptions abritant ses derniers bastions: Ile-de-France, Sud-Ouest, Sud-Est et Nord-Ouest. Le Front de gauche dépasse surtout le NPA, qui n'obtient aucun élu. L'échec est presque aussi patent chez les souverainistes de droite. Malgré son alliance avec CPNT sous la bannière Libertas, Philippe de Villiers ne parvient qu'à se faire réélire dans son fief de la circonscription Ouest. Quant à Nicolas Dupont-Aignan, il n'atteint même pas les 2 %.
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur
|