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JURA (dernière mise à jour le 22 octobre 2011) |
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Petit département à la fois
industriel et montagneux, le Jura est aujourd'hui largement dominé par la
droite, après avoir connu un radicalisme de notable (Edgar Faure) et
ouvert sur le centre (Jacques Duhamel). La gauche, de son côté, existe
par éclipses depuis la Libération.
En 1988, cette dernière surfait encore sur les vagues roses de 1977 et 1981 et détenait deux circonscriptions sur trois, celles de Lons-le-Saulnier et de Dôle, deux villes gérées par le PS. Dans la 2e circonscription, celle de Saint-Claude, c'est le maire RPR de Champagnole, député depuis 1986, Jean Charroppin, qui était élu, dans un secteur rassemblant à la fois des campagnes conservatrices et des petites villes industrielles avec un PCF en perte de vitesse. En 1993, M. Charroppin se retrouve seul au second tour, le maire centriste de Saint-Claude, Pierre Guichard, s'étant désisté. Le PS, avec 12,06 %, se retrouve quatrième, derrière le FN. Ce scrutin s'avère d'ailleurs rude pour les socialistes. Dans la 1ere, Alain Brune est largement battu par le RPR Jacques Pélissard, qui lui a pris la mairie en 1989. Même scénario à Dôle, en plus humiliant pour le PS. L'ancien maire Jean-Pierre Santa Cruz est distancé par l'étoile montante des Verts, Dominique Voynet, dont le maire UDF Gilbert Barbier a cependant raison au second tour. Mme Voynet voit son heure arrivée lors des législatives de 1997, trois ans après l'élection d'un conseiller général écologiste. Bénéficiant d'excellents reports des communistes, encore influents dans le secteur, elle bat Gilbert Barbier de 5500 voix et devient la députée la mieux élue de la législature. Ailleurs, la droite s'en sort bien, mais de justesse. Jacques Pélissard bat relativement facilement le rocardien Yves Colmou. La partie est plus serrée pour Jean Charroppin face au conseiller général Denis Vuillermoz, qui profite d'un regain communiste dans le bassin de Saint-Claude. Malgré de mauvais reports du FN, le député sortant attaque un quatrième mandat. Retour à la situation de 1993 après le scrutin de 2002. Cette fois-ci, c'est Jacques Pélissard qui est reconduit au premier tour avec 50,50 %. A Dôle, l'éloignement du terrain a nuit à Dominique Voynet, nommée ministre en 1997. Gênée par une candidature dissidente du PS, elle est distancée puis battue par Jean-Marie Sermier, maire UDF de Cramans. Quant à Jean Charroppin, il a de nouveau raison de Denis Vuillermoz, avec un écart supérieur à celui de 1997 mais une déperdition de plus de 1500 voix révélant une certaine usure du pouvoir. Le retrait de Jean Charroppin en 2007 provoque des affrontements fratricides à droite dans un contexte d'effondrement de la gauche dans la 2e circonscription. C'est la maire UMP de Martigna, Marie-Christine Dalloz, qui arrive en tête, à plus de 2400 voix devant le conseiller général UMP Yves Garnier, qui distance son collègue divers droite François Godin et le maire villiériste de Saint-Claude Jean-Louis Millet. En cinquième position, la radicale Elisabeth Boyer n'atteint même pas les 10 %. Au second tour, forte du soutien du président du conseil général Gérard Bailly, Marie-Christine Dalloz obtient près des deux tiers des voix face à Yves Garnier. A Dôle, la gauche fait un peu meilleure figure, mais les 47,82 % de Jean-Marie Sermier au premier tour lui enlèvent tout espoir de victoire au second. Jacques Pélissard, de son côté, est une nouvelle fois reconduit au premier tour. Pendant trente-cinq ans, la domination de la droite n'a souffert que de peu de contestations au sein du conseil général. Entre 1992 et 2004, la majorité a perdu cinq sièges, gardant une marge de manoeuvre appréciable. Jusqu'à la forte poussée de gauche de 2008, qui a placé majorité et opposition à égalité, à 17 voix chacune. Les cantonales de 1994 s'achèvent par une petite révolution. Le président RPR, André Jourdain, est battu en son fief de Champagnole par un candidat écologiste, Michel Moreau. Durant cette séquence, ce sont surtout les divers gauche qui progressent, notamment à Chaumergy, Rochefort-sur-Nenon et Saint-Claude. La gauche gagne encore trois sièges en 1998. On assiste même à un petit "effet Voynet", avec le gain, de justesse il est vrai (28 voix) de Dôle Nord-Est par la ministre. La droite est aussi bousculée dans les bassins de Dôle (Montbarrey) et Lons-le-Saulnier (Beaufort). Des gains totalement effacés en 2001. La majorité reprend Chaussin, Rochefort-sur-Nenon, Saint-Amour et surtout Champagnole, où Michel Moreau est très largement distancé dès le premier tour. En 2004, malgré la défaite à Morez du premier vice-président Jean-Paul Salino, battu par le divers droite François Godin, la majorité sort peu affaiblie du scrutin cantonal. Elle perd deux sièges aux nord, Arbois et Montbarrey, ce qui donne à la carte cantonale un visage assez traditionnel du département, avec un sud montagneux conservateur et un nord davantage pénétré par la gauche, de tradition radicale. Ce sont justement ces fiefs montagneux qui se retrouvent rudement éprouvés par la vague rose de 2008. Si la majorité reconquiert de justesse Conliège, elle perd en revanche Orgelet et Saint-Amour, et laisse s'échapper Saint-Laurent-en-Grandvaux vers un candidat sans étiquette. Les communistes ne sont pas en reste, puisqu'ils obtiennent Voiteur aux dépens des centristes. La gauche récolte de bons résultats aussi en zone urbaine, faisant notamment basculer en sa faveur Lons-le-Saulnier Sud. Le président UMP Gérard Bailly doit prudemment laisser son siège à son collègue divers droite de Bletterans Jean Raquin, doyen de l'assemblée. Une tactique payante, puisqu'il est élu au bénéfice de l'âge face à la gauche, à laquelle s'est rallié le nouveau conseiller de Saint-Laurent-en-Grandvaux Elio Perati. Mais Jean Raquin se retrouve minoritaire en 2011. La poussée de gauche continue dans la montagne (Les Bouchoux, Nozeroy) et dans la préfecture (Lons-le-Saulnier Nord). La droite empoche Chemin mais c'est bien insuffisant pour éviter l'élection du socialiste Christophe Perny à la tête du département. Les pertes de Lons-le-Saulnier et Dôle par le PS, en 1989 et 1983, ont éclipsé pendant près de vingt ans le socialisme municipal dans le Jura. Dans la préfecture Lons-le-Saulnier, Jacques Pélissard a été réélu avec plus de 60 % des voix en 1995 comme en 2001. Il est également reconduit au premier tour en 2008, avec une majorité un peu moindre (55,48 %). A Dôle, Gilbert Barbier a du affronter une triangulaire avec le FN en 1995, avant d'avoir raison de Dominique Voynet dès le premier tour en 2001. Mais il chute en 2008 face au socialiste Jean-Claude Wambst, qui au second tour profite davantage du regain de participation et des mauvais reports de la liste MODEM (7,43 %) sur la droite. Le PCF, de son côté, a fait plutôt bonne figure dans le bastion ouvrier de Saint-Claude. En 1995, Francis Lahaut profite d'une triangulaire avec le maire sortant UDF Pierre Guichard et le MPF Jean-Louis Millet pour l'emporter au second tour. Une élection bien fragile. En 2001, on retrouve les mêmes rapports de force au premier tour, mais l'UDF se désiste au second tour en faveur de Jean-Louis Millet, qui l'emporte avec 138 voix d'avance. L'écart est encore plus faible en 2008. Cette fois-ci Francis Lahaut prend sa revanche dès le premier tour avec une majorité de cinq voix seulement. Fort logiquement, la droite truste les deux sièges de sénateur. Dans le Jura, la tradition veut que le président du conseil général siège également au palais du Luxembourg. En 2001, Gérard Bailly a cependant du batailler contre son prédécesseur André Jourdain, exclu du RPR. Il est tout de même élu au premier tour. Au second tour, Gilbert Barbier doit affronter André Jourdain, mais il l'emporte finalement avec 46 voix d'avance. La gauche réunit environ un tiers des suffrages. Elle progresse considérablement en 2011, et s'avère très menaçante. Si, au premier tour, Gérard Bailly creuse à peu près l'écart, la partie est bien plus délicate pour Gilbert Barbier, qui se retrouve talonné de neuf voix par le socialiste Denis Vuillermoz, sans doute gêné par la candidature UMP de Sylvie Vermeillet. Au second tour, seul Gérard Bailly obtient la majorité absolue. Avec 47,05 %, Gilbert Barbier ne distance Denis Vuillermoz que de quatorze suffrages. Si Mme Vermeillet s'est retirée, la candidate EELV Antoinette Gillet s'est en revanche maintenue.
Sources: Le Monde, 577 députés à élire, La Croix, ministère de l'Intérieur |
Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 LONS-LE-SAULNIER 1988 Alain BRUNE (soc.) 1993 Jacques PELISSARD (RPR) 2 SAINT-CLAUDE 1988 Jean CHARROPPIN (RPR) 2007 Marie-Christine DALLOZ (UMP) 3 DOLE 1988 Jean-Pierre SANTA CRUZ (soc.) 1993 Gilbert BARBIER (UDF) 1997 André VAUCHEZ (soc.) 2002 Jean-Marie SERMIER (UMP)
Sénateurs Gérard BAILLY (UMP); Gilbert BARBIER (Ras. dém. et soc. eur.)
Conseil général du Jura 11 UMP, 10 PS, 5 divers gauche, 3 divers droite, 3 PCF, 1 ARES, 1 PG Président: Christophe PERNY (PS)
Maires DOLE:
Jean-Claude WAMBST (PS) LONS-LE-SAULNIER:
Jacques
PELISSARD (UMP) CHAMPAGNOLE: Clément PERNO (UMP) MOREZ: Jean-Paul SALINO (UMP) POLIGNY: Dominique BONNET (divers droite) TAVAUX: Jean-Michel DAUBIGNEY (UMP) ARBOIS: Bernard AMIENS (divers droite)
Sources: Le Monde, La Croix, Politiquemania, Wikipedia, Sénat |
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Carte 2: cantons (sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur, Politiquemania)
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Nouveau Centre, Wikipedia, Politiquemania)
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LIENS |
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