TERRITOIRE-

DE-BELFORT

(dernière mise à jour le 25 septembre 2012)

 

A la fois ouvrier et bourgeois, aujourd'hui très urbanisé et périurbanisé, le petit département du Territoire-de-Belfort a été détaché de l'Alsace en 1871. Du radicalisme au centrisme, du gaullisme au socialisme autogestionnaire,  il présente aujourd'hui une géopolitique davantage franc-comtoise. Mais ces vingt dernières années ont surtout été marquées par les divisions de la gauche.

Lors des législatives de 1988, celles-ci sont incarnées par deux députés socialistes au destin national mais localement rivaux. Dans la 1ere, qui abrite à la fois une partie de l'agglomération de Belfort et la deuxième ville du département, Delle, est élu Raymond Forni, implanté dans cette dernière. Dans l'autre circonscription, davantage périurbaine, Jean-Pierre Chevènement, maire de Belfort et animateur du Ceres (Centre d'études et de recherches sur le socialisme), repasse dès le premier tour.

Il résiste plutôt bien à la vague bleue de 1993, notamment grâce à sa prise de distance d'avec le PS, après sa démission du gouvernement en 1991 et son désaccord sur le traité de Maastricht en 1992. Bénéficiant de bons reports et de la mobilisation des abstentionnistes du premier tour, il bat largement l'ancien député Jacques Bichet, qu'il avait déjà vaincu lors de la partielle de 1991, après l'avoir distancé de plus de dix points au premier tour. En revanche, dans la 1ere, Raymond Forni doit s'incliner de peu (793 voix) au second tour face au conseiller régional RPR Jean Rosselot, malgré une belle remontée entre les deux tours.

En 1997, l'écart est à peu près le même entre les deux candidats, mais à fronts renversés, Raymond Forni prenant sa revanche après avoir distancé Jean Rosselot au premier tour, toujours avec le même différentiel. Dans la 2e, la défaite s'avère cette fois humiliante pour Jacques Bichet. Au premier tour, il est coiffé sur le poteau de 185 bulletins par le conseiller régional FN Michel Algrin. Au second tour, Jean-Pierre Chevènement remporte la triangulaire à la majorité absolue. Bien qu'ayant gratté quelques suffrages frontistes, le candidat UDF arrive second mais avec à peine plus d'un quart des exprimés.

Ayant fondé le Mouvement des citoyens (MDC), puis le Pôle républicain, Jean-Pierre Chevènement échoue à la présidentielle de 2002. Dans le Territoire-de-Belfort, il n'arrive que deuxième derrière Jean-Marie Le Pen. Critiqué par les Verts, il doit, lors des législatives qui suivent, affronter la candidature du socialiste Yves Ackermann. Au premier tour, le jeune libéral Michel Zumkeller le devance de plus de 1200 voix, avant de le battre de 1864 suffrages au second, les reports de gauche ayant mal fonctionné, malgré le désistement d'Yves Ackermann en faveur du sortant. Dans la 1ere, la qualité de président de l'Assemblée nationale, depuis 1997, n'aura pas permis à Raymond Forni de sauver son siège. Gêné au premier tour par la candidature Pôle républicain de Jackie Drouet, il ne parvient pas à refaire son retard, au second, sur le pugnace leader de l'opposition municipale à Belfort, le RPR Damien Meslot.

La droite locale, qui a réussi le rajeunissement de ses cadres, est reconduite sans problème en 2007. Dans la 1ere, Damien Meslot manque d'un cheveu la réélection au premier tour, avant de battre largement au second la maire PS de Fontaine Anne-Marie Forcinal. Dans la 2e, Jean-Pierre Chevènement semble avoir mené le combat de trop. Bien que soutenu par le PS et le PRG, il est cette fois gêné par la candidature dissidente du sénateur socialiste Michel Dreyfus-Schmidt. A gauche, les dégâts sont plus importants qu'en 2002, puisque Michel Zumkeller fait mieux que lors de ce dernier scrutin, aussi bien en pourcentage qu'en nombre de voix.

La vague rose de 2012 ne fait que mouiller les chaussures de Damien Meslot et Michel Zumkeller. Le premier, bien qu'ayant perdu neuf points par rapport au premier tour de 2007, bat très nettement la maire socialiste de Fontaine Anne-Marie Forcinal. Dans la 2e, le premier tour est davantage indécis entre Michel Zumkeller et le maire (MRC) de Belfort Etienne Butzbach. Mais, gêné par la dissidence de la socialiste Marie-José Fleury, ce dernier ne parvient pas à prendre l'avantage au second tour.

Au petit conseil général (15 sièges seulement), l'opposition gauche-droite s'est effacée, ces dernières années, au profit des rivalités entre socialistes et chevènementistes.

Avec Christian Proust, qui a pris l'assemblée aux gaullistes en 1976, ces derniers tiennent la barre en 1994. La fragile majorité de gauche (huit sièges contre sept) est reconduite, elle est dominée par le MDC (cinq conseillers) et tous les sortants sont reconduits.

Les chevènementistes conservent l'avantage lors du renouvellement de 1998, marqué par une forte poussée de gauche. Sur les quatre sièges gagnées par cette dernière, deux vont au MDC, Châtenois et Offemont, le PS s'adjugeant Belfort-Nord et Danjoutin.

La droite redresse la tête en 2001, en reprenant Giromagny au MDC, qui se retrouve un siège devant le PS. Ce dernier va prendre l'avantage en 2004. Regroupés dans le Mouvement républicain et citoyen (MRC), les chevènementistes, affaiblis par l'échecs de leur leader aux législatives de 2002, perdent Offemont au profit des socialistes, qui font élire Yves Ackermann à la tête de l'exécutif. 

La perte de Rougemont, au profit de l'UMP, en 2008, affaiblit un peu plus le MRC, qui voit échapper aussi Grandvillars en faveur d'un divers gauche. La droite ne progresse pas, puisque le PS lui reprend Giromagny. Le MRC recule encore d'un siège en 2011 en perdant Châtenois-les-Forges au profit de l'UMP.

Outre Bavilliers et Offemont, le MRC contrôle encore, et surtout, la municipalité de Belfort, que les socialistes ont prise aux gaullistes en 1977. Maire depuis 1983, Jean-Pierre Chevènement est reconduit au premier tour en 1995, lors d'un scrutin qui préfigure un peu la triangulaire des législatives de 1997, le RPR Jean Rosselot obtenant à peine plus du quart des exprimés, devant le FN qui retrouve ses trois sièges gagnés en 1989.

Il doit attendre le second tour en 2001 pour retrouver son fauteuil, occupé depuis son passage au gouvernement par Jackie Drouet. Bien que distançant de près de 1500 voix le RPR Christophe Grudler, Jean-Pierre Chevènement souffre de mauvais reports des Verts, avec qui ses rapports restent médiocres. Son challenger, pour sa part, a récupéré des suffrages de l'extrême-droite qui, divisée entre FN et MNR, disparaît du conseil municipal.

Majoritaire sur le papier en 2008, la droite est quand même battue. Face au député UMP Damien Meslot, Christophe Grudler conduit une liste divers droite, qu'il refuse de fusionner au second tour. Ce qui permet à Etienne Butzbach, qui a succédé en 2007 à Jean-Pierre Chevènement, de remporter la triangulaire avec 48,27 % des exprimés.

Le décès de Michel Dreyfus-Schmidt, sénateur PS depuis 1980, à deux semaines des sénatoriales de 2008, permet à Jean-Pierre Chevènement de revenir sur la scène politique locale. Il se présente face au suppléant du défunt, Yves Ackermann, et arrive en tête au second tour, avant de remporter la triangulaire du second, avec 149 voix contre 127 à Yves Ackermann, qui semble avoir capté les grands électeurs communistes. Jean-Pierre Chevènement pourrait de son côté avoir attiré des voix qui se sont portées au premier tour sur l'UMP Robert Creel, qui passe de 97 à 79 suffrages. Il choisit ensuite de rejoindre le groupe Rassemblement démocratique et social européen, formé majoritairement de radicaux de gauche et de droite, alors que les sénateurs MRC siègent traditionnellement aux côtés des communistes.

 

Sources: Le Monde, La Croix

 


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

Chronologie des députés

1 BELFORT CENTRE

1988 Raymond FORNI (soc.)

1993 Jean ROSSELOT (RPR)

1997 Raymond FORNI (soc.)

2002 Damien MESLOT (UMP)

2 BELFORT OUEST

1988 Gilberte MARIN-MOSKOVITZ (soc.)

1991 Jean-Pierre CHEVENEMENT (app. soc.)

1997 Gilberte MARIN-MOSKOVITZ (Rad., cit. et V.)

2000 Jean-Pierre CHEVENEMENT (Rad., cit. et V.)

2002 Michel ZUMKELLER (UMP)

 

Sénateur

Jean-Pierre CHEVENEMENT (Ras. dém. et soc. euro.)

 

Conseil général du Territoire-de-Belfort

6 PS, 4 UMP, 2 MRC, 1 divers gauche, 1 EELV, 1 MODEM

président: Yves ACKERMANN (PS)

 

Maires

BELFORT: Etienne BUTZBACH (MRC)

DELLE: Pierre OSER (PS)

BEAUCOURT: Cédric PERRIN (UMP)

VALDOIE: Michel ZUMKELLER (UDI)

BAVILLIERS: Daniel LANQUETIN (MRC)

OFFEMONT: Françoise BOUVIER (MRC)

 

Sources: Le Monde, la Croix, ministère de l'Intérieur, Wikipedia

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur)


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur, Wikipedia)

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