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GARD |
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Le glissement progressif du Gard vers la droite est constant depuis une vingtaine d'années. La couleur de ses cinq circonscriptions (carte 1) résume assez bien sa situation politique actuelle: une gauche repliée sur ses bases cévenoles, face à une droite en expansion dans des régions en pleines mutations démographiques, économiques et sociologiques. En 1981, socialistes et communistes se partageaient les circonscriptions législatives, avec un avantage pour ces derniers, appuyés sur leurs bastions ouvriers des Cévennes et de la Petite Camargue. En 1988, le PS prenait de l'avance, avec trois sièges contre un pour le PCF, le dernier revenant à Jean Bousquet, maire UDF de Nîmes. En 1993, la droite élargissait suffisamment cette brèche pour s'emparer de trois autres circonscriptions. A Vauvert, le député sortant Jean-Marie Cambacérès, exclu du PS, était éliminé au premier tour, laissant le maire UDF de Beaucaire Jean-Marie André l'emporter seul face au FN. A Alès-Est, le premier adjoint de la ville, Max Roustan, parvenait à déloger le communiste Gilbert Millet. Un résultat historique, tout comme celui de la circonscription voisine d'Alès-Ouest, où le RPR Alain Danilet battit de 108 voix le sortant PS Alain Journet. Le seul rescapé de cette vague bleue fut l'atypique président du conseil général et sénateur-maire de Pont-Saint-Esprit, Gilbert Baumet. Candidat dans la 3e circonscription, où le sortant PS ne se représentait pas, il bat nettement une droite affaiblie par une primaire sauvage entre le RPR et l'UDF. Membre du Mouvement des Réformateurs (MDR) de Jean-Pierre Soisson, ministre de François Mitterrand, M. Baumet choisira de siéger dans le groupe République et Liberté, où l'on pouvait croiser des personnalités aussi différentes que Bernard Tapie, Jean Royer ou Jean-Louis Borloo... Les élections de 1993 avaient vu l'émergence du FN, notamment dans les 1ere et 2e circonscription. Celles de 1997 confirmèrent et amplifièrent ce phénomène. Prise dans des triangulaires dans les trois premières circonscriptions, la droite le paya cher. A Nîmes, le maire communiste Alain Clary l'emportait de 367 voix sur l'UDF Yvan Lachaud, qui dut assumer l'héritage contesté de Jean Bousquet. La victoire du PS Alain Fabre-Pujol fut plus nette face au très sécuritaire Jean-Marie André, concurrencé par le FN. Quant à Gilbert Baumet, il se retrouva purement et simplement éliminé au premier tour, laissant la triangulaire se jouer en faveur du maire PS de Bagnols-sur-Cèze, Gérard Revol. Moins marquées à droite, les 4e et 5e circonscriptions rebasculèrent logiquement dans l'autre camp, le PCF récupérant, grâce au jeune maire de La Grand-Combe, son siège historique d'Alès-Ouest. En 2002, le balancier joua dans l'autre sens. Les deux triangulaires, à Vauvert et Villeneuve-lès-Avignon, furent cette fois-ci fatales à la gauche. Bien qu'arrivé en tête, Alain Fabre-Pujol ne put sauver son siège face au RPR. Etienne Mourrut bénéficia du bon report des suffrages s'étant portés au premier tour sur le dissident Jean-Marie André, ainsi qu'une partie des voix du FN, malgré la présence au second tour de la candidate d'extrême-droite. Ce phénomène se produisit également à Villeneuve-lès-Avignon, bien que le sortant socialiste, affaibli par la perte de sa mairie en 2001, abordait le second tour en plus mauvaise posture. A Nîmes, Yvan Lachaud se retrouvant seul face à un Alain Clary lui aussi défait aux municipales, l'emporta facilement. A Alès-Ouest, pas une voix de droite et d'extrême-droite ne manqua à Max Roustan qui abordait un deuxième tour serré face à Patrick Malavieille. En revanche, Damien Alary résista bien dans la 5e circonscription. Les législatives de 2007 constituent globalement une répétition du scrutin de 2002. Mais la poussée de droite est davantage sensible, alors que le FN repasse sous la barre des 10 %. A Nîmes, Alain Clary est distancé au premier tour par la socialiste Françoise Dumas, qui ne bénéficie cependant pas assez de réserve pour battre Yvan Lachaud. Etienne Mourrut et Jean-Marc Roubaud dépassent les 48 % au premier tour. Max Roustan frôle lui les 45 % face à un Patrick Malavieille qui pèse autant qu'en 2002, mais manque lui aussi de reports de gauche. Dans la 5e circonscription, William Dumas, qui a succédé à Damien Alary en 2004, est sérieusement chahuté par l'UMP Christophe Ruas, qui le distance de plus de 7000 voix. Le député sortant est finalement sauvé par le regain de la gauche au second tour, dans un secteur éprouvé par la crise de ses bassins industriels. Mode de scrutin et découpage obligent, la progression de la droite est moins rapide au conseil général. En seize ans, la majorité a cédé quatre sièges. La droite a pris pied dans le bassin minier cévenol en 1994, en gagnant le canton d'Alès Sud-Est aux dépens des communistes. Lors de ce renouvellement, la majorité de gauche renversa Gilbert Baumet. Un geste qu'elle paya très cher lors des européennes qui suivirent. Appelant à voter pour la liste MRG de Bernard Tapie, le maire de Pont-Saint-Esprit tînt sa revanche lorsque le PS se retrouva relégué en quatrième position. Il prouva aussi la solidité de ses réseaux après sa mise à l'écart, quelques années avant de rallier la droite. L'autre élu MDR du département, Christophe Bouchet, rejoignit les rangs des radicaux de gauche. En 1998, la droite devait perdre du terrain à Nîmes III, IV, V et Vauvert lors de triangulaires avec le FN. De la même façon, le parti d'extrême-droite empêcha l'opposition d'obtenir Alès Nord-Est, Alès Ouest, Roquemaure, Saint-Chaptes, Saint-Mamert-du-Gard et Sommières. L'affaiblissement de la gauche au plan national inversa globalement en 2001 la tendance des triangulaires avec le FN. La droite en profita pour prendre Beaucaire et Marguerittes, tout en continuant sa progression dans la vallée du Rhône (Aramon), en Petite-Camargue (Saint-Gilles) et surtout à Nîmes II et VI. Les cantonales de 2004 se terminèrent en revanche par un léger avantage à gauche. La droite continua sa progression à Nîmes (5e canton). La gauche, tout en laissant échapper Saint-André-de-Valborgne, lui reprit Barjac, Uzès, et surtout Pont-Saint-Esprit. Battu de 60 voix par le maire PS de Saint-Paulet-de-Caisson, dans une triangulaire avec le FN, Gilbert Baumet quitta provisoirement la scène départementale. Il devait y faire son retour lors d'une partielle en juin 2005, qu'il remporta au second tour avec 145 voix d'avance. A noter aussi la bonne affaire réalisée par les communistes, avec les gains de Barjac et Nîmes III, respectivement sur la droite et le PS. La séquence de 2008, marquée par une poussée de la gauche inédite depuis 1998, préfigure peut-être une recomposition géopolitique. En effet, alors que l'opposition continue son travail de sape dans les Cévennes occidentales, en faisant basculer Valleraugue, à l'autre extrémité du département, la majorité redresse la tête, à Nîmes VI et surtout Beaucaire, où la gauche ne faisait plus que de la figuration depuis une vingtaine d'années. Beaucaire et Saint-Gilles en 1989, Alès et Villeneuve-lès-Avignon en 1995, Nîmes en 2001, Vauvert en 2003... Depuis vingt ans, la gauche a également cédé beaucoup de terrain au niveau municipal. Elle a quelque peu desserré l'étreinte en 2008 en récupérant Bagnols-sur-Cèze, perdue en 2001, mais cette ville industrielle de la vallée du Rhône est la seule commune gardoise de plus de 10 000 habitants à avoir un maire de gauche. Tenue depuis 1965 par le PCF, Nîmes s'est donné pour maire, en 1983, Jean Bousquet, PDG de Cacharel. Un règne, très contesté, qui s'acheva en 1995 dans une quadrangulaire contre le PCF Alain Clary, le FN et un candidat dissident de droite, Camille Lapierre. Refaisant l'union autour du RPR Jean-Paul Fournier en 2001, la droite parvint à reprendre la mairie, grâce également aux dissidences minant l'extrême-droite, amplifiées par la création du MNR. En 2008, c'est cette fois la gauche qui expose ses divisions, avec cinq listes sur huit. Le PS et le PCF fusionnent, mas c'est insuffisant pour contrer Jean-Paul Fournier qui l'emporte au second tour avec neuf points d'avance. Après celle de Nîmes, la perte d'Alès par le PCF, en 1989, constitua un évènement historique. Elle fut provoquée par l'alliance du PS Alain Fabre et de l'UDF Max Roustan au second tour. Ce dernier doubla le maire sortant, ainsi que son prédécesseur communiste Gilbert Millet, en 1995, en profitant du désistement du FN au second tour. Le scrutin de 1989 fut également marqué par la prise de Saint-Gilles par le FN, qui obtint ainsi sa première victoire municipale dans une commune de plus de 10 000 habitants. A la tête d'une équipe pour le mois hétéroclite, Charles de Chambrun dut faire face à une fronde interne, avant de perdre son fauteuil dans une partielle en 1992, au profit du divers droite Roland Gronchi. Démissionnaire du FN, M. de Chambrun préfigurait alors la division endémique de l'extrême-droite dans le Gard, incarnée aussi par Lorrain de Saint-Affrique. Conséquence du glissement global à droite du département, le maire UMP de Nîmes Jean-Paul Fournier prend un siège à la gauche lors des sénatoriales de 2008. Même s'il est largement distancé au second tour par les socialistes Simon Sutour et Françoise Laurent-Périgot, il parvient à s'intercaler devant le troisième candidat PS, Christophe Serre. Le maire UMP d'Alès Max Roustan fait de même, mais il lui manque 16 voix pour être élu.
Source: Le Monde |
Carte 1: circonscriptions législatives (Source: Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 NÎMES 1988 Jean BOUSQUET (app. UDF) 1997 Alain CLARY (com.) 2002 Yvan LACHAUD (UDF) 2 VAUVERT 1988 Jean-Marie CAMBACÉRÈS (soc.) 1993 Jean-Marie ANDRÉ (UDF) 1997 Alain FABRE-PUJOL (soc.) 2002 Etienne MOURRUT (UMP) 3 VILLENEUVE-LÈS-AVIGNON 1988 Georges BENEDETTI (soc.) 1993 Gilbert BAUMET (Rép. et Lib.) 1997 Gérard REVOL (soc.) 2002 Jean-Marc ROUBAUD (UMP) 4 ALES EST 1988 Gilbert MILLET (com..) 1993 Max ROUSTAN (UDF) 1997 Patrick MALAVIEILLE (com.) 2002 Max ROUSTAN (UMP) 5 ALES OUEST 1988 Alain JOURNET (soc.) 1993 Alain DANILET (RPR) 1997 Damien ALARY (soc.) 2004 William DUMAS (soc.)
Sénateurs Jean-Paul FOURNIER (UMP), Françoise LAURENT-PERIGOT (soc.); Simon SUTOUR (soc.)
Conseil général du Gard 17 PS, 8 PCF, 7 divers gauche, 7 UMP, 5 divers droite, 2 NC président: Damien ALARY (PS)
Maires NÎMES:
Jean-Paul
FOURNIER (UMP) ALES:
Max ROUSTAN (UMP) BAGNOLS-SUR-CÈZE:
Jean-Christian REY (PS) BEAUCAIRE:
Jacques BOURBOUSSON (divers droite) VILLENEUVE-LÈS-AVIGNON:
Jean-Marc ROUBAUD (UMP) SAINT-GILLES:
Olivier LAPIERRE (UMP) PONT-SAINT-ESPRIT: Gilbert BAUMET (UMP) MARGUERITTES: William PORTAL (divers droite) UZÈS: Jean-Luc CHAPON (divers droite) LES ANGLES: Jean-Louis BANINO (UMP) AIGUES-MORTES: Cédric BONATO (PS) LE GRAU-DU-ROI: Etienne MOURRUT (UMP) ROCHEFORT-DU-GARD: Patrick VACARIS (UMP) LA GRAND-COMBE: Patrick MALAVIEILLE (PCF) MANDUEL: Marie-Louise SABATIER (PS) SAINT-CHRISTOL-LES-ALES: Philippe ROUX (divers gauche) BOUILLARGUES: Marc DUPUIS (divers droite) LAUDUN-L'ARDOISE: Patrice PRAT (PS) BELLEGARDE: Juan MARTINEZ (PS) MILHAUD: Jean-Michel AVELLANEDA (UMP) ROQUEMAURE: Guy PECOUL (divers gauche) LE VIGAN: Eric DOULCIER (divers gauche) SAINT-MARTIN-DE-VALGALGUES: Guy MARROT (divers droite) SAINT-PRIVAT-DES-VIEUX: Philippe RIBOT (divers droite) ARAMON: Michel PRONESTI (PCF) GARONS: Alain DALMAS (divers droite) SOMMIÈRES: Guy MAROTTE (divers gauche) VERGÈZE: René BALANA (divers gauche) SAINT-HILAIRE-DE-BRETHMAS: Gérard ROUX (UMP) CALVISSON: Denis ROCHE (divers gauche) AIMARGUES: Jean-Paul FRANC (divers gauche)
Sources: Le Monde, Assemblée nationale, ministère de l'Intérieur
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Carte 2: cantons (Sources: Le Monde, conseil général du Gard, ministère de l'Intérieur)
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Carte 3: communes (Sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, Education nationale, Parti radical de gauche) |
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