HÉRAULT

(dernière mise à jour le 25 février 2010)

Plutôt malmenée lors des derniers scrutins nationaux, la gauche héraultaise résiste assez bien au niveau locale, où elle reste globalement majoritaire. Georges Frêche, maire PS de Montpellier entre 1977 et 2004, incarne parfaitement ce phénomène.

En 1988, M. Frêche est élu député de la circonscription de Lodève. Une stratégie qui lui coûta cher en pleine vague de droite de 1993. Devant faire face à la dissidence du député sortant de la 2e circonscription, Gérard Saumade, il est éliminé au premier tour. Mieux implanté localement, M. Saumade devient non seulement le seul député de gauche de cette législature dans le département, mais aussi l'unique socialiste à réussir ce genre de parachutage lors de ces élections.

En 1997, Georges Frêche bat assez facilement le sortant RPR à Montpellier-Nord. Enregistrant de meilleurs résultats au premier tour en 2002, il est paradoxalement vaincu de 126 voix au second tour.

Plutôt bien implantée dans l'est et le sud du département, la droite ne détenait en 1988 que la circonscription de Montpellier-Sud, héritage de sa domination passée sur l'agglomération, et celle de Lunel, grâce à René Couveinhes, l'homme fort du littoral. Les législatives de 1993 vinrent parachever ses succès locaux, notamment à Sète, où le sortant socialiste se retrouva relégué au quatrième rang, derrière le maire centriste Yves Marchand, les communistes, qui ont perdu la ville en 1983, et le FN.

Très menaçante en 1988, l'extrême-droite se retrouve en 1993 seule face à la droite dans la 1ere circonscription. En 1997, elle provoque deux triangulaires fatales à la droite à Montpellier-Sud et Béziers. A Lunel, contesté dans ses propres rangs et gêné par la candidature sauvage du maire RPR de Castelnau-le-Lez, René Couveinhes est éliminé, laissant la socialiste Christine Lazerges battre le FN au second tour. A Sète, distancé par le communiste François Liberti qui lui avait ravi la mairie en 1995, Yves Marchand jette l'éponge afin d'éviter une triangulaire avec le FN qu'il ne distance que de 1515 voix.

En 2002, la droite ne rate le grand chelem que de deux circonscriptions. A Pézenas, Kléber Mesquida réussit son entrée à l'Assemblée, notamment grâce à un bon report des voix des chasseurs du CPNT ayant préféré cet élu rural au maire UDF de la petite station thermale de Lamalou, Marcel Roques. Dans la 7e, François Liberti, distancé au premier tour par François Commeinhes, parvient à gagner la triangulaire qui les opposait tous deux au FN Jean-Claude Martinez. En revanche, dans la 6e, Alain Barrau doit s'incliner face à Paul-Henri Cugnenc, que la présence du FN au second tour gêna peu.

Les législatives de 2007 se terminent sur un match nul, qui cache un chassé-croisé à Montpellier et Sète. En se présentant à la succession de Christian Jeanjean, dans la 1ere circonscription, Jacques Domergue, sortant de la 2e, semble avoir eu le nez creux. Arnaud Julien, qui devait lui succéder, est assez nettement battu par le sénateur et président du conseil général André Vezinhet, poussé par Georges Frêche dans son ancien secteur. Distancé au premier tour, il semble avoir bénéficié de la hausse de la participation au second tour, ainsi que de bons reports du MODEM, vers lequel Georges Frêche, exclu du PS, a multiplié les appels du pied. 

Dans la 7e, un élu du cap d'Agde succède à un Sétois. Le maire UMP d'Agde Gilles d'Ettorre vient à bout, plus difficilement que prévu, du communiste François Liberti. Mis à part la 6e, où la victoire de Paul-Henri Cugnenc est sans appel, les majorités obtenues au second tour ne sont pas très larges, prouvant une nouvelle fois le relatif équilibre des forces en Héraut.

Ces seize dernières années, la gauche a renforcé ses positions au conseil général, notamment dans la région de Montpellier. Alors que le PS a été bouté hors de l'agglomération lors des législatives entre 2002 et 2007, il domine depuis 2006 les dix cantons de la ville. Les communistes détiennent trois cantons, situés dans les derniers bastions ouvriers du littoral (Sète II), dans son fief viticole du Biterrois (Murviel-lès-Béziers) et à Aniane, ravi en 2001 aux socialistes.

La droite, pour sa part, est repliée dans ses bastions de l'est (Castelnau-le-Lez), dans les communes gagnées sur la gauche (Agde, Béziers I, II, Sète I) et quelques cantons ruraux et péri-urbains, obtenus le plus souvent lorsque le sortant de gauche ne se représentait pas (Les Matelles) ou était gêné par une candidature dissidente (Olonzac).

A signaler aussi une curiosité: un canton détenu par un élu CPNT. Les circonstances de l'élection de Christian Morgo à Mèze en 2001 sont toutes aussi singulières, ce siège étant occupé jusque-là par un... Vert. Il devint conseiller général au terme d'une quadrangulaire l'opposant aux Verts, à la droite et au PS.

Les municipales de 2001 furent l'occasion d'éprouver la résistance de Georges Frêche dans sa citadelle montpelliéraine. Connu pour son franc-parler, cet ancien maoïste a su s'attirer les bonnes grâces de l'électorat rapatrié et d'une partie des voix de la droite dans cette commune plutôt bourgeoise. Cependant, son audience a tendance à s'effriter. Alors qu'en 1995 il l'emportait dans une triangulaire face à la droite et au FN avec 38 000 voix et plus de 56 % des suffrages, il obtient le même pourcentage en 2001 dans un duel contre le RPR Olivier Dugrip, mais avec environ 5000 voix de moins. Une incapacité à mobiliser les indécis que M. Frêche paya lors des législatives qui suivirent.

Hélène Mandroux, qui lui succéda à la mairie en 2004, distance dès le premier tour, en 2008, le député UMP Jacques Domergue de près de 15 000 voix. Un résultat à peu près égal au score de Georges Frèche au second tour de 2001, obtenu en partie grâce à l'alliance avec le MODEM mais en dépit de la dissidence des Verts qui, avec 11,12 % au premier tour, prouvent qu'ils pèsent toujours dans la capitale languedocienne. Leur maintien au second tour (18,62 % et 5 sièges) n'handicape pas la maire, qui remporte cette triangulaire à la majorité absolue et avec vingt-deux points d'avance sur Jacques Domergue.

Longtemps dominateur en Hérault, le communisme municipal n'est plus qu'un souvenir depuis les pertes de Béziers, Sète et Frontignan, ces vingt dernières années. A un point tel que la tentative de parachutage du ministre des Transports Jean-Claude Gayssot, à Béziers en 2001, tourna court avec la réélection dès le premier tour du sortant DL Raymond Couderc.

Les municipales de 1995 avaient pourtant marqué le retour du PCF. A Sète, François Liberti coiffa sur le poteau le sortant centriste Yves Marchand, lui-même tombeur des communistes en 1983. Il semblait bien placé pour un second mandat en 2001, mais dut s'incliner devant le RPR François Commeinhes. Celui-ci réussit la fusion avec la liste DL et bénéficia d'un très bon report des voix du FN et d'une troisième liste de droite. Le maire, en revanche, ne put que compter sur les 6,23 % des Verts, à additionner avec ses 42,79 % du premier tour. En 2008, en revanche, le total des voix de gauche n'atteint pas les 47 %, score atteint en duel au second tour par François Liberti face à François Commeinhes.

Le scrutin de 2001 fut rude pour les socialistes, particulièrement sur le littoral et dans le sud, avec les pertes d'Agde et de Lunel. Seul Pierre Bouldoire tint bon à Frontignan, plus gêné il est vrai par les dissidences au sein de la gauche, endémiques dans cette commune, que par une droite peinant à franchir la barre des 10 %.

Les sénatoriales de 1998 furent le théâtre d'un affrontement entre partisans et opposants de Georges Frêche au sein de la fédération du PS. Si les trois sortants sont réélus, André Vezinhet et Marcel Vidal obtenant plus de 50 % des suffrages au second tour, le maire de Montpellier échoue à placer son candidat, le conseiller régional Robert Navarro. Celui-ci est nettement distancé par le troisième sortant socialiste, Gérard Delfau, qui s'était présenté en candidat isolé. Il bénéficie d'un bon report de voix des élus ruraux et communistes, jugeant hégémonique l'attitude de M. Frêche. Quant à la droite et au FN, ils ne furent jamais vraiment en mesure de menacer la gauche.

Par ricochet, les législatives de 2007 permettent à l'UMP de prendre un siège à la gauche. Celui d'André Vezinhet, élu député de la 2e circonscription. Georges Frèche, exclu du PS, ayant poussé une jeune candidate à sa succession, les fidèles du président du conseil général se réfugient dans l'abstention et le vote communiste, favorisant l'élection du maire de Béziers Raymond Couderc.

La rivalité Frèche-Vezinhet, ainsi que le passage à la proportionnelle provoqué par la création d'un quatrième siège, profitent également à la droite lors des sénatoriales de 2008. Bien que ne pesant qu'un tiers des voix, la liste conduite par Raymond Couderc et la divers droite Marie-Thérèse Bruguière, arrive en tête et obtient deux sièges. Emiettée en cinq listes, la gauche maintient ses positions de 2007. Georges Frèche réussit à faire élire Robert Navarro, mais celui-ci est distancé par le sortant Robert Tropeano.

 

Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur

 

A lire également: Le redécoupage Marleix dans l'Hérault

Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(Source: Le Monde)

 

Chronologie des députés

1 MONTPELLIER-SUD

1988 Willy DIMEGLIO (UDF)

1997 Gilbert ROSEAU (soc.)

2002 Christian JEANJEAN (UMP)

2007 Jacques DOMERGUE (UMP)

2 MONTPELLIER-NORD

1988 Gérard SAUMADE (soc.)

1993 Bernard SERROU (RPR)

1997 Georges FRECHE (soc.)

2002 Jacques DOMERGUE (UMP)

2007 André VEZINHET (soc., rad. et cit.)

3 LUNEL

1988 René COUVEINHES (RPR)

1997 Christine LAZERGES (soc.)

2002 Jean-Pierre GRAND (UMP)

4 LODÈVE

1988 Georges FRECHE (soc.)

1993 Gérard SAUMADE (soc.)

2002 Robert LECOU (UMP)

5 PÉZENAS

1988 Bernard NAYRAL (soc.)

1993 Marcel ROQUES (UDF)

1997 Bernard NAYRAL (soc.)

2002 Kléber MESQUIDA (soc.)

6 BÉZIERS

1988 Alain BARRAU (soc.)

1993 Raymond COUDERC (UDF)

1997 Alain BARRAU (soc.)

2002 Paul-Henri CUGNENC (UMP)

2007 Elie ABOUD (UMP)

7 SÈTE

1988 Jean LACOMBE (soc.)

1993 Yves MARCHAND (UDF)

1997 François LIBERTI (com.)

2007 Gilles D'ETTORE (UMP)

 

Sénateurs

Marie-Thérèse BRUGUIERE (app. UMP); Raymond COUDERC (UMP); Robert NAVARRO (soc.); Robert TROPEANO (Ras. dém. et soc. euro.)

 

Conseil général de l'Hérault

27 PS, 10 divers gauche, 5 UMP, 3 PCF, 2 divers droite, 1 CPNT, 1 NC

président: André VEZINHET (PS)

 

Maires

MONTPELLIER: Hélène MANDROUX-COLLAS (PS)

BÉZIERS: Raymond COUDERC (UMP)

SÈTE: François COMMEINHES (UMP)

LUNEL: Claude ARNAUD (divers droite)

AGDE: Gilles D’ETTORE (UMP)

FRONTIGNAN: Pierre BOULDOIRE (PS)

MAUGUIO: Yvon BOURREL (divers gauche)

CASTELNAU-LE-LEZ Jean-Pierre GRAND (UMP)

LATTES Cyril MEUNIER (divers gauche)

SAINT-JEAN-DE-VEDAS: Isabelle GUIRAUD (UMP)

PEROLS: Christian VALETTE (divers droite)

MÈZE: Henri FRICOU (Les Verts)

SAINT-GELY-DU-FESC: Georges VINCENT (UMP)

PÉZENAS: Alain VOGEL-SINGER (divers droite)

VILLENEUVE-LES-MAGUELONE: Noël SEGURA (divers gauche)

LODÈVE: Marie-Christine BOUSQUET (PS)

LE CRES: Pierre BONNAL (PS)

CLERMONT-L'HÉRAULT: Alain CAZORLA (PS)

LA GRANDE-MOTTE: Stéphan ROSSIGNOL (UMP)

MARSEILLAN: Yves MICHEL (divers droite)

SERIGNAN: Frédéric LACAS (divers gauche)

BÉDARIEUX: Antoine MARTINEZ (PS)

FABREGUES: Jacques MARTINIER (UMP)

BAILLARGUES: Jean-Luc MEISSONNIER (UMP)

BALARUC-LES-BAINS: Gérard CANOVAS (divers gauche)

PIGNAN: Michèle CASSAR (divers gauche)

JUVIGNAC: Danièle SANTONJA (UMP)

GRABELS: René REVOL (PG)

PALAVAS-LES-FLOTS: Christian JEANJEAN (UMP)

MARSILLARGUES: Bernadette VIGNON (divers gauche)

VENDARGUES: Pierre DUDIEUZERE (UMP)

CASTRIES: Gilbert PASTOR (PS)

COURNONTERRAL: Thierry BREYSSE (PS)

JACOU: Jean-Marcel CASTET (PS)

CLAPIERS: Pierre MAUREL (PS)

SAINT-CLEMENT-DE-RIVIERE: Alphonse CACCIAGUERRA (UMP)

SAINT-GEORGES-D'ORQUES: Jean-François AUDRIN (divers droite)

PRADES-LE-LEZ: Jean-Marc LUSSERT (divers gauche)

VIAS: Richard MONEDERO (PS)

TEYRAN: Jean-Pierre MOLLET (UMP)

POUSSAN: Jacques ADGE (divers droite)

BESSAN: Robert RALUY (divers droite)

GIGNAC: Jean-Marcel JOVER (PS)

FLORENSAC: Vincent GAUDY (PS)

SAINT-ANDRE-DE-SANGONIS: Bernard DOUYSSET (UMP)

SAINT-MATHIEU-DE-TREVIERS: Jérôme LOPEZ (divers gauche)

VALRAS-PLAGE: Guy COMBES (divers droite)

SAUVIAN: Bernard AURIOL (divers gauche)

GIGEAN: Francis VEAUTE (divers droite)

GANGES: Jacques RIGAUD (divers gauche)

VILLENEUVE-LES-BEZIERS: Jean-Paul GALONNIER (divers gauche)

CAZOULS-LES-BEZIERS: Philippe VIDAL (PS)

 

Sources: Le Monde, Midi Libre, ministère de l'Intérieur, Assemblée nationale

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(Sources: Le Monde, conseil général de l'Hérault, ministère de l'Intérieur, Politiquemania)

 


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes 

(Sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, Education nationale, UMP)

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