Languedoc-Roussillon

(dernière mise à jour le 18 avril 2011)

 

CHRONOLOGIE DES PRÉSIDENTS DU CONSEIL RÉGIONAL

1974 Edgar TAILHADES (PS)

1983 Robert CAPDEVILLE (PS)

1986 Jacques BLANC (UDF)

2004 Georges FRECHE (PS)

2010 Christian BOURQUIN (divers gauche)

 

Sources: Le Monde, Rulers.org

 

SOMMAIRE

Aude

Gard

Hérault

Lozère

Pyrénées-Orientales

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Fond de carte: Géoatlas

Après dix-huit ans de domination de droite au conseil régional, le Languedoc-Roussillon est repassé assez logiquement à gauche. Due au départ à un contexte défavorable aux socialistes, ce long intermède devait aussi beaucoup à la personnalité autant admirée que contestée de Jacques Blanc et à l'audience dont bénéficia très tôt le Front national dans ses trois départements les plus peuplés.

Maire de la petite ville lozérienne de La Canourgue, ce médecin giscardien provoque la surprise et l'indignation en s'alliant avec l'extrême-droite au lendemain des régionales de 1986. Avec 26 sièges, faisant jeu égal avec la gauche, la droite fait basculer la région en s'assurant le soutien des 8 élus d'extrême-droite.

Le scrutin de 1992, désastreux pour la gauche qui perd 10 sièges, débouche sur un compromis politique différent et risqué pour la droite, qui devient la première force de la région, malgré un recul de 5 mandats. Rejetant une nouvelle alliance avec un FN fort cette fois de 13 élus, Jacques Blanc laisse la gauche sombrer dans ses divisions. Le PS, soutenant la candidature de l'élu Génération Écologie Yves Pietrasanta, doit affronter l'opposition du PCF. La gauche ne fait pas le plein de ses voix et Jacques Blanc parvient à capter le soutien des 3 élus Verts, à la grande fureur du FN.

Les élections de 1998 vont permettre au président du conseil régional de montrer une nouvelle fois ses talents controversés de survie politique. Le contexte lui est cette fois franchement défavorable. Il est le seul député de droite de la région après la vague rose de 1997, et les scores du FN s'annoncent une nouvelle fois très élevés.

Le soir du scrutin, avec 31 élus, la gauche manque de 3 voix la majorité absolue. La droite s'affaisse à 22 sièges, tandis que le FN reste stable à 13 mandats. Les écologistes disparaissant du conseil régional, Jacques Blanc passe un accord avec l'extrême-droite, tout en limitant au maximum l'accès des élus FN aux postes de responsabilité. Les amis de Jean-Marie Le Pen reprocheront ensuite à leur chef de file, Serge Martinez, de n'avoir pas su négocier à leur avantage avec M. Blanc. M. Martinez rejoindra d'ailleurs les rangs du MNR de Bruno Mégret en 1999.

Ce cas n'est pas isolé en Languedoc-Roussillon, où l'extrême-droite paraît aussi divisé que forte, en particulier dans le Gard. Plus globalement, la région est riche en fortes personnalités politiques, allant du franc-tireur au dissident, à l'instar de Jacques Blanc: Georges Frêche, maire de Montpellier (1977-2004), Gilbert Baumet, président du conseil général du Gard (1979-1994), Jean Bousquet, maire de Nîmes (1983-1995), Paul et Jean-Paul Alduy, successivement maires de Perpignan depuis 1959...

M. Blanc n'échappa cependant pas à la défaite en 2004. Modification du mode de scrutin oblige, bien sûr, mais d'autres facteurs ont joué... L'usure du pouvoir, la dissidence d'une tête de liste UDF très contestée, et aussi une certaine propension des électeurs du CPNT a se reporter plus facilement à gauche au second tour. Avec 51,17 % au second tour, le maire de Montpellier met fin au règne du Lozérien qui l'avait défié dans son fief de l'Hérault en 1998. Quant au FN, avec 8 élus, il retombe à son niveau de 1986.

Georges Frêche aborde à son tour un scrutin très contesté en 2010. Exclu du PS en 2007 pour ses propos sur les Harkis, il doit cette fois faire face à une liste socialiste officielle, emmenée par la maire de Montpellier Hélène Mandroux, après une sortie sur Laurent Fabius. Mais, bénéficiant du soutien de toutes les fédérations PS, il arrive largement en tête au premier tour avec plus du tiers des exprimés, l'UMP conduite par le sénateur-maire de Béziers n'atteignant pas les 20 %. Le reste de la gauche (écologistes, liste Front de gauche - NPA) est éliminé, Hélène Mandroux obtenant un humiliant 7,74 %. Au second tour, le président sortant l'emporte largement, même si les reports de gauche fonctionnent mal. Le FN, en revanche, avec à peu près le même nombre de voix qu'en 2004, enlève deux sièges de plus, du fait de l'abstention plus élevée.

Depuis 1998, quatre des cinq départements sont dirigés par la gauche. Seule la Lozère, département typique du Massif central rural et catholique, est intangiblement fidèle à la droite. Malgré la perte de vitesse de l'allié communiste dans les Cévennes et la région sétoise, les socialistes dominent largement les autres conseils généraux, même si la droite est de plus en plus menaçante dans l'Hérault et surtout le Gard.

Le cas des Pyrénées-Orientales, qui rassemble tous les territoires de tradition catalane en France, est un peu à part. Le conseil général a basculé à droite en 1973, lorsque la majorité des élus socialistes, emmenés par Paul Alduy, ont rejeté le programme commun PS-PCF-MRG, et n'est revenu à gauche qu'en 1998.

 

Sources: Le Monde, Le Canard Enchaîné