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LOZÈRE (dernière mise à jour le 11 mars 2010) |
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Bien que rattachée administrativement au Languedoc, la Lozère, qui a toujours choisi un candidat libéral ou gaulliste aux deux tours de toutes les présidentielles de la Ve République, présente un comportement électoral proche des départements du sud du Massif central. Ici, la domination de la droite catholique est presque totale. Si la circonscription de Marvejols, dominée pendant près de quinze ans par Jacques Blanc, se caractérise par une grande stabilité, celle de Mende, bien qu'elle aussi très marquée à droite, reste plus ouverte. Ainsi, alors que Jacques Blanc obtenait 65,22 % des suffrages au premier tour de 1988, la gauche arrivait légèrement en tête dans la 1ere circonscription. Le divers gauche Jean-Claude Chazal ne put cependant vaincre au second tour le centriste Adrien Durand, qui bénéficia d'un bon report des voix du maire UDF dissident de Mende Jean-Jacques Delmas. En 1993, le rapport de forces s'inversa en faveur de M. Delmas. Distancé de 1700 voix, Adrien Durand se retira. La gauche ayant été éliminé, Jean-Jacques Delmas se retrouva seul au second tour, mais ne parvint à attirer que 3000 suffrages supplémentaires, ses deux principaux adversaires n'ayant pas donné de consigne de vote. Jacques Blanc, de son côté, obtint une réélection encore plus confortable qu'en 1988. La surprise du scrutin de 1997 ne vint pas tant que du "petit" 57,12 % du président du conseil régional, au premier tour dans la 2e circonscription, que de l'élection d'un socialiste à Mende. Arrivé en tête au premier tour, Jean-Jacques Delmas pouvait a priori compter sur les 7,99 % du FN et les voix s'étant portées sur deux petits candidats de droite. Or, alors que les électeurs du PCF et des Verts se reportèrent correctement sur le socialiste Jean-Claude Chazal, il ne parvient pas à faire le plein. Le PS, de son côté, semble avoir bien mobilisé les abstentionnistes du premier tour. Avec près de 800 voix d'avance, le conseiller général de Grandrieu obtient une victoire relativement nette. Il semble que la droite ait paradoxalement payé l'absence de candidature dissidente, qui l'a privée de réserve de voix entre les deux tours, M. Delmas ne faisant pas non plus l'unanimité dans son propre camp. L'élection de Jean-Claude Chazal est historique. Même en 1981, la droite lozérienne n'avait pas connu un tel revers. Le précédent député de gauche acheva son mandat en 1956. Il s'agissait de Gilbert de Chambrun, figure de la Résistance, élu en 1945 et proche d'un PCF qui n'a jamais été totalement absent de ce département conservateur. Cependant, sur les 13 cantons de la circonscription de Mende, sept sont à gauche (carte 2). Les législatives de 2002 ont clôt ce minis-séisme politique. Jean-Claude Chazal fut battu de plus de 1500 voix au second tour par le conseiller général RPR Francis Saint-Léger. Une double victoire pour Jean-Jacques Delmas, qui soutenait M. Saint-Léger. Non seulement son tombeur de 1997 est éliminé, mais le candidat officiel de l'UMP, Pierre Hugon, ne parvient pas à se qualifier pour le second tour. A Marvejols, le conseiller général DL de Fournels, Pierre Morel, succède sans accroc à Jacques Blanc, élu sénateur en 2001, obtenant, au premier tour, quasiment le même score que le président du conseil régional en 1997. Il fait six points de mieux en 2007, démontrant la grande stabilité politique de ce secteur. Dans la 1ere circonscription, en revanche, la partie s'annonçait plus ardue pour Francis Saint-Léger, au vu de la mince majorité (50,56 %) obtenue dans ce secteur par Nicolas Sarkozy à la présidentielle, et surtout au retour dans la bataille de Jean-Jacques Delmas. Se présentant sous l'étiquette MODEM, le maire de Mende n'obtient cependant que 12,66 % des voix. Des suffrages qui vont manquer au second tour à Jean-Claude Chazal, qui est finalement assez nettement battu par le député sortant. En seize ans, la gauche aura progressé de quatre sièges au conseil général. En 1994, Jean-Claude Chazal créait déjà la surprise en enlevant au premier tour le canton de Grandrieu, une région de hauts-plateaux acquise à la droite. En 2001, c'est Mende-Sud qui passe sous le contrôle du chevènementiste Francis Courtes. En 2004, le PS gagne Langogne, laissé par le maire UMP Robert Surjous, qui ne se représentait pas. La gauche pénètre ainsi un Gévaudan peu sensible à ses idées. Elle déborde en 2008 sur les gorges du Tarn et le causse Méjean avec la prise de Meyrueis par le PS en triangulaire. Cette gauche domine de longue date les Cévennes, où se trouve même un conseiller général communiste (Saint-Germain-de-Calberte). Datant des Wisigoths, la ligne de fracture qui passe au sud du Mont Lozère divisait catholiques et protestants pendant la révolte des Camisards, républicains et royalistes sous la Révolution et sépare droite et gauche depuis la fin du XIXe siècle. Ailleurs, les seconds tours 100 % à droite ne sont pas rares, comme à Saint-Alban-sur-Limagnole et Saint-Germain-du-Teil en 1994, et Chanac en 1998, lorsqu'il ne s'agit pas de triangulaires entre deux membres de la majorité et un candidat de gauche (Saint-Chély-d'Apcher en 1994 et 2001), voire même d'une quadrangulaire. Ainsi, en 2001, la succession du divers droite Léon Dalle à Aumont-Aubrac occasionna le maintien au second tour de trois prétendants de droite et d'un socialiste, provoquant l'élection à la majorité relative du RPR Alain Astruc. A contrario, il se produit en 2008 un second tour entre deux divers gauche à Barre-des-Cévennes, dans les Cévennes rouges. A noter la quasi-absence du FN aux scrutins cantonaux. Jacques Blanc, qui s'appuya pendant dix-huit ans sur l'extrême-droite à la Région, n'en a jamais eu besoin dans son propre département. La Lozère reste plutôt imperméable aux thèses de M. Le Pen, même s'il dépasse habituellement les 10 % dans les zones urbaines (16,60 % à Marvejols au premier tour de la présidentielle de 2002). La gauche a réussi en 2008 à faire sauter deux verrous municipaux. A Mende, où elle croit en ses chances depuis 1989, en 1995, le socialiste Jean-Claude Moulin, handicapé par une liste divers gauche au premier tour, manque la mairie de 380 voix au second. En 2001, seul en face de Jean-Jacques Delmas, Alain Bertrand échoue au premier tour, avec un écart de voix encore plus resserré (313 suffrages). Il faudra le retrait de Jean-Jacques Delmas, passé au MODEM, en 2008, pour faire basculer la préfecture. Soutenu par le président du conseil régional Georges Frèche, ayant sur sa liste l'adjointe au maire sortant, Alain Bertrand manque l'élection au premier tour face au député Francis Saint-Léger, gêné par une liste divers gauche. Au second tour, il l'emporte de 186 suffrages sur ce dernier. La prise de Langogne par le PS, toujours en 2008, était davantage prévisible, tant l'équipe sortante de droite semblait usée et décrédibilisée. Dans la commune ouvrière de Saint-Chély-d'Apcher, la droite se retrouve régulièrement face à Guy Galvier, figure du communisme local. Battu au premier tour en duel par le maire UDF Philippe Bardon en 1995, M. Galvier arbitra la dissidence du RPR Pierre Lafont. La liste de M. Bardon s'étant retrouvée en troisième position au premier tour, M. Lafont fut élu au second, battant nettement Guy Galvier. Le plus ancien fief municipal de gauche reste la sous-préfecture de Florac, détenue par le PCF depuis 2001. En Lozère, les sénatoriales ne sont qu'une formalité pour la droite. En 2001, Jacques Blanc obtînt 258 voix sur 334, soit exactement une de moins que son prédécesseur Joseph Caupert en 1992. Le PS perdit cinq voix, tandis que le PCF, représenté par le conseiller général Robert Aigoin, en obtenait 17 de plus que Guy Galvier neuf ans auparavant.
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (Source: Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 MENDE 1988 Adrien DURAND (Un. du Centre) 1993 Jean-Jacques DELMAS (UDF) 1997 Jean-Claude CHAZAL (soc.) 2002 Francis SAINT-LEGER (UMP) 2 MARVEJOLS 1988 Jacques BLANC (UDF) 2002 Pierre MOREL (UMP)
Sénateur Jacques BLANC (UMP)
Conseil général de Lozère 8 divers droite, 6 UMP, 3 divers gauche, 2 MODEM, 2 PS, 1 MRC, 1 NC, 1 PCF, 1 PRG président: Jean-Paul POURQUIER (UMP)
Maires MENDE: Alain BERTRAND (divers gauche) MARVEJOLS: Jean ROUJON (UMP) SAINT-CHÉLY-D'APCHER: Pierre LAFONT (UMP) LANGOGNE: Guy MALAVAL (PS) FLORAC: Daniel VELAY (PCF)
Sources: Le Monde, Midi Libre, ministère de l'Intérieur
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (Sources: Le Monde, Midi Libre, conseil général de Lozère, ministère de l'Intérieur, Politiquemania)
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (Sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, Education nationale, Politiquemania) |
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