PYRÉNÉES-ORIENTALES

(dernière mise à jour le 25 février 2010)

Les Pyrénées-Orientales constituent une collectivité à part en Languedoc-Roussillon, aussi bien au plan politique que culturel. Français depuis 1659, ces territoires du nord de la Catalogne forment un département culturellement homogène, qui donne à la région la seconde partie de son nom.

Politiquement, les Pyrénées-Orientales vivent en général les alternances de façon plus nette que les quatre autres département de la région. S'ils se situent plutôt globalement à gauche, avec un PCF assez fort, ils abritent aussi une droite puissante, ainsi qu'une extrême-droite très présente depuis la fin des années 80.

Ces quatre dernières législatures, droite et gauche se sont réparties assez équitablement les quatre circonscriptions. En 1988, alors que le PS gouvernait avec une majorité relative, la gauche détenait deux sièges sur quatre, représentant le nord et le littoral (La Côte-Radieuse) et le sud pyrénéen (Céret-Thuir), tandis que le FN atteignait des scores élevés au premier tour: 20,52 % dans la 2e circonscription, 19,41 dans la 1ere. 

En 1993, seul Henri Sicre, dans la 4e, échappait à la vague bleue. La droite, divisée entre l'UDF, le RPR et le CNI, le laissait seul face au FN, qu'il devait battre de quinze points. Dans la 1ere, le RPR Claude Barate se trouvait lui aussi reconduit face à l'extrême-droite, avec le même écart de voix.

Dans la 2e circonscription, l'élimination du FN au premier tour profitait à la droite. André Bascou, maire RPR de Rivesaltes, bénéficia d'un excellent report des suffrages d'extrême-droite face au sortant socialiste, Pierre Estève. François Calvet eut quant à lui davantage de difficultés pour battre le PS Christian Bourquin dans la 3e. L'ancien directeur de cabinet du député sortant UDF Jacques Farran est élu mais ne parvient pas, avec 54,83 % au second tour, à rassembler tous les suffrages du FN et des deux candidats UDF dissidents.

Une victoire relativement courte que M. Calvet ne pourra rééditer en pleine vague rose de 1997. Élu entre-temps conseiller général, puis maire de Millas, Christian Bourquin aura eu le temps d'accentuer son implantation. Talonnant le député sortant de 62 voix au premier tour, il parvient à capter davantage d'abstentionnistes au second.

Ailleurs, la droite aura surtout payé ses divisions et la progression du FN.

A Perpignan, gêné par la candidature du maire UDF Jean-Paul Alduy, Claude Barate se retrouve en troisième position au premier tour, derrière le maire communiste de Cabestany Jean Vila et le FN Jean-Louis de Noëll. Malgré le bon report des voix de M. Alduy sur M. Barate et la légère érosion de l'électorat FN au second tour, Jean Vila remporte nettement cette triangulaire.

A La Côte-Radieuse, le maintien au second tour du FN Denis Saenz prive André Bascou de son siège, tandis qu'Henri Sicre signe une troisième victoire consécutive à Céret-Thuir.

En 2002, Henri Sicre sera le seul député reconduit, en même temps que le dernier représentant du Roussillon à siéger à gauche pour cette législature. Son avance de seulement un peu plus de 1500 voix sur la libérale Myriam Granat, au second tour, est le signe évident d'un essoufflement, au-delà du contexte électoral favorable à la droite.

Le second perdant de ce scrutin est le FN. Malgré les très bons résultats de Jean-Marie Le Pen, arrivé en tête dans toutes les circonscriptions au premier tour de la présidentielle et ayant obtenu entre 21 et 28 % au second, les candidats d'extrême-droite n'arrivent qu'en troisième position, et sont privés de second tour. Un phénomène qui bénéficie particulièrement à l'UDF Daniel Mach dans la 1ere circonscription. Pas une voix ne lui manqua au second tour pour battre Jean Vila. Dans la 3e, François Calvet réussit d'un millier de voix sa revanche sur Christian Bourquin. La partie est tout aussi serrée pour la maire RPR de Canet, Arlette Franco, dans la 2e. Distancée d'une courte tête par Jean Codognès au premier tour, elle le bat au second d'un peu plus de 900 suffrages.

En 2007, la droite réussit le grand chelem qu'elle n'avait pu obtenir depuis 1988. Les changements sociologiques de la 4e circonscription, aussi bien que l'essoufflement du PS, malgré le retrait d'Henri Sicre, mais aussi sa division, favorisent l'UMP. Ayant posé une candidature dissidente face à Olivier Ferrand, le maire PS d'Argelès Pierre Aylagas n'obtient qu'un maigre 17,92 %, près de vingt points derrière la maire UMP de Villeneuve-de-la-Raho Jacqueline Irlès. Il est également talonné de 1507 voix par le PCF. Dans ce contexte, sa belle remontée (17 718 voix de plus) au second tour n'est pas suffisante pour éviter d'être coiffé sur le poteau par la droite.

La dégringolade du FN, qui ne plafonne plus qu'à 7 %, profite à Daniel Mach et surtout Arlette Franco, qui obtient le meilleur score (59,78 %) de ce second tour, ce qui n'était pas évident en 2002. François Calvet repasse également, mais avec un écart équivalent à celui de 2002, face une nouvelle fois au président du conseil général Christian Bourquin, dont l'influence reste importante.

Sous l'impulsion du maire de Perpignan, Paul Alduy, une partie des socialistes roussillonnais se sont ralliés à Valéry Giscard d'Estaing lors de l'alliance PS-PCF-MRG (Union de la gauche et Programme commun), faisant basculer le département. La gauche mettra ensuite vingt-cinq ans à reconquérir le conseil général. Distancée de sept sièges en 1994, elle arrache à la droite en 1998 les cantons de La Côte-Vermeille, Perpignan I, VII, IX, Prades et Rivesaltes, lui assurant ainsi une majorité d'un siège.

Cette avance est renforcée en 2001, avec les gains d'Arles-sur-Tech, Olette, Saint-Estève et Vinça. La droite ne contrôle alors plus à présent que cinq des neuf cantons de l'agglomération perpignanaise, le nord du littoral et quelques zones montagneuses et viticoles.

En 2004, en revanche, le département se singularise du reste de la région. La majorité de gauche se rétrécit, notamment, à Perpignan, où l'opposition récupère deux sièges. Ailleurs, c'est le match nul. L'opposition récupère Mont-Louis, mais laisse échapper Sournia, sur lequel régnait depuis trente ans le sénateur Paul Blanc.

Les cantonales de 2008 voient la majorité récupérer les cantons de Perpignan V et VIII, en écho à une élection municipale difficile pour la droite. Cette dernière prend cependant Latour-de-France aux communistes.

En 1994, le FN est présent au second tour dans un duel à Perpignan IV et une triangulaire à Elne, sans pour autant modifier les équilibres politiques. En 1998, il provoque six triangulaires, favorisant l'élection de conseillers de gauche à Perpignan I et VII, et par conséquent le basculement du département.

En revanche, absente de tous les seconds tours en 2001, l'extrême-droite ne joua aucun rôle dans la progression de gauche lors de ce renouvellement. Son pouvoir de nuisance s'avère peu important en 2004, malgré quatre triangulaires, une quadrangulaire et un duel. Le PS en profita pour garder Perpignan I. En revanche, à Perpignan VII, la triangulaire tourna nettement à l'avantage de la droite. 

Depuis les municipales de 1989, Perpignan est considérée comme gagnable par l'extrême-droite. En 1993, l'atypique conseiller régional FN Jean-Claude Martinez crut son heure venue, lors d'une partielle provoquée par la démission de Paul Alduy. Fondateur du petit Parti social-démocrate affilié à l'UDF, le maire élu en 1959 sous l'étiquette SFIO parvint cependant à se faire succéder par son fils centriste, Jean-Paul.

En 1995, malgré ses 32,72 % au premier tour, le FN, cette fois représenté par Jean-Louis de Noëll, est battu au second de plus de 3500 voix par M. Alduy. Arrivé troisième dans cette triangulaire, le socialiste Claude Cansouline ne parvient même pas à obtenir 20 % des suffrages. 

La dissidence mégrétiste a fait disparaître l'extrême-droite du conseil municipal en 2001. Non seulement le FN, gêné par une liste MNR, n'atteint pas la barre des 10 % de suffrages exprimés qualificatives pour le second tour, mais l'extrême-droite perd plus de 7500 voix d'un scrutin à l'autre. Jean-Paul Alduy lui-même subit un effritement de plus de 1000 bulletins.  Les deux grands bénéficiaires en sont Claude Cansouline et Claude Barate, vieux rival de droite de la famille Alduy. Cependant, avec 47,46 %, le maire triomphe largement de la triangulaire du deuxième tour contre MM. Cansouline et Barate.

Le scrutin de 2008 est une nouvelle fois remporté par Jean-Paul Alduy, dans des conditions difficiles et sur fond d'accusations de fraude et de clientélisme au second tour. Au premier tour, le maire arrive en tête avec près de 39 % des voix. Mais la gauche et l'extrême-gauche, divisée en trois listes, pèsent plus de 40 %, tandis que le MODEM et le FN obtiennent respectivement plus de 8 et 12 %. La candidate socialiste Jacqueline Amiel-Donat fusionne alors avec le MODEM et Convergence démocratique de Catalogne, tandis que le FN Louis Aliot se maintient. Un second tour de tous les dangers que Jean-Paul Alduy gagne avec près de 600 suffrages d'avance. Mais, miné par la rocambolesque affaire des bulletins de vote dans les chaussettes d'un scrutateur, le "système Alduy", en place depuis près d'un demi-siècle, semble plus que jamais à bout de souffle. Cependant, la partielle de juin 2009, suite à cette affaire des chaussettes, lui permet de rebondir, face à une gauche divisée et un FN affibli.

Bien que détenant moins de communes que la gauche, la droite est représentée par davantage de grands électeurs, du fait du poids démographique de Perpignan et Canet-en-Roussillon.  Lors des sénatoriales de 2001, Jean-Paul Alduy récupéra au premier tour le siège de René Marques. Quant au sortant RPR Paul Blanc, il dut attendre le second tour pour remporter de 76 voix son duel contre le socialiste Jean Carrère.

 

Source: Le Monde

 

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Alduy en tête à Perpignan

Cinquième triangulaire remportée par Jean-Paul Alduy


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

 

Chronologie des députés

1 PERPIGNAN

1988 Claude BARATE (RPR)

1997 Jean VILA (com.)

2002 Daniel MACH (UMP)

2 LA CÔTE-RADIEUSE

1988 Pierre ESTÈVE (soc.)

1993 André BASCOU (RPR)

1997 Jean CODOGNES (soc.)

2002 Arlette FRANCO (UMP)

3 PRADES

1988 Jacques FARRAN (UDF)

1993 François CALVET (UDF)

1997 Christian BOURQUIN (soc.)

2002 François CALVET (UMP)

4 CERET-THUIR

1988 Henri SICRE (soc.)

2007 Jacqueline IRLES (UMP)

 

Sénateurs

Jean-Paul ALDUY (UMP); Paul BLANC (UMP)

 

Conseil général des Pyrénées-Orientales

8 divers gauche, 8 PS, 7 UMP, 5 divers droite, 3 PCF

président: Christian BOURQUIN (divers gauche)

 

Maires

PERPIGNAN: Jean-Paul ALDUY (UMP)

CANET-EN-ROUSSILLON: Arlette FRANCO (UMP)

SAINT-ESTÈVE: Élie PUIGMAL (PS)

ARGELÈS-SUR-MER: Pierre AYLAGAS (divers gauche)

SAINT-CYPRIEN: Thierry DEL POSO (NC)

CABESTANY: Jean VILA (PCF)

RIVESALTES: André BASCOU (UMP)

SAINT-LAURENT-DE-LA-SALANQUE: Fernand SIRE (divers droite)

CÉRET: Alain TORRENT (divers gauche)

THUIR: René OLIVE (PS)

BOMPAS: Jean-Paul BATLLE (divers droite)

ELNE: Nicolas GARCIA (PCF)

PORT-VENDRES: Jean-Pierre ROMERO (UMP)

LE SOLER: François CALVET (UMP)

PRADES: Jean CASTEX (UMP)

TOULOUGES: Louis CASEILLES (PS)

PIA: Guy PARES (PS)

ILLE-SUR-TÊT: Henri DEMAY (PS)

BANYULS-SUR-MER: Jean REDE (divers droite)

LE BOULOU: Christian OLIVE (PS)

CANOHES: Jean-Louis CHAMBON (PS)

SALEILLES: François RALLO (UMP)

VILLENEUVE-DE-LA-RAHO: Jacqueline IRLES (UMP)

POLLESTRES: Daniel MACH (UMP)

LE BARCARÈS: Joëlle FERRAND (divers droite)

 

Sources: Le Monde, Le Figaro, ministère de l'Intérieur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur, Politiquemania)

 


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, fédération socialiste des Pyrénées-Orientales, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Parti radical de gauche)


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