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PARIS Dernière mise à jour le 17 juillet 2009 |
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Depuis 1964, Paris forme à la fois une commune, la plus peuplée de France, et un département, dont les conseillers généraux sont les conseillers municipaux. Depuis la loi PLM (Paris-Lyon-Marseille) de 1982, ils sont élus lors des élections municipales dans les vingt arrondissements. Réputé très agité puisque ayant déclenché quelques révolutions réussies (1789, 1830, 1848) ou ratées (1871, 1968), le peuple parisien, longtemps majoritairement modeste et laborieux, avant un certain embourgeoisement sous Chirac et le phénomène bo-bo sous Delanoë, n'a pas eu le droit d'élire son maire jusqu'en 1977. A cette tutelle de l'Etat a succédé une période durant laquelle la capitale française, enjeu des rivalités politiques nationales, a longtemps amplifié les phénomènes électoraux nationaux, avant d'acquérir peu à peu sa propre géopolitique. Ainsi, les législatives de 1988 ont vu un certain affaiblissement de la gauche, alors que le PS n'obtient qu'une majorité relative à l'Assemblée nationale. Il passe de 13 sièges en 1981 à 8 en 1986, puis 5 en 1988. Une baisse en partie mécanique. Paris comptait avant 1986 une trentaine de circonscriptions contre 21 actuellement. Celles détenues par la gauche se trouvent dans les quartiers les plus populaires, à savoir l'Est, rive nord, ou le Sud-Est, sur la rive gauche. Ailleurs c'est la domination sans partage du RPR et de son allié CNI, l'UDF représentant l'hyper-centre et le très huppé XVIe arrondissement. Le scrutin de 1993 est une vraie débâcle pour la gauche, dont aucun candidat n'arrive en tête au premier tour. Le second s'avère tout aussi sévère. Seul le chevènementiste Georges Sarre s'en sort avec plus de 2000 voix d'avance sur la gaulliste Anne Cuillé. Fort de son implantation ancienne dans la 6e circonscription, il a pu refaire son retard de manière impressionnante. Un phénomène qui a failli se reproduire dans la 20e pour Jean-Christophe Cambadélis, face au vieux maire CNI du XIXe arrondissement Jacques Féron, et, dans une moindre mesure, dans les 9e et 19e circonscriptions. Partout ailleurs, la droite obtient de larges avances et repasse au premier tour dans les 2e, 3e, 12e, 13e, 14, 15e et 16e. Elle réussit par ailleurs parfaitement le parachutage de Jean de Gaulle, député des Deux-Sèvres, dans la 8e. Une domination à peine entamée par l'élection de Daniel Vaillant dans la 19e lors de la partielle de 1994. Même s'il ne provoque pas de renversement de fronts, le retour de balancier de 1997 s'avère assez important. La droite perd sept sièges, ne repassant au premier tour que dans la très sûre 15e circonscription et dans la 16e, représentée par le vieux routier chiraquien Bernard Pons. La forteresse chiraquienne est ébranlée dans les 5e, 7e, 18e, 20e et 21e, recouvrant des arrondissements perdus en 1995, mais également dans les 9e et 10e, sur la rive gauche, faisant tomber Anne-Marie Couderc et Jacques Toubon, deux piliers de la municipalité RPR. Un sort qu'a failli connaître leur voisine de la 11e circonscription Nicole Catala, qui ne repasse qu'avec 322 voix d'avance. L'UDF, qui perd la 21e circonscription, a senti passer le vent du boulet dans la 1ere. Le très contesté Laurent Dominati sauve son siège à 234 suffrages près. Les législatives de 2002 constituent un véritable tournant électoral. Alors que la gauche connaît une défaite nationale, elle obtient douze sièges sur vingt-et-un, parachevant sa victoire aux municipales de 2001. De plus, elle fait élire deux de ses alliés écologistes, dans des circonscriptions tangentes en 1997. Dans la 1ere, Martine Billard devance de moins de 700 voix le maire du Ier arrondissement Jean-François Legaret, qui peine à récupérer les voix du FN du premier tour, faisant un peu moins que Laurent Dominati en 1997. Dans la 11e, la primaire sauvage entre Nicole Catala et Dominique Versini laisse des traces au second tour. Cette dernière, affaiblie en outre par la perte du XIVe arrondissement, est distancée par l'ancien ministre de l'Environnement Yves Cochet. Si Françoise de Panafieu remporte par forfait le combat fratricide l'opposant à Bernard Pons dans la 16e, elle laisse dans la 17e, dont elle est sortante, le conseiller régional RPR Patrick Stéfanini en situation délicate face à la socialiste Annick Lepetit, qui l'emporte finalement. A noter aussi la chute de Georges Sarre, qui arrive troisième avec 14,83 % des voix et doit laisser la candidate socialiste Danièle Hoffman-Rispal triompher au second tour de la RPR Claude-Annick Tissot. Ailleurs, la droite affronte des situations contrastées. Si Pierre Lellouche, Edouard Balladur, René Galy-Dejean et Claude Goasguen se passent de second tour, celui-ci est plus délicat pour Jean de Gaulle, affaibli par la perte du XIIe arrondissement en 2001, qui parvient cependant à éliminer la verte Maryse Arditi. C'est de cet arrondissement, que nombre d'observateurs décrivent comme pouvant faire basculer la majorité aux municipales, que viendra la nouvelle victoire de l'équipe Delanoë en 2007. Afin de succéder à Jean de Gaulle, l'UMP avait présenté dans la 8e circonscription le très médiatique avocat Arno Klarsfeld. Il distance légèrement la socialiste Sandrine Mazetier au premier tour, tandis que l'ancien maire Jean-François Pernin obtient plus de 12 % des suffrages sous l'étiquette MODEM. Des voix qui vont cruellement manquer à l'UMP au second tour, puisque Mme Mazetier dépasse les 55 %, ce qui était loin d'être évident sur le papier. Le dernier bastion de droite dans l'Est parisien tombe, tandis que l'Ouest tient bon avec cinq réélections au premier tour (Martine Aurillac, Pierre Lellouche, Claude Goasguen, Bernard Debré et Françoise de Panafieu) et le parachutage réussi de Jean-François Lamour dans la 13e circonscription. A noter aussi la très bonne tenue des deux Verts Martine Billard et Yves Cochet, pour qui ce scrutin était à hauts risques. Les premières élections municipales dans le département de Paris, en 1977, se sont déroulées dans un contexte de rivalité entre giscardiens et chiraquiens. Le président de la République comptait placer à la tête de la capitale son fidèle lieutenant Michel d'Ornano. C'était sans compter l'ancien Premier ministre Jacques Chirac, qui lui souffla ce fauteuil dans un contexte difficile pour la majorité. La vague bleue de 1983 permet à Jacques Chirac de faire grand chelem dans les vingt arrondissements face à Paul Quilès. Il n'aura alors de cesse, dans les secteurs les plus difficiles pour la droite, de méticuleusement bétonner ses positions, notamment en travaillant avec le tissu associatif. Résultat: en 1989, Pierre Joxe ne parvient pas à enfoncer un seul coin de la citadelle. Paris semble totalement imprenable pour la gauche. Les municipales de 1995, qui suivent de quelques semaines l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, vont démentir cette idée reçue. Le nouveau président a laissé les clefs de l'hôtel de ville au député-maire du Ve arrondissement Jean Tibéri, au détriment d'autres adjoints, notamment Jacques Toubon, qui passa longtemps pour un dauphin naturel. De son côté, la gauche a renoncé à présenter une personnalité nationale et laisse monter au front le conseiller du XVIIIe arrondissement Bertrand Delanoë. Les résultats du second tour semblent donner raison à ceux qui affirment que les Parisiens auraient préféré garder Jacques Chirac à l'hôtel de ville. Tout au moins dans les quartiers les plus populaires, où son départ pourrait avoir affaibli son dispositif. Dans le XIe, Georges Sarre voit ses bons résultats aux législatives de 1993 récompensés. Dans les X, XVIII, XIX et XXe, la droite chute dans des triangulaires avec le FN, qui ne dépasse pourtant généralement pas ses scores nationaux dans la capitale. Le cas du IIIe, remporté par le socialiste Pierre Aidenbaum, est différent. La perte de cet arrondissement donne le coup d'envoi de la chute de la maison Dominati. Par ricochet, elle provoquera aussi celle du système Tibéri. De plus en plus contesté, le maire sortant formera en 2001 sa propre liste, qui lui permettra d'ailleurs de conserver son fief du Ve. De son côté, le RPR, en présentant Philippe Séguin, va peiner à trouver un bon rythme de campagne. Le basculement de majorité de 2001 est également à mettre au crédit de la précarisation des professions intellectuelles (intermittents du spectacle, journalistes pigistes...) ainsi qu'à une prise en compte de plus en plus prégnante des problèmes d'écologie urbaine. Le phénomène bo-bo (bourgeois bohèmes), décrit depuis le début des années 2000, est à relativiser, tout du moins dans les arrondissements les plus peuplés, où il reste insuffisant pour déplacer des suffrages en nombre. La gauche, tout en conservant les secteurs les plus populaires, conquiert ainsi des arrondissements plus bourgeois, comme le IVe et le XIIe, à la sociologie plus mixée, comme le IIe et le IXe, et confirme sa percée sur la rive gauche en prenant les XIIIe et XIVe. Avec 12 arrondissements sur 20, et 92 sièges sur 163, elle envoie Bertrand Delanoë à la présidence du conseil de Paris. Le FN, qui avait obtenu un mandat en 1995, est éliminé. La majorité sortante est reconduite sans problème en 2008. Cependant, la gauche semble avoir atteint un plafond de verre. Si Bertrand Delanoë obtient 41,60 % au premier tour, puis 57,71 % au second, ses colistiers ne gagnent aucun nouvel arrondissement. Même Jean Tibéri, qui semblait une nouvelle fois particulièrement menacé dans le Ve, est sauvé par le maintien de la liste MODEM de Philippe Meyer. Il devance Lyne Cohen-Solal de 225 suffrages au second tour. Les seconds tours sont serrés dans les Ier, XVe et XVIIe, mais les fiefs de droite tiennent bon. Les centristes, avec qui le maire avait refusé l'alliance, obtiennent un siège au conseil, décroché par la députée européenne Marielle de Sarnez dans le XIVe. A noter le second tour 100 % à gauche dans le XXe entre la socialiste Frédérique Calandra et le maire sortant Michel Charzat. Exclu du PS depuis les législatives de 2007, ce dernier est très nettement battu. Fort logiquement, les élections sénatoriales reflètent les rapports de force au conseil de Paris. En 1986, au faîte de sa puissance, l'union de la droite avait raflé 11 sièges sur 12, laissant le dernier au président du groupe socialiste au Sénat, Claude Estier, avec un peu plus de 10 % des voix. En 1995, quelques semaines après les municipales, les pertes sont assez lourdes pour la droite. Elle obtient cependant 1406 voix sur 2281, mais la liste d'union de Philippe de Gaulle, gênée par les candidatures dissidentes d'Alain Dumait et de Jean-Charles de Vincenti, n'en rassemble que 1176, talonnée par les 868 suffrages de l'union de la gauche. Celle-ci reprend quatre sièges supplémentaire, dont l'un sera occupé par Nicole Borvo qui signe ainsi le retour du PCF après neuf ans d'absence. En 2004, les rapports de force sont totalement inversés. La gauche pèse maintenant 1302 voix, dont 1191 pour la liste PS-PCF-Verts-PRG. Le sortant MRC Jean-Yves Autexier, qui avait fait liste séparée après l'éviction de Georges Sarre aux législatives de 2002, est éliminé avec seulement 112 suffrages. La droite, qui s'était divisée en six listes, perd trois mandats. La liste UMP de Philippe Goujon obtient trois sièges, celle de Philippe Dominati un, tout comme celle de l'UDF Yves Pozzo di Borgo. A noter l'élection de deux Verts, Alima Boumediene-Thiery et Jean Desessard.
Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises
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Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 Ier, IIe, IIIe, IVe arrondissements 1988 Jacques DOMINATI (UDF) 1993 Laurent DOMINATI (UDF) 2002 Martine BILLARD (non inscrite) 2 Ve arrondissement 1988 Jean TIBERI (RPR) 3 VIe, VIIe arrondissements 1988 Edouard FREDERIC-DUPONT (app. RPR) 1993 Martine AURILLAC (RPR) 4 VIIIe, IXe arrondissements 1988 Gabriel KASPEREIT (RPR) 1997 Pierre LELLOUCHE (RPR) 2009 Edwige ANTIER (UMP) 5 Xe arrondissement 1988 Claude-Gérard MARCUS (RPR) 1997 Tony DREYFUS (soc.) 6 XIe, XXe arrondissements 1988 Jean-Yves AUTEXIER (soc.) 1993 Georges SARRE (soc.) 2002 Danièle HOFFMAN-RISPAL (soc.) 7 XIe, XIIe arrondissements 1988 Alain DEVAQUET (RPR) 1997 Patrick BLOCHE (soc.) 8 XIIe arrondissement 1988 Pierre DE BENOUVILLE (RPR) 1993 Jean DE GAULLE (RPR) 2007 Sandrine MAZETIER (soc., rad. et cit.) 9 XIIIe arrondissement 1988 Jean-Marie LE GUEN (soc.) 1993 Anne-Marie COUDERC (RPR) 1995 Patrick TREMEGE (UDF) 1997 Jean-Marie LE GUEN (soc) 10 XIIIe, XIVe arrondissements 1988 Jacques TOUBON (RPR) 1993 Claude GOASGUEN (UDF) 1995 Lionel ASSOUAD (RPR) 1997 Serge BLISKO (soc.) 11 XIVe arrondissement 1988 Nicole CATALA (RPR) 2002 Yves COCHET (non inscrit) 12 XVe arrondissement 1988 Edouard BALLADUR (RPR) 1993 Philippe GOUJON (RPR) 1995 Edouard BALLADUR (RPR) 2007 Philippe GOUJON (UMP) 13 XVe arrondissement 1988 Michèle BARZACH (RPR) 1991 René GALY-DEJEAN (RPR) 2007 Jean-François LAMOUR (UMP) 14 XVIe arondissement 1988 Georges MESMIN (UDF) 1997 Claude GOASGUEN (RPR) 15 XVIe arrondissement 1988 Gilbert GANTIER (UDF) 2004 Bernard DEBRE (app. UDF) 16 XVIIe arrondissement 1988 Bernard PONS (RPR) 1995 Pierre REMOND (RPR) 1997 Bernard PONS (RPR) 2002 Françoise DE PANAFIEU (UMP) 17 XVIIe, XVIIIe arrondissements 1988 Françoise DE PANAFIEU (RPR) 1995 Roland COCHE (RPR) 1997 Françoise DE PANAFIEU (RPR) 2002 Annick LEPETIT (soc.) 18 XVIIIe arrondissement 1988 Alain JUPPE (RPR) 1993 Yves VERWAERDE (UDF) 1997 Christophe CARESCHE (soc.) 19 XVIIIe, XIXe arrondissements 1988 Daniel VAILLANT (soc.) 1993 Jean-Pierre PIERRE-BLOCH (UDF) 1994 Daniel VAILLANT (soc.) 1997 Daniel MARCOVITCH (soc.) 2002 Daniel VAILLANT (soc.) 20 XIXe arrondissement 1988 Jean-Christophe CAMBADELIS (soc.) 1993 Jacques FERON (app. RPR) 1997 Jean-Christophe CAMBADELIS (soc.) 21 XXe arrondissement 1988 Michel CHARZAT (soc.) 1993 Didier BARIANI (UDF) 1997 Véronique CARRION-BASTOK (soc.) 1999 Michel CHARZAT (soc.) 2007 George PAU-LANGEVIN (soc., rad. et cit.)
Sénateurs David
ASSOULINE (soc.); Nicole BORVO (com, rép. et cit.); Alima
BOUMEDIENE-THIERY (app. soc.); Jean-Pierre
CAFFET (soc.); Jean DESESSARD (app. soc.); Philippe DOMINATI (UMP);
Conseil de Paris président: Bertrand DELANOE (PS)
Maires I
Jean-François LEGARET (UMP) II
Jacques
BOUTAULT (Les Verts) III
Pierre
AIDENBAUM (PS) IV
Dominique
BERTINOTTI (PS) V
Jean TIBERI (UMP) VI
Jean-Pierre
LECOQ (UMP) VII
Rachida DATI (UMP) VIII
François LEBEL (UMP) IX
Jacques BRAVO (PS) X
Rémi
FERRAUD
(PS) XI
Patrick BLOCHE (PS) XII
Michèle
BLUMENTHAL (PS) XIII
Jérôme COUMET (PS) XIV
Pascal
CHERKI (PS) XV
Philippe GOUJON (UMP) XVI
Claude GOASGUEN
(UMP) XVII
Brigitte KUSTER (UMP) XVIII
Daniel VAILLANT (PS) XIX
Roger
MADEC (PS)
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: arrondissements (source: Le Monde) |
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