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SEINE-ET-MARNE |
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Département le plus vaste et le moins urbanisé d'Ile-de-France, la Seine-et-Marne se caractérise aussi par une sociologie électorale plus classique. Influencée par les départements conservateurs voisins, elle reste largement dominée par la droite. La gauche a cependant réussi à prendre le conseil général en 2004. Un basculement qui symbolise surtout les mutations en cours dans les zones rurales franciliennes. La répartition des circonscriptions, en 1988, suit à peu près la carte de l'urbanisation. Assez logiquement, les quatre dernières circonscriptions, abritant les banlieues parisiennes, dont encore de nombreuses communes communistes, et Meaux, la ville la plus importante du département, élisent des socialistes. Ils s'y sont même taillés des fiefs, comme la 9e circonscription, représentée par Alain Vivien, fin connaisseur de la carte politique locale, et la 8e, bastion de Jean-Pierre Fourré, l'un des hommes forts de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. Leurs pendants à droite sont Alain Peyrefitte, ancien ministre et maire de Provins, dans la 4e, et Didier Julia, inamovible député du secteur de Fontainebleau depuis 1967. Une situation que la vague bleue balaye totalement en 1993. Le PS est victime à la fois de la montée du FN, qui mord sur son électorat populaire, et de l'affaissement du PCF, qui le prive de réservoirs de votes traditionnellement importants entre les deux tours. Résultat, Jean-Paul Planchou, pourtant sortant, est éliminé dès le premier tour dans la 7e et doit laisser le maire RPR de Chelles Charles Cova triompher de l'extrême-droite au second tour. Les socialistes sont aussi privés de second tour dans les 3e, 4e, 5e et, pire, dans la 6e qu'ils détenaient jusque-là. Dans la 4e, Jacques Heuclin, suppléant d'Alain Vivien, est distancé par le RPR Jean-Pierre Cognat à Brie-Comte-Robert. A Torcy, Jean-Pierre Fourré fait un peu mieux mais ne peut avoir raison de l'UDF Gérard Jeffray. Celui-ci devient d'ailleurs, avec Jean-Jacques Hyest dans la 3e, le seul député non gaulliste dans ce département de tradition centriste, qui a vu de nombreuses primaires à droite lors de cette élection. Les législatives de 1997 voient d'ailleurs la disparition de cette sensibilité de droite. La première alerte se produit en 1995, après l'élection de Jean-Jacques Hyest au Sénat. Divisée entre cinq candidats, la droite ne parvient pas au second tour de la partielle qui suit, remportée par le maire chevènementiste de Vaux-le-Pénil Pierre Carassus contre le FN. Deux ans plus tard, la droite a cette fois l'intelligence de présenter le nouveau maire RPR de Montereau-Fault-Yonne Yves Jégo, mais il est coiffé au poteau (474 voix) par le sortant. Gérard Jeffray, qui a perdu sa mairie de Torcy en 1995, est de son côté battu par son rival PS de Noisiel Daniel Vachez. Même chose pour Jean-Pierre Cognat dans la 9e. Seul Charles Cova s'en sort de justesse, en battant de 111 suffrages Jean-Paul Planchou qui lui a pourtant ravi la mairie de Chelles en 1995. la bonne tenue locale de la gauche, additionnée à celle de l'extrême-droite, a aussi déclenché des triangulaires, dont l'une fut fatale à Jean-François Copé, jeune maire de Meaux, ancien suppléant de Guy Drut se présentant dans la 6e. La droite s'en sort dans la 4e et la 5e, mais même Didier Julia, dans la 2e, est chahuté au premier tour avant de remporter largement le second. Le balancier repart à droite en 2002, de façon d'ailleurs assez violente, puisque les candidats de droite dépassent les 55 % dans les sept premières circonscriptions. Seuls Chantal Brunel et Guy Geoffroy font un peu moins bien, dans des secteurs il est vrai sociologiquement marqués à gauche. Ce scrutin est aussi l'occasion de voir émerger une nouvelle génération d'élus de terrain, comme Yves Jégo dans la 3e et Jean-François Copé dans la 6e, tandis que les "anciens" (Jean-Claude Mignon, Didier Julia, Guy Drut et Charles Cova) sont confirmés. Le basculement du département aux cantonales de 2004 pouvait laisser un mince espoir à la gauche en 2007. Il n'en sera rien, même à Torcy où Chantal Brunel gagne un nouveau second tour serré. Au contraire, l'UMP peut tranquillement continuer à renouveler ses cadres. C'est le cas avec Franck Riester dans la 5e et Yves Albarello dans la 7e. Si Jean-Claude Mignon est facilement reconduit dans la 1ere, Didier Julia doit affronter la dissidence du maire divers droite de Fontainebleau Frédéric Valletoux, après une législature difficile, marquée par son implication dans l'affaire des otages en Irak. Son challenger espérait bien bénéficier des voix de gauche et du MODEM. Si ces dernières semblent se reporter correctement, les électeurs de gauche votent avec leurs pieds, provoquant un bond de l'abstention de plus de 12 %, un gonflement des bulletins blanc et, par conséquent, la réélection de Didier Julia pour un onzième mandat consécutif! Malgré l'histoire politique de la Seine-et-Marne, le changement de majorité suit une certaine logique sociologique, à mesure que l'agglomération parisienne s'étend en tache d'huile depuis son centre. En 1994, la droite tenait les quatre cinquièmes des cantons, alors que la gauche se concentrait sur la façade ouest, davantage urbanisée et riche en villes nouvelles, et autour de la ville de Meaux. Des secteurs où la droite gaulliste restait influente, et pouvait progresser (Dammartin-en-Goële, Melun...). Du coup, la marge de progression de la gauche s'en est trouvée accrue en 1998. Lors de ces cantonales, seul le PS a mordu sur la droite, en emportant pas moins de sept sièges. Des victoires dans des zones urbaines (Combs-la-Ville, Le Mée-sur-Seine, Pontault-Combault, Torcy, Vaires-sur-Marne), des secteurs en pleine mutation (Le Châtelet-en-Brie, Mormant) mais aussi, fait plus surprenant, dans le fief gaulliste de Provins, suite à une triangulaire avec le FN. Le pouvoir de nuisance de l'extrême-droite reste cependant réduit. Elle ne fait chuter la droite qu'au Mée et à Vaires, tandis que la majorité s'en sort à La Ferté-sous-Jouarre, Lizy-sur-Ourcq, Meaux-Nord, Montereau-Fault-Yonne, Nemours, Rozay-en-Brie, Tournan-en-Brie et Villiers-Saint-Georges. En 2001, la gauche récupère deux sièges perdus en 1994, Brie-Comte-Robert et Melun-Nord, et se trouve à quatre cantons de la majorité. Un plafond difficile à crever, du fait de la très forte progression de 1998. Ce sont justement les secteurs en pleine péri-urbanisation qui vont faire la différence en 2004. Le FN n'est pas non plus étranger à cette bascule. Son maintien au second tour fait passer le PS à Lizy-sur-Ourcq, les Verts au Châtelet-en-Brie et un candidat soutenu par ces deux partis à Montereau-Fault-Yonne. En revanche, à Thorigny-sur-Marne, c'est un autre Vert, Jean Calvet, qui a raison en duel du maire UMP de Magny-le-Hongre, lors de la succession du sortant UMP. C'est le conseiller socialiste de Noisiel, Vincent Eblé, qui succède à Jean-Jacques Hyest. Une nouvelle majorité de gauche qui se renforce au Nord en 2008, avec le basculement à gauche de Chelles et Dammartin-en-Goële. En revanche, la droite tient bon dans son fief de Meaux, dont elle reprend le canton Sud au PS. La même logique prévaut à l'échelon municipal. La droite détient en effet depuis 1995 la première ville du département, Meaux, solidement tenue par Jean-François Copé et son équipe, après dix-huit ans de gestion socialiste. Le fief urbain de droite le plus solide reste la préfecture Melun, qui vote gaulliste depuis 1971. Chelles, deuxième commune en terme de population, a plutôt suivi les grandes vagues nationales (gaulliste en 1959, PCF en 1977, RPR en 1983) avant de se fixer à gauche en 1995. Le PCF reste bien présent et détient la cinquième ville du département, Champs-sur-Marne. Les sénatoriales de 2004 vont d'ailleurs lui permettre d'obtenir un siège. Les résultats des cantonales, puis le passage au scrutin proportionnel, après l'ajout de deux sièges en plus des quatre existant, permet à la gauche d'obtenir plus du tiers des votes, et par conséquent trois élus sur six. Un scrutin marqué par un fort renouvellement, puisqu'à droite seul Jean-Jacques Hyest, élu depuis 1995, se représentait.
Sources: Le Monde, 577 députés à élire
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Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 MELUN SUD 1988 Jean-Claude MIGNON (RPR) 2 FONTAINEBLEAU 1988 Didier JULIA (RPR) 3 MELUN NORD 1988 Jean-Jacques HYEST (Un. du Centre) 1995 Pierre CARASSUS (app. soc.) 2002 Yves JEGO (UMP) 2008 Gérard MILLET (UMP) 4 PROVINS 1988 Alain PEYREFITTE (RPR) 1995 Christian JACOB (RPR) 2002 Ghislain BRAY (UMP) 2007 Christian JACOB (UMP) 5 MEAUX SUD 1988 Guy DRUT (RPR) 1995 Jean-François COPE (RPR) 1997 Guy DRUT (RPR) 2007 Franck RIESTER (UMP) 6 MEAUX NORD 1988 Robert LE FOLL (soc.) 1993 Pierre QUILLET (RPR) 1997 Nicole BRICQ (soc.) 2002 Roger BOULLONOIS (UMP) 2007 Jean-François COPE (UMP) 7 CLAYE-SOUILLY 1988 Jean-Paul PLANCHOU (soc.) 1993 Charles COVA (RPR) 2007 Yves ALBARELLO (UMP) 8 TORCY 1988 Jean-Pierre FOURRE (soc.) 1993 Gérard JEFFRAY (UDF) 1997 Daniel VACHEZ (soc.) 2002 Chantal BRUNEL (UMP) 9 BRIE-COMTE-ROBERT 1988 Alain VIVIEN (soc.) 1991 Jacques HEUCLIN (soc.) 1993 Jean-Pierre COGNAT (RPR) 1997 Jacques HEUCLIN (soc.) 2002 Guy GEOFFROY (UMP)
Sénateurs Michel BILLOUT (com., rép. et cit.); Yannick BODIN (soc.); Nicole BRICQ (soc.); Michel HOUEL (UMP); Jean-Jacques HYEST (UMP); Colette MELOT (UMP)
Conseil général de Seine-et-Marne 16 UMP, 15 PS, 4 divers droite, 4 divers gauche, 2 PCF, 2 Verts président: Vincent EBLE (PS)
Maires MEAUX:
Jean-François COPE (UMP) CHELLES:
Jean-Paul PLANCHOU (PS) MELUN:
Gérard MILLET (UMP) PONTAULT-COMBAULT:
Monique DELESSARD (PS) CHAMPS-SUR-MARNE:
Maud TALLET (PCF) SAVIGNY-LE-TEMPLE:
Jean-Louis MOUTON (PS) TORCY:
Christian CHAPRON (PS) VILLEPARISIS:
José HENNEQUIN (PS) LE
MEE-SUR-SEINE:
Franck VERNIN (UMP) COMBS-LA-VILLE:
Guy GEOFFROY (UMP) OZOIR-LA-FERRIERE:
Jean-François ONETO (UMP) DAMMARIE-LES-LYS:
Jean-Claude MIGNON (UMP) ROISSY-EN-BRIE:
Sylvie FUCHS (PCF) LAGNY-SUR-MARNE:
Patrice PAGNY (divers droite) MONTEREAU-FAULT-YONNE:
Yves JEGO (UMP) MITRY-MORY:
Corinne DUPONT (PCF) FONTAINEBLEAU:
Frédéric VALLETOUX (divers droite) NOISIEL:
Daniel VACHEZ (PS) MOISSY-CRAMAYEL:
Jean-Jacques FOURNIER (PS) LOGNES:
Michel RICART (PS) AVON:
Jean-Pierre LE POULAIN (divers droite) COULOMMIERS:
Franck RIESTER (UMP) BRIE-COMTE-ROBERT:
André AUBERT (PS) NEMOURS:
Valérie LACROUTE (UMP) VAIRES-SUR-MARNE:
Jean-Pierre NOYELLES (divers droite) PROVINS:
Christian JACOB (UMP) SAINT-FARGEAU-PONTHIERRY:
Lionel WALKER (divers gauche) VAUX-LE-PENIL:
Pierre CARASSUS (divers gauche) BUSSY-SAINT-GEORGES: Hugues RONDEAU (divers droite) THORIGNY-SUR-MARNE: Thibault GUILLEMET (PS) LA FERTE-SOUS-JOUARRE: Marie RICHARD (PS) DAMMARTIN-EN-GOËLE: Monique PAPIN (PS) CESSON: Jean-Marc BRULE (Vert) LESIGNY: Gérard RUFFIN (MODEM) GRETZ-ARMAINVILLIERS: Jean-Paul GARCIA (divers droite) VERT-SAINT-DENIS: Gérard BERNHEIM (PS) NANGIS: Philippe DELANNOY (divers droite) EMERAINVILLE: Alain KEYLOR (UMP) CHAMPAGNE-SUR-SEINE: François ROGER (MRC) OTHIS: Bernard CORNEILLE (PS) SAINT-THIBAULT-DES-VIGNES: Sinclair VOURIOT (divers droite) LIEUSAINT: Michel BISSON (PS) TOURNAN-EN-BRIE: Laurent GAUTIER (PS) NANDY: René RETHORE (PS) COURTRY: Jean-Luc PILARD (PS) SOUPPES-SUR-LOING: Pierre BABUT (divers gauche) BOIS-LE-ROI: Nicole DELPORTE (divers droite) NANTEUIL-LES-MEAUX: Régis SARAZIN (divers droite) ESBLY: Valérie POTTIEZ-HUSSON (UMP) VENEUX-LES-SABLONS: Michel BENARD (PS) SAINT-PATHUS: Jean-Benoît PINTURIER (divers gauche) TRILPORT: Jean-Michel MORIER (PS) FONTENAY-TRESIGNY: Jacques PROFIT (divers gauche) QUINCY-VOISINS: Jean-Jacques JEGO (PCF) LE CHÂTELET-EN-BRIE: Alain MAZARD (divers gauche) MORET-SUR-LOING: Patrick SEPTIERS (MODEM) MORMANT: Anne-Marie ABIVEN (divers droite) BROU-SUR-CHANTEREINE: Antoine DE CARVALHO (UMP) LA FERTE-GAUCHER: Yves JAUNAUX (UMP) MOUROUX: Elisabeth ESCUYER (PS) CRECY-LA-CHAPELLE: Michel HOUEL (UMP) CREGY-LES-MEAUX: Gérard CHOMONT (PS) BOISSISE-LE-ROI: Gérard AUBRUN (divers droite) VILLENOY: Roger PAOLETTI (PS)
Sources: Le Monde, Le Parisien, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, fédération socialiste de Seine-et-Marne |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (source: Le Monde, ministère de l'Intérieur) |
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale, fédération socialiste de Seine-et-Marne, Parti radical de gauche) |
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