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SEINE-ET-MARNE (dernière mise à jour le 20 mai 2013)
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Département le plus vaste et le moins urbanisé d'Ile-de-France, la Seine-et-Marne se caractérise aussi par une sociologie électorale plus classique. Influencée par les départements conservateurs voisins, elle reste largement dominée par la droite. La gauche a cependant réussi à prendre le conseil général en 2004. Un basculement qui symbolise surtout les mutations en cours dans les zones rurales franciliennes. La répartition des circonscriptions, en 1988, suit à peu près la carte de l'urbanisation. Assez logiquement, les quatre dernières circonscriptions, abritant les banlieues parisiennes, dont encore de nombreuses communes communistes, et Meaux, la ville la plus importante du département, élisent des socialistes. Ils s'y sont même taillés des fiefs, comme la 9e circonscription, représentée par Alain Vivien, fin connaisseur de la carte politique locale, et la 8e, bastion de Jean-Pierre Fourré, l'un des hommes forts de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée. Leurs pendants à droite sont Alain Peyrefitte, ancien ministre et maire de Provins, dans la 4e, et Didier Julia, inamovible député du secteur de Fontainebleau depuis 1967. Une situation que la vague bleue balaye totalement en 1993. Le PS est victime à la fois de la montée du FN, qui mord sur son électorat populaire, et de l'affaissement du PCF, qui le prive de réservoirs de votes traditionnellement importants entre les deux tours. Résultat, Jean-Paul Planchou, pourtant sortant, est éliminé dès le premier tour dans la 7e et doit laisser le maire RPR de Chelles Charles Cova triompher de l'extrême-droite au second tour. Les socialistes sont aussi privés de second tour dans les 3e, 4e, 5e et, pire, dans la 6e qu'ils détenaient jusque-là. Dans la 4e, Jacques Heuclin, suppléant d'Alain Vivien, est distancé par le RPR Jean-Pierre Cognat à Brie-Comte-Robert. A Torcy, Jean-Pierre Fourré fait un peu mieux mais ne peut avoir raison de l'UDF Gérard Jeffray. Celui-ci devient d'ailleurs, avec Jean-Jacques Hyest dans la 3e, le seul député non gaulliste dans ce département de tradition centriste, qui a vu de nombreuses primaires à droite lors de cette élection. Les législatives de 1997 voient d'ailleurs la disparition de cette sensibilité de droite. La première alerte se produit en 1995, après l'élection de Jean-Jacques Hyest au Sénat. Divisée entre cinq candidats, la droite ne parvient pas au second tour de la partielle qui suit, remportée par le maire chevènementiste de Vaux-le-Pénil Pierre Carassus contre le FN. Deux ans plus tard, la droite a cette fois l'intelligence de présenter le nouveau maire RPR de Montereau-Fault-Yonne Yves Jégo, mais il est coiffé au poteau (474 voix) par le sortant. Gérard Jeffray, qui a perdu sa mairie de Torcy en 1995, est de son côté battu par son rival PS de Noisiel Daniel Vachez. Même chose pour Jean-Pierre Cognat dans la 9e. Seul Charles Cova s'en sort de justesse, en battant de 111 suffrages Jean-Paul Planchou qui lui a pourtant ravi la mairie de Chelles en 1995. La bonne tenue locale de la gauche, additionnée à celle de l'extrême-droite, a aussi déclenché des triangulaires, dont l'une fut fatale à Jean-François Copé, jeune maire de Meaux, ancien suppléant de Guy Drut se présentant dans la 6e. La droite s'en sort dans la 4e et la 5e, mais même Didier Julia, dans la 2e, est chahuté au premier tour avant de remporter largement le second. Le balancier repart à droite en 2002, de façon d'ailleurs assez violente, puisque les candidats de droite dépassent les 55 % dans les sept premières circonscriptions. Seuls Chantal Brunel et Guy Geoffroy font un peu moins bien, dans des secteurs il est vrai sociologiquement marqués à gauche. Ce scrutin est aussi l'occasion de voir émerger une nouvelle génération d'élus de terrain, comme Yves Jégo dans la 3e et Jean-François Copé dans la 6e, tandis que les "anciens" (Jean-Claude Mignon, Didier Julia, Guy Drut et Charles Cova) sont confirmés. Le basculement du département aux cantonales de 2004 pouvait laisser un mince espoir à la gauche en 2007. Il n'en sera rien, même à Torcy où Chantal Brunel gagne un nouveau second tour serré. Au contraire, l'UMP peut tranquillement continuer à renouveler ses cadres. C'est le cas avec Franck Riester dans la 5e et Yves Albarello dans la 7e. Si Jean-Claude Mignon est facilement reconduit dans la 1ere, Didier Julia doit affronter la dissidence du maire divers droite de Fontainebleau Frédéric Valletoux, après une législature difficile, marquée par son implication dans l'affaire des otages en Irak. Son challenger espérait bien bénéficier des voix de gauche et du MODEM. Si ces dernières semblent se reporter correctement, les électeurs de gauche votent avec leurs pieds, provoquant un bond de l'abstention de plus de 12 %, un gonflement des bulletins blanc et, par conséquent, la réélection de Didier Julia pour un onzième mandat consécutif! Le redécoupage Marleix n'apporte ni surprise ni vague rose en 2012. La gauche gagne certes trois sièges, mais la droite n'en perd qu'un. Le remodelage ayant été plus important à l'ouest qu'à l'est, le PS s'adjuge logiquement les 10e et 11e circonscriptions, avec d'ailleurs plus de 60 % des exprimés au second tour. Les deux poids lourds de l'UMP, Christian Jacob, dans la 4e, et Jean-François Copé, dans la nouvelle 6e, s'en tirent avec à peu près le même score. Si le conseiller général PS Eduardo Rihan-Cypel parvient à faire chuter Chantal Brunel à Torcy, les socialistes manquent de peu d'emporter les circonscriptions de Pontault-Combault et surtout Claye-Souilly, où Yves Albarello ne gagne que de 70 voix. Dans celle de Fontainebleau, restée inchangée, la maire de Nemours Valérie Lacroute réussit la succession de Didier Julia, après un premier tour une nouvelle fois marqué par la candidature de Frédéric Valletoux. Malgré l'histoire politique de la Seine-et-Marne, le changement de majorité suit une certaine logique sociologique, à mesure que l'agglomération parisienne s'étend en tache d'huile depuis son centre. En 1994, la droite tenait les quatre cinquièmes des cantons, alors que la gauche se concentrait sur la façade ouest, davantage urbanisée et riche en villes nouvelles, et autour de la ville de Meaux. Des secteurs où la droite gaulliste restait influente, et pouvait progresser (Dammartin-en-Goële, Melun...). Du coup, la marge de progression de la gauche s'en est trouvée accrue en 1998. Lors de ces cantonales, seul le PS a mordu sur la droite, en emportant pas moins de sept sièges. Des victoires dans des zones urbaines (Combs-la-Ville, Le Mée-sur-Seine, Pontault-Combault, Torcy, Vaires-sur-Marne), des secteurs en pleine mutation (Le Châtelet-en-Brie, Mormant) mais aussi, fait plus surprenant, dans le fief gaulliste de Provins, suite à une triangulaire avec le FN. Le pouvoir de nuisance de l'extrême-droite reste cependant réduit. Elle ne fait chuter la droite qu'au Mée et à Vaires, tandis que la majorité s'en sort à La Ferté-sous-Jouarre, Lizy-sur-Ourcq, Meaux-Nord, Montereau-Fault-Yonne, Nemours, Rozay-en-Brie, Tournan-en-Brie et Villiers-Saint-Georges. En 2001, la gauche récupère deux sièges perdus en 1994, Brie-Comte-Robert et Melun-Nord, et se trouve à quatre cantons de la majorité. Un plafond difficile à crever, du fait de la très forte progression de 1998. Ce sont justement les secteurs en pleine péri-urbanisation qui vont faire la différence en 2004. Le FN n'est pas non plus étranger à cette bascule. Son maintien au second tour fait passer le PS à Lizy-sur-Ourcq, les Verts au Châtelet-en-Brie et un candidat soutenu par ces deux partis à Montereau-Fault-Yonne. En revanche, à Thorigny-sur-Marne, c'est un autre Vert, Jean Calvet, qui a raison en duel du maire UMP de Magny-le-Hongre, lors de la succession du sortant UMP. C'est le conseiller socialiste de Noisiel, Vincent Eblé, qui succède à Jean-Jacques Hyest. Une nouvelle majorité de gauche qui se renforce au Nord en 2008, avec le basculement à gauche de Chelles et Dammartin-en-Goële. En revanche, la droite tient bon dans son fief de Meaux, dont elle reprend le canton Sud au PS. La bataille est rude en 2011. Elle s'achève sur un match nul. Si la droite, derrière Jean-François Copé, enlève Lizy-sur-Ourcq, Roissy-en-Brie et Thorigny-sur-Marne, la majorité de Vincent Eblé s'impose à La Ferté-sous-Jouarre, Nemours et Tournan-en-Brie. La même logique prévaut à l'échelon municipal. La droite détient en effet depuis 1995 la première ville du département, Meaux, solidement tenue par Jean-François Copé et son équipe, après dix-huit ans de gestion socialiste. Le fief urbain de droite le plus solide reste la préfecture Melun, qui vote gaulliste depuis 1971. Chelles, deuxième commune en terme de population, a plutôt suivi les grandes vagues nationales (gaulliste en 1959, PCF en 1977, RPR en 1983) avant de se fixer à gauche en 1995. Le PCF reste bien présent et détient la cinquième ville du département, Champs-sur-Marne. Les sénatoriales de 2004 vont d'ailleurs lui permettre d'obtenir un siège. Les résultats des cantonales, puis le passage au scrutin proportionnel, après l'ajout de deux sièges en plus des quatre existant, permet à la gauche d'obtenir plus du tiers des votes, et par conséquent trois élus sur six. Un scrutin marqué par un fort renouvellement, puisqu'à droite seul Jean-Jacques Hyest, élu depuis 1995, se représentait. Les sénatoriales de 2011 n'apportent aucune variation des rapports de force. La liste de gauche conduite par Vincent Eblé obtient certes 43,12 % des exprimés, mais seulement trois sièges, les trois autres étant remportés par celle de Jean-Jacques Hyest qui, avec 38,48 %, a été gênée par la candidature radicale d'Yves Jégo.
Sources: Le Monde, 577 députés à élire, La Croix, ministère de l'Intérieur
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Carte 1: circonscriptions législatives (sources: Journal officiel, Le Monde, Assemblée nationale)
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Chronologie
des députés
1 MELUN 2012 Jean-Claude MIGNON (Rass. UMP) 2 FONTAINEBLEAU 2012 Valérie LACROUTE (UMP) 3 MONTEREAU-FAULT-YONNE 2012 Yves JEGO (UDI) 4 PROVINS 2012 Christian JACOB (UMP) 5 COULOMMIERS 2012 Franck RIESTER (UMP) 6 MEAUX 2012 Jean-François COPE (UMP) 7 CLAYE-SOUILLY 2012 Yves ALBARELLO (UMP) 8 TORCY 2012 Eduardo RIHAN-CYPEL (soc., rép. et cit.) 9 PONTAULT-COMBAULT 2012 Guy GEOFFROY (Rass. UMP) 10 CHELLES 2012 Emeric BREHIER (soc., rép. et cit.) 11 SAVIGNY-LE-TEMPLE 2012 Olivier FAURE (soc., rép. et cit.)
Sénateurs Michel BILLOUT (com., rép. et cit.); Vincent EBLE (soc.); Michel HOUEL (UMP); Jean-Jacques HYEST (UMP); Hélène LIPIETZ (écolo.); Colette MELOT (UMP)
Conseil général de Seine-et-Marne 17 PS, 17 UMP, 3 divers droite, 3 divers gauche, 2 FG, 1 EELV président: Vincent EBLE (PS)
Maires MEAUX:
Jean-François COPE (UMP) CHELLES:
Jean-Paul PLANCHOU (PS) MELUN:
Gérard MILLET (UMP) PONTAULT-COMBAULT:
Monique DELESSARD (PS) CHAMPS-SUR-MARNE:
Maud TALLET (FG) SAVIGNY-LE-TEMPLE:
Marie-Line PICHERY
(PS) TORCY:
Guillaume LE LAY (PS) VILLEPARISIS:
José HENNEQUIN (PS) LE
MEE-SUR-SEINE:
Franck VERNIN (UMP) COMBS-LA-VILLE:
Guy GEOFFROY (UMP) OZOIR-LA-FERRIERE:
Jean-François ONETO (UMP) DAMMARIE-LES-LYS:
Jean-Claude MIGNON (UMP) ROISSY-EN-BRIE:
Sylvie FUCHS (FG) LAGNY-SUR-MARNE:
Sylvie BONNIN (divers droite) MONTEREAU-FAULT-YONNE:
Yves JEGO (UDI) MITRY-MORY:
Corinne DUPONT (FG) FONTAINEBLEAU:
Frédéric VALLETOUX (divers droite) NOISIEL:
Daniel VACHEZ (PS) MOISSY-CRAMAYEL:
Jean-Jacques FOURNIER (PS) LOGNES:
Michel RICART (PS) AVON:
Jean-Pierre LE POULAIN (divers droite) COULOMMIERS:
Franck RIESTER (UMP) BRIE-COMTE-ROBERT:
Jean LAVIOLETTE (PS) NEMOURS:
Valérie LACROUTE (UMP) VAIRES-SUR-MARNE:
Jean-Pierre NOYELLES (UMP) PROVINS:
Christian JACOB (UMP) SAINT-FARGEAU-PONTHIERRY:
Lionel WALKER (PS) VAUX-LE-PENIL:
Pierre HERRERO (FG) BUSSY-SAINT-GEORGES: Hugues RONDEAU (divers droite) THORIGNY-SUR-MARNE: Thibault GUILLEMET (PS) LA FERTE-SOUS-JOUARRE: Nathalie PIERRE (PS) DAMMARTIN-EN-GOËLE: Stéphane JABUT (PS) CESSON: Olivier CHAPELET (divers gauche) LESIGNY: Gérard RUFFIN (UDI) GRETZ-ARMAINVILLIERS: Jean-Paul GARCIA (divers droite) VERT-SAINT-DENIS: Gérard BERNHEIM (PS) NANGIS: Michel BILLOUT (FG) EMERAINVILLE: Alain KEYLOR (UMP) CHAMPAGNE-SUR-SEINE: François ROGER (MRC) OTHIS: Bernard CORNEILLE (FG) SAINT-THIBAULT-DES-VIGNES: Sinclair VOURIOT (divers droite) LIEUSAINT: Michel BISSON (PS) TOURNAN-EN-BRIE: Laurent GAUTIER (PS) NANDY: René RETHORE (PS) COURTRY: Jean-Luc PILARD (PS) SAINT-PIERRE-LES-NEMOURS: Bernard RODIER (divers droite) SOUPPES-SUR-LOING: Pierre BABUT (divers gauche) BOIS-LE-ROI: Nicole DELPORTE (divers droite) NANTEUIL-LES-MEAUX: Régis SARAZIN (divers droite) ESBLY: Valérie POTTIEZ-HUSSON (UMP) VENEUX-LES-SABLONS: Michel BENARD (PS) SAINT-PATHUS: Jean-Benoît PINTURIER (divers gauche) TRILPORT: Jean-Michel MORIER (PS) FONTENAY-TRESIGNY: Jacques PROFIT (divers gauche) QUINCY-VOISINS: Jean-Jacques JEGO (FG) LE CHÂTELET-EN-BRIE: Alain MAZARD (divers gauche) MORET-SUR-LOING: Patrick SEPTIERS (MODEM) MORMANT: Anne-Marie ABIVEN (divers droite) BROU-SUR-CHANTEREINE: Antoine DE CARVALHO (UDI) LA FERTE-GAUCHER: Yves JAUNAUX (UMP) MOUROUX: Elisabeth ESCUYER (PS) CRECY-LA-CHAPELLE: Michel HOUEL (UMP) CREGY-LES-MEAUX: Gérard CHOMONT (PS) BOISSISE-LE-ROI: Gérard AUBRUN (divers droite) VILLENOY: Roger PAOLETTI (PS)
Sources: Le Monde, Le Parisien, L'Elu d'aujourd'hui, la Croix, ministère de l'Intérieur, fédération socialiste de Seine-et-Marne, Sénat, Politiquemania, Wikipedia |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur)
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale, fédération socialiste de Seine-et-Marne, Parti radical de gauche, Politiquemania, Wikipedia)
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