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CREUSE |
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La géopolitique de la Creuse est
assez représentative de celle de l'ensemble du Limousin. Dominée par le
Parti socialiste, elle abrite toutefois quelques solides fiefs de droite,
notamment de tradition gaulliste. Une situation due en grande partie à la
géographie. Globalement, l'est s'apparente davantage à la sociologie
électorale de l'Auvergne, avec une droite catholique encore puissante, et
l'ouest est surtout marqué par les "marges rouges" du Massif
central.
Les deux circonscriptions, tracées en 1988, traduisent parfaitement ce phénomène, surtout depuis 1997, après près de dix ans sous une même couleur. Département mitterrandiste, la Creuse s'est donné deux députés socialistes en 1988, le maire de Guéret André Lejeune dans la 1ere et celui de Mainsat, Gaston Rimareix, dans la 2e, face à une droite unie. Celle-ci part divisée en 1993. Mais, loin de l'handicaper, ces primaires lui permettent de ratisser plus large au premier tour (entre 3 et 5000 voix de plus), alors que le PS subit un affaissement encore plus important. Dans la 2e, Gaston Rimareix arrive même troisième derrière le maire RPR d'Aubusson Thierry Ratelade, avant d'être assez largement battu par le maire RPR de Cressat Jean Auclair. Si André Lejeune parvient à éviter cette humiliation au premier tour, il est cependant nettement distancé au second par le RPR Bernard de Froment. C'est la première fois, depuis 1973, qu'un maire de Guéret est battu aux législatives. Cette parenthèse est en partie refermée en 1997, lorsque Michel Vergnier reprend la circonscription. Il sera élu maire de Guéret l'année suivante. Pour Bernard de Froment, la défaite est large (plus de 5000 voix) et inquiétante pour la nouvelle majorité de droite au conseil général, dont il assure la présidence depuis 1994. Michel Vergnier a bénéficié d'excellents reports, tandis que Bernard de Froment a peiné à rassembler les centristes, particulièrement remuants dans ce secteur. Dans la 2e circonscription, Jean Auclair repasse de justesse (1232 suffrages), mais avec lui aussi d'excellents reports. La chute de Thierry Ratelade, à Aubusson en 1995, n'a sans doute pas été étrangère à l'enracinement du député sortant. Car les fronts se stabilisent par la suite, de façon même assez symétrique en 2002. Michel Vergnier et Jean Auclair conservent leur siège avec à peu près le même pourcentage (plus de 55 %), le premier confirmant la vocation de la 1ere circonscription à être représentée par le maire de la préfecture, et le second instaurant une règle fatale pour le maire d'Aubusson. Ce dernier semble condamné à la défaite, puisque Michel Moine, qui a pris la ville à la droite en 2001, échoue à faire de même pour le siège de député. En 2007, c'est de Georges Sarre, originaire de la Creuse mais parachuté depuis Paris, que Jean Auclair a raison. Il semble que la candidature du leader chevènementiste ait quelque peu cabré un électorat a priori remonté contre la politique d'aménagement du territoire de la majorité. Michel Vergnier, de son côté, est reconduit avec son meilleur score depuis 1997 (60,52 %). Si la gauche détient environ les deux tiers des sièges au conseil général, il n'en a pas toujours été ainsi. Dans les années 90, la Creuse passait au contraire pour le maillon faible du PS en Limousin. En 1992, il n'avait que deux sièges d'avance à l'assemblée départementale. En 1994, les rapports de force s'inversent. La géopolitique de département joue pleinement, puisque la gauche se renforce sur le flanc ouest (Bénévent-l'Abbaye, Pontarion) et que la poussée de droite provient du très chiraquien plateau de Millevaches (Crocq, Felletin). Mais l'enjeu de ces élections se situe dans l'agglomération de Guéret. Un an après la défaite socialiste aux législatives, Bernard de Froment et son challenger centriste Pierre-Henri Gaudriot, éliminé du second tour en 1993, ravissent les cantons Nord et Sud-Ouest à deux adjoints au maire, ce qui permet d'effectuer la bascule. A la demi-victoire du PS en 1997 succède en 1998 une progression de la gauche, cependant insuffisante pour reprendre la présidence. Le PS reprend pied dans le bassin de Guéret, après quatre ans d'absence, avec le gain du canton Sud-Est. Il gagne également celui d'Aubusson, ce qui place la gauche à un siège de la majorité. La progression de la gauche en zone urbaine continue en 2001. Avec le gain de Guéret-Nord sur Bernard de Froment, le PCF fait son retour au sein de l'assemblée départementale. Le PS, de son côté, conquiert La Souterraine, mais mord aussi sur la droite dans des secteurs moins propices, comme Dun-le-Palestel ou La Courtine. A Evaux-les-Bains, la succession du divers droite Serge Cléret tourne en faveur du divers gauche François Radigon, malgré le retrait du maire de droite Gérard Bonhomme pour la candidate UDF Colette Guillaumin. Avec 19 sièges sur 27, la gauche reprend la majorité. La séquence de 2004 se caractérise par sa grande stabilité. Aucun canton ne change de couleur, à l'exception d'Auzances, passé à l'UMP, et où le sortant PS ne se représentait pas. Les élections de 2008 se déroulent également dans le calme. La gauche continue sa progression sur le plateau de Millevaches, en prenant Crocq, mais perd Dun-le-Palestel au Nord. La droite a aussi cédé du terrain à l'échelon municipal. Ville radicale passée au PS en 1977, la préfecture Guéret ne lui a jamais été réellement accessible depuis. En 1995, le maire André Lejeune, en place depuis 1978, obtient près des deux tiers des voix au premier tour face au RPR Pierre Mazuré. En 2001, Michel Vergnier, qui lui a succédé en 1998, obtient à peu près le même résultat , face cette fois à deux listes. En 2008, face à la droite unie, il récolte cette fois près des trois quarts des suffrages. Aubusson, de son côté, a tendance à ne pas garder son maire plus de dix ans, et même à franchement zapper entre 1989 et 2001. Elu cette année-là, le RPR Thierry Ratelade doit faire face en 1995 à la dissidence de Pierre-Henri Bos, qui le bat de 124 voix dans une triangulaire avec le socialiste Alain Azais. Mais, au premier tour des municipales de 2001, le maire, pourtant soutenu par le RPR, se retrouve troisième, derrière Thierry Ratelade, lui-même distancé par le socialiste Michel Moine. Au second tour, il se retire sans pour autant appeler à voter pour Thierry Ratelade. Une désunion de la droite qui laisse des traces au second tour. Avec 57,14 % des voix, dont une partie sans doute négligeable de supporters de Pierre-Henri Bos, Michel Moine bat largement Thierry Ratelade, devenu le symbole de cette désunion. En 2008, ce proche d'Arnaud Montebourg est réélu au premier tour avec près de 60 % des votes, malgré son effacement aux législatives de 2007 au profit de Georges Sarre. La Souterraine, ville de tradition industrielle, quant à elle, reste solidement ancrée à gauche. Elu en 1995, le maire PS Yves Furet est même le seul candidat à sa succession en 2001. Il est reconduit sans problème en 2008. Conséquence de cette bonne implantation locale, le PS a emporté en 2008 les deux sièges de sénateur, tout comme en 1998 et 1989. Contrairement aux scrutins précédents, cela se fait cette fois au premier tour, au profit des socialistes André Lejeune et Jean-Jacques Lozach, plus de cent voix devant la droite, et ce malgré des candidatures du PCF et de la LCR. Au delà de la bonne tenue de la gauche, la question du désengagement de l'Etat en zone rurale semble avoir plombé les candidatures de la majorité gouvernementale.
Source: Le Monde |
Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 GUERET 1988 André LEJEUNE (soc.) 1993 Bernard DE FROMENT (RPR) 1997 Michel VERGNIER (soc.) 2 AUBUSSON 1988 Gaston RIMAREIX (soc.) 1993 Jean AUCLAIR (RPR)
Sénateurs André LEJEUNE (soc.); Jean-Jacques LOZACH (soc.)
Conseil général de la Creuse 13 PS, 8 UMP, 4 divers gauche, 1 PCF, 1 PRG président: Jean-Jacques LOZACH (PS)
Maires GUERET: Michel VERGNIER (PS) LA SOUTERRAINE: Yves FURET (PS) AUBUSSON: Michel MOINE (PS)
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur
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Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur) |
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui) |
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