|
HAUTE-VIENNE (dernière mise à jour le 26 février 2013)
|
||||
|
Département le plus peuplé du
Limousin, la Haute-Vienne est aussi le point d'ancrage le plus solide de
la gauche dans la région. Ce qui ne l'a toutefois pas placé à
l'abri des évolutions (de la SFIO au PS), des ruptures (rénovateurs
communistes) et des alternances.
En 1988, les quatre circonscriptions sont représentées par le PS, ce qui n'était pas arrivé depuis 1967. Même la 2e circonscription, fief de l'ancien ministre communiste Marcel Rigout, se donne un socialiste, le président du conseil général Jean-Claude Peyronnet, pour député. La 1ere est représentée par le président du conseil régional Robert Savy, la 4e par Alain Rodet, l'homme de confiance du puissant maire de Limoges Louis Longequeue, et la 3e par Marcel Mocoeur, élu dès 1981 contre le PCF. L'effondrement de ce dernier, miné par le départ, en 1992, des rénovateurs, emmenés par Marcel Rigout dans une nouvelle structure, l'ADS (Alternative Démocratie Socialisme), provoque, en partie, le retournement de tendance de 1993. La droite, qui n'avait pas eu de député élu au scrutin majoritaire depuis 1973, enlève trois sièges sur quatre. Seul Alain Rodet, devenu maire de Limoges après le décès de Louis Longequeue en 1990, résiste à la vague bleue. Ailleurs c'est la débâcle, particulièrement à Limoges-Centre, talon d'Achille de la gauche. Le jeune juge antiterroriste Alain Marsaud bénéficie de très bons reports du conseiller régional UDF Raymond Archer, ainsi que du FN, pour battre largement Robert Savy, qui avait pourtant réussi à se maintenir l'année précédente à la tête de l'exécutif régional, dans un contexte national défavorable. La droite a la partie moins facile dans la 3e et la 2e, où l'élue rurale Evelyne Guilhem vient à bout de Jean-Claude Peyronnet. Mais la création de l'ADS, loin de créer une dynamique à gauche du PS, a vidangé en partie ce traditionnel gros réservoir de suffrages d'entre-deux tours. Ces deux dernières circonscriptions restent cependant particulièrement fragiles pour la droite. D'autant plus que l'ADS, devenue CAP (Convention pour une alternative progressiste), n'est plus présente en 1997 que dans son fief de la 2e circonscription, dont elle détient la plus grande ville, Saint-Junien. Mais, contrairement à ce qui s'est passé en 1993, le PCF n'a pas présenté de candidat. Une dynamique qui permet au maire de Saint-Yrieix-la-Perche Daniel Boisserie de battre largement Sylvie Guilhem, qui, de son côté, n'a pu s'implanter durablement. Elu maire de Bellac en 1995, le député sortant de la 3e, Jacques-Michel Faure, n'est guère plus chanceux face à la conseillère générale Marie-François Pérol-Dumont. Le seul enjeu de ces législatives se situe dans la 1ere. Arrivé en tête au premier tour, Alain Marsaud compte sur l'émiettement de la gauche, notamment avec les chevénementistes, assez présents dans cette circonscription, mais il est battu de 1635 voix au second tour. Quant à Alain Rodet, il a une nouvelle fois raison du RPR Camille Geutier, avec plus des deux tiers des voix au second tour. Malgré un contexte moins favorable en 2002, Alain Rodet retrouve un score à peine inférieur lors de ces législatives. Le PS tient le choc dans la 2e et la 3e, mais la bataille est une nouvelle fois rude dans la 1ere. Si le député sortant Claude Lanfranca arrive en tête au premier tour, Alain Marsaud peut une nouvelle fois compter sur les reports d'un candidat UDF. Et la droite semblant en meilleure forme dans cette circonscription quand elle part en ordre dispersé, Alain Marsaud l'emporte au second tour avec 836 bulletins d'avance. Mais c'était sans compter sur le phénomène Modem lors des législatives de 2007. Sans doute refroidis par le positionnement droitier du juge, ses électeurs lui ont préféré au second tour la conseillère régionale socialiste Monique Boulestin, qui l'emporte assez largement. Dans les trois autres circonscriptions, les sortants sont reconduits avec plus de 60 % des voix. Le redécoupage de 2012 ressemble furieusement à celui de 1958. Et, bien que le contexte électoral soit radicalement différent de celui des débuts de la Ve République, ce sont les socialistes qui emportent le grand chelem. Dans la nouvelle 1ere, qui recouvre l'ancienne 4e et la partie est de l'agglomération de Limoges, Alain Rodet attaque sans coup férir un septième mandat, face à l'UMP Florence Prévot-Soula, après avoir manqué de peu la réélection au premier tour. Dans la 2e, Daniel Boisserie obtient à peu près les mêmes résultats. La droite montre une meilleure résistance, avec le maire radical valoisien de Couzeix Jean-Marc Gabouty, qui dépasse les 40 % au second tour face à la conseillère régionale socialiste Catherine Beaubatie, quelque peu handicapée par la candidature dissidente de Monique Boulestin, qui n'avait pas obtenu l'investiture de la rue de Solferino. C'est sur la carte des cantons que le remplacement du PCF par l'ADS fut le plus visible, avant le regain de 2011. Les conseillers généraux de ce mouvement se trouve d'ailleurs surtout sur les marges du département, notamment autour de leur fief de Saint-Junien. Le coeur de la Haute-Vienne reste globalement acquis au PS et la droite, à une ou deux exceptions près, n'a que quelques cantons de Limoges pour exister. Assez curieusement, cependant, alors qu'il est au creux de la vague, le PCF fait sa réapparition en 1994, après avoir été rayé de la carte en 1992, du fait du départ de Marcel Rigout et ses amis. Il prend de justesse le canton de Laurière au détriment de la droite. L'opposition départementale perd également Châteauneuf-la-Forêt et Rochechouart. Marcel Rigout est confortablement réélu à Pierre-Buffière, ainsi que les autres conseillers ADS en compétition (Nieul, Oradour-sur-Vayres, Saint-Mathieu). Ces derniers, devenus CAP, bénéficient de la bienveillance du PS en 1998. Celui-ci se retire au second tour à Eymoutiers et Saint-Sulpice-les-Feuilles. Le nombre de divers gauche évoluant dans cette mouvance reste stable, à 11 conseillers, ce qui en fait le deuxième groupe de l'assemblée départementale. Les temps sont plus durs pour la droite. Notamment pour le maire de Bellac Jacques-Michel Faure, qui échoue une nouvelle fois, moins d'un an après sa défaite aux législatives. L'opposition perd en tout deux cantons (Limoges-Carnot et Limoges-Couzeix). A noter aussi le duel entre le PS et le FN à Limoges - La Bastide, où Guy Cuisinier a raison du conseiller régional Antoine Orabona, chef de file de l'extrême-droite dans le département. L'alliance entre les communistes et CAP, en 2001, s'avère préjudiciable pour le mouvement alternatif. S'il tient bon à Saint-Junien Ouest et Saint-Mathieu, il perd Mézières-sur-Issoire au profit du maire sans étiquette du chef-lieu, laisse filer Nieul qui revient dans le giron du PCF et doit surtout faire une croix sur Pierre-Buffière, qui se choisit un conseiller PS, Marcel Rigout ne se représentant pas. La droite déserte un peu plus la préfecture, où elle perd le canton Cité, mais elle prend Le Dorat au PS et Alain Marsaud tient bon à Limoges-Centre. Le déclin de CAP continue en 2004, notamment avec la perte très symbolique de Saint-Junien Est, pris par le socialiste Jean Duchambon, plus en mesure de battre la candidate UMP. La victoire d'Alain Marsaud aux législatives de 2002 redonne des couleurs à la droite, qui remet la main sur son fief de Limoges-Couzeix. Le FN accède, sans succès, une nouvelle fois, au second tour à Limoges - La Bastide, qui recouvre des quartiers populaires. La droite perd encore un peu plus du terrain en 2008, avec le gain par le PS du canton de Limoges-Corgnac. Les équilibres restent inchangés dans le reste du département. Les cantonales de 2011 voient le PCF redresser la tête, après les très bons scores du Front de gauche lors des régionales de 2010. Il semble que cette formule plaise à l'électorat qui a autrefois suivi Marcel Rigout. Sans coup férir, le PCF prend ainsi Ambazac, Bellac et surtout Saint-Junien Est. Le front droite-gauche reste stable, l'opposition départementale perdant Saint-Laurent-sur-Gorre mais prend Magnac-Laval. Au niveau municipal, la préfecture Limoges, vieux bastion de la SFIO, reste solidement ancrée à gauche. Même le décès de Louis Longequeue, en 1990, après trente-quatre de règne, n'y a rien changé. En 1995, son successeur, le député Alain Rodet, repasse au premier tour avec une mince majorité absolue. Un effet de l'émiettement de la gauche (quatre listes), dont Alain Marsaud ne profite nullement (37,67 %). La droite reste stable avec cinq sièges, tandis que le FN se casse les dents avec 4,06 % des suffrages. Le même scénario se produit en 2001. Alain Rodet est encore réélu au premier tour avec une déperdition de 3745 voix. Les Verts en profitent pour prendre deux sièges avec une liste autonome. Partagée entre deux listes, la droite atteint à peu près l'étiage d'Alain Marsaud en 1995, mais elle fait une assez bonne affaire en grappillant trois sièges. Même chose pour Antoine Orabona, qui entre au conseil municipal, cette fois sous l'étiquette MNR. L'extrême-droite disparaît du conseil municipal en 2008, au profit de l'extrême-gauche. Avec 6,99 %, la LCR obtient un siège. Ce scrutin est marqué par la nouvelle réélection au premier tour d'Alain Rodet, qui gagne près de 2000 voix par rapport à 2001. Malgré la présence du MODEM, la droite fait elle aussi un peu mieux. Les Verts en font les frais, puisqu'ils ne conservent qu'un siège. Saint-Junien, la seconde ville du département, a une gauche toute aussi indécramponnable. Elu en 1965, le communiste Roland Mazouin, ancien suppléant de Marcel Rigout, a lui aussi rallié l'ADS. En 1995, il est réélu au premier tour avec plus de 60 % des voix face à deux listes de droite. Son dauphin Pierre Allard trouve partie un peu moins aisée en 2001. Il devance largement la droite et les Verts au premier tour. Aucun accord n'ayant été trouvé avec ces derniers pour le second tour, celui-ci voit se jouer une quadrangulaire, gagnée à la valeur absolue par Pierre Allard. L'équation du scrutin de 2008 est bien plus simple, puisque Pierre Allard écrase dès le premier tour une liste sans étiquette avec 77,73 % des voix. La seule ville d'importance détenue par la droite est Couzeix, une banlieue de Limoges. Les élections sénatoriales de 2004 reflètent parfaitement la large domination du PS sur le département. Les deux sortants Jean-Pierre Demarliat et Jean-Claude Peyronnet sont reconduits dès le premier tour, malgré les candidatures PCF-CAP de Pierre Allard et Françoise Decan.
Sources: Le Monde, 577 députés à élire, La Croix
|
Carte 1: circonscriptions législatives (sources: Le Monde, Journal officiel) |
Chronologie
des députés
1 LIMOGES 2012 Alain RODET (soc., rép. et cit.) 2 SAINT-JUNIEN 2012 Daniel BOISSERIE (soc., rép. et cit.) 3 BELLAC 2012 Catherine BEAUBATIE (soc., rép. et cit.)
Sénateurs Jean-Pierre DEMARLIAT (soc.); Jean-Claude PEYRONNET (soc.)
Conseil général de la Haute-Vienne 23 PS, 9 divers gauche, 5 FG, 3 UMP, 2 divers droite présidente: Marie-Françoise PEROL-DUMONT (PS)
Maires LIMOGES:
Alain RODET (PS) PANAZOL: Jean-Paul DURET (divers gauche) ISLE: Gilles BEGOUT (divers gauche) SAINT-YRIEIX-LA-PERCHE: Daniel BOISSERIE (PS) COUZEIX: Jean-Marc GABOUTY (UDI) LE PALAIS-SUR-VIENNE: Isabelle MOUSSANT-BRIQUET (PS) AIXE-SUR-VIENNE: Daniel NOUAILLE (PS) FEYTIAT: Bernard FOURNIAUD (PS) AMBAZAC: Elizabeth MACIEJOWSKI (PS) SAINT-LEONARD-DE-NOBLAT: Christine RIFFAUD (PS) VERNEUIL-SUR-VIENNE: Pascal ROBERT (PS) BELLAC: Jean-Michel DOUMEIX (PS) CONDAT-SUR-VIENNE: Bruno GENEST (divers gauche) ROCHECHOUART: Jean-Marie ROUGIER (divers gauche) RILHAC-RANCON: Roland IZARD (PS)
Sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur, Politiquemania |
||
|
Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, La Croix, conseil général de la Haute-Vienne, ministère de l'Intérieur) |
||||
|
Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, Education nationale, Politiquemania) |
||||
LIENS |
||||