ARIEGE

(dernière mise à jour le 30 janvier 2013)

De tradition républicaine et laïque depuis la IIIe République, l'Ariège est solidement tenu par le Parti socialiste, même si, ces dernières années, la droite est parvenue à enfoncer quelques coins de la forteresse.

Recouvrant le Nord du département, davantage ouvert sur l'agglomération toulousaine, et abritant des villes gérées par la droite, la 2e circonscription semble plus "fragile" pour la gauche. Alors qu'à Foix, Augustin Bonrepaux était élu en 1988 au premier tour, son collègue René Massat, à Pamiers, fait un "petit" 45,35 %, pour battre ensuite l'ex radical de gauche André Trigano.

En 1993, le duel s'annonce plus serré, le rapport gauche-droite passant de 60-40 à 50-50. Distancé de plus de 2000 voix au premier tour, René Massat bénéficie de très bons reports au second, mais André Trigano parvient à mobiliser davantage d'abstentionnistes. Il s'agit surtout de la victoire d'un homme très connu dans le département, plutôt qu'une défaite de la gauche, qui représentait cette circonscription depuis 1934.

La parenthèse Trigano se referme en 1997. Malgré son élection en 1995, le nouveau maire de Pamiers ne résiste pas à la vague rose. Avec un taux d'abstention légèrement inférieur à celui de 1993, le socialiste Henri Nayrou obtient à peu près le même nombre de suffrages, au premier tour, qu'André Trigano lors du précédent scrutin. En revanche, ce dernier perd près de 4000 voix, tandis que le PCF progresse légèrement et le FN reste stable. Comme René Massat en 1993, André Trigano obtient de bons reports au second tour, mais son adversaire mobilise mieux les abstentionnistes.

Dans la circonscription de Foix, Augustin Bonrepaux écrase de plus de 9000 suffrages le RPR Henri de Tappie au premier tour. Les multiples candidatures ont plombé la droite, alors qu'en 1993, l'avocat Henri Garaud, pourtant très marqué à droite, avait obtenu un honorable 30,07 %. En revanche, cela ne gêne pas la gauche, qui l'emporte avec 69,9 % au second tour.

Le même scénario se reproduit en 2002, mais on constate un certain essoufflement d'Augustin Bonrepaux, constamment réélu depuis 1981. Au second tour, il bat un peu moins largement (66,57 %) l'UDF Yves Maris, tandis que l'abstention bondit de près de six points et que le nombre de bulletins blancs dépasse les 2800. Un chiffre à mettre peut-être en parallèle avec les 2548 voix obtenues au premier tour par le candidat CPNT, arrivé en quatrième position. Dans la 2e circonscription, l'élément le plus frappant est la lente descente aux enfers d'André Trigano. Ayant le soutien de l'UDF mais pas l'investiture de l'UMP, il est distancé de 839 voix au premier tour par le RPR Paul-Louis Maurat, qu'Henri Nayrou bat facilement au second tour, malgré un rapport gauche-droite plutôt serré. Les divisions du premier tour à droite ont laissé quelques traces.

En 2007, la succession d'Augustin Bonrepaux se déroule sans accroc. La candidate PS Frédérique Massat apporte du sang neuf à la gauche, sans entamer son capital électoral. De son côté, Henri Nayrou retrouve ses scores de 2002, alors que son challenger de droite, le maire UMP de Saverdun Philippe Calleja fait un peu moins bien que le total des voix RPR-UDF en 2002, malgré sa bonne implantation.

Les législatives de 2012 ne sont qu'une formalité pour le PS, qui voit à peu près le scénario de 1988 se renouveler. Dans la 1ere, Frédérique Massat repasse dès le premier tour en réunissant plus du triple des suffrages de la candidate UMP Nicole Gerona. Dans la 2e, réputée un peu moins facile pour la gauche, Philippe Calleja résiste un peu mieux mais n'atteint même pas le quart des exprimés, alors qu'Alain Faure, poulain d'Henri Nayrou qui ne se représentait pas, frôle les 45 %. Au second tour, comme souvent en Ariège, le faible enjeu gonfle l'abstention. Sans surprise, Alain Faure dépasse les deux tiers des exprimés.

On l'a vu, l'Ariège est solidement ancré à gauche depuis plus d'un siècle. Mis à part dans les cantons du Nord, où l'agriculture de plaine est dominante, les rares victoires de la droite lors des élections cantonales tiennent davantage de facteurs conjoncturels. Ces quatorze dernières années, le nombre de ses conseillers généraux est resté stable à 3 sur 22.

La droite manque cependant de disparaître de l'assemblée départementale en 1998. Ses deux seuls cantons renouvelables, Lavelanet et Saint-Girons, pourtant tenus par des maires de chef-lieu, basculent à gauche.

La droite reprend quelques couleurs en 2001, avec les réélections de Louis Marette à Saverdun et surtout de Pierre Auriac-Meilleur à Massat. Passé à droite lors d'une partielle, quelques semaines auparavant, ce canton voit émerger de nouvelles forces politiques: les Verts et les chasseurs (CPNT). Dans les cantons les plus montagneux, CPNT sert le plus souvent de supplétif à des élus de gauche somme toute assez proches de ses thèses, dans ces vallées divisées par la réintroduction de l'ours. A l'autre extrémité, les Verts représentent une autre vision de la ruralité. Ainsi, lors de cette séquence de 2001, CPNT arrive second à La Bastide-de-Sérou (32,29 %), aux Cabannes (19,14 %), à Castillon-en-Couserans (17,19 %), Foix-Rural (22,2 %), et Varilhes (19,45 %). Les Verts, de leur côté, dépassent les 10 % à Foix-Rural, Massat et Varilhes. Globalement, sauf à Massat, la droite n'en profite nullement.

Le gain d'un troisième siège par la droite, en 2004, est la conséquence d'un psychodrame, qui couvait sous les tensions de plus en plus vives entre le PS et les Verts. A Sainte-Croix-Volvestre, le candidat écologiste Bertrand Soux refuse de se retirer au second tour, provoquant l'élection de l'UMP Alain Bari, qui gagne cette triangulaire de... deux voix. A noter que, si les électeurs ruraux rompent l'opposition gauche-droite en choisissant CPNT ou les Verts, ceux des zones industrielles en déclin préfèrent le FN, qui se retrouve au second tour à Lavelanet. En revanche, la séquence de 2008 se caractérise par une grande stabilité. Les rapports de force restent inchangés et la droite tient bon dans ses deux cantons mis en jeu, Massat et Saverdun. Même chose en 2011. Alain Bari est reconduit dès le premier tour et les socialistes conservent leurs positions partout ailleurs.

C'est à l'échelon municipal que la droite ariégeoise parvient à exister le mieux. En 1995, André Trigano transforme l'essai de 1993 en sortant vainqueur, dès le premier tour, d'une triangulaire à Pamiers contre le maire PS Bernard Soula et le candidat vert Dominique Humbert. A Foix, le maire socialiste Jean-Noël Fondère sort vainqueur au premier tour contre le RPR et les Verts. A noter que les communistes perdent leur seul point d'appui urbain, Lavelanet, qui bascule à droite dès le premier tour.

En 2001, Jean-Noël Fondère fait l'union sur sa candidature et l'emporte au premier tour. Même chose pour le sénateur PS Jean-Pierre Bel, qui bat facilement le divers droite Bernard Marti à Lavelanet. A Pamiers, le second tour s'annonce serré. André Trigano obtient 49 % des voix face au PS et aux Verts. Mais, les têtes respectives de deux listes, André Montané et Françoise Matricon, ne parviennent pas à se mettre d'accord. M. Trigano l'emporte, en se permettant de puiser dans les réserves abstentionnistes.

En 2008, le fief de droite de Pamiers tient toujours aussi bien le coup. A 82 ans, André Trigano l'emporte dès le premier tour, le PS et les Verts n'ayant toujours pas pu se mettre d'accord sur une liste commune. A Foix, c'est la foire d'empoigne à gauche, avec trois listes différentes. La droite n'en tire nullement profit, puisqu'elle plafonne à 15,19 % au premier tour et fléchit à 9,09 % au second, dépassée par la LCR. Jean-Noël Fondère remporte la triangulaire avec 44,52 % des voix. Ce scrutin s'avère légèrement favorable à la gauche, qui prend la sous-préfecture de Saint-Girons, à droite depuis 1995.

Les élections sénatoriales sont sans surprise en Ariège, où le candidat socialiste est assuré de l'emporter au premier tour, à l'instar de Germain Authié en 1980 et 1989 et Jean-Pierre Bel en 1998 et 2008.

 

Sources: Le Monde, L'état des régions françaises, La Croix


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

Chronologie des députés

1 FOIX

1988 Augustin BONREPAUX (soc.)

2007 Frédérique MASSAT (soc., rad. et cit.)

2 PAMIERS

1988 René MASSAT (soc.)

1993 André TRIGANO (UDF)

1997 Henri NAYROU (soc.)

2012 Alain FAURE (soc., rép. et cit.)

 

Sénateur

Jean-Pierre BEL (soc.)

 

Conseil général de l'Ariège

18 PS, 2 UMP, 1 divers droite, 1 divers gauche

président: Augustin BONREPAUX (PS)

 

Maires

PAMIERS: André TRIGANO (UMP)

FOIX: Richard SENSSAC (PS)

LAVELANET: Marc SANCHEZ (PS)

SAINT-GIRONS: François MURILLO (PS)

SAVERDUN: Philippe CALLEJA (UMP)

 

Source: Le Monde

 

 

 

 

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(source: Le Monde)


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, Les Verts, Education nationale, Parti radical de gauche, Politiquemania)

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