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AVEYRON (dernière mise à jour le 1er février 2013) |
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Point de contact entre l'Auvergne et le Languedoc, département ayant donné au syndicalisme paysan de nombreux leaders (dont Raymond Lacombe pour la FNSEA, José Bové de la Confédération paysanne...), l'Aveyron fait figure d'exception dans une région Midi-Pyrénées déchristianisée et dominée par le radical-socialisme. Très rural, longtemps difficile d'accès, il cultive des clivages souvent très XIXe siècle, en zone rurale comme dans les bassins ouvriers. Bien que ceux-ci aient tendance à s'estomper, au profit d'une géopolitique plus conforme au reste de la région. Le principal point d'ancrage de la gauche se situe à l'extrême-ouest du département, dans la circonscription de Villefranche-de-Rouergue longtemps représentée par Robert Fabre, fondateur du Mouvement des radicaux de gauche. C'est donc tout naturellement que son successeur à la mairie de Villefranche, Jean Rigal, l'emporte au premier tour en 1988, les gaullistes faisant de même dans le Sud et les centristes dans le bassin de Rodez. Une position balayée par la vague bleue de 1993. A Rodez Jean Briane se retrouve seul au second tour après le retrait du républicain François Rey. Millau voit la réélection de Jacques Godfrain, le PS n'ayant même pas pris la peine de présenter un candidat face à lui. A Villefranche, le MRG Jean-Marc Sabathé est vaincu au premier tour par l'UDF Serge Roques. Retour à la situation antérieure en 1997. Le retour de Jean Rigal permet à la gauche de reprendre la 2e circonscription. Elle se permet aussi d'infliger des ballottages aux deux autres sortants. Un retour de balancier remet Serge Roques en selle en 2002. Il recueille ainsi les dividendes de sa victoire aux municipales. Le scénario de 1997 se reproduit dans les deux autres circonscriptions. Si la domination de la droite n'est pas remise en question, le temps des victoires au premier tour semble révolu. En 2007, le suppléant de Jacques Godfrain, Alain Marc, la frôle pourtant avec 49,50 % des voix. Au second tour, son adversaire socialiste Béatrice Marre, obtient un honorable 42,33 %. C'est que la gauche sort plutôt requinquée de ce scrutin. A Villefranche, Marie-Lou Marcel parvient à faire chuter Serge Roques avec une courte avance de 560 voix. A Rodez, Christian Teyssèdre contrarie le "duel des héritiers", entre Yves Censi, fils du maire, et Thierry Puech, fils du président du conseil général. M. Censi l'emporte finalement sur le PS, mais surtout grâce aux cantons ruraux de la pointe nord, la gauche continuant sa percée dans la préfecture. Après des municipales et des sénatoriales éprouvantes pour la droite en 2008, la gauche pouvait espérer un nouveau séisme électoral en sa faveur en 2012. La vague rose se caractérise par une forte poussée socialiste dans la 2e, où Marie-Lou Marcel manque de peu de l'emporter au premier tour avant de retrouver son siège avec 63,49 % au second. Dans la 1ere, Yves Censi domine le premier tour avec 39,83 %, mais les deux candidats de la gauche parlementaire, la socialiste Monique Bultel-Herment et le radical Stéphane Mazars, réunissent à eux deux plus de 42 % dans cette circonscription où Nicolas Sarkozy ne l'a emporté que de 432 voix sur François Hollande. Au second tour, le député sortant distance Mme Bultel-Herment de 645 bulletins. Dans la 3e, la division de la gauche lui est encore plus fatale, avec la dissidence de Béatrice Marre contre la maire EELV de Saint-Jean-et-Saint-Paul Marie-Thérèse Foulquier. N'ayant obtenu que 21,79 % au premier tour, cette dernière est nettement battue par le député radical valoisien Alain Marc, avec un écart à peu près comparable que celui des deux candidats du second tour à la présidentielle, qui a tourné dans cette circonscription en faveur de François Hollande. Tout naturellement, le conseil général est détenu par la droite. Mais la gauche a triplé le nombre de ses sièges ces dix-neuf dernières années, pour représenter 20 mandats contre 25. Les points de force de l'opposition se trouvent sur les marges ouest et sud du département, soumis respectivement aux influences du Quercy radical et des Cévennes socialistes, ainsi que dans les zones urbaines, l'ex-bassin minier de Decazeville et autour des vignobles de Marcillac. La droite règne sans partage dans la pointe nord, sur les hauts-plateaux de l'Aubrac et du pays d'Olt. Des cantons surtout détenus par des divers droite. Si les cantonales de 1994 furent marquées par une très grande stabilité, la séquence de 1998 vit une forte poussée de la gauche, qui enlève six cantons, logiquement situés dans la circonscription reconquise l'année précédente par Jean Rigal (Montbazens, Najac, La Salvetat-Peyralès, Villefranche-de-Rouergue) et dans des zones plus urbanisées à la sociologie électorale plus mouvante (Millau-Ouest, Saint-Affrique). La droite s'est aussi fait très peur à Rodez-Est, où la succession du RPR Michel Astoul fut plus difficile que prévue. Ce fief de la droite catholique, et surtout du président UDF de la Région Marc Censi, a sans doute été ébranlé par les appels du pied du FN à ce dernier à l'issue des régionales. Les craintes de Marc Censi se concrétisent en 2001, avec la perte de Rodez-Nord par l'UDF François Rey, affaibli par sa défaite aux municipales. La gauche en profite aussi pour s'imposer à Camarès, Réquista et Séverac-le-Château, où les sortants de la majorité ne se représentaient pas. Mais la droite reprend quelques couleurs en gagnant Baraqueville, Millau-Est et surtout l'ancienne forteresse ouvrière de Decazeville. En 2004, la gauche finit par prendre Rodez-Est, mais elle ne progresse que d'un siège, cette séquence étant surtout marquée par des chassés-croisés de droite à gauche (Marcillac-Vallon, Saint-Sernin-sur-Rance) et de gauche à droite (Montbazens, Séverac-le-Château). En revanche, les élections de 2008 voient une poussée de gauche inédite depuis un demi-siècle, qui mène l'opposition départementale à trois sièges de la majorité. La droite est particulièrement bousculée dans le Rouergue et le Ségala. Dans la foulée de ses bons résultats aux municipales, le PS détient désormais tous les cantons urbains. La majorité ne peut plus que s'appuyer sur les cantons les moins peuplés, du Carladez à la vallée de la Rance. Elle dessert cependant l'étreinte en 2011, en reprenant pied à Rodez, avec le gain du canton Est, et en enlevant Saint-Sernin-sur-Rance aux écologistes dès le premier tour. En revanche, elle est bousculée dans la pointe nord, où le PS gagne Mur-de-Barrez, canton qui n'avait jamais voté à gauche sous la Ve République. Les élections municipales furent particulièrement favorables à la droite en 1995 et 2001, avant le violent coup de volant à gauche de 2008. Rodez, ville conservatrice, a été solidement tenue depuis 1983 par Marc Censi, qui a su faire preuve de suffisamment de modération pour séduire une partie de l'électorat de gauche, se faisant ainsi réélire au premier tour en 1989, 1995 et 2001. Un scrutin qui a vu une certaine usure: le rapport n'est plus que de 53-47 en faveur du maire, alors que jusque-là il dépassait régulièrement les 60 %. Après les périlleuses législatives de 2007, Marc Censi choisit en 2008 de se présenter sur la liste divers droite de Frédéric Soulié, aux dépens de celle de son adjointe Régine Taussat. Une stratégie vouée à un cuisant échec, puisque ces deux listes, ainsi que celle de Jean-Louis Chauzy, président du conseil économique et social de Midi-Pyrénées, classée au centre-gauche, n'atteignent même pas les 20 %. C'est le PS Christian Teyssèdre qui rafle la mise avec 52,49 % au premier tour. Millau, la capitale du Larzac, est passée à droite en 1995, le ministre de la Coopération Jacques Godfrain réussissant à battre dès le premier tour le sortant socialiste Gérard Deruy. Une bonne performance qu'il réédite en 2001, mais de justesse cette fois-ci. En 2008, gêné par une liste divers droite, il est battu au second tour par le socialiste Guy Durand. Un retournement de tendance qui a débuté, à fronts renversés, à Villefranche-de-Rouergue en 2001. Victime collatérale de l'usure du pouvoir (cinq mandats de Robert Fabre et deux mandats de Jean Rigal), le socialiste Claude Penel chute face à Serge Roques, qui renoue avec la victoire, après ses échecs aux législatives de 1997 et aux cantonales de 1998. Il est reconduit au premier tour en 2008, face à une gauche divisée en deux listes et au MODEM. La droite a pu longtemps s'appuyer sur de nombreux élus ruraux pour assurer une confortable réélection à ses candidats aux sénatoriales. Mais les rivalités entre les familles Puech et Censi, dangereuses lors des législatives de 2007 et des cantonales de 2008, fatales lors des municipales de 2008, provoquent un renversement des fronts quelques mois plus tard. Présent depuis près de quatre décennies dans le paysage politique local, Jean Puech en fait particulièrement les frais. Au premier tour, il se retrouve en quatrième position, derrière l'ancien député UMP Jacques Godfrain, mais surtout derrière les deux candidats de gauche Anne-Marie Escoffier et Alain Fauconnier. La faute en partie à la candidature de Marc Censi, qui réunit 125 voix sur son nom. Même s'il se retire au second tour, tout comme le divers droite Gérard Descrozaille, celui-ci est largement remporté par la gauche.
Sources: Le Monde, La Forteresse agricole, Pays cathare, La Croix, ministère de l'Intérieur |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 RODEZ 1988 Jean BRIANE (Un. du Centre) 2002 Yves CENSI (UMP) 2 VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE 1988 Jean RIGAL (app. soc.) 1993 Serge ROQUES (UDF) 1997 Jean RIGAL (rad., cit. et V.) 2002 Serge ROQUES (UMP) 2007 Marie-Lou MARCEL (soc., rad. et cit.) 3 MILLAU 1988 Jacques GODFRAIN (RPR) 1995 Georges PRIVAT (RPR) 1997 Jacques GODFRAIN (RPR) 2007 Alain MARC (UMP)
Sénateurs Alain FAUCONNIER (soc.); Stéphane MAZARS (Ras. dém. soc. eur.)
Conseil général de l'Aveyron 21 divers droite, 13 PS, 5 divers gauche, 3 UMP, 2 UDI, 1 FG, 1 PRG président: Jean-Claude LUCHE (UMP)
Maires RODEZ:
Christian TEYSSEDRE (PS) MILLAU:
Guy DURAND (PS) VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE:
Serge ROQUES (UMP) SAINT-AFFRIQUE: Alain FAUCONNIER (PS) DECAZEVILLE: Jean REUILLES (PS) CAPDENAC-GARE: Stéphane BERARD (PS) AUBIN: André MARTINEZ (PS) ESPALION: Gilbert CAYRON (MODEM) LUC: Jean-Philippe SADOUL (divers droite)
Sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur, Politiquemania, Wikipedia |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, la Croix, ministère de l'Intérieur)
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Politiquemania) |
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LIENS |
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