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GERS (dernière mise à jour le 2 février 2013)
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Globalement dominé depuis le début
du XXe siècle par les notables radicaux puis socialistes, le Gers est
cependant devenu il y a une quinzaine d'années l'un des talons d'Achille
de la gauche en Midi-Pyrénées.
En 1988, la suprématie de la gauche aux législatives est sans appel. En 1993, il n'en reste plus rien. La défaite de Jean-Pierre Joseph dans la 2e circonscription, dans un contexte défavorable à la gauche, était relativement attendue. Ces terres du Condomois et de l'Armagnac ont toujours été plus conservatrices que le Sud du département, et la droite a eu l'habilité de présenter un homme du cru, Aymeri de Montesquiou, ancien député. En revanche, la victoire du RPR dans la 1ere fut plus difficile, face à l'inamovible maire d'Auch Jean Laborde. Yves Rispat dut notamment affronter au premier tour l'UDF André Daguin, lui aussi solidement implanté dans le secteur. L'élection de M. Rispat devait sans doute à son accession à la présidence du conseil général l'année précédente. Le coup de balancier à gauche en 1997 sonne alors comme un avertissement à la majorité départementale. Claude Desbons, le nouveau maire d'Auch, a facilement raison d'Yves Rispat, malgré l'absence de dissidence à droite au premier tour. Au contraire, l'électorat de M. Daguin, plutôt protestataire, semble avoir davantage préféré la gauche qu'en 1993. La surprise vient cette fois du nord. Aymeri de Montesquiou partait avec davantage d'atouts que le maire de Mauvezin Yvon Montané. Ce dernier le bat cependant au second tour de 282 voix. Le scrutin de 2002 s'achève sur un match nul, qui reflète plutôt bien la nouvelle géopolitique du département. Le président du conseil général Philippe Martin réussit la succession de Claude Desbons, décédé en 2001, et le maire UMP de Condom Gérard Dubrac efface la défaite de 1997. Les législatives de 2007 se terminent mal pour la droite. Comme dix ans plus tôt, le fief des Montesquiou ne semblait pourtant pas menacé. Arrivée plus de 12 points derrière Gérard Dubrac, la conseillère générale PS Gisèle Biemouret parvient au second tour à rassembler la gauche et une bonne partie du centre, décidément très porté sur la gauche dans le Gers, sur son nom, pour l'emporter avec 540 voix d'avance. Dans la 1ere circonscription, la victoire de Philippe Martin n'est en revanche pas une surprise. La vague rose de 2012 amplifie la domination du PS. Dans la 1ere, Philippe Martin se passe de second tour, ce qui demeure inédit pour un président du conseil général. Dans la 2e, il semble qu'une nouvelle fois une partie du centre ait fait faux bond à Gérard Dubrac, qui tentait un retour, soit en s'abstenant, soit en se reportant sur Gisèle Biemouret. Au vu des résultats du premier tour, la gauche, qui pouvait compter, sur le papier, sur environ 53 % des exprimés, l'emporte avec plus de 59 %. Gérard Dubrac, qui dépasse péniblement les 20 % au premier tour, a incontestablement été gêné par les 13,03 % de Michel Gabas, maire d'Eauze et radical valoisien, ce qui compte dans l'ancien fief des Montesquiou. Au sein du conseil général, le grand bouleversement a eu lieu en 1992, avec le basculement à droite de l'assemblée, concomitamment à des élections régionales difficiles pour la gauche. Lors de la séquence de 1994, malgré une vaguelette rose au niveau national, la droite, qui ne possédait qu'une majorité d'un siège, progresse de trois mandats à Condom, Mauvezin et Montesquiou. Comme en 1992, il semble qu'en 1998 les élections régionales aient servi d'amplificateur au scrutin cantonal, cette fois-ci en faveur de la gauche. Progressant de cinq sièges, elle souffle la présidence à Yves Rispat. Une victoire qui cache des résultats serrés et périlleux, notamment à Miélan et Valence-sur-Baïse. La droite n'empoche qu'un canton, celui de Riscle, tandis que les communistes se requinquent en passant de un à trois sièges. En 2001, la gauche se renforce en enlevant Montesquiou. En 2004, l'effet levier des régionales joue à nouveau. La droite perd Riscle mais surtout quelques vieux fiefs comme Saramon, Saint-Clar et Cologne. La gauche semble cependant avoir atteint un plafond de verre en 2008. Lors de ce scrutin, si elle gagne Aignan, elle laisse cependant filer Eauze vers la droite. Apparence trompeuse: la droite est littéralement étrillée en 2011. Elle perd pas moins de six cantons: Cazaubon, Fleurance, Jegun, Masseube, Montréal et Plaisance. Elle ne récupère que Lombez dans son escarcelle. La gauche domine également l'échelon municipal. En 1995, à Auch, Claude Desbons succède à Jean Laborde au premier tour. En 2001, Claude Bétaille fait de même, malgré la candidature du turbulent André Daguin. Paradoxalement, l'absence de ce dernier en 2008 ne permet pas à Franck Montaugé de succéder à Claude Bétaille au premier tour. La faute cette fois-ci à une liste verte et surtout à une extrême-gauche à un niveau inédit (9,19 %). Au second tour, il a cependant facilement raison des deux listes de droite. Les seules villes de plus de 3500 habitants gérées par la droite restent Mirande et Eauze depuis le basculement de cette dernière en 2008. Avant ce scrutin, la droite pouvait aussi s'appuyer sur la mairie de Condom. La ville de l'évêque Bossuet bascule à droite en 1995. Le libéral Gérard Dubrac sort vainqueur de la triangulaire l'opposant au maire Jacques Moizan et au RPR Jean Rousse. Rebelote en 2001, scrutin durant lequel il bat la gauche et M. Rousse. Cependant, il aborde les municipales de 2008 en état de faiblesse, après avoir perdu le canton en 2004, puis la circonscription en 2007. Cette fois-ci, c'est une quadrangulaire qui se produit au second tour, qui voit Gérard Dubrac battu de 14 voix par le socialiste Bernard Gallardo. Les sénatoriales de 1998 voient se produire une bascule à retardement, consécutive à celle de 1992 au niveau du conseil général, et à la bonne tenue de la droite aux municipales de 1995. La droite aligne ses deux poids-lourds, Yves Rispat et Aymeri de Montesquiou, face au sortant socialiste Robert Castaing et à son colistier Robert Perrussan, maire de... Montesquiou. Le premier tour s'avère serré. Avec 361 suffrages, Robert Castaing ne devance Yves Rispat que de deux voix. Robert Perrussan (347 voix) est talonné de 12 bulletins par Aymeri de Montesquiou. Le second tour est tout aussi ric-rac. Yves Rispat s'impose assez nettement, tandis que son colistier ne bat Robert Castaing que de sept voix! Le désistement de Gérard Dubrac et l'absence de bulletin FN au second tour semblent avoir été décisifs. La situation politique s'avère toute aussi singulière en 2008. Si Aymeri de Montesquiou, passé à l'UMP mais toujours membre du Parti radical valoisien, repasse au premier tour, la droite n'aligne personne au second, Yves Rispat ne se représentant pas. De ce fait, celle-ci et une partie de la gauche se reportent sur le maire PRG de Fleurance Raymond Vall, au détriment de l'ancien député socialiste Jean-Pierre Pujol. Le Gers devient ainsi le seul département à avoir deux sénateurs des "deux rives du radicalisme".
Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises |
Carte 1: circonscriptions législatives source: Le Monde |
Chronologie
des députés
1 AUCH 1988 Jean LABORDE (soc.) 1993 Yves RISPAT (RPR) 1997 Claude DESBONS (soc.) 2001 Jean-Pierre PUJOL (soc.) 2002 Philippe MARTIN (soc.) 2 CONDOM 1988 Jean-Pierre JOSEPH (soc.) 1993 Aymeri DE MONTESQUIOU (UDF) 1997 Yvon MONTANE (soc.) 2002 Gérard DUBRAC (UMP) 2007 Gisèle BIEMOURET (soc., rad. et cit.)
Sénateurs Aymeri DE MONTESQUIOU (un. centriste et rép.); Raymond VALL (Ras. dém. et soc. euro.)
Conseil général du Gers 21 PS, 3 FG, 2 divers droite, 2 PRG, 2 UMP, 1 UDI président: Philippe MARTIN (PS)
Maires AUCH: Franck MONTAUGE (PS) CONDOM: Bernard GALLARDO (PS) FLEURANCE: Raymond VALL (PRG) L'ISLE-JOURDAIN: Alain TOURNE (PS) LECTOURE: Gérard DUCLOS (PS) EAUZE: Michel GABAS (UDI) VIC-FEZENSAC: Michel SANROMA (PS) MIRANDE: Pierre BEAUDRAN (UMP)
sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur, Wikipedia, Sénat |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur, Wikipedia |
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Carte 3: communes sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui Les Verts, Education nationale |
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