HAUTES-PYRENEES

Encore majoritairement attaché aux radicaux de gauche, l'électorat des Hautes-Pyrénées reste peu porté vers les extrêmes. Ici, la droite a connu quelques succès depuis le début de la Ve République, mais seule sa composante centriste semble s'être durablement implantée, alors que les socialistes s'imposaient peu à peu dans le paysage politique.

En 1988, pour le première fois, le PS détenait la majorité des sièges, le MRG s'adjugeant la deuxième circonscription, celle de Lourdes, ancien fief du sénateur-maire François Abadie, connu pour sa forte personnalité.

Suite à ses succès à Lourdes et Bagnères-de-Bigorre aux municipales de 1989, la droite manque de peu le grand chelem aux législative de 1993. Dans la 2e, le nouveau maire centriste de Lourdes Philippe Douste-Blazy s'impose sans coup férir dès le premier tour, infligeant une humiliante défaite au poulain de François Abadie, Claude Gaits. Le scrutin est plus serré dans la 1ere, entre le sortant Pierre Forgues et l'ancien député giscardien Gérard Trémège, qui l'emporte grâce aux bons reports du candidat RPR Pierre-André Breton. La gauche sauve les meubles dans la 3e, en réussissant le parachutage du secrétaire d'Etat Jean Glavany. Celui-ci s'impose avec 217 voix d'avance sur le conseiller général UDF Jean Journé, malgré les médiocres reports du maire communiste de Tarbes Raymond Erraçarret, qui a frôlé les 20 % au premier tour.

La vague rose de 1997 va se produire avec deux ans d'avance, lors de la partielle qui voit la reprise de la 1ere circonscription par Pierre Forgues. De fait, le scrutin de 1997 n'apporte aucun changement, Philippe Douste-Blazy résistant bien à Lourdes, avec plus de 52 % des voix au second tour. Pierre Forgues et Jean Glavany, eux, obtenant plus de 60 %.

Une très bonne tenue de la gauche qui explique en partie son grand chelem de 2002, à rebours de la tendance nationale. Les résultats de la 2e circonscription sont de leur côtés dus au départ de Philippe Douste-Blazy, parti se faire élire en Haute-Garonne en 2001. Arrivé en tête au premier tour, Gérard Trémège, bien que pouvant s'appuyer sur sa mairie de Tarbes prise aux communistes en 2001, doit finalement s'incliner face à la suppléante de Jean Glavany, la radicale Chantal Robin-Rodrigo. Les deux députés socialistes sont reconduits, avec une légère déperdition des voix.

La gauche retrouve son niveau de 1997 en 2007. Un phénomène du autant à la fidélité de son électorat qu'aux reports de voix du MODEM, dans ce département où François Bayrou est arrivé second à la présidentielle, derrière Ségolène Royal. Gérard Trémège en fait particulièrement les frais, étant battu par la sortante avec un écart supérieur à celui de 2002.

Le conseil général est dominé depuis 1992 par les socialistes. Mais, entretenant de bons rapports avec les radicaux depuis le début des années 1970, ils leur ont laissé la présidence de l'assemblée départementale jusqu'en 2008.

Les résultats du scrutin de 1994 traduisent d'ailleurs un net déséquilibre en faveur du PS, qui gagne deux sièges, alors que le MRG en cède trois, dont un, celui, très symbolique, de François Abadie (Lourdes-Est), à Philippe Douste-Blazy.

La poussée de la gauche en 1998 profite un peu aux radicaux, qui reprennent Ossu et Tarbes II à la droite. Celle-ci continue de perdre du terrain en 2001, et subit deux défaites symboliques. Le retrait de Philippe Douste-Blazy fait rebasculer Lourdes-Est à gauche et le PS reprend Lannemezan, où l'ancien député centriste Pierre Bleuler ne se représentait pas. Les communistes disparaissent de la carte des cantons, en cédant Laloubère à un divers gauche et Tarbes III, ancien canton de Raymond Erraçarret, au PS.

La séquence de 2004, qui suit celle de 1998, voit encore la gauche progresser, avec la perte de Pouyastruc par l'UDF. Le PS gagne le duel qui l'opposait au PRG à Bordères-sur-l'Echez.

En 2008, radicaux et socialistes progressent respectivement, à Galan pour les premiers et à Tarbes IV pour les seconds, malgré la défaite de la gauche aux municipales. Cela permet cependant au PS de se passer désormais du soutien du PRG. Face au président sortant du conseil général, François Fortassin, ils présentent la sénatrice Josette Durieu, qui est élue au bénéfice de l'âge. Après le Lot en 2004, c'est un nouveau fief du PRG qui tombe dans l'escarcelle du PS en Midi-Pyrénées.

A l'heure actuelle, les radicaux dominent leurs vieux bastions, dans le bassin de Lourdes et dans l'est du département, où ils sont implantés depuis plus longtemps. Le PS leur tient la dragée haute dans le nord et autour de Tarbes, où il mène la vie rude aux hommes de Gérard Trémège. Mis à part l'ouest de Lourdes, le dernier grand fief de droite reste Bagnères-de-Bigorre, où le maire Roland Castells s'est rallié au MODEM de François Bayrou.

Dans les trois grandes villes, le face à face entre socialistes et radicaux a été brisé par la droite dès 1989, et même avant à Tarbes. La préfecture a été prise à la droite par la communistes en 1977. Le maire Raymond Erraçarret s'en sort de justesse, en 1995, face au député UDF Gérard Trémège, en s'alliant avec Génération Ecologie. Le scrutin est encore plus serré en 2001, mais cette fois-ci Gérard Trémège réussit à créer une dynamique à droite en fusionnant sa liste au second tour avec deux autres, conduites par des RPR. En 2008, il met cette fois-ci en échec Jean Glavany, président PS du Grand Tarbes. Gêné par les 8,96 % du MODEM au premier tour, dont la tête de liste n'a donné aucune consigne de vote au second, il est assez largement battu par le maire sortant.

A Lourdes, le jeune cardiologue toulousain Philippe Douste-Blazy créa la surprise en 1989 en battant François Abadie. En 1995, il repasse au premier tour. Alors que son départ en 2000 à Toulouse a provoqué un reflux de la droite dans sa circonscription et son canton, sa commune a tenu bon. En 2001, l'éparpillement électoral (six listes au premier tour) profite à son successeur, l'UDF Jean-Pierre Artiganave, qui gagne le second tour après s'être allié aux pasquaïens. En 2008, Jean-Pierre Artignave pratique l'ouverture sarkozyenne. Ayant pris au premier tour, sur sa liste, un ancien candidat socialiste, il fusionne au second avec la liste Verts-MODEM. Ce qui lui permet de garder la mairie avec 168 voix d'avance sur le PRG.

Les centristes tiennent bon à Bagnères-de-Bigorre reprise aux communistes en 1989, mais ont perdu leur fief de Lannemezan en 2001. La plus grande ville de gauche est actuellement Aureilhan, une banlieue de Tarbes.

Les médiocres résultats des municipales de 2001 n'a pas empêché la gauche de rafler une nouvelle fois les deux sièges de sénateurs au scrutin qui a suivi. Le président du conseil général François Fortassin, qui a succédé quelques mois auparavant à François Abadie, et la socialiste Josette Durieu, sont reconduits au premier tour, avec près des deux tiers des voix. La droite n'atteint même pas son niveau de 1992 et le PCF souffre en revanche de la perte de la mairie de Tarbes.

 

Source: Le Monde


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

 

Chronologie des députés

1 BAGNERES-DE-BIGORRE

1988 Pierre FORGUES (soc.)

1993 Gérard TREMEGE (UDF)

1995 Pierre FORGUES (soc.)

2 LOURDES, TARBES I, II

1988 Claude GAITS (app. soc.)

1993 Jean-François CALVO (RPR)

1997 Philippe DOUSTE-BLAZY (UDF)

2002 Chantal ROBIN-RODRIGO (soc.)

3 TARBES III, IV, V

1988 Claude MIQUEU (soc.)

1993 Jean GLAVANY (soc.)

2000 Chantal ROBIN-RODRIGO (Rad., cit. et V.)

2002 Jean GLAVANY (soc.)

 

Sénateurs

Josette DURIEU (soc.); François FORTASSIN (Ras. dém. et soc. euro.)

 

Conseil général de

16 PS, 13 PRG, 3 UMP, 1 divers gauche, 1 MODEM

Présidente: Josette DURIEU (PS)

 

Maires

TARBES: Gérard TREMEGE (UMP)

LOURDES: Jean-Pierre ARTIGANAVE (UMP)

BAGNERES-DE-BIGORRE: Roland CASTELLS (MODEM)

AUREILHAN: Yannick BOUBEE (PS)

LANNEMEZAN: Bernard PLANO (PS)

VIC-EN-BIGORRE: Jean BORDERES (PRG)

SEMEAC: Guy DUFAURE (PS)

BORDERES-SUR-L'ECHEZ: Christian PAUL (divers gauche)

JUILLAN: Robert VIGNES (PRG)

BARBAZAN-DEBAT: Jean-Christian PEDEBOY (PRG)

 

Sources: Le Monde, Wikipedia, ministère de l'Intérieur

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, Wikipedia, ministère de l'Intérieur)

 


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, Education nationale, Parti radical de gauche)


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