LOT

(dernière mise à jour le 2 décembre 2009)

Des trois dernières bastides radicales de Midi-Pyrénées, le Lot a longtemps été la plus solide, du moins jusqu'au retrait de la vie politique de Maurice Faure au milieu des années 1990. Depuis, elle doit faire face aux attaques répétées de la droite et à la lente montée en puissance du PS.

Les élections législatives de 1988 illustrent déjà un certain partage du pouvoir avec le PS. Les radicaux de gauche détiennent la circonscription de Cahors, tandis que le PS s'adjuge celle de Figeac, avec son maire Martin Malvy. Un attelage qui résiste plutôt bien à la vague bleue de 1993. Tandis que Martin Malvy est assez facilement reconduit, le maire de Cahors Bernard Charles a plus de mal à garder son siège. Il ne l'emporte que de 506 voix sur le centriste Pierre Mas, qui le devance d'ailleurs dans sa ville, où sa gestion est de plus en plus contestée. Une courte victoire qui fait alors passer le Lot pour un bastion de gauche, puisqu'il est le seul de cette législature à ne pas élire de député de droite.

La vague rose de 1997 ne pose donc aucun problème aux deux sortants. Cependant, le score de la première circonscription (56,11 %) reste moins large que celui de la seconde (60,56 %), qui abrite pourtant davantage de fiefs de droite (Souillac, causse de Gramat). Cela semble révéler une relative fragilité de Bernard Charles, qui peine à s'occuper de l'héritage de Maurice Faure, et ne fait pas l'unanimité dans la région de Cahors.

Un phénomène qui va s'accentuer lors des législatives de 2002. Alors que la 2e circonscription voit Jean Launay reconduit sans trop de problème, la 1ere est le théâtre d'un rude combat entre le nouveau maire UDF de Cahors Michel Roumégoux et Daniel Maury, maire du vieux bastion radical de Montcuq. Une bataille qui se termine à l'avantage de la droite, avec un écart sensiblement similaire à celui du second tour de 1993.

Le patient travail de sape de la droite local, déjà bien entamé lors des cantonales de 2004, semble bien compromis après les législatives de 2007. Si la 2e circonscription est toujours aussi imprenable, la 1ere rebascule nettement à gauche. Arrivé légèrement en tête au premier tour, mais avec un peu plus d'un tiers des voix, Michel Roumégoux est talonné par la radicale Dominique Orliac. Disposant de davantage de réserves au second tour, le FN étant réduit à la portion congrue, elle le bat avec près de 55 % des voix.

Au conseil général a vu lui une lente érosion des radicaux de gauche, passés de 14 à 9 sièges depuis 1992, tandis que le PS en gagnait cinq et la droite en cédait quatre. En 1994, Maurice Faure cédait à Jean Milhau une assemblée encore dominée par le MRG, à 12 sièges contre 10 au PS. La droite, bien que prenant un siège, restait loin de la majorité.

Elle va être mise à rude épreuve en 1998, en perdant cinq sièges, notamment dans les zones urbaines où elle avait su s'implanter. Des cantons surtout récupérés par le PS, qui devient ainsi la première force de la majorité départementale.

La séquence de 2001 apporte peu de changements, mais le PRG perd un nouveau siège en faveur des divers gauche. La bascule se produit en 2004. le PS gagne six sièges, et la droite est bousculée, notamment dans ses places-fortes du nord (Gramat). Devenus majoritaires à eux seuls, les socialistes font élire l'un des leurs, Gérard Miquel, à la tête de l'assemblée.

Après plusieurs séries difficiles, le scrutin de 2008 voit la droite relever la tête. Si elle perd Bretenoux, elle parvient cependant à arracher Labastide-Murat et Saint-Céré à la majorité départementale.

Au niveau municipal, la domination radicale ne s'exerce plus que sur les communes rurales, depuis la chute historique de Cahors en 2001. Elu en 1990, Bernard Charles a été plutôt contesté lors de ses deux mandats. En 1995, il doit faire face à la liste centriste de Pierre Mas, ainsi qu'au RPR Roland Hureaux, qu'il avait également affronté lors des législatives de 1993, et à une liste communiste. Au second tour, le maire l'emporte de 488 voix, alors que la droite plafonnait à 40 % au premier tour.

Consciente du danger de basculement, la gauche part unie en 2001. Divisée entre les listes de Michel Roumégoux, Roland Hureaux et de divers droite, l'opposition pèse cependant près de 52 % au premier tour. Au second tour, Bernard Charles parvient à mobiliser 500 abstentionnistes sur son nom, mais Michel Roumégoux, qui a fusionné avec Roland Hureaux, fait de même et l'emporte de 210 voix.

Le scrutin de 2008 tend à démontrer que le mandat accompli par la droite (Michel Roumégoux de 2001 à 2003, puis Marc Lecuru jusqu'en 2008) ne fut qu'une transition dans l'"après-Charles"... Mais il sanctionne également le déclin du PRG. La nouvelle députée Dominique Orliac échoue en effet à reprendre la ville à la droite, en arrivant troisième au premier tour. Elle talonne de 71 voix le maire sortant, qui ne passe même pas la barre des 20 %, gêné par le MODEM et l'éternel Roland Hureaux. Seul le jeune socialiste Jean-Marc Vayssouze-Faure tire son épingle du jeu en réunissant près d'un tiers des suffrages, malgré Dominique Orliac et une liste communiste. Mais pas une voix ne lui manque au second tour, lors duquel il écrase littéralement Marc Lecuru, avec 67,08 % des suffrages exprimés.

La seconde ville du département, Figeac, reste solidement ancrée à gauche, tandis que la troisième, Gourdon, fut tenue entre 1995 et 2008 par l'UMP Arlette Feixa, connue pour sortir gagnante de triangulaires périlleuses. Elle est en revanche battue dès le premier tour en 2008 par la conseillère régionale PS Marie-Odile Delcamp. La gauche enlève également Souillac lors de ce scrutin.

Malgré la poussée à droite aux municipales de 2001, les sénatoriales qui ont suivi n'ont pas constitué une menace pour la gauche. Le radical André Boyer et le socialiste Gérard Miquel ont été tous deux réélus au premier tour, bénéficiant des suffrages de campagnes encore largement acquises à la gauche et de la division de la droite, éclatée entre les candidatures de Michel Roumégoux, Pierre Mas et Roland Hureaux.

 

Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

 

Chronologie des députés

1 CAHORS

1988 Bernard CHARLES (app. soc.)

2002 Michel ROUMEGOUX (UDF)

2007 Dominique ORLIAC (soc., rad. et cit.)

2 FIGEAC

1988 Martin MALVY (soc.)

1992 Marie-Claude MALAVAL (soc.)

1993 Martin MALVY (soc.)

1998 Jean LAUNAY (soc.)

 

Sénateurs

Jean MILHAU (Ras. dém. et soc. eur.); Gérard MIQUEL (soc.)

 

Conseil général du Lot

14 PS, 9 PRG, 4 divers gauche, 3 divers droite, 1 UMP

président: Gérard MIQUEL (PS)

 

Maires

CAHORS: Jean-Marc VAYSSOUZE-FAURE (PS)

FIGEAC: Nicole PAULO (PS)

GOURDON: Marie-Odile DELCAMP (PS)

SOUILLAC: Jean-Claude LAVAL (PS)

GRAMAT: Franck TEIL (divers droite)

SAINT-CERE: Pierre DESTIC (divers droite)

 

sources: Le Monde, Assemblée nationale, ministère de l'Intérieur

 

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)

 


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Parti radical de gauche)

 

LIENS

Midi-Pyrénées

Chronologies historiques

Page d'accueil