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TARN-ET-GARONNE |
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Le Tarn-et-Garonne reste le dernier
vrai bastion radical-socialiste de la région Midi-Pyrénées. Une
domination qui tient davantage à la famille Baylet, fondatrice du
quotidien régional La Dépêche du Midi, qui préside le conseil
général depuis 1970, qu'à la géopolitique. Ainsi, contrairement aux
autres départements radicaux de la région, ici c'est la droite qui se
montre davantage menaçante que le PS.
Celui-ci tient les deux circonscriptions en 1988. Dans la 1ere se trouve Montauban, fief socialiste depuis 1965 et c'est tout naturellement que son maire, Hubert Gouze, y est élu député. Dans la seconde, qui vote à gauche depuis 1962, c'est Jean-Michel Baylet qui passe dès le premier tour. L'affaiblissement conjoint du PS et du MRG permet à la droite de s'imposer assez largement en 1993, malgré ses divisions. Au contraire, les candidatures multiples permettent au centriste Jean-Pierre Cave, à Montauban, et au libéral Jacques Briat, à Castelsarrasin, de battre des sortants qui peinent à rassembler plus du quart des suffrages au premier tour. Il semble aussi que Jean-Michel Baylet ait payé une certaine inconstance électorale: élu sénateur en 1986, il est réélu député en 1988 pour siéger immédiatement au gouvernement. Ayant retrouvé le Sénat en 1995, il n'est pas présent lors du scrutin de 1997. Son ancien suppléant Jean-Paul Nunzi, maire radical de Moissac, remporte un combat difficile contre Jacques Briat. Le député sortant, qui n'a pu améliorer son implantation, est battu de plus de 1600 voix, alors que le FN (14,80 % au premier tour) avait appelé à faire barrage à M. Nunzi. Il semble que ce dernier ait profité des reports de son collègue sans étiquette de Castelsarrasin, Bernard Dagen (10,21 %). A Montauban, Jean-Pierre Cave paye son échec aux municipales de 1995. Il est assez nettement battu par le maire Roland Garrigues. Les municipales sont une nouvelle fois au centre des enjeux dans la 1ere circonscription en 2002. Cette fois-ci, c'est Brigitte Barèges, nouveau maire RPR, qui l'emporte avec près de dix points d'avance sur Roland Garrigues. Une vague bleue qui se répète dans la 2e, où Jacques Briat signe son retour, avec un écart de voix comparable à celui de Mme Barèges. Les législatives de 2007 s'achèvent sur un match nul... mais serré. Dans la 1ere, Brigitte Barèges réussit à repousser l'assaut en règle sur sa circonscription de Roland Garrigues. Mais elle est distancée d'une courte tête à Montauban, où la droite avait eu du mal à contenir la gauche lors des précédents scrutins locaux. Les résultats de la 2e reflètent un changement de comportement électoral. Les électeurs de ce secteur, qui semblaient de plus en plus apprécier d'avoir un député sans mandat local, vont plus loin dans cette logique en élisant une jeune radicale de 29 ans. Sylvia Pinel détrône ainsi Jacques Briat, le pharmacien bien connu de Valence-d'Agen. Un second tour qui consacre l'effacement du PS, comme au conseil général, le dernier où les radicaux sont plus nombreux que les socialistes. A plusieurs reprises, la droite a tenté de s'y imposer, mais Jean-Michel Baylet a souvent reçu le soutien des élus sans étiquette. En 1994, il renforce sa majorité de deux sièges, notamment à Auvillars où Jacques Briat échoue à s'implanter. En 1998, c'est la stabilité qui prévaut, mais les radicaux perdent le canton symbolique de Caussade, où le sénateur Yvon Collin est battu par l'ancien député gaulliste Jean Bonhomme. Mais le Tarn-et-Garonne, comme tous les départements à faible nombre de cantons, peut très vite basculer. Jean-Michel Baylet manqua en faire les frais en 2001. Avec 15 élus, dont seulement 4 PS, la gauche se retrouva face à 11 conseillers de droite... et quatre sans étiquette, dont deux nouvellement élus au détriment du PS à Lavit et Moissac I. La séquence de 2004 lui redonne un peu d'air. La gauche enlève Beaumont-de-Lomagne, et Montauban I et VI. Le PS en profite aussi pour retrouver quelques couleurs, en reprenant Grisolles au PRG. Les cantonales 2008 sonnent comme une réplique des législatives de 2007. Effet Pinel? Dans la 2e circonscription, le PRG relève la tête dans son fief de Moissac (canton I) au détriment de la droite mais surtout à Saint-Nicolas-de-la-Grave, en duel face aux socialistes. Ceux-ci ne sont pas en reste et enlèvent à la droite les cantons II et IV de Montauban, malgré leur courte défaite aux municipales. La stabilité a longtemps prévalu à l'échelon municipal. Détenue depuis 1965 par les socialistes, Montauban reste solidement ancrée à gauche en 1995. Roland Garrigues, qui a succédé à Hubert Gouze, décédé en 1994, bat assez facilement le député centriste Jean-Pierre Cave. En 2001, les gaullistes réussissent là où il avait échoué. Dans un contexte fortement marqué par l'insécurité, la RPR Brigitte Barèges remporte la triangulaire l'opposant au FN et à Roland Garrigues. Celui-ci étant pourtant arrivé en tête avec le même nombre de listes au premier tour, mais les électeurs frontistes semblent avoir privilégié le vote utile. La liste FN perd près de 1500 voix et ne parvient pas à décrocher un siège. Le scrutin de 2008 voit la bonne résistance de Brigitte Barèges, malgré ses résultats décevants dans la préfecture aux législatives de 2007. Ses 43,83 % sont la preuve d'une implantation en progression. De son côté, le candidat PS Claude Mouchard, avec un peu plus d'un tiers des voix, fusionne avec le liste communiste qui a passé la barre des 10 %. Seule incertitude: l'attitude des électeurs du MODEM au second tour (6,74 % au premier tour). A l'issue d'une soirée électorale tendue, qui a débuté par des résultats favorables à la gauche, Mme Barèges l'emporte finalement avec 166 voix d'avance. Les deux autres villes importantes, Moissac et Castelsarrasin, n'ont en revanche pas connu de bouleversement depuis 1989. Les radicaux ont eu l'occasion de démontrer leur suprématie lors des dernières sénatoriales, en 2004. Yvon Collin et Jean-Michel Baylet sont réélus au premier tour, tandis que la droite plafonne à 30 %. Le PS n'a présenté aucun candidat.
Sources: Le Monde, 577 députés à élire |
Carte 1: circonscriptions législatives (Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 MONTAUBAN 1988 Hubert GOUZE (soc.) 1993 Jean-Pierre CAVE (UDF) 1997 Roland GARRIGUES (soc.) 2002 Brigitte BAREGES (UMP) 2 CASTELSARRASIN 1988 Jean-Paul NUNZI (soc.) 1993 Jacques BRIAT (UDF) 1997 Jean-Paul NUNZI (Rad., cit. et V.) 2002 Jacques BRIAT (UMP) 2007 Sylvia PINEL (app. soc., rad. et cit.)
Sénateurs Jean-Michel BAYLET (Ras. dém. et soc. eur.); Yvon COLLIN (Ras. dém. et soc. eur.)
Conseil général du Tarn-et-Garonne 12 PRG, 8 PS, 4 divers droite, 3 UMP, 2 divers gauche, 1 MODEM président: Jean-Michel BAYLET (PRG)
Maires MONTAUBAN:
Brigitte BAREGES (UMP) MOISSAC:
Jean-Paul NUNZI (PRG) CAUSSADE: François BONHOMME (UMP) VALENCE: Jacques BOUSQUET (PRG) BEAUMONT-DE-LOMAGNE: Jean-Luc DEPRINCE (PRG) MONTECH: Valérie RABASSA (MODEM)
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Parti radical de gauche) |
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LIENS |
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