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TARN (dernière mise à jour le 20 avril 2011) |
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Situé au point de contact entre les
causses conservateurs et le Lauragais plus franchement radical et
socialiste, le Tarn est traditionnellement très disputé entre la gauche
et la droite.
Cette dernière dispose d'une véritable place forte dans les campagnes conservatrices autour de la ville, souvent gaulliste, de Castres. Fort logiquement, en 1988, ce secteur que recouvre la 3e circonscription est le seul à désigner un député de droite, l'ancien maire RPR de Castres Jacques Limouzy. La gauche, qui tient encore de nombreuses villes et cantons, s'adjuge les trois autres sièges. Les législatives de 1993 provoquent un renversement de fronts. Cette fois-ci, c'est la gauche qui se replie dans son bastion, la 1ere circonscription, qui envoya naguère Jean Jaurès à l'Assemblée nationale, autour du bassin ouvrier de Carmaux et de la préfecture Albi, encore tenue par les socialistes. Un phénomène à mettre en partie sur le compte de la montée du FN, qui a fourni à la droite un bon réservoir de voix au second tour. Paul Quilès, qui a réussi son parachutage en 1993, et les socialistes tarnais parviennent cependant à renverser la vapeur en 1997, malgré les résultats mitigés des municipales de 1995 et la percée de la droite aux cantonales de 1994. Celle-ci avait toutes les cartes en main pour conserver la 2e et la 4e. Mais, à Albi, le président du conseil général Thierry Carcenac, qui a réussi à sauver son siège en 1994, distance le nouveau maire RPR Philippe Bonnecarrère qui, cette fois-ci, souffre de mauvais reports du FN. A Mazamet, Monique Collanges s'appuye sur les campagnes, où elle est élue, pour battre Bernard Carayon, qui avait pourtant amélioré son implantation depuis 1993. Les législatives de 2002 s'achèvent sur un match nul. La surprise vient de la 3e circonscription, où Jacques Limouzy ne parvient pas à faire élire son successeur à la mairie de Castres, Pascal Bugis. Il est très nettement battu par le villiériste Philippe Folliot, qu'il avait pourtant distancé au premier tour. Les cantons ruraux, qui avaient jusque-là l'habitude de suivre la partie urbaine, ont cette fois défié les élus castrais, accusés de les avoir négligés. Monique Collanges subit un peu la même mésaventure dans la 4e. Bien que distancé au premier tour, Bernard Carayon rassemble cette fois-ci les suffrages de l'UDF et du FN. Dans la 1ere, Paul Quilès est une nouvelle fois largement reconduit, et Thierry Carcenac résiste bien dans la 2e. Le scrutin de 2007 n'apporte aucun changement. Dans la 1ere, le conseiller général Jacques Valax succède sans problème à Paul Quilès, avec un étiage comparable. Comme en 2002, le deuxième tour se joue à droite dans la 3e, où Philippe Folliot bat très largement le candidat investi par l'UMP. Malgré un premier tour difficile, Thierry Carcenac s'en sort mieux qu'en 2002. A Mazamet, Bernard Carayon, favorisé par le découpage de sa circonscription, est également reconduit. Ce partage Nord-Sud entre gauche et droite, qui s'est installé depuis 2002, recouvre une autre réalité géopolitique, au niveau cantonal. Les années "Limouzy" ont laissé paradoxalement peu de place à l'UMP, qui existe surtout dans les cantons urbains, les autres secteurs étant détenus par des élus sans étiquette. Dans le Sud, ils sont surtout de gauche, cernant presque entièrement l'agglomération de Castres. Le PS, lui, domine à Albi, Carmaux et Gaillac. Il n'a a pas toujours été ainsi. Au lendemain des législatives de 1993, la droite comptait bien faire tomber ce bastion socialiste en Midi-Pyrénées. Elle arrache ainsi en 1994 Lavaur, Puylaurens et Saint-Amans-Soult à la gauche, ne faisant plus tenir qu'à un siège la majorité de Thierry Carcenac. Une occasion ratée pour longtemps, puisque la séquence de 1998 permet à la gauche de gagner huit sièges. Le redécoupage à Albi profite à Philippe Bonnecarrère dans le nouveau canton Est, mais le socialiste Jacques Valax s'impose dans celui de l'Ouest. Les communistes font leur retour à l'assemblée départementale, en enlevant au RPR celui du Nord-Ouest. Un bilan globalement négatif pour la nouvelle municipalité RPR. A Castres, même motif même punition, à fronts renversés. Malgré de bons reports de voix de droite, l'adjoint au maire PS Philippe Guerineau souffle au député européen FN Bernard Antony le nouveau canton Ouest. Ailleurs, la droite perd Cordes, Mazamet Sud-Ouest et Salvagnac. Le retrait du FN à Graulhet n'empêche pas le maire RPR Jean-Louis Picarel d'échouer de peu face à l'ancien maire PS Claude Bousquet. La gauche perd quatre siège en 2001, lors du renouvellement de la série qui avait pourtant vue l'exceptionnelle poussée de droite de 1994. Une nouvelle percée qui s'explique par les bons résultats de l'opposition aux municipales. Elle reprend ainsi trois sièges (Est, Ouest, Sud) à Castres, et fait de même à Valence-d'Albigeois. Les communistes, de leur côté, améliorent leur implantation en reprenant Carmaux-Nord au PS. Les cantonales de 2004 s'achèvent sur un match nul, annonciateur de la stabilité prévalant aux législatives de 2007. Les changements se produisent dans les cantons ruraux. La gauche reprend Anglès mais perd Cordes, tandis que la plupart des élus urbains sont reconduits. La séquence de 2008 est favorable à la gauche, sur une série qui ne lui avait guère réussi ces quinze dernières années. Le PS entame ainsi la domination de l'UMP sur Castres, en enlevant les cantons Ouest et Sud. Il perce également en zone rurale (Rabastens, Vabre). Le scrutin de 2011 voit tous les sortants reconduits. Une grande stabilité qui cache une percée du FN, présent au second tour à Albi-Ouest, Graulhet, Labruguière, Mazamet Nord-Est et Sud-Ouest Mise à mal lors de la vague rose de 1977, la droite s'est taillée de solides fiefs municipaux. A Albi, elle mettra tout de même dix-huit ans à reconquérir cette municipalité conquise par le socialiste Michel Castel. En 1995, le nouveau député Philippe Bonnecarrère incarne le renouvellement. Au premier tour, le rapport gauche droite est légèrement favorable à cette dernière. Au second tour, Philippe Bonnecarrère rassemble bien au-delà de son camp, puisant dans les réserves abstentionnistes, tandis que l'attelage entre Michel Castel et le Vert Gérard Onesta ne convainc pas. En 2001, le maire sortant frôle la majorité absolue tandis que le total des voix de gauche subit un repli de près de quatre points. Au second tour, il améliore de six points son résultat de 1995. En 2008, il manque également l'élection au premier tour, mais la gauche, divisée en deux listes, dépasse légèrement les 50 %. La fusion de ces deux listes n'empêche cependant pas sa réélection au second tour. A Castres, Jacques Limouzy, élu maire en 1971, battu en 1977, réélu en 1989, semble avoir mené le combat de trop en 1995. Le jeune candidat PS Arnaud Mandement le distance de 1000 voix au premier tour. Une partie de l'électorat de droite, sans doute lassée de voir l'ancien ministre gaulliste dans le paysage politique, semble s'être reportée sur la liste FN, qui dépasse les 10 %, lui ouvrant ainsi les portes du second tour. Une triangulaire remportée de 719 voix par le PS. En 2001, la droite attire les déçus du "limouzisme" en jouant la carte du renouvellement avec l'avocat Pascal Bugis, tandis que la gauche s'effondre de plus de 2500 voix. Le FN Bernard Antony manque de peu la qualification pour le second tour, laissant le champ libre à M. Bugis qui bat le maire sortant avec plus de 3200 voix d'avance. En 2008, ce maire atypique trouve sur sa route le tout aussi atypique député Philippe Folliot. Mais le parlementaire deux fois moins de suffrages que le sortant, la gauche peinant à réunir un tiers des voix. Au second tour, de nombreux électeurs de droite préfèrent voter utile. Pascal Bugis gagne la triangulaire à la majorité absolue, tandis que Philippe Folliot perd plus de 800 voix et que la gauche reste stable. En 2004 comme en 1995, la gauche recueille les fruits de son travail de proximité avec les élus aux sénatoriales. Jean-Marc Pastor est réélu au premier tour. Divisée, la droite aurait pu récupérer le siège de Roger Lagorsse, qui ne se représentait pas, mais elle ne parvient pas à faire l'union au second tour, laissant le champ libre à l'ancienne députée Jacqueline Alquier.
Sources: Le Monde, 577 députés à élire, La Croix, Le Figaro |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 ALBI NORD-EST, NORD-OUEST, CARMAUX 1988 Pierre BERNARD (soc.) 1993 Paul QUILES (soc.) 2007 Jacques VALAX (soc., rad. et cit.) 2 ALBI CENTRE, SUD 1988 Charles PISTRE (soc.) 1993 Philippe BONNECARRERE (RPR) 1997 Thierry CARCENAC (soc.) 3 CASTRES 1988 Jacques LIMOUZY (RPR) 2002 Philippe FOLLIOT (UDF) 4 MAZAMET 1988 Jacqueline ALQUIER (soc.) 1993 Bernard CARAYON (RPR) 1997 Monique COLLANGES (soc.) 2002 Bernard CARAYON (UMP)
Sénateurs Jacqueline ALQUIER (soc.); Jean-Marc PASTOR (soc.)
Conseil général du Tarn 18 PS, 11 divers gauche, 8 divers droite, 5 UMP, 2 PCF, 1 MODEM, 1 PRG président: Thierry CARCENAC (PS)
Maires ALBI:
Philippe BONNECARRERE (UMP) CASTRES:
Pascal BUGIS (UMP) GRAULHET:
Claude FITA (PS) GAILLAC:
Michèle RIEUX (PS) MAZAMET:
Laurent BONNEVILLE (divers droite) CARMAUX: Alain ESPIE (PS) LAVAUR: Bernard CARAYON (UMP) AUSSILLON: Didier HOULES (PS) SAINT-JUERY: Jacques LASSERRE (PS) LABRUGUIERE: Richard AURIAC (PS) SAINT-SULPICE: Bernard SOULET (divers droite) RABASTENS: Alain BREST (PS) LISLE-SUR-TARN: Jean TKACZUK (PS) LESCURE-D'ALBIGEOIS: Claude JULIEN (PS)
Sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur)
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Parti radical de gauche) |
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LIENS |
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