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MANCHE |
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Le seul indicateur des vagues bleues ou roses reste la 5e circonscription, abritant les fiefs ouvriers de l'agglomération de Cherbourg-Octeville. Seul secteur ayant élu des députés de gauche depuis 1958, il est par conséquent, depuis 1988, beaucoup moins stable que les quatre autres circonscriptions. Par conséquent, lors des législatives de 1988, qui ont suivi la réélection de François Mitterrand, le nord du département s'est une nouvelle fois teinté de rose, avec l'ancien député centriste du Calvados Olivier Stirn, passé au PS, succédant à l'ancien maire socialiste de Cherbourg Louis Darinot, député depuis 1973. Les 1ere et 2e circonscriptions reconduisent Jean-Marie Daillet et René André, élus respectivement depuis 1973 et 1983. Dans les 3e et 4e, deux nouveaux élus, Alain Cousin et Claude Gatignol, entament une longue carrière à l'Assemblée nationale. La vague bleue de 1993 disqualifie totalement la gauche. Tandis que René André et Claude Gatignol repassent au premier tour, la droite se retrouve seule au second tour à Saint-Lô et Granville. Jean-Marie Daillet, rallié entre-temps à la majorité présidentielle, ne se représentant pas, le duel se joue entre le conseiller général RPR Jean-Claude Lemoine et le trésorier de l'UDF Georges de la Loyère. Largement en tête au premier tour, Jean-Claude Lemoine rend au second ce secteur aux gaullistes, après vingt ans de domination centriste. Dans la 3e, l'écart en faveur d'Alain Cousin est encore plus important. Renouant au premier tour avec son score de 1988, il écrase au second le divers droite David Lerouge. Le seul duel droite-gauche, dans la 5e, tourne à l'avantage d'un nouveau venu, le candidat UDF Yves Bonnet, ancien patron de la DST. Malgré sa bonne implantation, le suppléant d'Olivier Stirn, Bernard Cauvin, obtient le plus mauvais score de la gauche dans ce secteur depuis la Libération. Sans surprise, cette circonscription est pourtant la seule à succomber à la vague rose de 1997. Malgré ses efforts d'implantation, Yves Bonnet est distancé de plus de 4500 voix au premier tour par le maire PS d'Octeville Bernard Cazeneuve. Au second tour, l'écart double presque, permettant au PS d'obtenir 58,6 % des voix. Mis à part René André, réélu dès le premier tour, seul Claude Gatignol fait mieux fait mieux face au candidat de la gauche plurielle, le Vert Didier Anger, gêné par une candidature communiste dans cette circonscription délicate abritant le centre de retraitement nucléaire de La Hague. De leur côté, Jean-Claude Lemoine et Alain Cousin, à peine chahutés au premier tour, retrouvent au second leur siège, avec plus de 56 %, face à la gauche. En 2002, comme de coutume, la 5e circonscription est la seule à basculer. Outre le contexte national, Bernard Cazeneuve a payé la fusion plus difficile que prévu des communes de Cherbourg et d'Octeville en 2000. Maire de la nouvelle entité, il est coiffé sur le poteau par l'élu rural RPR Jean Lemière. Alors que les 1ere et 2e réélisent leur député au premier tour, Alain Cousin et Claude Gatignol écrasent la gauche au second. Les législatives de 2007 s'achèvent sur un retour de balancier dans la 5e et sur un certain renouvellement de la droite. Un secteur où semble avoir joué l'effet "TVA sociale" rencontré au second tour dans nombre de circonscriptions populaires. Pourtant bien implanté, Jean Lemière subit à peu près le même sort, en écart de voix, qu'Yves Bonnet en 1997. A Saint-Lô, Philippe Gosselin réussit sans problème la succession de Jean-Claude Lemoine. Dans la 2e, le parachutage du ministre Philippe Bas tourne court. Bien qu'arrivé en tête du premier tour, il est assez largement battu au second par le maire UMP dissident d'Avranches Guénaël Huet, qui a sans doute bénéficié de suffrages de la gauche. Si Alain Cousin est une nouvelle fois largement reconduit, Claude Gatignol ne s'en sort qu'avec un "petit" 55,5 %, en retrait par rapport au difficile scrutin de 1997. On peut y voir l'effet de la péri-urbanisation croissante de cette circonscription, surtout dans sa partie nord, ainsi qu'une certaine usure du pouvoir. Mise à part l'agglomération de Cherbourg-Octeville, qui relève de la 5e, cette 4e circonscription est celle abritant le plus de cantons de gauche. Ceux-ci se trouvent surtout dans les zones urbaines et ouvrières, ainsi que dans le sud, près d'Avranches, où la sociologie électorale peut s'apparenter à celle de la Bretagne voisine. En outre, leur nombre est passé, entre 1992 et 2008, de 7 à 15, pour atteindre le tiers des sièges à l'assemblée départementale. La majorité de droite, largement gaulliste dans les années 1990, comprend un fort contingent d'élus sans étiquette. Un phénomène presque inexistant à l'origine et aujourd'hui presque aussi important à gauche. Comme dans la plupart des départements de l'Ouest, la Manche aime les élus non encartés. Le scrutin cantonal de 1994 se caractérise par sa grande stabilité. La droite perd deux cantons ruraux, Quettehou et Saint-Clair-sur-l'Elle, au profit de divers gauche, mais limite les dégâts grâce à Guénaël Huet, qui reprend Avranches au PS. Cette séquence voit aussi l'émergence d'une nouvelle génération d'élus, avec notamment Yves Bonnet (Cherbourg Nord-Ouest), Bernard Cazeneuve (Octeville) ou Roland Sourisse (Tourlaville). Les partis de droite (RPR, UDF, CNI) souffrent pas mal en 1998 face à une petite poussée de la gauche dans les campagnes (Barneville-Carterêts, Périers et Pontorson), une nouvelle fois au profit d'élus sans étiquette. A droite, ceux-ci s'imposent au détriment de candidats encartés à Carentan et Saint-Malo-la-Lande. Comme sept ans auparavant, les cantonales de 2001 s'achèvent sans grand changement. Les divers gauche gagnent deux nouveau sièges aux Pieux et à Saint-Sauveur-le-Vicomte, et deux chassés-croisés se produisent de gauche à droite à Cherbourg-Octeville Nord-Ouest et Saint-Lô Est, et un de droite à gauche à Granville. Le seul évènement marquant est le retrait du seul conseiller FN, Fernand Le Rachinel, à Canisy. Un élu historique du parti d'extrême-droite, qui s'est imposé grâce à sa bonne implantation locale dans ces campagnes normandes peu sensibles au thèses de Jean-Marie Le Pen. Son canton reste cependant très conservateur, en plaçant trois candidats de droite en tête. C'est finalement le sans étiquette Eugène Fontaine qui l'emporte sur le libéral Eric Lecler. La série de 2004 s'avère, comme en 1998, favorable à la gauche, sans toutefois bousculer les équilibres. Le PS s'impose cette fois dans le marais, à Carentan et Saint-Jean-de-Draye, tandis que les divers gauche perdent Périers. A noter les défaites symboliques de deux députés, Alain Cousin, qui doit céder Coutances au PS, et Claude Gatignol, qui perd Valognes au profit aussi des socialistes. A rebours de la tendance nationale, la droite s'impose légèrement en 2008. Elle remet la main sur des zones qui penchaient peu à peu à gauche, comme Avranches, Quettehou et Saint-Sauveur-le-Vicomte. La région de Granville voit un chassé-croisé. Si le canton éponyme revient à droite, La Haye-Pesnel passe à gauche. Le PS progresse surtout en zone urbaine. Il boute totalement la droite de l'agglomération cherbourgeoise en prenant le canton Nord, et signe son retour à Saint-Lô, en gagnant le canton Est. Depuis la perte de Saint-Lô en 1995, la gauche ne domine plus l'échelon municipal que dans l'agglomération de Cherbourg. Bastion ouvrier historique, elle constitue sur la carte de la Manche la plus grande tache rose. En 1995, le maire PS de Cherbourg Jean-Pierre Godefroy repasse dès le premier tour avec 58,07 % face à un Yves Bonnet gêné par une liste centriste dissidente. Une primaire sauvage qui permet tout de même à la droite de grappiller un siège au conseil municipal. Le PS doit cependant attendre le second tour pour s'imposer en 2001. Bernard Cazeneuve, ancien maire d'Octeville et maire depuis 2000 de la nouvelle commune fusionnée de Cherbourg-Octeville, a du mal à s'imposer. Obtenant tout de même 48,98 %, il fait face à droite au RPR Jean Lemière, qui rassemble 600 voix de plus que le total des listes de droite en 1995, et à l'étonnant résultat de la liste LO (8,88 %) dans un contexte difficile de restructurations de l'arsenal. Il l'emporte au second tour mais avec des reports médiocres de la liste d'extrême-gauche. En 2008, la candidature de Bernard Cazeneuve ne souffre plus de débats à gauche. Il l'emporte dès le premier avec près des deux tiers des voix, face à une droite divisée. La préfecture Saint-Lô a constamment zappé entre droite et gauche depuis 1971. En 1995, le maire socialiste Michel Levilly affronte la dissidence de son adjoint Bernard Dupuis. Une discorde qui oriente au premier tour près de 55 % des suffrages vers la droite, la liste du RPR François Digard dépassant les 40 %, 300 voix derrière le total des deux listes de gauche. Le maintien au second tour du divers droite Michel Trehet ne sauve pas Michel Levilly. Une partie des électeurs de Michel Trehet et de Bernard Dupuis préfère François Digard, qui dépasse les 50 % dans cette triangulaire. L'absence de toute dissidence en 2001 permet à François Digard de casser la zappette. De son côté, Michel Levilly rate complètement son retour. Très en retrait par rapport au total de gauche en 1995, il obtient à peine plus du tiers des suffrages. En 2008, la gauche, qui nourrissait de sérieux espoirs de reconquête, est battue de 651 voix au premier tour par François Digard. Le passage à la proportionnelle aux sénatoriales de 2001 permet au PS d'obtenir un siège. Arrivé pourtant en troisième position, Jean-Pierre Godefroy entre au palais du Luxembourg avec un score comparable à celui de la gauche en 1992. La grande perdante est la sénatrice sortante UDF Anne Heinis, qui a fait les frais de la stratégie de la droite, qui a préféré présenter trois listes. Résultat: seuls les deux sortants RPR Jean Bizet et Jean-François Le Grand retrouvent leur siège. A noter la dégringolade du FN Fernand Le Rachinel, qui a abandonné son siège de conseiller général six mois auparavant, et qui n'obtient plus que 35 voix contre 205 en 1992.
Sources: Le Monde, 577 députés à élire |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 SAINT-LÔ 1988 Jean-Marie DAILLET (Un. du Centre) 1993 Jean-Claude LEMOINE (RPR) 2007 Philippe GOSSELIN (UMP) 2 AVRANCHES 1988 René ANDRE (RPR) 2007 Guénaël HUET (UMP) 3 GRANVILLE 1988 Alain COUSIN (RPR) 4 VALOGNES 1988 Claude GATIGNOL (UDF) 5 CHERBOURG-OCTEVILLE 1988 Bernard CAUVIN (soc.) 1993 Yves BONNET (UDF) 1997 Bernard CAZENEUVE (soc.) 2002 Jean LEMIERE (UMP) 2007 Bernard CAZENEUVE (soc., rad. et cit.)
Sénateurs Jean BIZET (UMP); Jean-Pierre GODEFROY (soc.); Jean-François LE GRAND (UMP)
Conseil général de la Manche 22 divers droite, 12 UMP, 11 PS, 4 divers gauche, 2 NC, 1 MODEM président: Jean-François LE GRAND (UMP)
Maires CHERBOURG-OCTEVILLE:
Bernard CAZENEUVE (PS) SAINT-LÔ:
François DIGARD (UMP) EQUEURDREVILLE-HAINNEVILLE:
Bernard
CAUVIN (PS) TOURLAVILLE:
André ROUXEL (PS) GRANVILLE:
Daniel CARUHEL (divers gauche) AVRANCHES: Guénhaël HUET (divers droite) VALOGNES: Jacques COQUELIN (NC) CARENTAN: Jean-Pierre LHONNEUR (divers droite) LA GLACERIE: Christian LEMARCHAND (UMP) QUERQUEVILLE: Jean-Michel MAGHE (divers droite) AGNEAUX: Alain METRAL (divers droite) SAINT-HILAIRE-DU-HARCOUËT: Gilbert BADIOU (divers droite) BRICQUEBEC: Henri-Louis VEDIE (UMP) PONTORSON: Patrick LARIVIERE (divers gauche) VILLEDIEU-LES-POÊLES: Daniel MACE (divers droite) SAINT-PAIR-SUR-MER: Albert NOURY (divers droite)
sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur) |
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Parti radical de gauche) |
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