ORNE

(dernière mise à jour le 23 octobre 2011)

La géopolitique de l'Orne est aujourd'hui presque totalement dominée par l'UMP et ses alliés divers droite. Une situation dont l'origine remonte aux législatives de 1993.

En effet, le précédent scrutin, en 1988, avait abouti à un relatif partage du territoire. Dans la 1ere est réélu le RPR Daniel Goulet. Une circonscription recouvrant la région de la préfecture Alençon, ville socialiste mais au passé gaulliste. La 2e continue de cultiver une identité centriste, avec l'UDF Francis Geng, en place depuis 1978. Et la 3e, qui abrite deux grandes villes tenues par les socialistes et les radicaux, Argentan et Flers, reconduit Michel Lambert, député socialiste élu lors de la vague rose de 1981.

En 1993, coup de barre à droite, sauf dans la 1ere circonscription, où un autre RPR, Yves Deniaud, adjoint au nouveau maire libéral d'Alençon, bat assez facilement le centriste Daniel Miette. La gauche, elle, n'est pas qualifiée pour le second tour, à plus de 10 000 voix derrière le score obtenu en 1988 par le maire PS d'Alençon. Même chose dans la 2e, où l'UDF-CDS Francis Geng est violemment détrôné par le maire UDF (adhérents directs) de Mortagne-au-Perche Jean-Claude Lenoir. En revanche, la primaire de droite dans la 3e manque de profiter à la gauche. Le maire UDF de Tinchebray Hubert Bassot arrive en tête au premier tour, talonné par le maire radical d'Argentan François Doubin. En troisième position, le RPR Amaury de Saint-Quentin se maintient au second tour. Les rapports de forces restent inchangés mais Hubert Bassot ne l'emporte que de 707 voix sur François Doubin, Amaury de Saint-Quentin ayant progressé de son côté de près de 2000 suffrages.

Ce fut la dernière occasion, pour la gauche, de faire bonne figure, la vague rose de 1997 ayant à peine ébranlé la droite. A Alençon, malgré un premier tour moyen, Yves Deniaud devance assez largement le conseiller général PS Joaquim Pueyo. Dans la 3e, le socialiste Laurent Beauvais a cru un instant son heure arrivée face à Sylvia Bassot, veuve du précédent député, élue lors d'une partielle en 1996. Mais celle-ci se maintient grâce en grande partie aux cantons ruraux. En revanche, la circonscription de L'Aigle continue de marquer son attachement à la droite, Jean-Claude Lenoir bénéficiant d'excellent reports du FN.

Dans le contexte de vague bleue de 2002, la victoire au premier tour de Jean-Claude Lenoir était attendue. Les 51,77 % de Sylvia Bassot, toujours au premier tour, démontrent sa bonne implantation, qui ne semblait pas évident cinq ans auparavant. En revanche, la partie est un peu moins facile pour Yves Deniaud. Il retrouve de nouveau Joaquim Pueyo sur sa route, et la candidature dissidente d'Yves Héricourt le contraint au ballottage. Il est largement reconduit au second tour, en mobilisant toute la droite et l'extrême-droite sur son nom, mais son adversaire le talonne de 50 voix sur la commune d'Alençon, démontrant le déplacement vers le sud du seul point d'appui de gauche dans le département.

Le phénomène s'accentue en 2007, sans toutefois menacer réellement la droite. Cette fois-ci Joaquim Pueyo devance son adversaire au second tour à Alençon, Yves Deniaud l'emportant avec 52,56 % sur l'ensemble de la circonscription. Comme en 2002, la droite remporte les deux autres sièges au premier tour.

L'hégémonie de la droite sur les campagnes se lit encore mieux à l'échelon départemental. Sur les 40 sièges du conseil général, la majorité de droite en détient entre 30 et 35, selon les scrutins cantonaux.

En 1994, le RPR Gérard Burel, qui succédé au gaulliste Hubert d'Andigné deux ans auparavant à la tête du département, ne cède qu'un siège à l'opposition, avec la prise de La Ferté-Fresnel par un divers gauche. Globalement cantonnés aux zones urbaines, les conseillers de gauche sont très souvent encartés, contrairement à ceux de droite. Comme souvent dans l'Ouest, les campagnes préfèrent les élus sans étiquette.

La poussée de gauche de 1998 reste cependant limitée. L'opposition progresse surtout dans des zones où elle a cédé du terrain précédemment, comme Alençon III et Flers-Nord, et mord sur la droite en secteur péri-urbain (Mortrée).

En 2001 également les enjeux se limitent aux cantons urbains, les zones rurales restant hors de portée de la gauche. Au contraire, la majorité a la satisfaction de remporter Alençon II, en écho à sa bonne tenue lors des municipales. Elle se renforce également à l'Aigle-Est.

Même chose en 2004. La droite continue de gagner du terrain à Alençon III, où le ministre du Budget et ancien maire Alain Lambert l'emporte de justesse face au maire PS de Laré Alain Berthelot. A Argentan-Ouest, c'est le maire PS Pierre Pavis qui chute face à l'UMP Xavier Jaglin.

En 2008, parallèlement à ses bons résultats municipaux, la gauche relève la tête en zones urbaine et péri-urbaine, en reprenant Alençon II et La Ferté-Macé. Une progression urbaine qui se poursuit en 2011 à Argentan-Ouest.

L'échelon municipal est donc le seul où la gauche brille un peu, et ce depuis la vague rose de 1977, qui voit le PS prendre Alençon et Flers. Argentan élira comme maire le ministre radical François Doubin en 1989, tandis qu'Alençon repassera à droite cette même année.

Le maire UDF d'Alençon, Alain Lambert, démontre sa bonne implantation en remportant au premier tour les municipales de 1995, face à une gauche divisée entre PS et LCR. Le même scénario se reproduit en 2001, avec une déperdition d'un millier de voix pour la gauche. L'élue LCR Christine Coulon entame un second mandat. Mais, en 2008, la gauche envoie Joaquim Pueyo à l'assaut de la préfecture. Ayant obtenu des résultats encourageants aux législatives précédentes, il transforme cette fois l'essai au premier tour, en obtenant la majorité absolue, près de neuf points devant le candidat de droite Marc Le Picard. La LCR conserve son siège.

A Flers, c'est un autre Lambert, Michel celui-là, ancien député socialiste et maire depuis 1977, qui bénéficie en 1995 des divisions de la droite. Il obtient 44,03 % des suffrages au premier tour, mais le total des deux listes de droite dépasse les 55 %. Cependant, le divers droite François-Xavier Guitter, qui affronte seul le maire au second tour, n'attire pas tous les électeurs de la liste UDF de Nicole Cauro, et est finalement coiffé au poteau de près de 400 voix. En 2001, Yves Goasdoué réussit en revanche au premier tour la succession de Michel Lambert, en distançant de près de 600 voix la liste divers droite. En 2008, Yves Goasdoué, seul en lice, entame tranquillement un second mandat.

L'électorat est un peu plus éclaté à Argentan. En 1995, le premier tour voit s'affronter le maire sortant radical François Doubin, la liste divers droite de François Mauvais, le PCF et les villiéristes. Le maire fusionne avec les communistes au second tour, ce qui lui permet de l'emporter mais avec un écart moins important que prévu sur la liste divers droite, qui effectue une belle progression. En 2001 aussi il faudra attendre un second tour. Pierre Pavis, successeur PS de François Doubin, frôle l'élection au premier tour, tandis que le total des voix de droite (RPR+RPF) dépasse la majorité absolue. Il sera finalement sauvé au second tour par le maintien de la liste villiériste et dépassera les 52 % en puisant dans les réserves abstentionnistes. La vague rose de 2008, ainsi que les progrès d'implantation de Pierre Pavis, lui permettent d'obtenir un peu moins de deux tiers des voix au premier tour. La droite est une nouvelle fois divisée en deux listes.

La droite tenant solidement les campagnes, les élections sénatoriales se joue entre ses différentes tendances et personnalités. Le scrutin de 2001 voit la reconduction des deux élus de 1992, le conseiller régional RPR Daniel Goulet et le maire UDF d'Alençon Alain Lambert. Ce dernier est réélu au premier tour, tandis que la concurrence est rude au second entre Daniel Goulet et le président RPR, lui aussi, du conseil général Gérard Burel. Le premier l'emporte finalement sur le second de 51 voix.

En 2011, Nathalie Goulet, qui a succédé à Daniel Goulet, décédé en 2007, manque de peu la réélection au premier tour. Elle bat très largement le socialiste José Collado au second tour. Pour le maire UMP de Mortagne-au-Perche Jean-Claude Lenoir, la partie fut plus délicate face à un autre candidat UMP, Christophe de Balorre, dauphin d'Alain Lambert, avant de le vaincre nettement au second tour.

 

Sources: Le Monde, 577 députés à élire, La Croix, ministère de l'Intérieur

 

A lire également Cabotage électoral d'Alain Lambert dans l'Orne


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

Chronologie des députés

1 ALENCON

1988 Daniel GOULET (RPR)

1993 Yves DENIAUD (RPR)

2 L'AIGLE

1988 Francis GENG (Un. du Centre)

1993 Jean-Claude LENOIR (UDF)

3 ARGENTAN, FLERS

1988 Michel LAMBERT (soc.)

1993 Hubert BASSOT (UDF)

1996 Sylvia BASSOT (UDF)

 

Sénateurs

Nathalie GOULET (Un. centriste et rép.); Jean-Claude LENOIR (UMP)

 

Conseil général de l'Orne

21 divers droite, 8 UMP, 6 PS, 4 divers gauche, 1 MODEM

Président: Alain LAMBERT (UMP)

 

Maires

ALENCON: Joaquim PUEYO (PS)

FLERS: Yves GOASDOUE (PS)

ARGENTAN: Pierre PAVIS (PS)

L'AIGLE: Thierry PINOT (divers droite)

LA FERTE-MACE: Jacques DALMONT (divers gauche)

MORTAGNE-AU-PERCHE: Jean-Claude LENOIR (UMP)

SEES: Francis BOUQUEREL (divers droite)

VIMOUTIERS: Guy ROMAIN (divers droite)

DOMFRONT: Didier LEDUC (divers gauche)

SAINT-GERMAIN-DU-CORBEIS: Gérard LURCON (divers gauche)

 

sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur, Sénat

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur)


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Journal officiel, ministère de l'Intérieur)


LIENS

Chronologies historiques

Basse-Normandie

Page d'accueil