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LOIRE-ATLANTIQUE (Dernière mise à jour le 12 mars 2012)
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Solidement ancré à droite dès sa
création, le département de Loire-Atlantique a basculé à gauche en
2004. Une révolution qui couvait depuis une quinzaine d'années, à
l'instar de ce qui s'est passé dans la région voisine de Bretagne.
En 1988, le PS pouvait s'appuyer sur trois députés. Jean-Marc Ayraut et Jacques Floch, dans la banlieue nantaise, et Jean-Claude Le Gall, suppléant du ministre de la Santé Claude Evin, dans le bastion syndicaliste de Saint-Nazaire. La droite se partageait les sept autres circonscriptions: les quatre de l'arrière-pays à l'UDF et les trois autres à l'ouest et sur la côte au RPR, autour du baron gaulliste Olivier Guichard, maire de La Baule et président du conseil régional. Les fiefs de gauche tiennent plutôt bien le coup lors de la vague bleue de 1993. Jean-Marc Ayrault, qui s'est renforcé après son élection à la mairie de Nantes, l'emporte assez facilement sur l'UDF Jean-Luc Harousseau. Mais, à mesure qu'on s'éloigne de Nantes, cela devient plus difficile pour la gauche. A Rezé, Jacques Floch, après un premier tour difficile, repasse avec seulement 384 voix d'avance. A Saint-Nazaire, l'écart est encore plus faible (234 suffrages), mais cette fois-ci en faveur du conseiller régional RPR Etienne Garnier. Ce gain d'un siège par les gaullistes est compensé par la perte de la 9e circonscription, où Lucien Richard ne se représentait pas, et où la primaire est remportée par le centriste Pierre Hériaud. Les législatives de 1997 constituent un séisme politique, qui voit la gauche remporter six sièges sur dix. Les réélections de Jean-Marc Ayrault et Jacques Floch ne constituent pas une surprise, le retour de Claude Evin, seul en lice au second tour après le retrait du maire chevènementiste de Saint-Nazaire Joël Batteux, non plus. A Nantes, les députées Monique Papon et Elisabeth Hubert savaient leur siège menacé. Elles subissent la défaite, à respectivement 458 et 744 voix près. Mais la vraie surprise se produit à Guérande, où la succession d'Olivier Guichard a provoqué une primaire entre l'UDF et le RPR. Le candidat de ce parti, Christophe Priou, distance très nettement son concurrent Yves Métaireau, mais se retrouve en seconde place derrière le socialiste René Leroux. C'est finalement ce dernier qui l'emporte, avec un écart de seulement 196 voix. Cette 7e circonscription à la sociologie de droite, malgré la présence de quelques fiefs ouvrier, rebascule fort naturellement en 2002. Mais la gauche parvient une nouvelle fois à sauver les meubles. Si la droite reprend pied à Nantes-Ouest, elle échoue de justesse à reconquérir le siège d'Elisabeth Hubert. Jacques Floch et Claude Evin sont reconduits très largement et Jean-Marc Ayrault devient le seul socialiste de cette législature réélu au premier tour en métropole. Autant qu'un retour de balancier, suite aux bons résultats de Ségolène Royal à la présidentielle, les législatives de 2007 illustrent bien les mutations de la sociologie électorale de la Loire-Atlantique. Toute la vallée de la Loire, rive droite, se teinte de rose et de vert. Dans la 1ere circonscription, le Vert François de Rugy tire les dividendes d'une bonne implantation locale. En revanche, la victoire du conseiller général socialiste Michel Ménard dans la 5e circonscription, qui votait à droite depuis sa création, marque une nouvelle étape dans le basculement à gauche du département. Il semble que Robert Diat, député depuis le décès de l'inamovible Edouard Landrain en 2006, n'ait pas convaincu face à un adversaire mieux implanté. Les autres circonscriptions restent stables durant ce scrutin. Ce lent enracinement de la gauche dans les circonscriptions a vu, en parallèle, cette dernière progresser de 23 sièges depuis 1992. La séquence de 1994 est pourtant marquée par un léger repli de l'opposition départementale, qui passe de 18 à 17 mandats. De nombreuses nouvelles têtes surgissent, à Bouaye, Châteaubriant, Le Croisic, Guérande, Legé, Ligné, Machecoul, Moisdon-la-Rivière, Montoir-de-Bretagne, Nantes II, Le Pellegrin, Pontchâteau, Saint-Gildas-des-Bois, Saint-Mars-la-Jaille, Saint-Père-en-Retz et Vallet. Résultat: les cartes sont redistribuées. Le PS perd trois sièges, le PCF fait son apparition à Montoir et le RPR devient la première force du conseil. L'un de ses sénateurs, Luc Dejoie, devient président, succédant à son collègue UDF Charles-Henri de Cossé-Brissac. La majorité est sérieusement chahutée en 1998. La gauche gagne huit sièges, à onze voix de la majorité. Le PS progresse partout, que ce soit dans le bocage (Aigrefeuille-sur-Maine, Nort-sur-Erdre, Savenay), l'agglomération nantaise (Nantes III, Orvault, Saint-Etienne-de-Montluc) ou le littoral (Paimboeuf). A noter aussi la défaite du député RPR Michel Hunault à Derval, face au maire de Mouais Yves Daniel, divers gauche non soutenu par le PS. La gauche se fait plus menaçante en progressant de trois sièges en 2001, au lendemain de très bons résultats aux municipales. Elle se renforce dans l'agglomération nantaise, en gagnant La Chapelle-sur-Erdre et Nantes II et continue de grignoter la droite en Haute-Bretagne, en enlevant Saint-Nicolas-de-Redon. André Trillard ayant remplacé Luc Dejoie, malade, la majorité aborde difficilement le scrutin de 2004. En gagnant cinq sièges, la gauche fait basculer le conseil général, dominé par la droite depuis 1790! L'étalement des agglomérations de Nantes et Saint-Nazaire a peu à peu changé la sociologie de la vallée de la Loire. De leur côté, les campagnes du nord et la Haute-Bretagne, elles aussi soumises à un phénomène de péri-urbanisation, abandonnent progressivement leurs traditions électorales, au profit d'élus sans étiquette mais plus exclusivement de droite. Les cantonales de 2008 renforcent cette nouvelle majorité, qui gagne quatre sièges dans tous les secteurs, de l'agglomération nantaise (Nantes VI) à l'estuaire (Saint-Père-en-Retz), en passant par les périphéries (Saint-Mars-la-Jaille, Vallet). Cette progression marque un brutal coup d'arrêt en 2011. La droite reprend du poil de la bête, aussi bien dans l'arrière-pays (Nort-sur-Erdre, Varades), l'agglomération nantaise (Vertou) qu'à l'embouchure de la Loire (Paimboeuf). Le seul motif de satisfaction du PS est le gain de Saint-Nazaire Ouest sur les écologistes. Véritable navire-amiral de la gauche en Loire-Atlantique (le nouveau président du Département Patrick Maréschal est aussi un de ses adjoints au maire), Nantes a eu un temps une réputation de zapeuse. Cette ville longtemps attaché au souvenir de Louis XVI, ainsi que des exactions de la Terreur sous la Convention, est radicale-socialiste depuis 1965 lorsqu'elle succombe à la vague rose de 1977, avant de revenir à droite en 1983. Mais le maire RPR Michel Chauty ne se représente pas en 1989 et Olivier Guichard hésite à abandonner sa mairie de La Baule, semblant accréditer l'idée, répandue depuis plusieurs décennies, que les gaullistes se désintéressent de la préfecture. Maire de Saint-Herblain, Jean-Marc Ayrault y voit une opportunité et bat le RPR Daniel Augereau, préféré à l'UDF Jean-Joseph Régent, pourtant mieux implanté. La ministre de la Santé Elisabeth Hubert tente de reprendre la ville en 1995, mais elle n'obtient qu'un peu plus d'un tiers des voix, face au maire qui repasse à 57,88 %. Le même scénario se reproduit en 2001 avec le vice-président du conseil régional Jean-Luc Harousseau, mais droite et gauche perdent respectivement entre deux et trois points au profit de... la liste LO qui, avec 5,53 %, obtient un siège. En 2008, Jean-Marc Ayrault fait un peu mieux, tandis que l'UMP fléchit de plus de quatre points, gêné par une liste MODEM. Divisée en trois listes, l'extrême-gauche disparaît du conseil municipal. Ouvrière, à la fois syndicaliste et anarchiste, la seconde ville du département, Saint-Nazaire, a toujours préféré se donner un maire socialiste plutôt que communiste. En 1995, celui-ci, le MDC Joël Batteux, rassemblait au second tour près des deux tiers des voix face au député RPR Etienne Garnier. En 2001, la division de la droite facilite sa réélection au premier tour, ainsi que celle d'un LO et d'un régionaliste breton! En 2008, Joël Batteux doit attendre le second tour. Gêné sur sa gauche par une liste alternative, qui obtient quatre sièges, il ne fait que 40,52 %. La chute est encore plus brutale pour Etienne Garnier. Dépassé d'une courte tête par le MODEM au premier tour, il se retrouve quatrième au second. Ces trois dernières élections municipales, le seul motif de satisfaction pour la droite fut d'arracher en 1995 Saint-Sébastien-sur-Loire, une banlieue nantaise de plus de 20 000 habitants, à une municipalité PS très contestée, et de la conserver avec plus de 70 % au premier tour en 2001, et à près de 60 % en 2008. Un scrutin durant lequel l'UMP a remis la main sur Pornichet, se renforçant ainsi dans la zone balnéaire. Le gain de Nantes en 1989 avait permis à la gauche de prendre deux sièges de sénateur sur cinq en 1992. En 2001, les rapports de forces restent inchangés, résultat de batailles fratricides. A droite, la liste du président du conseil général André Trillard arrive en tête et obtient deux sièges. En quatrième position, la second liste de droite fait élire sa tête, la maire UDF de Carquefou Gisèle Gautier. La gauche comptait bien faire réélire Marie-Madeleine Dieulangard, en seconde position sur la liste de Charles Gautier. Mais c'était sans compter avec la dissidence de l'autre sortant socialiste, François Autain. Allié aux chevènementistes et aux Verts, il lui souffle son siège. La gauche gagne un siège en 2011. Frôlant la majorité absolue, la liste de Yannick Vaugrenard obtient trois élus, dont Ronan Dantec (EELV). André Trillard retrouve son siège, et le maire centriste de Saint-Sébastien-sur-Loire Joël Guerriau est élu sur une liste concurrente.
Sources: Le Monde, Nouvelle Géopolitique des régions françaises, Ouest-France, L'Evènement du Jeudi, La Croix, ministère de l'Intérieur |
Carte 1: circonscriptions législatives (sources: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 NANTES-OUEST 1988 Monique PAPON (Un. du Centre) 1997 Patrick RIMBERT (soc.) 2002 Jean-Pierre LE RIDANT (UMP) 2007 François DE RUGY (gauche dém. et rép.) 2 NANTES-SUD 1988 Elisabeth HUBERT (RPR) 1995 Vincent DELAROUX (RPR) 1997 Marie-Françoise CLERGEAU (soc.) 3 SAINT-HERBLAIN 1988 Jean-Marc AYRAULT (soc.) 4 REZE 1988 Jacques FLOCH (soc.) 2001 Dominique RAIMBOURG (soc.) 2002 Jacques FLOCH (soc.) 2007 Dominique RAIMBOURG (soc., rad. et cit.) 5 CARQUEFOU 1988 Edouard LANDRAIN (Un. du Centre) 2006 Robert DIAT (UMP) 2007 Michel MENARD (soc., rad. et cit.) 6 CHÂTEAUBRIANT 1988 Xavier HUNAULT (app. UDF) 1993 Michel HUNAULT (RPR) 7 GUERANDE 1988 Olivier GUICHARD (RPR) 1997 René LEROUX (soc.) 2002 Christophe PRIOU (UMP) 8 SAINT-NAZAIRE 1988 Jean-Claude LE GALL (soc.) 1991 Claude EVIN (soc.) 1993 Etienne GARNIER (RPR) 1997 Claude EVIN (soc.) 2007 Marie-Odile BOUILLE (soc., rad. et cit.) 9 PAIMBOEUF, PORNIC 1988 Lucien RICHARD (RPR) 1993 Pierre HERIAUD (UDF) 2007 Philippe BOENNEC (UMP) 10 VERTOU 1988 Joseph-Henri MAUJOÜAN DU GASSET (UDF) 1993 Serge POIGNANT (RPR)
Sénateurs
Ronan DANTEC (écolo.); Joël GUERRIAU (un.
centriste et rép.); Michelle MEUNIER (soc.);
André TRILLARD (UMP); Yannick VAUGRENARD (soc.)
Conseil général de Loire-Atlantique 27 PS, 12 UMP, 7 divers droite, 7 divers gauche, 3 ARES, 1 MODEM, 1 PCF, 1 PG président: Philippe GROSVALET (PS)
Maires NANTES:
Jean-Marc AYRAULT (PS) SAINT-NAZAIRE:
Joël BATTEUX (PS) SAINT-HERBLAIN:
Charles GAUTIER (PS) REZE:
Hubert RETIERE (PS) SAINT-SEBASTIEN-SUR-LOIRE:
Joël GUERRIAU (divers droite) ORVAULT:
Joseph PARPAILLON (ARES) VERTOU:
Luc DEJOIE (UMP) COUERON:
Jean-Pierre FOUGERAT (PS) LA
CHAPELLE-SUR-ERDRE:
Fabrice ROUSSEL (PS) LA
BAULE-ESCOUBLAC:
Yves METAIREAU (UMP) BOUGUENAIS:
Michèle GRESSUS (PS) CARQUEFOU:
Claude GUILLET (divers droite) GUERANDE:
Christophe
PRIOU (UMP) CHATEAUBRIANT:
Alain HUNAULT (UMP) PORNIC:
Philippe
BOENNEC (UMP) PORNICHET: Robert BELLIOT (UMP) SAINT-BREVIN-LES-PINS: Yannick HAURY (divers droite) PONTCHÂTEAU: Bernard CLOUET (divers droite) BLAIN: Daniel LEROUX (PS) BASSE-GOULAINE: Alain VEY (divers droite) ANCENIS: Jean-Michel TOBIE (ARES) TRIGNAC: Sabine MAHE (PCF) SAUTRON: Marie-Cécile GESSANT (divers droite) VALLET: Nicole LACOSTE (divers gauche) THOUARE-SUR-LOIRE: Bernard CHESNEAU (divers gauche) SAINT-JULIEN-DE-CONCELLES: Christophe AUDOUIN (divers droite) SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU: Monique RABIN (PS) LES SORINIERES: Christian COUTURIER (PS) MONTOIR-DE-BRETAGNE: Michelle LEMAITRE (PS) DONGES: Anne AUFFRET (divers gauche) SAINT-ETIENNE-DE-MONTLUC: Marcel HUOU (divers droite) CLISSON: Jean-Pierre COUDRAIS (divers gauche) NORT-SUR-ERDRE: Jean GOISET (PS) SAVENAY: André KLEIN (divers droite) SUCE-SUR-ERDRE: Daniel CHATELLIER (PS) LA MONTAGNE: Liliane PLANTIVE (divers gauche) MACHECOUL: Alain DE LA GARANDERIE (MODEM) BOUAYE: Jacques GARREAU (PS) LE POULIGUEN: Yves LAINE (UMP) LE LOROUX-BOTTEREAU: Paul CORBET (divers gauche) HAUTE-GOULAINE: Jean-Claude DAUBISSE (UMP) LA CHEVROLIERE: Johann BOBLIN (divers droite) GUEMENE-PENFAO: Yannick BIGAUD (UMP) SAINT-JEAN-DE-BOISEAU: Pascal PRAS (PS) PONT-SAINT-MARTIN: Yves FRANCOIS (divers droite) LE CROISIC: Michelle QUELLARD (UMP) LA TURBALLE: René LEROUX (PS) LE PELLERIN: Valérie DEMANGEAU (PS) SAINT-JOACHIM: Marie-Anne HALGAND (divers gauche) INDRE: Jean-Luc LE DRENN (PS) VIGNEUX-DE-BRETAGNE: Philippe TROTTE (PS) SAINT-ANDRE-DES-EAUX: Alain DONNE (divers droite) HERBIGNAC: Pascal NOEL-RACINE (PS) LA CHAPELLE-BASSE-MER: Roger JAMIN (divers droite) TREILLIERES: Emile SAVARY (PS) HERIC: Lionel LARDEUX (divers gauche)
Sources: Le Monde, La Croix, Assemblée nationale, ministère de l'Intérieur, Sénat |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur) |
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, La Croix, ministère de l'Intérieur, fédération socialiste de Loire-Atlantique, Politiquemania) |
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