|
SARTHE |
||||
|
Dans la région des Pays-de-la-Loire,
le département de la Sarthe fait figure de "marge
républicaine". Au plan électoral, cela se traduit depuis plusieurs
décennies par une certaine instabilité, notamment dans les années 60 et
70, durant lesquelles le conseil général a oscillé de droite à gauche.
La proximité de la région parisienne, à laquelle Le Mans est connectée
entre autres par le TGV, a accentué cette volatilité, en "rurbanisant"
lentement les campagnes du flanc est.
Car globalement, même s'il est plutôt dominé par la droite, le département est divisé entre un Ouest franchement conservateur, aujourd'hui presque entièrement administré par l'UMP, et un Est davantage tourné vers la gauche, qu'elle soit PS ou PCF, mais aussi plus enclin à favoriser les élus sans étiquette, ce qui reste un comportement encore largement répandu dans le grand Ouest. Au centre, l'ancien bastion ouvrier du Mans, qui a su se tourner vers les activités tertiaires, est resté un refuge pour la gauche lors de ses creux de vague, dans les années 80 et 90. Du coup, le découpage des circonscriptions législatives de 1986 a légèrement favorisé la gauche, qui est élue en 1988 dans la 2e (Le Mans-Est), la 5e (La Ferté-Bernard), et la 3e (La Flèche), où les fiefs de droite sont contrebalancés par le poids démographique de La Flèche, ville solidement ancrée à gauche. Le RPR domine les deux autres circonscriptions, notamment la 4e, autour de la ville gaulliste de Sablé-sur-Sarthe, avec le séguiniste François Fillon. Mais la vague bleue de 1993 submerge l'Est. Même la 2e succombe. Le député PS sortant Raymond Douyère est devancé de plus de 2000 voix par le conseiller général RPR Jean-Marie Geveaux. François Fillon est réélu au premier tour et quatre députés sur cinq sont des RPR. Le seul enjeu de cette élection s'est situé justement dans la 1ere, où le conseiller général UDF Pierre Hellier remporte la primaire contre le député RPR sortant Gérard Chasseguet. A noter aussi que, dans la 5e, si Pierre Gascher est élu sous l'étiquette RPR, il siégera dans le groupe technique République et Liberté durant cette législature. Le coup de balancier de 1997 manque d'ailleurs d'être fatal au RPR. La vague rose ramène sur leur siège tous les députés socialistes élus en 1988: Raymond Douyère (2e), Guy-Michel Chauveau (3e) et Jean-Claude Boulard (5e). La gauche s'avère aussi très menaçante dans la 4e, où François Fillon semble faire les frais de l'impopularité du gouvernement où il siège. Malgré ses 43,34 % du premier tour, il ne distance au second le conseiller général socialiste Gérard Saudubray que d'un peu plus de 2500 voix. De son côté, Pierre Hellier est largement réélu dans son fief des Alpes mancelles. La vague bleue de 2002 place le département sous une seule et même bannière, celle de l'UMP. François Fillon et Pierre Hellier sont reconduits dès le 1er tour. A La Flèche et à La Ferté-Bernard, le PS, qui avait pourtant fait le pari du renouvellement avec Agnès Lorilleux et Christophe Rouillon, est très nettement battu par Béatrice Pavy et Dominique Le Mener qui obtiennent plus de 55 % des suffrages. Le score est plus serré dans la 2e pour Jean-Marie Geveaux, même s'il s'agit ici d'une réélection, la circonscription ayant basculé à droite lors d'une partielle en 2000. Nommé Premier ministre quelques jours avant les législatives de 2007, François Fillon espérait effectuer un carton plein. Peine perdue! S'il est réélu au premier tour, si Béatrice Pavy et Dominique Le Mener restent stables, démontrant leur bonne implantation, si Fabienne Labrette-Ménager réussit la succession de Pierre Hellier, Jean-Marie Geveaux chute dans la 2e circonscription. Pourtant arrivée deuxième au premier tour, la conseillère générale socialiste Marietta Karamanli refait son retard, bénéficie des reports du MODEM et de l'effet "TVA sociale" dans cette circonscription oscillant régulièrement entre les deux camps. A noter aussi que la Sarthe est pour la première fois représentée à l'Assemblée nationale par trois députées. Cette perte d'influence de la gauche dans les circonscriptions s'est accompagnée de son renforcement dans les cantons. Entre 1994 et 2008, elle est passée de 10 à 17 sièges sur 40. Une progression qui s'est effectuée par à-coups, l'électorat sarthois s'avérant assez volatil à cet échelon administratif. Ainsi, en 1994, le PS fait tomber deux fiefs ruraux de droite, Bouloire et Fresnay-sur-Sarthe. Mais de son côté, la majorité départementale remet la main sur Bonnétable, un canton de la "marge républicaine" oscillant couramment de gauche à droite. Caractérisée au plan national par une vague rose, la séquence de 1998 voit trois basculements à gauche, à Allonnes, fief communiste que le PCF récupère après un intermède RPR de six ans, et au Mans, dans les cantons Nord-Campagne et Nord-Ouest. Les chassés-croisés reprennent en 2001. Elu maire du Mans, Jean-Claude Boulard abandonne son canton de Ballon, ce qui permet au MPF de se faire élire dans ce bastion de gauche. La droite s'empare aussi de Château-du-Loir et reprend Fresnay à la gauche. Cette dernière n'est pas en reste. Tombent dans son escarcelle Bonnétable, perdu en 1994, et La Flèche, qui votait à droite depuis 1982. En 2004, les communistes récupèrent un peu du terrain perdu dans les années 80 au Mans en prenant La Chartre-sur-le-Loir à la droite. Celle-ci perd également Beaumont-sur-Sarthe, et ne gagne aucun canton lors de cette série qui lui est moins favorable que celle de 2008. Lors de ce scrutin, elle récupère Bonnétable et Bouloire mais laisse échapper, fort logiquement, Ballon, ainsi qu'Ecommoy et Vibraye, où elle est traditionnellement mieux implantée. A contrario, l'échelon municipal se caractérise par sa grande stabilité depuis une vingtaine d'années. A droite depuis 1947, Le Mans est passée aux mains des communistes lors de la vague rose de 1977. Exclu du PCF en 1989, le maire Robert Jarry obtient en 1995 plus de 47 % des suffrages au premier tour sous l'étiquette du MDC de Jean-Pierre Chevènement, alors que la liste officielle du PCF n'atteint pas les 7 %. Au second tour, Robert Jarry tient en échec le député RPR Jean-Marie Geveaux, désigné par la droite, après qu'il ait été un temps question de la candidature du juge Thierry Jean-Pierre, élu député européen en 1994 sur la liste de Philippe de Villiers. En 2001, Robert Jarry passe le témoin à Jean-Claude Boulard, président socialiste de la communauté urbaine, qui obtient les mêmes résultats face à Jean-Marie Geveaux que M. Jarry en 1995, mais doit se contenter d'un second tour plus serré, le député, réélu en 2000 lors d'une partielle, lui prenant plus de 1000 voix. En revanche, en 2008, sa réélection dès le premier tour ne souffre d'aucune contestation, avec près de 59 %. La deuxième ville du département, La Flèche, est solidement ancré à gauche dans cette terre de droite qu'est le Maine angevin. Fief de François Fillon, Sablé-sur-Sarthe, troisième ville de Sarthe, se place à l'opposé sur l'échiquier politique. La droite a dominé les élections sénatoriales de 2004, en faisant élire au premier tour ses deux poids-lourds locaux, le ministre de l'Education nationale François Fillon et le sénateur UMP sortant Roland du Luart, qui lui a succédé en 1998 à la tête du conseil général. Le second tour pour le troisième siège est davantage serré, mais l'UMP Marcel-Pierre Cléach l'emporte de 80 voix sur la socialiste Marietta Karamanli.
sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 LE MANS NORD 1988 Gérard CHASSEGUET (RPR) 1993 Pierre HELLIER (UDF) 2007 Fabienne LABRETTE-MENAGER (UMP) 2 LE MANS EST 1988 Raymond DOUYERE (soc.) 1993 Jean-Marie GEVEAUX (RPR) 1997 Raymond DOUYERE (soc.) 2000 Jean-Marie GEVEAUX (RPR) 2007 Marietta KARAMANLI (soc., rad. et cit.) 3 LA FLECHE 1988 Guy-Michel CHAUVEAU (soc.) 1993 Antoine JOLY (RPR) 1997 Guy-Michel CHAUVEAU (soc.) 2002 Béatrice PAVY (UMP) 4 SABLE-SUR-SARTHE 1988 François FILLON (RPR) 1993 Pierre LEFEBVRE (RPR) 1997 François FILLON (RPR) 2002 Marc JOULAUD (UMP) 5 LA FERTE-BERNARD 1988 Jean-Claude BOULARD (soc.) 1993 Pierre GASCHER (Rép. et Lib.) 1997 Jean-Claude BOULARD (soc.) 2002 Dominique LE MENER (UMP)
Sénateurs Jean-Pierre CHAUVEAU (UMP); Marcel-Pierre CLEACH (UMP); Roland DU LUART (UMP)
Conseil général de la Sarthe 16 UMP, 12 PS, 7 divers droite, 2 divers gauche, 2 PCF, 1 PRG président: Roland DU LUART (UMP)
Maires LE
MANS:
Jean-Claude
BOULARD (PS) LA
FLECHE:
Guy-Michel CHAUVEAU (PS) SABLE-SUR-SARTHE:
Marc JOULAUD (UMP) LA FERTE-BERNARD: Jean-Carles GRELIER (divers droite) COULAINES: Christophe ROUILLON (PS) MAMERS: Michel CORBIN (PS) ARNAGE: André LANGEVIN (PS) MULSANNE: Jean-Claude FERRE (divers droite) CHANGE: Joël GEORGES (PCF) CHÂTEAU-DU-LOIR: Daniel MACHETON (divers gauche) PARIGNE-L'EVEQUE: Guy LUBIAS (divers gauche) ECOMMOY: Sébastien GOUHIER (divers gauche) YVRE-L'EVEQUE: Jean-Luc FONTAINE (PS) LE LUDE: Gérard DENIZET (divers gauche) BONNETABLE: Christian FLEURY (PCF) SAINT-CALAIS: Michel LETELLIER (divers gauche) SAVIGNE-L'EVÊQUE: Philippe METIVIER (UMP) LA SUZE-SUR-SARTHE: Jean-Luc GODEFROY (divers droite)
sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur |
||
|
Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur) |
||||
|
Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Parti radical de gauche) |
||||
| LIENS | ||||