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VENDEE |
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Si l'histoire politique vendéenne des vingt dernières années retient le nom de Philippe de Villiers, président du conseil général étiqueté par nombre d'observateurs à la droite extrême, il convient de ne pas oublier qu'il provient d'une famille politique libérale (Parti républicain). De même, le radicalisme ne s'est jamais complètement éteint dans ce département qui a vu naître Clemenceau. Ainsi, en 1988, le PS parvient-il à emporter l'une des cinq circonscriptions, celle de Fontenay-le-Comte, qu'il détient depuis 1981, et qui abrite une partie de la plaine vendéenne et du marais poitevin, où les comportements électoraux divergent un peu d'avec le bocage recouvrant la quasi-totalité du département. La droite s'adjuge donc fort logiquement les quatre autres sièges. L'UDF se taille la part du lion, avec notamment la spectaculaire élection au premier tour (74,56 %) du jeune président du conseil général Philippe de Villiers, ancien secrétaire d'Etat à la Culture, à Mortagne-sur-Sèvre. Dans ce département assez peu sensible au gaullisme, le RPR ne détient que la circonscription des Sables-d'Olonne, à la sociologie électorale davantage conforme à celle des zones balnéaires. Fort logiquement, la droite emporte tous les sièges lors de la vague bleue de 1993, mais à peine plus largement qu'en 1988. Ainsi, deux circonscriptions (au lieu d'une en 1988) doivent-elles attendre le second tour pour être pourvues. Aux Sables-d'Olonne, gêné par la candidature du maire divers droite de Notre-Dame-de-Riez André Buchou, le maire apparenté RPR des Sables Louis Guédon succède à Pierre Mauger en battant son collègue socialiste de Saint-Hilaire-de-Riez Jacques Fraisse avec près des deux tiers des suffrages. A Fontenay, le conseiller général UDF Joël Sarlot a raison du socialiste Jean-Claude Remaud, qui tentait de succéder à Pierre Métais. Dans les deux circonscriptions de La Roche-sur-Yon, Jean-Luc Préel et Philippe Mestre retrouvent leur siège sans problème, mais avec des scores à peine meilleurs qu'en 1988. Quant à Philippe de Villiers, s'il est le plus largement réélu, ce n'est qu'avec un "petit" 65,99 %. Il faut dire que M. de Villiers, prenant peu à peu ses distances avec une UDF dont il était pourtant un des "rénovateurs" à la fin des années 80, s'est depuis fait le chantre des valeurs traditionnelles, de la "morale civique", et surtout d'un fort euroscepticisme, le classant dans la mouvance souverainiste. Des positions a priori en phase avec l'électorat vendéen. Or, lors du référendum sur le traité de Maastricht en septembre 1992, la Vendée n'a rejeté le texte que de 50,29¨%, la circonscription de Fontenay-le-Comte optant même pour le "oui" à 51,30 %. A l'instar du Choletais, la plus grande partie du bocage abrite de nombreuses et vigoureuses PME, habituées à commercer avec les pays de l'Union européenne. Le littoral s'est même spécialisé dans la très lucrative conception de bateaux de course et de plaisance. Un mouvement que Philippe de Villiers encourage, même si le patronat local n'est pas toujours d'accord avec lui sur la construction européenne. Son audience, d'ailleurs, en souffrira peu après 1993. En 1994, sa liste aux élections européennes arrive bonne première au niveau départemental (à l'exception notable de La Roche-sur-Yon qui préfère le PS), avec 34,74 % des suffrages. A la présidentielle de 1995, sa candidature rassemble 22,02 % des voix, devant tous les autres prétendants, même s'il n'arrive en tête que dans une seule ville de plus de 10 000 habitants, Les Herbiers. Il aborde donc en position de force les élections législatives de 1997, malgré un contexte défavorable pour la droite. La vague rose ne fait que lui mouiller les pieds. La gauche ne parvient pas à se faire élire mais elle oblige la droite à des deuxièmes tours. Même Philippe de Villiers n'y déroge pas, gêné par la candidature du RPR Marcel Albert, l'un des ses opposants à droite. Il doit attendre le deuxième tour pour battre à plate couture le porte-parole des Verts Philippe Boursier. Il a cependant la satisfaction de placer l'un de ses proches, Dominique Caillaud, dans le 2e circonscription, où il distance au premier tour l'UDF Bernard Suaud, candidat officiel à la succession de Philippe Mestre. Si Jean-Luc Préel et Louis Guédon sont reconduits avec plus de 57 % des voix, la partie est plus délicate pour Joël Sarlot. Ne pouvant compter que sur les reports du FN, il devance finalement le maire PS de Fontenay-le-Comte Jean-Claude Remaud de 2471 voix, grâce surtout aux communes rurales. Les élections au premier tour reviennent en 2002. Comme en 1988, quatre circonscriptions sur cinq reconduisent immédiatement le sortant. Mais la cinquième n'est pas celle qu'on attend. A Fontenay-le-Comte, la candidature dissidente de Jean-Claude Remaud contre le vert Jean Coirier, investi par la majorité, permet à Joël Sarlot d'attaquer un troisième mandat dès le premier tour. A contrario, dans la 2e, Dominique Caillaud doit patienter jusqu'au deuxième tour pour retrouver son siège, l'électorat villériste lui ayant peut-être fait payer au premier tour son ralliement à l'UMP. Une tendance qui se confirme lors des législatives de 2007. Alors que la droite semble désormais avoir la haute main sur la 5e circonscription, elle rencontre quelques difficultés dans les deux premières, recouvrant toutes deux le fief de gauche de La Roche-sur-Yon. Gêné par le MODEM Raoul Mestre, Dominique Caillaud est reconduit au second tour. La situation semblait plus périlleuse pour Jean-Luc Préel dans la 1ere. Menacé un temps d'une triangulaire avec le divers droite Alain Leboeuf, il bat finalement assez largement la conseillère régionale socialiste Patricia Cereijo. Au conseil général également, la droite reste hégémonique. Depuis 1992, la gauche est passée de trois à quatre sièges sur 28. Le véritable enjeu n'a en fait porté que sur le nombre des élus du MPF de Philippe de Villiers. En 1994, alors que les fronts restent stables, ils sont quatre à suivre le président du conseil général dans son mouvement Combat pour la France, aux Essarts, Pouzauges, La Roche-sur-Yon Nord et Sainte-Hermine, des cantons situés dans le bocage, tout comme Montaigu, celui de M. de Villiers. La vague rose de 1998 se traduit par la défaite du sénateur MPF Philippe Darniche à La Roche-sur-Yon Nord, face au socialiste Pierre Regnault. Une défaite effacée en 2001 par la victoire dès le premier tour du MPF Dominique Souchet à Luçon, canton qui votait à gauche depuis 1976. La gauche limite les dégâts, puisque la perte de Fontenay-le-Comte est compensée par le gain de Saint-Jean-de-Monts. La gauche ayant sans doute atteint son étiage dans cette série, les cantonales de 2004 se caractérisent par leur grande stabilité. L'opposition progresse en revanche en 2008. Dans la foulée de la reconduite du PS aux municipales, le canton de La Roche-sur-Yon Sud bascule à gauche. C'est la première fois depuis la division du canton de la préfecture que le secteur est entièrement à gauche. Avec neuf conseiller généraux, le mouvement de Philippe de Villiers devient lors de ce scrutin la première force politique du conseil général. Le seul échelon où la gauche brille vraiment reste le municipal. Création républicaine, La Roche-sur-Yon fait figure depuis 1977 d'ilôt socialiste dans un environnement géopolitique conservateur. Maire depuis dix-huit ans, Jacques Auxiette a assez facilement raison d'une droite divisée derrière le député UDF Jean-Luc Préel en 1995. En 2001, il est reconduit dès le premier tour, malgré une liste unique de la droite. En 2008, son successeur Pierre Regnault, en place depuis les régionales de 2004, obtient le même résultat, face cette fois à une opposition de nouveau divisée. La gauche détient également, depuis 1995, Fontenay-le-Comte, qui se trouve dans un environnement politique plus mouvant. Entré en dissidence, le maire PS Jean-Claude Remaud triomphe au second tour, en 2001, d'une triangulaire avec la droite et le candidat officiel du PS Hugues Fourage. Celui-ci voit son heure arrivée en 2008, lorsqu'il distance au premier tour Jean-Claude Remaud, passé au PRG. Arrivé quatrième, ce dernier se désiste en faveur de la centriste Béatrice Moinard. Une alliance mal comprise des électeurs du maire sortant. Une partie d'entre eux se reporte sur la liste Fourage, qui bat, lors de la quadrangulaire du second tour, de 270 voix une droite devenue très menaçante puisqu'en tête au premier tour. La seconde ville du département, Les Sables-d'Olonne, reste un solide fief gaulliste avec Louis Guédon, maire depuis 1980. La droite classique ferraille régulièrement avec les villiéristes aux Herbiers. Ceux-ci restent cependant assez influents dans la plupart des autres communes. Les enjeux restent également à droite lors des élections sénatoriales. En 1995, les villiéristes obtenaient un siège sur trois avec Bruno Retailleau. En 2004, ils démontraient leur puissance en le faisant reconduire dès le premier tour, et en faisant élire, toujours au premier tour, Philippe Darniche. Le grand perdant de ce scrutin est le sénateur sortant UMP Jacques Oudin, battu assez nettement au second tour par l'UDF Jean-Louis Merceron.
Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises |
Carte 1: circonscriptions législatives (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur) |
Chronologie
des députés
1 LA ROCHE-SUR-YON NORD 1988 Jean-Luc PREEL (UDF) 2 LA ROCHE-SUR-YON SUD 1988 Philippe MESTRE (UDF) 1993 Léon AIME (UDF) 1997 Dominique CAILLAUD (non inscrit) 3 LES SABLES-D'OLONNE 1988 Pierre MAUGER (RPR) 1993 Louis GUEDON (RPR) 4 MORTAGNE-SUR-SEVRE 1988 Philippe DE VILLIERS (UDF) 1993 Bruno RETAILLEAU (non inscrit) 1997 Philippe DE VILLIERS (non inscrit) 2005 Véronique BESSE (non inscrite) 5 FONTENAY-LE-COMTE 1988 Pierre METAIS (soc.) 1993 Joël SARLOT (UDF) 2008 Dominique SOUCHET (non inscrit)
Sénateurs Philippe DARNICHE (non inscrit); Jean-Louis MERCERON (Un. centriste); Bruno RETAILLEAU (non inscrit)
Conseil général de Vendée 15 divers droite, 9 MPF, 3 PS, 2 UMP, 1 divers gauche, 1 NC président: Philippe DE VILLIERS (MPF)
Maires LA
ROCHE-SUR-YON:
Pierre
REGNAULT (PS) LES
SABLES-D'OLONNE:
Louis GUEDON (UMP) CHALLANS:
Serge RONDEAU (divers droite) LES
HERBIERS:
Marcel ALBERT (UMP) FONTENAY-LE-COMTE:
Hugues FOURAGE (PS) CHATEAU-D'OLONNE:
Jean-Yves BURNAUD (divers droite) LUCON: Pierre-Guy POIRIER (UMP) SAINT-HILAIRE-DE-RIEZ: Jacques FRAISSE (PS) CHANTONNAY: Gérard VILLETTE (UMP) SAINT-JEAN-DE-MONTS: André RICOLLEAU (divers gauche) SAINT-GILLES-CROIX-DE-VIE: Patrick NAYL (divers droite) AIZENAY: Bernard PERRIN (UMP) MORTAGNE-SUR-SEVRE: Alain PAUVERT (divers droite) LE POIRE-SUR-VIE: Didier MANDELLI (divers droite) TALMONT-SAINT-HILAIRE: Pierre BERTHOME (divers droite) POUZAUGES: Michel ROY (MPF) NOIRMOUTIER-EN-L'ILE: Noël FAUCHER (UMP) L'ILE-D'YEU: Bruno NOURY (divers gauche) MONTAIGU: Antoine CHEREAU (MPF) LES ESSARTS: Yolande PINEAU (MPF) LA FERRIERE: Yves AUVINET (divers droite) SAINT-HILAIRE-DE-LOULAY: Daniel ROUSSEAU (MPF) LA VERRIE: Jean-Paul RONGEARD (divers droite) MOUILLERON-LE-CAPTIF: Philippe DARNICHE (MPF)
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur) |
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, ministère de l'Intérieur) |
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