OISE

(dernière mise à jour le 19 février 2010)

Département globalement conservateur, l'Oise a été marquée au début de la Ve République par trois personnalités aux frontières de la politique et de la presse: le gaulliste Marcel Dassault, dans le nord et autour de la préfecture Beauvais, le radical-socialiste Robert Hersant dans le centre, autour de la petite ville de Clermont, et Jean Legendre, maire indépendant de Compiègne.

Cependant, lors des législatives de 1988, c'est une autre génération qui tient le haut du pavé. Le RPR détient trois circonscriptions sur sept. A Beauvais-Nord, Olivier Dassault fait fructifier l'héritage que son grand-père a préservé du maire socialiste de Beauvais Walter Amsallem. A Beauvais-Sud, dans l'ouest rural, est réélu le nouveau président du conseil général Jean-François Mancel. Dans la 4e circonscription, découpée autour des villes conservatrices de Senlis et Chantilly, Arthur Dehaine a raison de la gauche. La gauche, pour sa part, obtient également trois sièges. Le maire socialiste de Creil Jean Anciant est facilement élu dans le fief ouvrier, davantage francilien que picard, de la 3e circonscription. Jean-Pierre Braine fait de même dans la 7e, l'ancien fief de Robert Hersant, qui penche toujours à gauche malgré la conversion du "papivore" au giscardisme. Enfin, l'ancien ministre giscardien Lionel Stoléru, rallié à François Mitterrand, souffle à la droite la 5e, qui recouvre la partie la plus à gauche de l'agglomération de Compiègne. Dans le nord de celle-ci, recouvert par la 6e circonscription, c'est l'UDF François-Michel Gonnot qui est élu.

L'émergence du FN dans les secteurs les plus concernés par la pression démographique francilienne va quelque peu distordre la vague bleue de 1993. L'Oise, jusque-là relativement stable au plan électoral, entre dans une période géopolitique plus mouvante. Dans un premier temps, la droite en profite largement. La montée de l'extrême-droite s'effectuant parallèlement à un effondrement de la gauche, Olivier Dassault et Jean-François Mancel sont réélus au premier tour. Le PS est éliminé dès le premier tour dans les 4e, 6e et surtout dans la 3e. En très nette perte de vitesse, talonné de 760 voix par un PCF encore très présent dans le secteur, Jean Anciant ne peut que s'incliner devant l'irrésistible montée du RPR Ernest Chenière. Le député sortant a été victime du débat sur le voile islamique, qui a débuté en 1989 dans le lycée de Creil dont M. Chenière était proviseur. Au second tour, il bat assez facilement le conseiller régional FN Michel Guiniot. A Compiègne-Sud, le maire RPR de Courtieux Lucien Degauchy distance nettement le socialiste François Ferrieux, qui tentait de succéder au suppléant de Lionel Stoléru Michel Françaix. En se maintenant au second tour, le FN empêche la droite de conquérir la 7e circonscription. Mais l'avance de Jean-Pierre Braine sur l'UDF Patrick Malaizé reste très modeste (258 voix).

La vague rose de 1997 est à son tour amplifiée par un vote FN restant encore très important. Des triangulaires ont lieu dans toutes les circonscriptions. Si la 3e et la 7e repassent logiquement à gauche, le PS prend également à la droite les 1ere et 2e. A Beauvais-Nord, Olivier Dassault a été fragilisé par son invalidation aux municipales de 1995. Même chose pour Jean-François Mancel à Beauvais-Sud, qui voit sa gestion du conseil général de plus en plus contestée. Mais la surprise de ce scrutin vient de la 6e circonscription. Le conseiller général communiste Patrice Carvalho bat assez nettement François-Michel Gonnot dans un secteur assez peu porté à gauche, mais où la pression du FN est particulièrement forte, surtout autour de la ville de Noyon. La très conservatrice 4e circonscription reste à droite, tout comme la 5e.

Le reflux du FN et la bonne santé retrouvée de la droite provoquent une vague bleue lors des législatives de 2002, un scrutin lors duquel il est vrai la gauche avait beaucoup à perdre. Elle se retrouve ainsi au même point qu'en 1993, mais s'est légèrement déportée vers le sud, au coeur de l'agglomération de Creil. En effet, Michel Françaix, qui a réussit son retour dans la 3e circonscription en 1997, parvient de justesse (341 suffrages) à sauver son siège. En revanche, la gauche perd la 7e, qu'elle avait pourtant réussit à préserver de toutes les vagues bleues depuis 1978. La faute à la division du PS, le sortant Jean-Pierre Braine n'ayant pas été investi mais s'étant tout de même présenté. Le candidat officiel, le maire de Villiers-Saint-Paul Gérard Weyn, est battu de peu (635 voix) par le jeune UMP Edouard Courtial, qui devient pour cette législature le benjamin de l'Assemblée nationale. Dans la 6e, François-Michel Gonnot retrouve aussi de peu (900 bulletins) son siège perdu en 1997 face à Patrice Carvalho. Celui-ci manque en effet d'être réélu grâce aux médiocres reports du conseiller général FN de Noyon, l'ancien député Pierre Descaves, sur M. Gonnot. L'alliance avec le FN en 1998 avait pourtant provoqué l'exclusion du RPR de Jean-François Mancel. Investi par l'UMP, il reconquiert cependant la 2e circonscription. Malgré la dissidence au premier tour de la nouvelle maire RPR de Beauvais Caroline Cayeux, Olivier Dassault fait de même dans la 2e. Lucien Degauchy dépasse les 60 % au second tour dans la 5e, de même que le maire juppéiste de Chantilly Eric Woerth dans la 4e, succédant ainsi à Arthur Dehaine.

Soutient de Nicolas Sarkozy, il est réélu dès le premier tour en 2007, ainsi que Lucien Degauchy, et Edouard Courtial, qui a accompli un véritable effort d'enracinement local durant son mandat dans une circonscription a priori difficile pour la droite. Malgré sa victoire aux cantonales de 2004, la gauche ne parvient pas à progresser au second tour. Michel Françaix est mieux réélu qu'en 2002, mais Olivier Dassault, Jean-François Mancel et François-Michel Gonnot résistent bien.

A droite à la Libération, l'Oise a été dirigée par le PS entre 1979 et 1985, grâce notamment à la création de cantons urbains à Beauvais, Compiègne et Creil. C'est un peu le même phénomène qui l'a ramenée au pouvoir en 2004, additionné à la dégradation de l'image de la droite après la crise de 1998 et les déboires judiciaires de Jean-François Mancel. Pas de nouveaux cantons ici, mais de nouveaux arrivants avec la pression foncière et démographique de la région parisienne, ce qui perturbe quelque peu les comportements électoraux dans les cantons de droite.

Lors des cantonales de 1994, la majorité de droite est encore sur la lancée de la reconquête de 1985 derrière Jean-François Mancel. Elle progresse ainsi à Compiègne Sud-Ouest, canton représenté par le PS depuis sa création en 1973, et Nanteuil-le-Haudouin, mais doit céder Liancourt au PS.

Une progression qui marque un brutal coup d'arrêt en 1998. Dans la foulée de l'accord entre la droite et l'extrême-droite au conseil régional, Jean-François Mancel et le FN organisent des désistements entre les deux tours. Le résultat est plus que mitigé et provoque, davantage qu'un regain de la gauche, la perplexité des électorats de droite et d'extrême-droite. La majorité perd ainsi Beauvais Nord-Est et Sud-Ouest, Creil-Nord, et Crépy-en-Valois au profit de la gauche, et surtout Noyon, qui passe au FN. 

Bien que fragilisé, Jean-François Mancel parvient à redresser partiellement la situation en 2001. La majorité mord sur des fiefs de gauche comme Betz, Breteuil et Neuilly-en-Thelle. Mais le solde reste en sa défaveur, la gauche obtenant Compiègne Sud-Est et Sud-Ouest, Le Coudray et Nanteuil. L'opposition n'est plus qu'à trois sièges du fauteuil présidentiel.

La bascule se produit en 2004, sur une série sur laquelle la gauche avait pourtant bien progressé en 1998. Elle continue ainsi sa percée, en gagnant Guiscard, Mouy et Songeons, et surtout en battant le FN à Noyon. Le nouveau président PS du conseil général Yves Rome se maintient en 2007. La majorité de gauche gagne encore Estrées-Saint-Denis, Grandvilliers et Neuilly.

Au niveau municipal, la gauche a du attendre 2008 pour bénéficier d'une progression significative. La précédente a en lieu en 1977. Il avait alors fallu la candidature d'un notable socialiste, le pharmacien Walter Amsallem, pour décramponner la droite dans la conservatrice préfecture Beauvais. Celle-ci n'est revenue aux affaires qu'en 2001 avec l'élection de la RPR Caroline Cayeux. La droite peut également s'appuyer, de longue date, sur son fief de Compiègne, ancienne résidence impériale, et la gauche sur le bastion ouvrier de Creil, dont une des banlieues, Montataire, est la plus grande ville communiste du département. C'est d'ailleurs dans ce secteur que la gauche a le plus progressé lors des municipales de 2008, en faisant basculer Nogent-sur-Oise et Pont-Sainte-Maxence. A Noyon, la forte pression du FN sur la droite depuis le milieu des années 80 a fini par être fatale à cette dernière, au profit de la gauche.

Lors des sénatoriales de 2001, le passage au scrutin proportionnel permet à la gauche d'obtenir un siège, le premier depuis la Libération. La droite part en ordre dispersé entre deux listes animées par les sortants RPR Alain Vasselle et Philippe Marini. Ce qui permet à celle conduite par le maire socialiste de Clermont André Vantomme de s'intercaler, prenant ainsi un siège à l'UDF.

 

Sources: Le Monde, 577 députés à élire


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

Chronologie des députés

1 BEAUVAIS NORD

1988 Olivier DASSAULT (RPR)

1997 Yves ROME (soc.)

2002 Olivier DASSAULT (UMP)

2 BEAUVAIS SUD

1988 Jean-François MANCEL (RPR)

1997 Béatrice MARRE (soc.)

2002 Jean-François MANCEL (UMP)

3 CREIL SUD

1988 Jean ANCIANT (soc.)

1993 Ernest CHENIERE (RPR)

1997 Michel FRANCAIX (soc.)

4 SENLIS

1988 Arthur DEHAINE (RPR)

2002 Eric WOERTH (UMP)

2004 Christian PATRIA (UMP)

2005 Eric WOERTH (UMP)

2007 Christian PATRIA (UMP)

5 COMPIEGNE SUD

1988 Michel FRANCAIX (soc.)

1993 Lucien DEGAUCHY (RPR)

6 COMPIEGNE NORD, NOYON

1988 François-Michel GONNOT (UDF)

1997 Patrice CARVALHO (com.)

2002 François-Michel GONNOT (UMP)

7 CLERMONT, CREIL

1988 Jean-Pierre BRAINE (soc.)

2002 Edouard COURTIAL (UMP)

 

Sénateurs

Philippe MARINI (UMP); André VANTOMME (soc.); Alain VASSELLE (UMP)

 

Conseil général de l'Oise

16 PS, 16 UMP, 3 divers gauche, 3 PCF, 2 PRG, 1 divers droite

président: Yves ROME (PS)

 

Maires

BEAUVAIS: Caroline CAYEUX (UMP)

COMPIEGNE: Philippe MARINI (UMP)

CREIL: Jean-Claude VILLEMAIN (PS)

NOGENT-SUR-OISE: Jean-François DARDENNE (PS)

SENLIS: Christophe CANTER (UMP)

NOYON: Patrick DEGUISE (divers gauche)

CREPY-EN-VALOIS: Arnaud FOUBERT (UMP)

MERU: Yves LEBLANC (UMP)

PONT-SAINTE-MAXENCE: Michel DELMAS (PS)

MONTATAIRE: Jean-Pierre BOSINO (PCF)

CHANTILLY: Eric WOERTH (UMP)

CLERMONT: Lionel OLLIVIER (PS)

GOUVIEUX: Patrice MARCHAND (UMP)

CHAMBLY: Michel FRANCAIX (PS)

LAMORLAYE: Didier GARNIER (UMP)

MARGNY-LES-COMPIEGNE: Bernard HELLAL (PS)

LIANCOURT: Roger MENN (PS)

VILLERS-SAINT-PAUL: Gérard WEYN (PS)

MOUY: Anne-Claire DELAFONTAINE (PS)

THOUROTTE: Patrice CARVALHO (PCF)

SAINT-JUST-EN-CHAUSSEE: Frans DESMEDT (UMP)

SAINT-LEU-D'ESSERENT: Frédéric BESSET (divers droite)

BRETEUIL: Jacques COTEL (UMP)

LACROIX-SAINT-OUEN: Jean DESESSART (UMP)

VERNEUIL-EN-HALATTE: Christian MASSAUX (divers droite)

RIBECOURT-DRESLINCOURT: Jean-Guy LETOFFE (PCF)

LAIGNEVILLE: Jean-Marie DELAPORTE (PCF)

BRESLES: Jacques BAIZE (divers droite)

CIRES-LES-MELLO: Alain GUERINET (divers droite)

CHOISY-AU-BAC: Jean-Noël GUESNIER (UMP)

ESTREES-SAINT-DENIS: Charles POUPLIN (divers droite)

COYE-LA-FORÊT: Philippe VERNIER (divers droite)

 

Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)

 


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes 

(sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Parti radical de gauche, Politiquemania)

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