Provence - Alpes - Côte-d'Azur

CHRONOLOGIE DES PRÉSIDENTS DU CONSEIL RÉGIONAL

1974 Gaston DEFFERRE (PS)

1981 Michel PEZET (PS)

1986 Jean-Claude GAUDIN (UDF)

1998 Michel VAUZELLE (PS)

 

Source: rulers.org

 

SOMMAIRE

Alpes-de-Haute-Provence

Hautes-Alpes

Alpes-Maritimes

Bouches-du-Rhône

Var

Vaucluse

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Fond de carte: Géoatlas

Depuis une vingtaine d'années, la région Provence - Alpes - Côte-d'Azur glisse lentement à droite. Un phénomène que l'extrême-droite, implantée depuis les années 80 dans le sud et l'ouest de la région, a d'abord amplifié, avant de le contrarier.

En 1986, l'UDF Jean-Claude Gaudin, ancien adjoint puis opposant au maire PS de Marseille, Gaston Defferre, arrache le conseil régional aux socialistes, avec l'aide du FN. Forte de 47 sièges, la droite ne devance alors la gauche que de deux voix. Avec 25 mandats, l'extrême-droite, qui dépasse les 20 % de suffrages dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, entre en force à l'assemblée régionale, et se pose en allié incontournable pour M. Gaudin. Cependant, celui-ci marquera de plus en plus ses distances au cours de son mandat, réussissant de plus à débaucher une dizaine d'élus frontistes, lui permettant de disposer d'une confortable majorité relative de 58 sièges sur 117 à la veille des élections de 1992.

Lors de ce scrutin, la majorité doit faire face à deux poids-lourds nationaux: Jean-Marie Le Pen, candidat dans les Alpes-Maritimes, et Bernard Tapie, que la gauche s'est choisi comme leader. Les urnes consacrent l'éclatement du paysage politique régional en trois forces à peu près égales. Avec 40 sièges, la gauche limite les dégâts, grâce à la percée de Bernard Tapie dans les Bouches-du-Rhône, contenant Jean-Claude Gaudin et Bruno Mégret. Obtenant 34 mandats, le FN comble largement l'érosion des six dernières années, arrivant en seconde position dans les Alpes-Maritimes, le Var et Vaucluse. Ne disposant plus que de 43 voix, Jean-Claude Gaudin se prépare à une réélection très difficile.

La division de la gauche et le pragmatisme de M. Le Pen sauvèrent M. Gaudin. Malgré de nombreux appels du pied, Bernard Tapie ne parvint pas à rallier les communistes et les 6 élus écologistes à sa candidature. Comprenant que la tête de l'exécutif n'était pas à sa portée, le leader frontiste se retira au troisième tour, laissant le champ libre au président sortant.

En revanche, le scrutin de 1998 fut fatal à M. Gaudin, face à une gauche redevenue majoritaire au niveau national et à une extrême-droite au faîte de sa puissance. De nouveau candidat dans les Alpes-Maritimes, M. Le Pen grappille trois nouveaux sièges, dépassant les 25 % dans les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, le Var et Vaucluse. En recul partout, la majorité doit céder six mandats, se retrouvant au même niveau que le FN, tandis que la gauche, avec un gain de 9 élus, devient la première force régionale. Une avance qui permet au maire PS d'Arles, Michel Vauzelle, de devenir président.

Six ans durant, M. Vauzelle gouverna avec une fragile majorité relative. Battu aux législatives de 2002, après avoir laissé échapper sa ville au profit des communistes, il abordait les régionales de 2004 en relative position de faiblesse. Mais, victime d'un contexte national défavorable, la droite ne put en profiter. Le secrétaire d'Etat aux Relation extérieures, Renaud Muselier, arriva au premier tour près de neuf points derrière le président sortant, talonné de 56 000 voix par le FN Guy Macary. Ce qui, d'ailleurs, donna l'occasion à M. Le Pen de mettre cette contre-performance de l'extrême-droite sur le compte de son inéligibilité, prononcée quelques semaines auparavant.

Le FN avait de sérieuses vues sur la région. Le second tour confirmera sa défaite. Dans les six départements, l'extrême-droite, ne décroche pas de la troisième place. Quant à la droite, elle n'arrive en tête que dans les Alpes-Maritimes. Avec 45,04 % des voix, les listes Vauzelle obtiennent 73 sièges, contre 31 à la droite et 19 au FN, qui aura tout de même la satisfaction de voir les mégrétistes purement et simplement éliminés.

Autrefois hégémonique dans la région, la gauche a cédé du terrain ces vingt dernières années. Ne détenant que les Hautes-Alpes et les Alpes-Maritimes au début des années 80, la droite a essaimé dans le Var, devenant majoritaire au conseil général de ce département. Les Alpes-de-Haute-Provence et Vaucluse ont également basculé, mais de façon moins nette, du fait d'un faible nombre de cantons n'autorisant que de rares mouvements de balancier. A la fin des années 90, arc-boutée sur ses fiefs ouvriers des Bouches-du-Rhône, la gauche a amorcé la reconquête, avec le gain de ces deux départements, dessinant une carte politique plus équilibrée. La conquête des Hautes-Alpes, en 2004, est due, outre la progression de la gauche, aux désaccords de certains élus de droite avec le président UMP sortant, Alain Bayrou. Ce ne fut d'ailleurs qu'une parenthèse dans la vie politique de ce département, qui rebascula à droite en 2008.

Source: Le Monde