HAUTES-ALPES

(dernière mise à jour le 20 novembre 2009)

Dans une région plutôt tournée à gauche, les Hautes-Alpes affichent la tradition conservatrice et modérée répandue dans les zones alpines. Cependant, la gauche n'a jamais vraiment été exclue du jeu politique local.

Ainsi, la 1ere circonscription est-elle depuis 1988 le théâtre de la rivalité incessante entre le maire socialiste de Veynes Daniel Chevallier et sa collègue RPR de Laragne-Montéglin, Henriette Martinez.

En 1988, M. Chevallier est élu député face au maire UDF de Gap, Pierre Bernard-Reymond, plutôt a priori mieux placé pour l'emporter. Dans ce contexte, la candidature d'Henriette Martinez, en 1993, suscite la perplexité à droite. Remportant la primaire l'opposant à L'UDF, elle bénéficie d'excellents reports de voix des centristes, assez puissants dans la région de Gap, pour battre Daniel Chevallier au second tour.

La revanche de la gauche sonne en 1997. Distancé au premier tour, Daniel Chevallier rassemble au-delà de son camp pour s'imposer au second. Une prouesse qu'il réédite en 2002, mais insuffisamment pour empêcher Henriette Martinez, qui dispose de réserves de voix plus importantes, de s'imposer.

Plus marquée à droite, la circonscription de Briançon a connu un destin différent. Manquant de peu la qualification au premier tour en 1988, le RPR Patrick Ollier réussit à se passer de second tour en 1993. En 1997, la vague de gauche manque de lui être fatal. A l'instar de Daniel Chevallier à Gap, le conseiller général PS Alain Musson rattrape considérablement son retard du premier tour. Bénéficiant de bons reports du FN et piochant dans les réserves d'abstentionnistes, M. Ollier ne s'impose que d'un peu plus de 500 voix.

Le parachutage de Patrick Ollier en région parisienne, en 2002, provoque un revers inattendu à droite. Second choix de son parti, après le retrait de la candidature du président du conseil général Alain Bayrou, le conseiller général DL Jean-Yves Dusserre a la lourde tâche de succéder au député sortant. Devançant de plus de 1600 voix, au premier tour, le maire PRG de L'Argentière-la-Bessée, Joël Giraud, il chute cependant au second, victime de mauvais reports de voix et du gonflement du nombre des abstentions.

Alain Bayrou ne fait guère mieux en 2007. Face à Joël Giraud, il ne parvient pas à capter les suffrages s'étant portés au premier tour sur la candidate MODEM, la maire d'Embrun Chantal Eymoud, et est battu assez nettement au second tour. A Gap, après un premier tour l'ayant vu obtenir presque deux fois plus de voix que le PS, Henriette Martinez obtient un "petit" 51,77 % au second tour, victime elle aussi sans doute d'un mauvais report du MODEM.

Le chassé-croisé de 2002 est aussi typique de la tendance des électeurs hauts-alpins à qualifier un candidat d'opposition lorsque le sortant ne se représente pas. La droite étant largement majoritaire au conseil général, ce phénomène a surtout profité à la gauche, qui a progressé de six sièges en douze ans. La gauche a ainsi gagné La Bâtie-Neuve et Chorges en 1998 et Laragne-Montéglin en 2001, la droite s'adjugeant Saint-Firmin en 1998 et Aspres-sur-Buëch et Gap Sud-Ouest en 2001. En 2004, seule la gauche a progressé, en enlevant Aiguilles, Le Monétier-les-Bains et Rosans, au bénéfice de l'âge toutefois.

Mais la véritable surprise de 2004 se déroula au troisième tour, lors de l'élection du président du conseil général. L'UMP Alain Bayrou était, avec 18 voix sur 30, assuré de l'emporter. Mais c'était sans compter la dissidence de trois élus, à L'Argentière-la-Bessée, Barcillonnette et Tallard, en désaccord avec un président au caractère réputé difficile. Leur suffrage se reportèrent sur le candidat de la gauche, Auguste Truphème, conseiller de Laragne-Montéglin, qui fut élu au bénéfice de l'âge.

Une parenthèse qui se referme en 2008. Si la gauche progresse à Gap lors de ces cantonales, en obtenant les cantons Nord-Est et Sud-Ouest, le reste du département voit une reprise en main par la droite, et une progression de l'UMP. Suite à ce renversement d'alliances, Jean-Yves Dusserre (UMP) succède donc à Auguste Truphème.

La gauche est mieux représentée dans les vallées du sud, davantage tournées vers la Provence, autour de la petite ville cheminote de Veynes et dans la région gapençaise. Cependant, il semble que le départ de Patrick Ollier lui ait donné l'occasion de progresser dans l'arrondissement de Briançon.

A droite depuis 1971, détenue depuis 1989 par l'ancien ministre UDF Pierre Bernard-Reymond, Gap a semblé plusieurs fois à portée de la gauche. En 1995, Daniel Chevallier manqua de créer la surprise. Arrivée à 800 voix derrière le maire sortant, sa liste bénéficia de la dynamique de la fusion avec les Verts et de bons reports des voix radicales. Tant et si bien que cet écart ne fut plus que de 608 voix au second tour.

La seule présence de la liste de M. Chevallier face à la sienne en 2001 bénéficia à M. Pierre-Reymond, qui l'emporta cette fois de plus de 1700 suffrages. Mais, devenu sénateur en 2007, il laisse les clefs de la mairie au radical Roger Didier, démontrant que les lignes politiques n'ont pas fini de bouger dans les Hautes-Alpes. Investi par l'UMP en 2008, Roger Didier doit faire face à une forte contestation, à la fois à gauche et à droite. Arrivé en tête au premier tour, il l'emporte de justesse au second, dans une triangulaire l'opposant à la liste divers gauche de Guy Blanc et celle divers droite de Jean-Marc Passeron. Il semble que la droite ait en grande partie abandonné ce dernier, pour se reporter sur le maire sortant, face à une gauche unie jusqu'à la LCR.

Vainqueur du socialiste Robert de Caumont en 1989, Alain Bayrou n'eut aucun mal, face à une gauche divisée, à se maintenir dans le fauteuil de maire de Briançon. Après avoir largement battu une liste RPR au premier tour en 1995, il a raison au second du candidat officiel de la gauche et de M. de Caumont, obtenant au passage 55 % des voix. Un scénario qui se reproduisit en 2001, cette fois-ci au premier tour. La situation est plus délicate en 2008. Arrivé en tête au premier tour, Alain Bayrou doit faire face à la fusion au second tour entre le PS et le MODEM. Il est sauvé par l'absence de consigne donné par Robert de Caumont, arrivé quatrième au premier tour. Mais Alain Bayrou démissionne après son invalidation, en 2009. Un retrait qui ouvre une brèche à gauche et profite au conseiller général socialiste du canton Nord, Gérard Fromm, qui s'impose assez nettement au second tour face à l'équipe sortante.

Le rapport droite-gauche chez les grands électeurs est d'environ 200 voix contre 150. Pour son premier mandat, l'UDF Marcel Lesbros obtint, lors des sénatoriales de 1989, 214 voix sur 357 au premier tour. La dissidence de Jean-Yves Dusserre le priva, en 1998, d'élection au premier tour. Il s'imposa avec 206 voix face aux deux candidats de gauche, qui totalisaient 165 suffrages, et bénéficièrent apparemment d'une partie des votes s'étant portés au premier tour sur M. Dusserre. A son décès en 2007, lui succède le maire UMP de Gap Pierre Bernard-Reymond. En 2008, il n'obtient pas la majorité absolue au premier tour. Pas tant du fait de la candidature de l'ancien président divers gauche du conseil général Auguste Truphème que de celles des UMP Jean-Pierre Festa et Paul Dijoud, traces de la division de la droite lors des cantonales précédentes. Même si ceux-ci se retirent au second tour, qui voit la victoire de Pierre Bernard-Reymond par 213 suffrages sur 369, les reports de voix s'effectuent médiocrement.

 

Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré

 

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Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

Chronologie des députés

1 GAP

1988 Daniel CHEVALLIER (soc.)

1993 Henriette MARTINEZ (RPR)

1997 Daniel CHEVALLIER (soc.)

2002 Henriette MARTINEZ (UMP)

2 BRIANÇON

1988 Patrick OLLIER (RPR)

2002 Joël GIRAUD (app. soc.)

 

Sénateur

Pierre BERNARD-REYMOND (UMP)

 

Conseil général des Hautes-Alpes

11 UMP, 8 PS, 6 divers gauche, 5 divers droite

président: Jean-Yves DUSSERRE (UMP)

 

Maires

GAP: Roger DIDIER (divers gauche)

BRIANÇON: Gérard FROMM (PS)

EMBRUN: Chantal EYMOUD (NC)

 

Sources: Le Monde, le Dauphiné Libéré, Assemblée nationale, Sénat, ministère de l'Intérieur

 

 

 

 

 

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, ministère de l'Intérieur)


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, Journal officiel, Parti radical de gauche)

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