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VAUCLUSE (dernière mise à jour le 29 avril 2011) |
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Droite et gauche arrivent à un
relatif équilibre dans la département de Vaucluse. Et ceci malgré la
présence plus ou moins envahissante de l'extrême-droite.
Si l'on observe les scrutins législatifs, on constate un glissement vers la droite. En 1988, seule la circonscription de Carpentras, regroupant les banlieues les plus à droite d'Avignon, le conservateur Comtat Venaissin et les cantons ruraux du plateau d'Albion, était à droite. Elle l'est restée depuis. Dans la 1ere, de loin la plus urbanisée, dominent les mouvements de balancier au gré des vagues bleues et roses. La seconde abrite le Luberon, des zones urbaines plutôt à gauche en 1988 et des zones rurales marquées par le mouvement coopératif. La 4e, celle d'Orange, recouvre les bastions ouvriers de la vallée du Rhône. Autant l'élection sous l'étiquette UDF du producteur Yves Rousset-Rouard, en 1993 dans la seconde, pouvait passer pour un épiphénomène sans lendemain, autant la victoire du RPR Thierry Mariani, dans la 4e, à l'issue d'une triangulaire avec le FN et le député PS Jean Gatel, par ailleurs adjoint d'une municipalité orangeoise en perte de vitesse, illustre parfaitement l'évolution politique du nord du département. Alors qu'elle tournait autour des 18 % en 1988, l'extrême-droite obtient en 1993 entre 19 et 23 %. A Avignon, le maire PS Guy Ravier est même carrément éliminé au premier tour, laissant entrevoir une élection municipale difficile. En 1997, le retour de balancier épargne Jean-Michel Ferrand, qui bat assez facilement le FN Guy Macary dans la 3e, et Thierry Mariani, qui se sort d'une triangulaire contre le maire PS de Lapalud Jean-Pierre Lambertin et le maire FN d'Orange Jacques Bompard. A Avignon, Elisabeth Guigou réussit de justesse son implantation débutée aux régionales de 1992, aux dépens de Marie-Josée Roig. Dans la 2e, le retour d'André Borel est plus difficile que prévu, Yves Rousset-Rouard résistant plutôt bien dans la triangulaire avec le FN. Les élections de 2002 marquent le retour à la situation de 1993. Mais, bien que dépassant les 19 %, le FN ne parvient pas à se maintenir dans les deux circonscriptions du sud, où son influence, bien que très importante, n'a jamais été aussi grande que dans le nord, plus viticole et ouvrier. Si Marie-José Roig a facilement raison de Cécile Helle, suppléante d'une Elisabeth Guigou partie tenter sa chance sous des cieux électoraux plus cléments, la partie s'est avérée plus délicate pour Maurice Giro, maire divers droite de Cavaillon, face à Jean-Louis Joseph, successeur désigné d'André Borel, dans cette 2e circonscription où la gauche s'est bien maintenue lors des précédents scrutins locaux. Ailleurs, la gauche est carrément éliminée du premier tour, laissant la droite battre en duel le FN. Ce qui se révèle, une nouvelle fois, aisé à Carpentras. En revanche, à Orange, Thierry Mariani est talonné au premier tour d'un peu plus de 600 voix par le maire FN Jacques Bompard, surfant sur ses bons résultats aux municipales. Celui-ci fait le plein au second tour mais insuffisamment pour empêcher le sortant RPR d'aborder un troisième mandat. L'effondrement de l'extrême-droite en 2007, précédée par le ralliement de Jacques Bompard à Philippe de Villiers, desserre l'étreinte autour de Thierry Mariani. Il triomphe du PS au second tour, après un premier tour très délicat, qui vit Jacques Bompard talonner la gauche de 316 voix. Partout ailleurs, la gauche n'est pas en mesure d'inquiéter la droite. Elle ne profite même pas de la primaire sauvage opposant Maurice Giro à Jean-Claude Bouchet, et qui tourne à l'avantage de ce dernier. Au conseil général règne également une certaine dichotomie entre le nord et le sud, plus précisément le nord-ouest et le sud-est. Cependant, le découpage a laissé intacts certains fiefs, de gauche (Bollène) comme de droite (Cavaillon). A la fin des années 80, gauche et droite géraient chacune 12 cantons, la présidence de l'assemblée revenant au doyen d'âge, le radical valoisien Régis Deroudhile, conseiller d'Avignon-Nord. En 1994, la droite donne le coup de collier nécessaire pour s'assurer une majorité stable. Elle bouscule la gauche sur ses terres, à Gordes et à Sault. Celle-ci perd également Orange-Ouest dans une triangulaire avec le FN. Ce dernier parvient au second tour dans les zones urbaines: Avignon Nord et Ouest, Carpentras Sud, Cavaillon. Un phénomène qui se reproduit en 1998, favorisant la gauche qui revient au niveau de 1992. La droite perd ainsi Carpentras-Nord, Avignon-Sud et surtout Avignon-Est au profit des communistes, qui font leur retour au conseil général. En revanche, le PS se retire à Orange-Est, menacé par l'épouse de Jacques Bompard, au profit du RPR Jacques Bérard, qui devient ainsi le nouveau doyen de l'assemblée... et par conséquent son nouveau président. Il ne fallait qu'une pichenette pour faire basculer la majorité. Elle se produisit dès le premier tour de 2001, sur le plateau d'Albion, avec la reconquête de Sault par le PS. Le second tour fut marqué par la défaite de trois voix de Jacques Bompard à Orange-Ouest. Ayant déposé un recours, le maire FN gagna finalement ce canton quelques mois plus tard. Une poussée d'extrême-droite qui continua lors de la séquence de 2004, avec la nette victoire de Marie-Claude Bompard dans une triangulaire à Orange-Est. La majorité de gauche, pour sa part, conserva ses positions, quelquefois de justesse (Bonnieux, Carpentras-Nord), démontrant ainsi le relatif équilibre des forces dans le département. Les cantonales de 2008 apportèrent peu de changement, mis à part à Valréas. L'ancien fief de Thierry Mariani passe à gauche lors d'une triangulaire qui a vu la droite se déchirer. En 2011, le PS perd deux sièges menacés en 2004. Carpentras-Nord passe au FN après élimination de la droite au premier tour, et Bonnieux à Europe-Ecologie - Les Verts. Vaucluse devient ainsi le département ayant le plus de conseillers généraux d'extrême-droite, les époux Bompard ayant fondé en 2010 la Ligue du Sud, une petite formation régionale. Le bouleversement politique le plus important se produisit lors des municipales de 1995, avec la victoire symbolique du FN à Orange. En très nette perte de vitesse, la majorité sortante du socialiste Alain Labé se retrouvait au premier tour à plus de 600 voix derrière la liste du FN Jacques Bompard. Sur le papier, gauche, droite et extrême-droite semblaient former trois blocs à peu près égaux, ce qui aiguisa bien des appétits, notamment à droite. Mais le RPR Michel de Bonadona fut le grand perdant du second tour, une partie des électeurs de la liste RPR dissidente d'Alain Nouveau ayant choisi de se reporter sur M. Bompard, qui coiffe sur le poteau (87 voix) le maire sortant. Malgré les turbulences de la première partie de son mandat, Jacques Bompard parvient à se maintenir, puis décide de se représenter sans étiquette, tout en restant encarté au FN, en 2001. Une stratégie payante, puisqu'il repasse au premier tour avec près de 60 % des voix. Cultivant une image se voulant apolitique, il finira par rallier le MPF de Philippe de Villiers. Une certaine "virginité" politique qui lui permettra de repasser dès le premier tour en 2008, avec un étiage comparable à celui de 2001. Par ricochet, l'étiquette MPF rend aussi service à son épouse Marie-Claude Bompard, qui prend en 2008 la ville de Bollène aux socialistes, alors qu'elle avait échoué en 2001 sous les couleurs du FN. A Avignon, l'électorat a zappé pendant près de deux décennies. Cela a commencé en 1983, lorsque l'ancien député gaulliste Jean-Pierre Roux détrôna le vieux sénateur-maire socialiste Henri Duffaut. En 1989, le très contesté Jean-Pierre Roux est très nettement battu par le socialiste Guy Ravier. Mais celui-ci ne parvient pas à redresser la situation financière délicate dans laquelle se trouve la ville. Au soir du premier tour, il est devancé de près de 700 voix par la candidate RPR Marie-José Roig. Un écart qu'elle doublera au second. Le FN, qui s'est maintenu, empoche au passage trois sièges supplémentaires. En 2001, Marie-José Roig brisera la malédiction de la zapette en manquant de justesse la réélection au premier tour. Cependant, en 2008, elle doit attendre le second tour, durant lequel elle ne l'emporte que d'un peu plus de 1200 voix face à une gauche qui semble avoir mobilisé jusqu'au MODEM. Ce scrutin municipal de 2008 n'est pas sans bouleversement. Ainsi, le vieux fief conservateur de Carpentras passe à gauche, lors d'une quadrangulaire durant laquelle le maire UMP Jean-Claude Andrieux est gêné par une liste divers droite et un FN qui reste relativement élevé. La droite perd également Apt, mais reprend Pertuis et L'Isle-sur-la-Sorgue à la gauche. L'équilibre gauche-droite prévalait depuis 1995 parmi les sénateurs. En 2004, la création d'un troisième siège favorise l'UMP. Claude Haut (PS) et Alain Dufaut (UMP) sont réélus, mais le maintien au second tour du communiste André Castelli empêche l'élection du socialiste Maurice Lovisolo. Le maire UMP de Sorgues Alain Milon profite du retrait de Jacques Bompard, malgré le maintient d'Yves Rousset-Rouard.
Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, Nouvelle géopolitique des régions françaises, La Croix |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 AVIGNON 1988 Guy RAVIER (soc.) 1993 Marie-Josée ROIG (RPR) 1997 Cécile HELLE (soc.) 2002 Marie-Josée ROIG (UMP) 2004 Alain CORTADE (UMP) 2007 Marie-Josée ROIG (UMP) 2 APT, CAVAILLON 1988 André BOREL (soc.) 1993 Yves ROUSSET-ROUARD (UDF) 1997 André BOREL (soc.) 2002 Maurice GIRO (UMP) 2007 Jean-Claude BOUCHET (UMP) 3 CARPENTRAS 1988 Jean-Michel FERRAND (RPR) 4 ORANGE 1988 Jean GATEL (soc.) 1993 Thierry MARIANI (RPR) 2010 Paul DURIEU (UMP)
Sénateurs Alain DUFAUT (UMP); Claude HAUT (soc.); Alain MILON (UMP)
Conseil général de Vaucluse 9 PS, 7 UMP, 3 divers droite, 2 divers gauche, 1 EELV, 1 FN, 1 PCF président: Claude HAUT (PS)
Maires AVIGNON:
Marie-Josée ROIG (UMP) ORANGE:
Jacques BOMPARD (divers droite) CARPENTRAS:
Francis ADOLPHE (PS) CAVAILLON:
Jean-Claude BOUCHET (UMP) PERTUIS:
Roger PELLENC (UMP) SORGUES:
Alain MILON (UMP) L'ISLE-SUR-LA-SORGUE:
Pierre GONZALEZ (divers droite) LE
PONTET:
Alain
CORTADE (UMP) BOLLENE:
Marie-Claude BOMPARD (divers droite) APT:
Olivier CUREL (PS) MONTEUX: Christian GROS (PS) VALREAS: Guy MORIN (divers droite) VEDENE: Joël GUIN (divers droite) LE THOR: Jacques OLIVIER (EELV) ENTRAIGUES-SUR-LA-SORGUE: Guy MOUREAU (PCF) MORIERES-LES-AVIGNON: Joël GRANIER (PS) VAISON-LA-ROMAINE: Pierre MEFFRE (PS) SARRIANS: Michel BAYET (PS) COURTHEZON: Alain ROCHEBONNE (divers droite) BEDARRIDES: Joël SERAFINI (divers gauche) MAZAN: Aimé NAVELLO (divers gauche) CAUMONT-SUR-DURANCE: Roger ORLANDO (divers droite) PIOLENC: Louis DRIEY (UMP) JONQUIERES: Louis BISCARRAT (UMP) CADENET: Fernand PEREZ (divers gauche) LA TOUR-D'AIGUES: Maurice LOVISOLO (PS) ROBION: Robert FRASSI (PS) AUBIGNAN: Bernard REY (divers gauche) SAINT-SATURNIN-LES-AVIGNON: Bernard GOUDON (divers gauche) CAMARET-SUR-AIGUES: Marlène THIBAUD (PS) CHEVAL-BLANC: Christian MOUNIER (divers droite)
Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, La Croix, ministère de l'Intérieur, Assemblée nationale |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, La Croix, ministère de l'Intérieur) |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'intérieur, Education nationale, Fédération socialiste de Vaucluse, Parti radical de gauche) |
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LIENS |
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