CHARENTE-MARITIME

(dernière mise à jour le 13 septembre 2011)

Département radical, la Charente-Maritime n'a cependant pas suivi la même trajectoire politique que son voisin charentais. Ici, les radicaux ne se sont pas effacés au profit des gaullistes et des indépendants, mais ont perduré avant de se diviser au début des années 1970, entre aile gauche et valoisiens, du fait du Programme commun. L'arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1981 a un temps favorisé les socialistes, avant un retour durable de la droite.

Les législatives de 1988 s'achèvent sur un léger avantage de la gauche. Dans la 1ere circonscription, découpée autour de La Rochelle, le maire MRG de la préfecture Michel Crépeau est réélu sans problème. Dans la 3e, qui a pour centre le fief socialiste de Saintes, l'ancien député Roland Beix l'emporte dès le premier tour face au radical valoisien Xavier de Roux. Dans la 2e, où la ville de Rochefort est contrebalancée par les campagnes, le maire UDF de Surgères Jean-Guy Branger est reconduit. Même chose pour le RPR Jean de Lipkowski dans son fief de la 5e circonscription (Royan-Ouest). La 4e circonscription, recouvrant le Sud du département, ouvert sur l'océan et l'Aquitaine, voit un poids-lourd de gauche, l'ancien président PS du conseil général Philippe Marchand, vaincre l'étoile montante de la droite, le député giscardien Dominique Bussereau, un proche du nouveau président du conseil régional Jean-Pierre Raffarin.

Les législative de 1993 lui donnent l'occasion de prendre sa revanche et de s'inscrire durablement dans le paysage politique local. Arrivé très largement en tête au premier tour, il a facilement raison au second, avec plus de 60 %, de l'ancien suppléant de Philippe Marchand, Pierre-Jean Daviaud, issu pourtant d'une famille bien implantée dans le secteur. A Royan-Ouest, Jean de Lipkowski fait un malheur avec plus de 65 % des voix au second tour. Jean-Guy Branger est également fort bien réélu. La vague bleue favorise Xavier de Roux au détriment de Roland Beix. Même Michel Crépeau chute. Victime au premier tour d'une déperdition de plus de 6000 voix par rapport à 1988, il est distancé au second par le maire RPR de la station de Châtelaillon-Plage, Jean-Louis Léonard, qui s'appuie sur l'électorat rural et de l'île de Ré.

La vague rose de 1997 modifie encore plus profondément les équilibres. La gauche retrouve fort logiquement ses deux fiefs de La Rochelle et de Saintes. Dans la préfecture, Michel Crépeau signe un retour fracassant contre la radicale valoisienne Françoise Clerc. Dans la 3e, Xavier de Roux doit s'incliner devant le socialiste Jean Rouger. La vraie surprise de ce scrutin se produit à Rochefort, où l'ancien préfet socialiste Bernard Grasset réussit assez nettement son parachutage face à un Jean-Guy Branger apparemment usé après vingt ans de mandat. L'usure fait également chuter Jean de Lipkowski dans la 5e. Candidat en dissident, il n'obtient que 12,88 % des suffrages au premier tour, et doit laisser Didier Quentin, l'homme neuf de la droite à Royan, battre la gauche au second tour. Cette dernière manque d'enlever la 4e circonscription à Dominique Bussereau, qui doit attendre une heure tardive pour connaître la victoire face au radical-socialiste Philippe Callaud.

Le balancier repart à droite en 2002, mais le renouvellement n'est pas au rendez-vous. Si Dominique Bussereau et Didier Quentin retrouvent facilement leurs sièges, Xavier de Roux signe un nouveau retour à Saintes, où la gauche a été affaiblie par la perte de la ville en 2001. Dans la 2e, où Bernard Grasset, élu maire de Rochefort en 2001, ne se représentait pas, c'est Jean-Louis Léonard, député de la 1ere de 1993 à 1997, qui l'emporte. La gauche ne sauve que La Rochelle. Malgré le décès de Michel Crépeau en 1999, son ancien suppléant socialiste, Maxime Bono, qui lui a aussi succédé à la mairie, conserve sa circonscription.

Comme dans de nombreux départements, les législatives de 2007 se caractérisent par une forte poussée de droite au premier tour, corrigée par un reflux assez important au second tour. Dans le Sud, qui confirme son attachement à la majorité, les deux poids-lourds de droite Dominique Bussereau et Didier Quentin évitent le ballottage. Sans surprise, Maxime Bono est reconduit assez facilement au second tour à La Rochelle. La 3e circonscription continue de zapper, en choisissant la conseillère régionale socialiste Catherine Quéré contre Xavier de Roux. Une poussée de gauche qui manqua de se reproduire dans la 2e. Malgré sa large avance du premier tour contre le conseiller général PS André Bonnin, Jean-Louis Léonard ne l'emporte au second que de 220 voix, pénalisé par les faibles réserves de droite et les mauvais reports du MODEM.

Même si la majorité de droite, en place depuis 1985 au conseil général, a perdu cinq sièges depuis 1992, elle a su résister à la poussée ségoléniste, contrairement à ses voisines de Charente et des Deux-Sèvres. Un particularisme dû à la persistance d'un vieux fond radical. Bien que divisé depuis 1972, et miné ensuite à la fois par le PS et la droite classique, le radicalisme local n'a pas perdu tous ses réseaux. Résultat: les clivages sont davantage géographiques que politique, ce qui a jusque-là plutôt avantagé la droite, via les élus sans étiquette.

Une tendance qu'on retrouve dans la carte des cantons, où la gauche est quasiment absente au sud de Rochefort sur le littoral, et de Saintes dans l'arrière-pays. Quelques poches de radicalisme de gauche subsistent dans le Nord, notamment autour de La Rochelle. Signe d'un glissement général à droite, le Parti communiste, autrefois assez présent autour de La Rochelle, Rochefort et Royan, a totalement disparu de l'assemblée départementale depuis 1988.

Entre 1994 et 2004, le mouvement de fond a été cependant un lent grignotage des positions de droite par la gauche, notamment en 1994 à Tonnay-Charente, un canton peu porté à gauche, et dans le vieux fief radical de Château-d'Oléron.

La vague rose de 1998 se produit uniquement en zone urbaine, avec la perte par la droite de La Rochelle III au profit du PRG, ce qui n'est pas une surprise, et de Rochefort Nord et Sud à celui du PS, ce qui était moins attendu. Le scrutin de 2001 se caractérise en revanche par sa grande stabilité. Les équilibres restent inchangés et le président radical valoisien du conseil général Claude Belot est tranquillement réélu.

Cependant, à trois sièges de la majorité, la gauche pouvait légitimement espérer une bascule en 2004. Sa poussée est conséquente, notamment à Archiac, où le PS remporte une triangulaire contre deux divers droite, à Marans, où Bernard Ferrier devient le premier conseiller général Vert de Charente-Maritime, ainsi qu'à Saujon, enlevé à l'UMP par les radicaux. Mais, justement, agitant ses réseaux, Claude Belot remporte le troisième tour en mobilisant des élus sans étiquette et PRG sur les dossiers budgétaires.

En 2008, la droite desserre l'étreinte, en regagnant Cozes, Matha, Mirambeau, Montguyon, Saint-Hilaire-de-Villefranche et Saint-Savinien. La gauche progresse à Courçon, La Rochelle IX et Saintes-Est, mais le solde reste en sa défaveur. Claude Belot peut céder sans problème son fauteuil à Dominique Bussereau.

Réputé menacé, ce dernier conserve ses positions en 2011, limitant les dégâts en ne perdant en tout qu'un siège. Une nouvelle fois, le scrutin est serré. Si l'opposition de gauche gagne Marennes, Montlieu-la-Garde, Surgères et La Rochelle IV, boutant la droite hors de la préfecture, la majorité prend Archiac, Marans et Rochefort-Nord.

Equilibre et stabilité ont longtemps prévalu à l'échelon municipal. Dominée de longue date par la droite, La Rochelle s'est donnée pour maire le radical de gauche Michel Crépeau en 1971. Vieux fief SFIO, Saintes a basculé à droite en 1971 avant de revenir à gauche en 1977. Plutôt à gauche également, Rochefort est passée à droite en 1971. Une répartition des forces qui a perduré lors des municipales de 1983, 1989 et 1995.

Le scrutin de 2001 a permis à Maxime Bono, devenu maire de La Rochelle après le décès de Michel Crépeau, de mesurer sa réelle popularité en l'emportant dès le premier tour avec plus des deux tiers des voix, face à une droite il est vrai divisée. En revanche, dans les deux autres grandes villes, Saintes et Rochefort, le retrait des sortants provoque des basculements.

A Saintes, la gauche plurielle accuse un retard de près de 1400 voix par rapport au premier tour de 1995, scrutin durant lequel le PS a également du affronter les Verts et le Parti des Travailleurs. De son côté, la droite aligne les listes sans étiquette de Bernadette Schmitt et UDF d'Alain Bougeret. Ce dernier se retire sans consigne de vote, ce qui n'empêche pas Mme Schmitt de l'emporter d'une courte tête (245 suffrages).

A Rochefort, le député PS Bernard Grasset parvient au premier tour à s'intercaler entre le RPR et DL. Seul au second tour face au RPR Dominique Rabelle, il ne l'emporte que de 40 bulletins au second, avec 4631 voix, alors que les deux listes de droite en pesaient plus de 5000 au premier tour. Une courte victoire qui l'incitera ensuite à laisser tomber son mandat de député pour se consacrer à sa nouvelle conquête municipale.

Bien lui en prend, puisque les municipales de 2008 s'avèrent assez délicates pour lui. Après un premier tour très serré, il l'emporte avec 52,24 % face au divers droite Gérard Pons. Rochefort confirme ainsi sa constance électorale. Ce qui n'est pas le cas de Saintes. La droite ne parvient décidément pas à l'administrer plus d'un mandat. Gênée par le maintien d'une liste MODEM, la très conservatrice Bernadette Schmitt est assez largement battue au second tour par l'ancien député socialiste Jean Rouger, qui frôle la majorité absolue lors de cette triangulaire. Rien de nouveau à La Rochelle, où Maxime Bono retrouve, dès le premier tour, son fauteuil, avec un "petit" 58,93 %.

Ces bons résultats de la gauche aux municipales de 2008 n'empêchent pas la droite de remporter, une nouvelle fois, les sénatoriales quelques mois plus tard. Les UMP Claude Belot et Michel Doublet sont réélus dès le premier tour. UMP lui aussi, le maire de Pons Daniel Laurent succède sans problème à Jean-Guy Branger. Malgré une belle progression depuis 1998, la gauche reste assez loin derrière.

 

Sources: Le Monde, La Croix


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(sources: Le Monde, lrpol.com)

Chronologie des députés

1 LA ROCHELLE

1988 Michel CREPEAU (app. soc.)

1993 Jean-Louis LEONARD (RPR)

1997 Michel CREPEAU (Rad., cit. et V.)

1999 Maxime BONO (soc.)

2 ROCHEFORT

1988 Jean-Guy BRANGER (app. UDF)

1997 Bernard GRASSET (soc.)

2002 Jean-Louis LEONARD (UMP)

3 SAINTES

1988 Roland BEIX (soc.)

1993 Xavier DE ROUX (UDF)

1997 Jean ROUGER (soc.)

2002 Xavier DE ROUX (UMP)

2007 Catherine QUERE (soc., rad. et cit.)

4 ROYAN EST

1988 Philippe MARCHAND (soc.)

1990 Pierre-Jean DAVIAUD (soc.)

1993 Dominique BUSSEREAU (UDF)

2002 Jean-Claude BEAULIEU (UMP)

2005 Dominique BUSSEREAU (UMP)

2007 Jean-Claude BEAULIEU (UMP)

2010 Dominique BUSSEREAU (UMP)

5 ROYAN OUEST

1988 Jean DE LIPKOWSKI (RPR)

1997 Didier QUENTIN (RPR)

 

Sénateurs

Claude BELOT (UMP); Michel DOUBLET (UMP); Daniel LAURENT (UMP)

 

Conseil général de Charente-Maritime

15 PS, 13 UMP, 12 divers droite, 8 PRG, 1 ARES, 1 divers gauche, 1 MODEM

président: Dominique BUSSEREAU (UMP)

 

Maires

LA ROCHELLE Maxime BONO (PS)

ROCHEFORT Bernard GRASSET (PS)

SAINTES Jean ROUGER (PS)

ROYAN Didier QUENTIN (UMP)

AYTRE Suzanne TALLARD (PS)

SAINT-JEAN-D'ANGELY Paul-Henri DENIEUL (divers droite)

TONNAY-CHARENTE Jean-Pierre GUILLON (PS)

LAGORD Jean-François DOUARD (divers droite)

SURGERES Philippe GUILLOTEAU (UMP)

PERIGNY Guy DENIER (PRG)

SAINT-PIERRE-D'OLERON Patrick MOQUAY (PS)

NIEUL-SUR-MER Henri LAMBERT (PS)

CHATELAILLON-PLAGE Jean-Louis LEONARD (UMP)

SAUJON Pascal FERCHAUD (PRG)

SAINT-GEORGES-DE-DIDONNE Dominique BUSSEREAU (UMP)

MARENNES Mickaël VALLET (PS)

LA TREMBLADE Jean-Pierre TALLIEU (MODEM)

PUILBOREAU Jackie PROUST (PRG)

PONS Daniel LAURENT (UMP)

MARANS Bernard FERRIER (EELV)

DOMPIERRE-SUR-MER Michel-Martial DURIEUX (PRG)

SAINT-XANDRE Christian PEREZ (divers gauche)

FOURAS Sylvie MARCILLY (UMP)

JONZAC Claude BELOT (UMP)

LE CHÂTEAU-D'OLERON Michel PARENT (divers droite)

ANGOULINS Marie-Claude BRIDONNEAU (PRG)

 

Sources: Le Monde, Journal officiel, La Croix, ministère de l'Intérieur, UMP, lrpol.com

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, La Croix, ministère de l'Intérieur, conseil général de Charente-Maritime, lrpol.com)


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes

(sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale, Parti radical de gauche, UMP, lrpol.com, Politiquemania)

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