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CHARENTE |
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La Charente, dont le conseil
général a basculé à gauche en 2004, est le symbole de la lente
reconquête de la région par le PS.
Jusque dans les années 1950, le département était solidement tenu par les radicaux. Une domination que l'urbanisation et l'émergence du gaullisme a battu en brèche. Les cartes ont été redistribuées: à la gauche les villes, à la droite les campagnes. Aux législatives de 1988, les forces étaient équilibrées. La droite détenait les deux premières circonscriptions. Dans celle d'Angoulême, où la gestion du maire socialiste Jean-Michel Boucheron a laissé de mauvais souvenirs, le centriste Georges Chavanes a su s'imposer. Davantage orientée à droite, la 2e circonscription, celle de Cognac, regroupant des zones viticoles échoit logiquement au RPR Pierre-Rémy Houssin. En revanche, le nord élit le socialiste Jérôme Lambert et Jean-Michel Boucheron parvient à convaincre la 4e circonscription, formée par la ceinture rose d'Angoulême et limitrophe du Limousin. C'est de cette dernière circonscription que viendra la surprise de 1993. Alors que tous les observateurs s'attendaient à un grand chelem de droite, le suppléant de M. Boucheron, Jean-Claude Beauchaud, parvient à sauver son siège. Sa victoire est autant due à la sociologie électorale de sa circonscription qu'à la primaire dévastatrice qui a opposé à droite deux adjoints au maire d'Angoulême. Georges Chavanes et Pierre-Rémy Houssin retrouvent logiquement leurs sièges. Le très mitterrandiste Jérôme Lambert chute de moins de 500 voix face au gaulliste Henri de Richemont. En 1997, le coup de balancier à gauche est brutal. A Confolens, c'est le retour de Jérôme Lambert. A Cognac, l'usure du pouvoir semble avoir atteint Pierre-Rémy Houssin. Au premier tour, il ne rassemble qu'un tiers des voix, talonné par Marie-Line Reynaud, une socialiste encore inconnue quelques semaines auparavant, alors qu'il frôlait la majorité absolue en 1988 et 1993. Des scores qu'il n'atteint même pas au second tour. A Angoulême, la succession de Georges Chavanes se passe mal. Le jeune maire Philippe Mottet doit s'incliner face au patron du PS local. Quant à Jean-Claude Beauchaud, il obtient près de 65 % au second tour. A contrario, en 2002, la droite ne réussit qu'une vaguelette, malgré le contexte national. Seul le président du conseil général, Jacques Bobé, réussit à reprendre fort logiquement mais tout de même de justesse (moins de 400 voix) la 2e circonscription. A Angoulême, la victoire de Jean-Claude Viollet est également assez étriquée. En revanche, Jérôme Lambert et Jean-Claude Beauchaud sont confortablement réélus, même s'ils perdent respectivement près de deux et six points. Le phénomène Ségolène Royal provoque en Charente, comme dans le reste de la région, une dynamique inverse à celle constatée au niveau national lors des législatives de 2007. La droite, déjà affaiblie par la perte du conseil général en 2004, en fait les frais à Cognac. Le retrait de Jacques Bobé provoque une primaire sauvage entre le maire Jérôme Mouhot et un autre UMP, Bernard Sourisseau, qui laisse des traces au second tour remporté par Marie-Line Reynaud. En revanche, le parachutage contesté de Malek Boutih n'handicape pas la gauche dans la 4e circonscription. Soutenu par les instances nationales du PS, l'ancien dirigeant de SOS Racisme fait plus de 2000 voix de moins que la candidate choisie par la section locale et par le sortant, Martine Pinville, qui a facilement raison de Philippe Mottet au second tour. Au conseil général, la remontée de la gauche a été impressionnante. De 9 sièges en 1992 elle est passée à 23 cantons en 2008. Alors que son avancée fut modeste en 1994 (un siège gagné à La Couronne), la gauche enlève sept sièges en 1998, arrivant à une voix de la majorité. Elle progresse notamment dans les zones viticoles (Hiersac et Jarnac), le Ruffecois et le Confolentais, et surtout à Angoulême Est et Ouest, alors que la droite avait jusque-là réussi à la cantonner à la périphérie de la préfecture. La séquence de 2001 redonne un peu d'oxygène à la majorité, qui reprend pied dans ses fiefs du sud (Brossac), malgré la prise de Blanzac-Porcheresse, où le sénateur centriste Philippe Arnaud ne se représentait pas, par le leader de la Coordination rurale François Lucas. A gauche, l'élection du Vert Patrick Fontanaud à La Couronne constitue l'évènement de ce scrutin. La séquence de 2004, plus favorable à la gauche, marque le basculement du département. La droite est bousculée à Angoulême-Nord et Cognac-Nord, tandis que la gauche continue à s'étendre en tache d'huile autour d'Angoulême en prenant Villebois-Lavalette et Saint-Amant-de-Boixe où le PCF fait son retour. Jean-Michel Boivin, président UMP, doit céder son fauteuil à Michel Boutant, conseiller PS de Montbron. La nouvelle majorité effectue en 2008 une poussée au nord, en remportant Mansle et Montemboeuf. La droite tient bon dans ses fiefs du sud qui, avec le Confolentais, fais de plus en plus figure de poste avancé. A noter la perte du canton de La Couronne par les Verts, dans une triangulaire, au profit du PS. La chute de Jean-Michel Boucheron à Angoulême en 1989 a renvoyé le socialisme municipal dans les petites villes. Une traversée du désert qui a duré près de deux décennies, pour s'achever sur le séisme de 2008. En 1995, le centriste Georges Chavanes, qui a eu l'intelligence de s'allier les milieux socio-économiques, l'emporte assez facilement à Angoulême, au second tour face aux socialistes. Mais la victoire du PS aux législatives de 1997, a donné en 2001 certains espoirs à la gauche, qui s'est refaite une virginité après les turpitudes boucheroniennes. Pour la droite, la partie semblait délicate, M. Chavanes ayant laissé son siège en 1997 à l'UDF Philippe Mottet, 35 ans. Reprenant les recettes de son prédécesseur, celui-ci frôle l'élection au premier tour, alors que le député socialiste Jean-Claude Viollet rassemble un peu plus du tiers des exprimés. Au second tour, il l'emporte avec près de 60 % des voix. Du jamais vu depuis 1977. Plus dure est la chute en 2008. Si Philippe Mottet fait la course en tête au premier tour, distançant le socialiste Philippe Lavaud de plus de 350 voix, il ne bénéficie d'aucune réserve au second tour. Les trois autre listes étant celle des Verts, de la LCR et de LO. Fort logiquement, la gauche, ayant fusionné avec les Verts, l'emporte. A Cognac, où la droite bénéficie d'une meilleure assise, le gaulliste Francis Hardy réussit également sa succession en 2001 avec Jérôme Mouhot. Mais, alors que la droite s'est plutôt bien tenue dans le secteur aux cantonales de 2008, les municipales organisées parallèlement sont pour elles un véritable désastre. Gêné par une liste divers droite, Jérôme Mouhot se voit ravir la première place au premier tour par une liste PS-PCF-Verts menée par Michel Gourinchas. Et, malgré le retrait des dissidents au second tour, il perd celui-ci en faveur d'une gauche qui a su mieux mobiliser son électorat, face à une droite jugée trop sûre d'elle-même dans cette ville dont la sociologie lui est a priori favorable. Seule la troisième ville de plus de 10 000 habitants, Soyaux, une banlieue d'Angoulême, reste ancrée à droite, malgré une sociologie plus populaire. Les sénatoriales de 2008 parachèvent le basculement à gauche du département. Après un premier tour très disputé, les deux sortants, l'UMP Henri de Richemont et le centriste Philippe Arnaud, sont assez nettement battus au second par les socialistes Nicole Bonnefoy et Michel Boutant.
Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises, L'Etat des régions françaises |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde)
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Chronologie
des députés
1 ANGOULEME EST, OUEST 1988 Georges CHAVANES (Un. du C.) 1997 Jean-Claude VIOLLET (soc.) 2 COGNAC 1988 Piere-Rémy HOUSSIN (RPR) 1997 Marie-Line REYNAUD (soc.) 2002 Jacques BOBE (UMP) 2007 Marie-Line REYNAUD (soc., rad. et cit.) 3 CONFOLENS 1988 Jérôme LAMBERT (soc.) 1993 Henri DE RICHEMONT (RPR) 1997 Jérôme LAMBERT (soc.) 4 ANGOULEME NORD 1988 Jean-Michel BOUCHERON (soc.) 1993 Jean-Claude BEAUCHAUD (soc.) 2007 Martine PINVILLE (soc., rad. et cit.)
Sénateurs Nicole BONNEFOY (soc.); Michel BOUTANT (soc.)
Conseil général de Charente 15 PS, 7 UMP, 6 divers gauche, 4 divers droite, 2 PCF, 1 MODEM président: Michel BOUTANT (PS)
Maires ANGOULEME
Philippe LAVAUD (PS) COGNAC
Michel GOURINCHAS (PS) RUELLE-SUR-TOUVRE: Michel BRONCY (PS) LA COURONNE: Jean-François DAURE (PS) SAINT-YRIEIX-SUR-CHARENTE: Denis DOLIMONT (PS) LE GOND-PONTOUVRE: Jean-Claude BEAUCHAUD (PS) L'ISLE-D'ESPAGNAC: Jean-Claude BESSE (divers gauche) BARBEZIEUX-SAINT-HILAIRE: René VIGNERIE (PS) JARNAC: Jérôme ROYER (PS) RUFFEC: Bernard CHARBONNEAU (divers gauche) CHÂTEAUBERNARD: Daniel BOYER (divers gauche)
Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)
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Carte 3: communes (sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, Les Verts, Christophe Broquet, Education nationale) |
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LIENS |
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