|
Poitou-Charentes |
||
| CHRONOLOGIE
DES PRÉSIDENTS DU CONSEIL RÉGIONAL
1974 Lucien GRAND (divers droite) 1976 Jacques FOUCHIER (CDS) 1978 Francis HARDY (RPR) 1980 Fernand CHAUSSEBOURG (UDF) 1981 Michel BOUCHER (PS) 1982 Raoul CARTRAUD (PS) 1985 René MONORY (UDF) 1986 Louis FRUCHARD (UDF) 1988 Jean-Pierre RAFFARIN (UDF) 2002 Elisabeth MORIN (UMP) 2004 Ségolène ROYAL (PS)
Source: Rulers.org
SOMMAIRE |
Fond de carte: Géoatlas La région Poitou-Charentes reste, pour beaucoup, une petite France profonde (ou "France d'en bas" selon l'expression de Jean-Pierre Raffarin, lui-même Poitevin). Elle a d'ailleurs été longtemps dominée, y compris sur ses marges vendéennes, par le Parti radical, symbole-même du notable rural de la IIIe République. Ici, celui-ci s'est coulé, après 1970, dans le moule de la droite, le plus souvent centriste et giscardienne, plus rarement gaulliste, mis à part autour de Poitiers, Cognac, et sur le littoral. De son côté, la gauche aura mis plus de trois décennies pour reconquérir la région. La droite est encore dans une bonne dynamique lors des régionales de 1986. Sur 53 sièges, elle en obtient 29, et gouverne face à une gauche classique PS-PCF-MRG. Président depuis 1988, le giscardien Jean-Pierre Raffarin perd cependant cette majorité absolue en 1992. Pourtant, déjà handicapée par un contexte national difficile, la gauche perd beaucoup de terrain en Charente, où l'affaire Boucheron fait des ravages, et en Charente-Maritime, où Philippe Marchand recueille un score décevant. Dans la Vienne, le conseiller général PS Alain Claeys est largement distancé par Jean-Pierre Raffarin. Seule la députée socialiste Ségolène Royal tire à peu près son épingle du jeu dans les Deux-Sèvres face à au président UDF du conseil général André Dulait. Mais l'émergence de nouvelles forces, comme les écologistes et le FN dans tous les départements, et les chasseurs de CPNT en Charente-Maritime, morcelle le paysage politique. Avec 26 sièges sur 55, Jean-Pierre Raffarin grappille quelques suffrages chez les chasseurs et GE pour s'assurer une majorité absolue. La disparition de GE et l'incorporation des Verts dans la majorité plurielle, en 1998, simplifient la donne mais débouchent sur une situation extrêmement serrée. La gauche plurielle arrive en tête en Charente-Maritime et dans les Deux-Sèvres, et passe de 19 à 24 sièges. De son côté, la droite obtient le même nombre d'élus. Le FN reste stable avec cinq mandats, de même que les chasseurs qui gardent leurs deux conseillers. Ceux-ci soutiennent finalement Jean-Pierre Raffarin contre Philippe Marchand. En 2004, Elisabeth Morin, qui lui a succédé deux ans auparavant, est emportée par la déferlante Ségolène Royal. Dans un contexte de forte impopularité du gouvernement dirigé par Jean-Pierre Raffarin, la députée des Deux-Sèvres réalise des scores historiques dans les quatre départements. Elle arrive en tête partout, y compris dans le fief raffarinien de la Vienne, et se permet même de dépasser les 50 % sur ses terres des Deux-Sèvres. Malgré l'union UMP-UDF-MPF, la droite est loin derrière. Le FN, qui passe juste les 10 %, se maintient au second tour et sauve ses trois sièges, les deux autres étant passés aux mégrétistes en 1999. Elisabeth Morin, avec qui CPNT a refusé de fusionner, est distancée de plus de 150 000 voix au second tour. Au niveau des départements, la région aura été totalement à droite entre 1982 et 2004. La gauche a repris la Charente en 2004, puis les Deux-Sèvres en 2008. Le territoire régional est donc coupé en deux par un corridor rose, sur un axe nord-sud.
Source: Le Monde |