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ARDÈCHE |
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| Ces
quinze dernières années, l'Ardèche a connu de nombreux bouleversements
politique et un renouvellement important de ses élus. A la génération
des Henri Torre, Robert Chapuis et Régis Perbet, issue des années 60
et 70, a cédé la place dans les années 90 à celle des jeunes trentenaires
Pascal Terrasse et Jean-Claude Flory, elle-même poussée en 2007 par
Olivier Dussopt.
Lors des législatives de 1988, les trois circonscriptions recouvraient les zones d'influence de trois figures politiques: le maire (PS) du Teil, et ministre du gouvernement Rocard, Robert Chapuis autour de Privas et dans les petites villes industrielles de la vallée du Rhône, le maire (RPR) d'Annonay Régis Perbet dans le fief de droite du nord, et le maire (PS) de Vals-les-Bains Jean-Marie Alaize dans un sud influencé par les Cévennes rouges voisines. En moins de quinze ans, ces trois zones ont changé de main, après deux mouvements de balancier. MM Chapuis et Alaize sont tout d'abord éliminés par la vague bleue de 1993, tandis qu'Henri-Jean Arnaud, qui a succédé à Régis Perbet, décédé, est confirmé. En 1997, il est battu par un jeune socialiste, Pascal Terrasse, alors que Stéphane Alaize récupère la circonscription de son père. Au nord, le radical de gauche Jacques Dondoux créé la surprise en enlevant une circonscription qui vote à droite depuis des décennies. Le scrutin de 2002 vient achever cette recomposition. Pascal Terrasse, qui a su renforcer son implantation, est réélu, tandis que Stéphane Alaize doit s'incliner devant la nouvelle figure montante du sud, Jean-Claude Flory, qui avait auparavant enlevé le canton (1994) puis la mairie (1995) de Vals-les-Bains à son père. Dans le nord, le décès de Jacques Dondoux, quelques jours avant le premier tour, enlève tout espoir à la gauche. Le maire d'Annonay Gérard Weber, encore totalement inconnu en politique un an auparavant, bat facilement la suppléante de M. Dondoux, Catherine Rolin. La roue tourne décidément très vite en Ardèche, puisque M. Weber est battu en 2007 par un jeune socialiste de 29 ans, Olivier Dussopt. Le maire d'Annonay est gêné au premier tour par les candidatures du conseiller général sans étiquette Jacques Dubay et par l'éternel trublion du secteur, l'avocat Dominique Chambon, qui se présentait sous l'étiquette MODEM. Alors que ce dernier apportait son soutien au PS, l'électorat de Jacques Dubay se reportait très médiocrement sur le député sortant. Dans le Sud, c'est la division de la gauche au premier tour qui permet à Jean-Claude Flory de l'emporter au second. Renforcé par le gain de Privas à la municipale partielle de 2006, Pascal Terrasse est reconduit sans problème. Minoritaire jusqu'en 1998, la gauche ne pouvait alors s'appuyer que sur le sud du département et la vallée du Rhône, où elle est de plus en plus concurrencée par le FN. Un phénomène qu'a illustrée la présence en tête de Jean-Marie Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2002 dans la 1ere circonscription, alors que Jacques Chirac l'emportait dans les deux autres. Département de moyenne montagne, l'Ardèche cultive le même clivage depuis le XIXe siècle: aux progressistes les vallées industrialisées et aux conservateurs les plateaux ruraux. Un clivage cependant brouillé par la présence d'une forte minorité protestante et par le phénomène néo-rural post-Mai 68. Les scores importants, dans certains villages de montagne, de la liste des Verts, menée par Daniel Cohn-Bendit, aux européennes de 1999, alors que les écologistes ont toujours eu du mal à s'implanter dans ce département sensible aux thèses des chasseurs du CPNT, sont à rapprocher de ce dernier phénomène. Les prémisses du basculement de l'Ardèche à gauche se font sentir en 1994. Trois jeunes hommes de moins de trente ans font leur apparition dans les travées du conseil général. Stéphane Alaize profite de la division de la droite pour enlever le canton d'Aubenas au RPR. Un scénario qui se répète à Bourg-Saint-Andéol, avec Pascal Terrasse. A Vals-les-Bains, c'est un RPR, Jean-Claude Flory, qui l'emporte face au PS. Thueyts, et surtout Tournon, où les diverses tendances de droite se livrent une guerre fratricide, passent à gauche. La droite non plus n'est pas en reste. Le dynamique maire du Pouzin Alain Martin prend Chomérac, tandis que Jacques Nodin déboulonne l'unique conseiller général PCF à Rochemaure. Cependant, l'équilibre des forces reste en faveur de la droite. Le grand chamboulement survient en 1998. La gauche, encouragée par la victoire inédite de Jacques Dondoux dans la 2e circonscription, prend d'assaut le nord du département. Le maire (PS) d'Annonay Jean-Claude Tournayre et son adjoint Denis Lacombe arrachent les deux cantons annonéens aux éternels frères ennemis Claude Faure (RPR) et Dominique Chambon (UDF). Pierre Jouvencel (PS) l'emporte de peu à Saint-Félicien, canton votant à droite depuis la IIIe République. Dans la vallée du Rhône, Robert Chapuis et Bruno Dupuis reconquièrent Viviers et La Voulte. Porté à la présidence du conseil général, Michel Teston est cependant très menacé en 2001. La gauche, qui s'est taillée de nouveaux fiefs au nord, est en très net recul dans le sud, avec la perte d'Aubenas, de Vallon-Pont-d'Arc et de Villeneuve-de-Berg. La majorité de gauche, qui ne tient plus qu'à un siège, songe à s'ouvrir en offrant une vice-présidence à un conseiller sans étiquette. Jean-Claude Vallon (Lamastre) est élu à ce poste, qui devait au départ revenir à Jérôme Gros (Saint-Etienne-de-Lugdarès), passé de droite à gauche. Ce dernier payera très cher en 2004 cette infidélité à un électorat montagnard peu porté à gauche. Il est battu au premier tour par le maire UMP du chef-lieu. De même, Saint-Félicien revient logiquement à droite. Mais celle-ci, toujours aussi divisée à Annonay, ne parvient pas à déboulonner le PS dans les deux cantons de la ville. La gauche, empochant Saint-Pierreville, où Michel Valla ne se représentait pas, Joyeuse et Les Vans, sort renforcée de ce scrutin de tous les dangers. En 2008, sous la présidence de Pascal Terrasse, la gauche effectue deux nouveaux gains dans ses fiefs du sud, à Vallon-Pont-d'Arc et Villeneuve-de-Berg. Au renversement géopolitique de 2001 succède une relative marginalisation de la droite, qui ne s'appuie plus que sur quelques bastions montagnards et une poignée de cantons urbains et péri-urbains (Aubenas, Chomérac, Saint-Péray). Au niveau municipal, les élections de 2001 ont vu un quasi-retour à la situation d'avant 1995, lorsque la gauche ne gérait aucune ville de plus de 10 000 habitants. Annonay, qui avait basculé à gauche lors d'une partielle en 1997, revient dans le giron de la droite. Stéphane Alaize, très contesté par sa propre majorité, perd la mairie d'Aubenas lors de la partielle de 2000. Son élection en 1995 dans cette ville acquise à la droite depuis 1947 avait constitué un petit évènement historique. En 2001, le nouveau maire RPR, Jeanne Chaussabel, triomphe d'une quadrangulaire contre le PS, le PCF et l'UDF. A Privas, Michel Valla souffle de peu la mairie à une gauche pourtant bien placée pour l'emporter, après le retrait du maire DL Amédée Imbert de la vie politique. Au Teil, Robert Chapuis est battu par son vieux rival Christian Lavis. Tournon et Bourg-Saint-Andéol constituent les lots de consolation de la gauche. A Tournon, les divisions de la droite favorisent une nouvelle fois Jean Pontier, qui avait déjà emporté le canton en 1994. Le gain de Bourg-Saint-Andéol est un succès pour l'équipe de Pascal Terrasse, qui éclipse un peu l'échec de Privas. Celui-ci sera effacé lors de la partielle de mars 2006. Le socialiste Yves Chastan, avec plus de 55 % des voix, remporte le premier tour face à deux listes de droite, et devient le premier maire de gauche de la préfecture depuis 1947. La gauche reprend aussi, en 2008, Le Teil et surtout Annonay. Le retrait de Gérard Weber ouvre une autoroute à Olivier Dussopt qui s'impose dès le premier tour avec plus de deux tiers des suffrages. Elle doit cependant céder Tournon à une droite qui a su refaire l'union. L'union, c'est aussi ce qui lui a manqué à Aubenas, où Jean-Pierre Constant a facilement raison d'une opposition morcelée, au sein de laquelle Stéphane Alaize a tenté en vain un retour. La progression de la gauche s'est ressentie lors des sénatoriales de 1998. Michel Teston a emporté le siège de l'ancien maire d'Aubenas Bernard Hugo. En revanche, Jacques Dondoux, qui partait favori, est battu par l'ancien président du conseil général Henri Torre. En 2008, alors que les rapports de forces restent inchangés, la gauche parvient à gagner ce siège, en profitant du retrait d'Henri Torre de la vie politique. Alors que Michel Teston est reconduit au premier tour, le maire de Privas Yves Chastan devance de peu (six suffrages) le conseiller général UMP Jacques Genest au second tour.
Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, ministère de l'Intérieur |
Fond de carte: Géoatlas Carte 1: circonscriptions législatives (source: Le Monde) |
Chronologie
des députés
1 PRIVAS 1988 Claude LAREAL (soc.) 1993 Amédée IMBERT (UDF) 1997 Pascal TERRASSE (soc.) 2 TOURNON-ANNONAY 1988 Régis PERBET (RPR) 1992 Henri-Jean ARNAUD (RPR) 1997 Jean PONTIER (rad., cit. et V.) 2002 Gérard WEBER (UMP) 2007 Olivier DUSSOPT (soc., rad. et cit.) 3 AUBENAS 1988 Jean-Marie ALAIZE (soc.) 1993 Jean-Marie ROUX (RPR) 1997 Stéphane ALAIZE (soc.) 2002 Jean-Claude FLORY (UMP)
Sénateurs Yves CHASTAN (soc.); Michel TESTON (soc.)
Conseil général de l'Ardèche 12 PS, 5 divers droite, 5 divers gauche, 4 UMP, 2 NC, 1 MRC, 1 PCF, 1 PRG président: Pascal TERRASSE (PS)
Maires ANNONAY: Olivier DUSSOPT (PS) AUBENAS: Jean-Pierre CONSTANT (UMP) GUILHERAND-GRANGES: Mathieu DARNAUD (UMP) TOURNON-SUR-RHÔNE: Frédéric SAUSSET (UMP) PRIVAS: Yves CHASTAN (PS) LE TEIL: Olivier PEVERELLI (PS) BOURG-SAINT-ANDÉOL: Serge MARTINEZ (PS) SAINT-PÉRAY: Valérie MALAVIEILLE (divers gauche) LA VOULTE-SUR-RHÔNE: Marc BOLOMEY (PS) VALS-LES-BAINS: Jean-Claude FLORY (UMP) LE CHEYLARD: Jacques CHABAL (UMP) VIVIERS: François LOUVET (Les Verts)
Sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, ministère de l'Intérieur
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Fond de carte: Géoatlas Carte 2: cantons (sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, ministère de l'Intérieur) |
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Fond de carte: Géoatlas Carte 3: communes (sources: Le Monde, Le Dauphiné Libéré, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur) |
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